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鬼、河童、天狗、雪女――時代を越えて名を残す日本の異形

有名な妖怪
日本を代表する妖怪・鬼・怪異

54 yokai

En bref

日本で有名な妖怪には、鬼、河童、天狗、九尾の狐、雪女、座敷童子、ろくろ首、ぬらりひょんなどがいます。本特集では人気順位ではなく、古典、地域伝承、妖怪画、近現代文化を通じて広く知られるようになった代表的な妖怪を紹介します。

日本で有名な妖怪とは

日本で有名な妖怪として、まず名前が挙がるのは鬼、河童、天狗、九尾の狐、雪女、座敷童子などです。ただし、これらを同じ時代、同じ土地に生まれた一つの種族と考えることはできません。鬼は宗教や説話、年中行事に姿を変えながら現れ、河童と天狗には各地で異なる呼び名と性格があり、雪女は雪国の自然と暮らしの中で語られてきました。『日本妖怪大事典』のような総合事典を開いても、それぞれの妖怪は異なる原典、土地、時代を背負っています。

本特集は知名度を数値で競わせるランキングではありません。長い年月にわたって語り継がれたこと、複数の地域に異伝があること、絵巻や妖怪画によって忘れがたい姿を得たこと、漫画、アニメ、映画、学校の怪談、インターネットを通じて新たな世代にも共有されたこと。そうした「名が広がる道筋」を手がかりに、日本を代表する妖怪と怪異を選びました。同じ名前でも土地によって姿や行いが変わる例は多く、国際日本文化研究センター「怪異・妖怪伝承データベース」で確かめられる地域差も、この国の妖怪文化を豊かにする大切な一部です。

鬼、河童、天狗――誰もが名を知る定番

鬼、河童、天狗は、特定の一冊や一地方だけに収まらない広がりをもっています。鬼は地獄の獄卒、山の異人、退治される怪物、節分で追われる災厄など、場面ごとに役割を変えます。河童は川や淵の危険を人の姿へ映し、天狗は山の霊威、仏道への慢心、空を飛ぶ異能を重ねてきました。いずれも一つの決まった設定ではなく、各地の語りが積み重なって「誰もが知る姿」になった妖怪です。

雪女と座敷童子も、自然と家という身近な場所から全国へ名を広げました。柳田國男の『遠野物語』には河童や座敷童子を含む遠野の怪異が記され、土地に根ざした語りが書物を通して多くの読者へ渡った過程をうかがえます。ろくろ首は伸びる首という一目で伝わる異形をもち、ぬらりひょんは絵画、図鑑、後世の物語を重ねる中で印象を変えてきました。

一目で分かる姿――妖怪画が残した顔

名前だけで姿を思い浮かべられることは、妖怪が広く知られる大きな力です。一本足の傘に目と舌がつくからかさ小僧、顔の造作だけが消えたのっぺらぼう、老いた猫が異能を得る猫又、燃える車輪に顔が浮かぶ輪入道。説明が短くても輪郭が立ち上がる妖怪は、絵本、玩具、舞台、映像へ姿を移しやすく、世代を越えて記憶されてきました。

江戸期には、鳥山石燕の『画図百鬼夜行』をはじめとする画集が、さまざまな怪異を名と図像で見比べる楽しみを広げました。先行する絵巻、地域の口承、絵師の見立てが重なり、目目連や垢嘗のような日常の隙間に潜むものまで、妖怪は「見て覚える」存在になります。付喪神は単一の妖怪名ではなく、古い器物が霊性を帯びるという大きな考え方であり、からかさ小僧のような器物妖怪を理解する入口でもあります。

酒呑童子、玉藻前、大嶽丸――物語を背負う大妖怪

酒呑童子、玉藻前、大嶽丸、鵺、土蜘蛛は、姿の奇抜さだけでなく、武将、陰陽師、宮廷、山岳信仰、退治譚と結びついた長い物語によって名を残しました。酒呑童子をめぐる『大江山絵詞』では、山中に構えた鬼の館と源頼光一行の計略が大きな物語として描かれます。玉藻前は宮廷の美女と九尾の狐を結び、鵺は正体の見えない声と複数の獣を合わせた姿によって、人の理解を越える恐怖を表しました。

牛鬼と海坊主は、海辺や淵、夜の海という人の力が及ばない場所に巨大な身体を与えます。一方、がしゃどくろは古代から同じ名で伝わった妖怪ではなく、巨大骸骨という現在の像が昭和中期の怪奇メディアで形づくられ、歌川国芳の骸骨図と後に結びついた存在です。「少年少女雑誌の怪奇記事とネタ元」がたどる成立史は、有名な妖怪にも古い伝承と近現代の創作が混在していることを教えてくれます。

山、家、水辺――土地に根を張る妖怪

山姥は山の脅威と恵み、産女は出産と死、絡新婦は滝や淵と蜘蛛、濡女は海辺や水際の危険を、人に近い姿で語ります。犬神は家や一族にまつわる信仰と畏れを背負い、鎌鼬は突然できた傷を風の仕業として説明します。木霊は森に響く声や古木の霊性を、枕返しは眠りの間に起きる小さな異変を形にしたものです。

これらは全国どこでも同じ姿をしているわけではありません。産女が亡くなった母の霊として語られる土地もあれば、子を守る存在として祀られる例もあります。犬神の伝承圏、山姥の性格、濡女の身体も地域によって異なります。名が有名になるほど一つの姿にまとめられがちですが、各地に残る異伝を読み比べると、妖怪の本体はむしろ土地ごとの差異にあることが見えてきます。

音、気配、しぐさ――短い話が名を残す

妖怪は壮大な退治譚がなくても、人が一度聞けば覚える動きによって名を残します。小豆洗いは水辺で小豆を研ぐ音を響かせ、ベトベトさんは夜道を歩く人の後ろから足音だけでついてきます。見越入道と大入道は見上げるほど大きくなり、一つ目小僧は幼い僧形と一眼という簡潔な姿で人を驚かせます。豆腐小僧は豆腐を載せた盆を運ぶだけの、害よりも愛嬌が勝る妖怪です。

火車は葬送の場から亡骸を奪い、船幽霊は柄杓で船へ水を入れると語られます。短い話の中に「どこで出会うか」「何をされるか」「どう逃れるか」が揃っているため、聞き手は場面をすぐに想像できます。有名さは必ずしも物語の長さではなく、名前、音、姿、動作が一つに結びつく強さからも生まれます。

地域の名から全国の名へ

一反木綿、子泣き爺、砂かけ婆、ぬりかべは、それぞれ地域の語りや採集記録をもつ一方、20世紀以降の妖怪図鑑、漫画、アニメなどを通じて、土地を越えて共有される姿を得ました。白沢、雷獣、件のように古い文献や図像をもつものも、展覧会、出版、映像、インターネットで繰り返し紹介されるたびに、新しい世代の「知っている妖怪」になります。総合事典にまとめられた多様な原典と異伝は、現在の知名度が長い記録と再解釈の上に成り立つことを示します。

不知火と人魂は、正体のある生物というより、夜に見える光へ名前と意味を与えた怪異です。アマビエは、1846年に肥後の海から現れ、疫病を予言して自らの姿を写すよう告げたとする一枚の瓦版に姿が残ります。残された記録が少なくても、後世に再発見され、社会の記憶と結び直されることで、妖怪の名が再び広がることがあります。

口裂け女から八尺様へ――現代に生まれる怪異

妖怪は古典の中だけにいるわけではありません。口裂け女は1970年代末、子どもたちの噂が地域を越えて広がり、当時の週刊誌にも取り上げられました。テケテケのように学校や鉄道を舞台とする話は、常光徹『学校の怪談』など、近現代の口承を集める書籍を通して読み継がれています。古い地誌や絵巻を原典としなくても、恐怖の場面と対処法が人から人へ渡ることで、怪異は共有の輪郭を得ます。

八尺様は2008年の匿名掲示板への投稿を起点として知られ、クネクネも初期のウェブ怪談が掲示板へ転載される中で姿を広げました。匿名投稿として残る記録は、作者や土地が明確な古典とは異なる、ネット時代の伝わり方そのものを映しています。これらを古い妖怪と同じ由来だと扱うべきではありませんが、「語られるたびに細部が変わり、それでも名が残る」という働きは、古くからの口承と地続きです。

有名さの向こうにある、土地と原典へ

広く知られた妖怪ほど、親しみやすい一つの姿の陰に、異なる土地、古い呼び名、怖さ、信仰、後世の脚色が隠れています。名前を知って終わるのではなく、気になった妖怪のページを開き、いつ、どこで、誰が語ったのかまでたどると、日本の怪異は「有名なキャラクターの一覧」から、人々が自然、死、家、社会の変化と向き合ってきた文化史へ変わります。

この特集は代表的な妖怪を選んでいます。条件を付けずに全体を探したい場合は妖怪図鑑へ、投票による現在の人気を見たい場合は妖怪人気ランキングへ進んでください。

Mis à jour: 16/07/2026
有名な妖怪代表的な妖怪日本の妖怪妖怪一覧怪異

Yokai inclus

54 yokai sont inclus

Ces yokai ont aussi des cartes artistiques

77 cartes — ukiyo-e, Japon moderne…

Oni

Oni

Légendaire

OH-ni

Oni (image traditionnelle)

鬼・巨怪Kyoto

Yōkai puissant aux cornes. Malgré son apparence terrifiante, beaucoup ont en réalité un cœur bienveillant.

Kappa

Kappa

Légendaire

KA-pa

L’esprit fluvial à la coupelle – Kappa

Esprits des eauxKumamotoFukuoka

Le kappa compte parmi les plus célèbres de tous les yokai japonais. On le dit installé partout où il y a de l’eau : rivières, étangs comme marécages. Il a la taille d’un enfant de quatre ou cinq ans, porte au sommet du crâne une coupelle (sara) emplie d’eau, une carapace sur le dos, un bec en guise de bouche, et des mains et des pieds palmés. Son corps tire sur le vert ou le rouge, et on lui prête parfois une odeur de poisson. Cette coupelle est la source même de sa force : si l’eau vient à se renverser ou à sécher, on croit que le kappa perd aussitôt toute sa puissance. De là vient la ruse bien connue qui consiste à saluer profondément un kappa pour que, lui rendant la politesse, il déverse l’eau de sa coupelle et puisse être capturé. Le kappa a deux visages. L’un est redoutable : il entraîne hommes et chevaux au fond de l’eau et leur ôte la vie. L’autre est scrupuleux : il tient parole avec rigueur, raffole de sumo, et transmet parfois de merveilleux remèdes pour ressouder les os. Présent dans tout le pays, il y porte plus de quatre-vingts noms régionaux : Garappa, Medochi, Enko, Hyosube, et bien d’autres. Parmi tous les yokai du Japon, rares sont ceux qui plongent des racines aussi profondes dans la vie locale.

Tengu

Tengu

Légendaire

Tengu

Qu'est-ce qu'un tengu ? Un aperçu des types et de l'iconographie

Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

Le tengu est un yokai et un être quasi divin que l'on dit habiter les montagnes du Japon, un seigneur des hauteurs inséparablement lié aux ascètes yamabushi du Shugendō. Ses formes se répartissent largement en deux lignées. L'une est le tengu au long nez, au visage rougeaud et au nez haut, vêtu de l'habit de l'ascète de montagne, portant un éventail de plumes et de hautes socques à une dent ; l'autre est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, sous lesquels suivent des parents inférieurs tels que le tengu-feuille et le tengu-copeau. Ce qui fut jadis conçu comme un oiseau pareil à un milan se durcit, au cours du Moyen Âge, en l'image de l'ascète de montagne au long nez. Le tengu est à la fois un démon qui entrave la Loi bouddhique et, une fois soumis, une divinité gardienne qui la protège — cette double nature est l'essence du tengu. La notion qu'un grand moine arrogant choit et devient tengu fut liée à la « voie du tengu » bouddhique, et dépeinte en satire dans les rouleaux peints de la fin de Kamakura. Au sein du culte des montagnes, en revanche, le tengu était révéré comme gardien de la montagne et maître des arts martiaux et magiques, un être qui éprouve ou guide le pratiquant. Du mont Kurama et du mont Atago à Kyoto en partant, chacune des montagnes sacrées du royaume était dite avoir son propre grand tengu, et le Sutra des Tengu de l'époque pré-moderne en compte le nombre à quarante-huit.

Renard à neuf queues

Renard à neuf queues

Légendaire

Kyubi no Kitsune

Renard à neuf queues au visage blanc et au pelage doré

Animal métamorpheKyotoTochigi

Le renard à neuf queues est un esprit-renard qui aurait vécu si longtemps et accumulé une telle puissance que sa queue se serait divisée en neuf. Mais son nom ne désigne pas seulement un renard doté de nombreuses queues. Dans l'imaginaire japonais des yokai, il est la plus vaste figure du renard: il relie le culte du renard, la foi d'Inari, la possession par les renards, les récits de beautés qui ébranlent le pouvoir, et la grande ligne narrative allant de Tamamo-no-Mae à la pierre meurtrière Sesshoseki. Son origine renvoie à la Chine ancienne. Dans le Nanshan jing du Shanhai jing, le mont Qingqiu abrite une bête semblable à un renard, pourvue de neuf queues, poussant un cri d'enfant et dévorant les humains. Ce renard est monstrueux; pourtant, dans la Chine ancienne, le renard à neuf queues pouvait aussi être un animal de bon augure, signe d'un âge pacifié. Les textes chinois et japonais ultérieurs ont superposé le renard faste et le renard qui égare, faisant du renard à neuf queues à la fois une bête sacrée et un esprit capable de perdre un royaume. Au Japon, les traditions du renard se sont déployées dans deux directions. D'un côté se trouve le renard blanc, messager d'Inari, protecteur des champs, du commerce et de la prospérité domestique. Selon Fushimi Inari Taisha, Inari serait descendu sur le mont Inari en 711; la foi d'Inari s'étend aujourd'hui à quelque trente mille sanctuaires dans tout le pays. De l'autre côté se trouvent les renards sauvages et les esprits possesseurs qui trompent les humains, s'attachent aux maisons ou dominent un terroir: yako, kuda-gitsune, osaki, izuna et d'autres encore. Le renard à neuf queues se tient entre ces deux pôles. Il possède la noblesse presque divine du renard blanc, mais aussi le danger de pénétrer la société humaine de l'intérieur et d'en ébranler le pouvoir. Au Japon, ce sont surtout les récits de Tamamo-no-Mae et de la Sesshoseki qui ont fixé son image. Tamamo-no-Mae est une beauté sans égale aimée de l'empereur retiré Toba; découverte comme renarde, elle fuit vers Nasu, est tuée, puis devient une pierre venimeuse. Ces trois noms sont liés, mais ne sont pas synonymes. Le renard à neuf queues est la vraie forme; Tamamo-no-Mae est l'incarnation de cour; la Sesshoseki est ce qui reste après la mort. Une fois ces étapes jointes, le renard n'est plus seulement un animal qui dupe les hommes. Il devient un grand esprit-renard portant la beauté, l'intelligence, la politique, la mort et l'apaisement rituel.

Yuki-onna

Yuki-onna

Légendaire

Yuki-onna (la Femme des neiges)

Le Spectre blanc de la nuit des neiges

Phénomènes naturels et esprits de la natureIwate

La Yuki-onna est l'esprit d'une femme grande et pâle, vêtue de blanc, qui paraît avec la tempête au cœur des nuits de grande neige. Traînant l'ourlet blanc de sa robe sur la neige, elle souffle, dit-on, sur les voyageurs pour les glacer, ou leur dérobe leur force vitale. On la dit tantôt la neige elle-même faite esprit, tantôt le fantôme d'un être mort de froid dans la montagne ; on la connaît dans presque tout Honshū, et surtout au pays des grandes neiges. D'une région à l'autre ses noms changent — yuki-jorō, yuki-nyōbō, tsurara-onna, shigama-nyōbō — et on l'appelle Yukion à Toyama, Yukinba à Yoshida, dans l'Ehime. Née de la crainte et de la beauté du pays des neiges, elle est la plus célèbre des apparitions de la neige.

Zashiki-warashi

Zashiki-warashi

Légendaire

za-shi-ki-wa-ra-shi

L'Enfant Protecteur des Foyers d'Iwate : Zashiki-warashi

Mi-Humain / Mi-YokaiIwateAomori

Le zashiki-warashi est un esprit (yokai) ayant l'apparence d'un enfant, originaire de la région du Tohoku, et plus particulièrement de la préfecture d'Iwate. Il hante les salons (zashiki) et les sols en terre battue des vieilles demeures. Il apparaît généralement sous les traits d'un enfant de cinq ou six ans, coiffé au carré et vêtu d'une veste rouge sans manches, se manifestant la nuit par des bruits de pas pressés ou des rires dans les couloirs. La plus grande caractéristique occulte du zashiki-warashi réside dans son lien direct avec le "destin (la prospérité ou le déclin)" de la maison. On croyait fermement qu'une maison habitée par un zashiki-warashi et où l'on pouvait l'apercevoir connaîtrait la richesse et la prospérité, mais qu'une fois l'enfant parti, la famille déclinerait instantanément, conduisant dans le pire des cas à sa dispersion ou à son extinction. Loin d'être un simple fantôme d'enfant, c'est une divinité tutélaire et une divinité du destin du foyer, possédant à la fois les bénédictions d'un dieu de la fortune et un pouvoir déterministe redoutable.

Rokurokubi

Rokurokubi

Légendaire

ro-ku-ro-KOU-bi

Hitōban/Nukekubi (Interprétation de Lafcadio Hearn)

Humain-Yōkai / Mi-humain Mi-yōkaiDans tout le Japon -- Une apparition des villages humains sans lieu spécifique

Le Rokurokubi est l'un des yōkai représentatifs les plus célèbres du Japon, caractérisé par un cou qui s'allonge anormalement pendant le sommeil la nuit, ou une tête qui se détache complètement du torse pour voler dans les airs. Bien que l'image moderne établisse fermement le 'Rokurokubi = yōkai au cou qui s'allonge', d'un point de vue folklorique, la forme originale véritable est considérée comme étant le 'nukekubi' (tête détachable), où la tête se sépare du corps pour voler. Ce prototype trouve son origine lorsqu'un monstre étranger connu sous le nom de 'Hitōban' (Barbare à tête volante), documenté dans d'anciens récits étranges chinois tels que le 'Sōshinki' (À la recherche du surnaturel), a été introduit au Japon. L'intérêt principal dans la recherche sur les yōkai est de comprendre pourquoi il est passé de 'volant' à 's'allongeant'. Une théorie répandue suggère que lorsque les rouleaux peints de l'époque d'Edo ont représenté un 'fil spirituel fin' reliant la tête détachée au corps, le public l'a visuellement interprété comme étant 'le cou allongé lui-même', ce qui a été le catalyseur décisif de la naissance du 'Rokurokubi au cou qui s'allonge'. Dans de nombreuses légendes, le Rokurokubi ne naît pas monstre, mais est décrit comme une apparition tragique provoquée inconsciemment par des femmes humaines en raison d'une 'maladie de séparation de l'âme' ou de la profondeur de leur karma.

Nurarihyon

Nurarihyon

Légendaire

Nurarihyon

Le Commandant Suprême Nurarihyon

Yōkai semi-humainOkayama

Le Nurarihyon est un yōkai généralement dépeint comme un vieil homme chauve au crâne allongé vers l'arrière, vêtu d'un élégant kimono ou d'un haori raffiné. Bien qu'il soit aujourd'hui largement connu comme le « Commandant Suprême des Yōkai » (Yokai no Sodaisyo), il convient de noter que cette image n'est pas issue du folklore classique, mais s'est imposée à travers des œuvres de fiction et des séries d'animation entre l'ère Shōwa et l'ère Heisei. À l'origine, dans les rouleaux de yōkai de l'époque d'Edo, il n'apparaissait que sous la forme d'un nom et d'une illustration. Il est resté longtemps une entité mystérieuse dont la véritable nature, les capacités et le but étaient totalement inconnus. D'un autre côté, le long des côtes de la mer intérieure de Seto (mer de Bisan) dans la préfecture d'Okayama, il existe une légende locale évoquant un yōkai marin sphérique et non identifié (une sorte d'Umi-bōzu) appelé « Nuurihyon » . On considère généralement qu'un artiste d'Edo a emprunté ce nom local à la consonance comique pour l'associer à l'illustration de ce « vieil homme mystérieux » qui n'avait pourtant aucun rapport, posant ainsi les bases du Nurarihyon moderne. Si l'on se demande d'où il vient, on peut dire que son nom est né à Okayama, tandis que son apparence a été façonnée par les peintres de Kyoto et d'Edo — une origine véritablement hybride. S'adaptant à son époque et à l'évolution des médias, le Nurarihyon est passé du statut de « vieil homme inexpliqué » à celui d'« intrus effronté s'invitant dans les maisons », pour finalement devenir le « puissant chef de tous les yōkai ». Il a sans aucun doute connu l'ascension la plus spectaculaire de l'histoire des yōkai.

Karakasa-kozou

Karakasa-kozou

Peu commun

ka-ra-ka-sa ko-ZO

Karakasa-kozou, la vieille ombrelle sautillant sur les routes nocturnes

Habitations & ObjetsTout le Japon ── Un tsukumogami de vieille ombrelle, sans origine spécifique.

Le Karakasa-kozou est une icône pop représentant les yōkai japonais et on peut dire qu'il est le synonyme de tsukumogami (yōkai d'objet). Son apparence la plus célèbre, sautillant sur une seule jambe en portant des geta avec un grand œil grand ouvert et une longue langue pendante, n'est pas née naturellement du folklore, mais a été façonnée artificiellement par la culture de l'édition et des jouets du début de l'époque d'Edo. Des yōkai parapluies sont également représentés dans le *Rouleau illustré de la parade nocturne des cent démons* de l'époque de Muromachi, mais ils prennent la forme de démons humanoïdes portant un parapluie fermé sur la tête, ce qui diffère de la forme unijambiste que nous connaissons aujourd'hui. C'est à la fin de l'époque d'Edo, à travers les kusazōshi (livres illustrés populaires), les estampes de jouets, les cartes à jouer de monstres et les accessoires de scène du théâtre kabuki, que les caractéristiques « un œil, une jambe » se sont figées, ce qui l'a rendu largement aimé du grand public comme un monstre charmant et comique.

Noppera-bō

Noppera-bō

Épique

nopperabo

L'anomalie sans visage de Kii-no-kuni-zaka

Yōkai humanoïde/Mi-humainTokyo

La terreur fondamentale du Noppera-bō réside dans la disparition soudaine du « visage », l'unité la plus élémentaire de la reconnaissance humaine. Il se tient sous forme humaine, revêtu de rôles quotidiens comme une femme en pleurs ou un commerçant, mais au moment où il se retourne, il révèle une surface lisse dépourvue d'yeux, de nez ou de bouche. Plutôt que l'effroi d'une apparence monstrueuse, la véritable horreur est le brisement du « jugement qui faisait confiance à l'autre comme étant humain ». Dans « Mujina », recueilli dans le « Kwaidan » de Lafcadio Hearn, un homme rencontre une femme sans visage sur la pente Kii-no-kuni-zaka à Akasaka. Il s'enfuit vers un stand de nouilles soba, seulement pour découvrir que le commerçant se retourne lui aussi pour révéler le même visage sans traits. Cette répétition en deux étapes élève le Noppera-bō d'une simple apparition grotesque à une anomalie qui dépouille l'individu de son sentiment de refuge. Plutôt qu'une « espèce » indépendante, le Noppera-bō est une anomalie humanoïde sans visage distillée à partir de motifs folkloriques où des bêtes métamorphes comme les mujina (blaireaux), les tanuki (chiens viverrins) et les renards effraient les humains. Dans le « Yokai Jiten » (Dictionnaire des yōkai) de Kenji Murakami, il est classé aux côtés des légendes de mujina et de bake-danuki (tanuki monstrueux) comme une apparition qui se manifeste sur les routes sombres, les pentes et les bords de l'eau. À travers les illustrations de yōkai de Shigeru Mizuki, ce trope métamorphe ambigu a été consolidé en une icône visuelle puissante — un visage dépouillé de ses traits — cimentant l'image que le public moderne imagine immédiatement. Essentiellement, le Noppera-bō est un yōkai né des anciennes ruses de bêtes, affiné par les histoires de fantômes modernes et la culture visuelle pour devenir une entité dont le thème même est la perte du visage.

Nekomata

Nekomata

Légendaire

né-ko-ma-ta

Nekomata aux deux queues, vieux chat métamorphosé

Métamorphose animaleTochigi

Le Nekomata (猫又) est l'une des apparitions surnaturelles les plus connues et à l'évolution la plus complexe du folklore japonais. Son apparence est décrite soit comme une bête devenue gigantesque avec les années, soit comme un chat monstrueux dont la queue s'est fendue en deux. Il existe deux lignées distinctes dans le concept de ce yôkai : l'une est le "redoutable Nekomata, bête féroce vivant dans les montagnes", que l'on trouve dans les textes de l'époque de Kamakura, et l'autre est le "Nekomata, yôkai domestique né d'un vieux chat gardé de nombreuses années dans une maison", qui s'est imposé à partir de l'époque d'Edo. Dans les croyances populaires japonaises, le chat est souvent considéré comme un être recélant une nature démoniaque ou des pouvoirs spirituels. La crainte qu'inspire une créature ayant franchi cette limite s'est cristallisée dans l'image de ce yôkai à deux queues.

Bakeneko (chat métamorphe)

Bakeneko (chat métamorphe)

Légendaire

ba-ke-NÉ-ko

Bakeneko (type légendaire traditionnel)

動物変化SagaTokushima

Un vieux chat qui, avec l’âge, acquiert des pouvoirs surnaturels. Il peut se transformer en humain, parler, manipuler les morts ou jeter des malédictions, et est souvent confondu avec le nekomata. Lécher l’huile des lampes à huile est tenu pour un signe annonciateur, et l’on croyait que les chats à longue queue se métamorphosaient plus facilement. À mesure que les villes se développaient, le mystère s’est projeté sur le chat familier, popularisant son image dans les livres et estampes de l’époque d’Edo.

Tsukumogami

Tsukumogami

Légendaire

Tsukumogami

Tsukumogami (récit traditionnel)

Habitats et UstensilesOrigine inconnue

Tsukumogami (付喪神) est le terme désignant les ustensiles et objets du quotidien qui, après avoir été longuement utilisés, acquièrent une forme et une volonté non humaines. Aujourd'hui, il est largement employé comme un terme générique pour désigner l'ensemble des yōkai nés de vieux outils, mais son usage dans la littérature classique n'est pas si fréquent. Le document représentatif qui nomme explicitement ces créatures et les place au centre de son récit est le *Tsukumogami Emaki* (Rouleau illustré des Tsukumogami) ou *Tsukumogami Ki*, dont la création remonterait à l'époque de Muromachi. Dans cette œuvre, bien qu'ils soient écrits avec le caractère de « dieu » (kami), ils ne sont pas d'emblée des divinités accordant des bénédictions aux humains. Ils y sont dépeints comme des « yōbutsu » (monstres) qui en veulent aux humains de les avoir jetés, attaquent les habitants et le bétail de la capitale, et finissent par se convertir au bouddhisme. Le début du rouleau illustré cite une théorie issue du *Onmyō Zakki* (Notes diverses sur le Yin et le Yang), aujourd'hui perdu, selon laquelle les ustensiles, après avoir passé « cent ans », acquièrent un esprit et trompent le cœur des hommes, d'où leur nom de Tsukumogami. D'autre part, la prononciation « tsukumo-gami » fait écho à « tsukumo-gami », les cheveux blancs d'une vieille femme. Le 63e passage des *Contes d'Ise* (Ise Monogatari) évoque également « des cheveux tsukumo auxquels il manque un an pour faire cent », liant ainsi la vieillesse au nombre quatre-vingt-dix-neuf. En raison du croisement de ces deux concepts, les explications évoquant à la fois cent ans et quatre-vingt-dix-neuf ans coexistent. À l'époque moderne, on trouve parfois l'orthographe « 九十九神 » (Dieux des quatre-vingt-dix-neuf), mais il s'agit seulement d'une variante graphique destinée à rendre l'association avec les cheveux blancs de la vieille femme plus apparente. Par conséquent, la règle d'âge stricte souvent invoquée aujourd'hui, selon laquelle « les outils acquièrent systématiquement une âme au bout de quatre-vingt-dix-neuf ans révolus », n'est pas formellement établie dans les textes classiques. Il n'existe pas non plus de modèle unique pour leur apparence après la métamorphose. Dans le *Tsukumogami Emaki*, ils prennent la forme d'hommes, de femmes, de vieillards, d'enfants, de chimères (chimimōryō) ou de bêtes sauvages ; dans les illustrations, certains acquièrent un visage et des membres tout en conservant la forme de leur objet d'origine tel qu'une marmite, un pot, un pilon, un éventail ou un chapelet. Si l'on peut, dans des époques ultérieures, expliquer des yōkai-objets individuels comme le Karakasa-obake (parapluie fantôme) ou le Koto-furunushi (vieux maître du koto) comme étant des sortes de Tsukumogami, tous les phénomènes surnaturels liés à de vieux outils n'étaient pas appelés « Tsukumogami » dès l'origine. Ces dernières années, plutôt que de considérer cela comme une croyance ancienne uniformément répandue à travers le Japon, la recherche avance en l'abordant sous l'angle de l'histoire culturelle, étudiant comment les rouleaux illustrés, les livres d'images et les récits ont insufflé la vie à des objets inanimés.

Wanyūdō

Wanyūdō

Épique

wa-nyou-DOU

Iconographie traditionnelle, école de Sekien

住居・器物Kyoto

Yōkai se présentant comme une roue de char à bœufs enflammée dont le moyeu laisse apparaître le visage d’un grand ogre. On dit qu’il dérobe l’âme de ceux qui le voient. Coller sur la porte un papier portant « Ici, le village de Katamō no Sato » l’empêcherait d’approcher. Illustré par Toriyama Sekien dans le Konjaku Gazu Zoku Hyakki, il s’inscrit dans la lignée des yōkai-roues. Son lien avec Katarinsha (Katawa-guruma) est souvent discuté et l’hypothèse d’une origine commune est jugée probable.

Mokumokuren

Mokumokuren

Épique

mo-ku-mo-KREN

Édition conforme aux Zukai de Sekien

住居・器物Inconnue

Yōkai illustré par Toriyama Sekien dans le Konjaku Hyakki Shūi. On dit que d’innombrables yeux apparaissent sur toute la surface des shōji d’une maison délabrée et vous fixent. Dans la planche de Sekien, une note suggère que l’obsession d’un joueur de go s’est diffusée du goban à toute la maison, présentant la créature comme un esprit logé dans l’élément résidentiel qu’est le shōji. Les encyclopédies de yōkai postérieures y voient une forte part de création érudite, mais le Mokumokuren reste connu comme l’incarnation de l’inquiétante étrangeté des motifs de shōji et de la lueur crépusculaire filtrant à travers le papier.

Akaname

Akaname

Épique

a-ka-NA-mé

Iconographie traditionnelle, type enfant de bain

住居・器物Japon, diverses régions (traditions centrées sur Edo)

Yōkai qui hanterait les vieux bains publics ou les salles de bain délabrées. Souvent figuré comme un enfant à la longue langue, il s’introduit la nuit pour lécher la crasse, le tartre et les moisissures sur les seaux et les murs. Il nuit rarement aux humains, mais sa présence est tenue pour un signe d’impureté et sert d’avertissement à garder la salle de bain propre. Aussi appelé Akaneburi.

Shuten Dōji

Shuten Dōji

Légendaire

SHOU-ten DOH-ji

Shuten-dōji d’Ōeyama

人妖・半人半妖KyotoShiga

Chef d’un grand oni qui enlevait des gens autour de la capitale à l’époque de Heian. Ivrogne notoire, il vivait dans un pavillon en montagne avec sa bande d’oni et attaquait les voyageurs. Son nom vient de son goût pour l’alcool; « dōji » renvoie à une apparence de novice ou de jeune homme. Il fut abattu par Minamoto no Raikō et ses Quatre Rois Célestes; sa tête continua de mordre même après la décapitation. Son repaire varie selon les versions (mont Ōe, mont Ibuki, mont Atago), et sa localisation aurait été fixée par la divination des onmyōji.

Tamamo-no-Mae

Tamamo-no-Mae

Légendaire

Tamamo-no-Mae

Tamamo-no-Mae, le renard à neuf queues aimé de l’empereur Toba

Animaux métamorphesKyotoTochigi

Tamamo-no-Mae est une beauté sans égale qui, à la fin de l’époque de Heian, aurait servi l’empereur retiré Toba. On tient sa vraie forme pour celle d’un renard à neuf queues, mais en tant qu’humaine, Tamamo-no-Mae a surtout été célébrée comme une dame de cour d’une beauté rare et d’un profond savoir. La poésie et la musique allaient de soi, mais des écritures bouddhiques jusqu’aux récits anciens de l’Inde et de la Chine, elle répondait à toute question sans la moindre hésitation, au grand étonnement de la cour. Le nom de « Tamamo-no-Mae » porte lui aussi son histoire. Une nuit, au cœur d’un banquet de poésie et de musique au Seiryōden, un coup de vent éteignit les lampes ; dans l’obscurité, une lumière éblouissante jaillit de son corps et éclaira la salle comme en plein jour. De là vint son nom de « Tamamo-no-Mae », c’est-à-dire la dame aux algues lumineuses comme des joyaux . Auparavant, dit-on, on l’appelait Mikuzume. Elle finit par concentrer sur elle toute l’affection de l’empereur, mais lorsque celui-ci tomba malade sans cause connue, on commença à soupçonner sa vraie nature.

Ootakemaru

Ootakemaru

Légendaire

おおたけまる

Ootakemaru, le Roi Démon Dieu cloîtré sur le Mont Suzuka

Oni / Démon géantMieKyoto

Ootakemaru est un dieu-démon (onigami) qui aurait élu domicile sur le mont Suzuka et le col de Suzuka, situés à la frontière entre les provinces d'Ise et d'Omi. Dans les Otogizoshi et l'histoire de Tamura, il apparaît comme un grand roi démon qui vole les tributs destinés à la capitale et repousse les armées avec des nuages noirs, la foudre et des pluies de feu, avant d'être vaincu par Tamuramaru (modelé d'après Sakanoue no Tamuramaro) et Suzuka Gozen. Le Tamuramaru de l'histoire n'est pas le shogun historique lui-même, mais une figure héroïque née de la superposition du culte médiéval de Kiyomizu Kannon, des croyances frontalières du col de Suzuka et des légendes de Tamura dans la région du Tohoku. Ootakemaru est parfois cité comme l'un des « Trois Grands Yokai », aux côtés de Shuten-doji et Tamamo-no-Mae. Le fait que sa tête coupée et ses restes soient ensuite intégrés dans des récits de trésors, d'origines de temples (engi) et de tertres funéraires reflète l'importance médiévale d'un « grand ennemi terrassé ».

Nue

Nue

Légendaire

nou-É

Le monstre abattu par Minamoto no Yorimasa, le Nue

Créature métamorpheKyotoOsaka

Le Nue est l'un des yōkai les plus représentatifs du Japon, célèbre pour son apparence chimérique monstrueuse composée d'une tête de singe, d'un corps de tanuki, de membres de tigre et d'une queue de serpent. À l'origine, le mot « Nue » (鵼) était l'ancien nom d'un véritable oiseau (la grive de White) dont le chant nocturne, semblable à un « hyō, hyō » lugubre, était extrêmement redouté à l'époque de Heian car considéré comme un « sombre présage ». Dans *Le Dit des Heike*, le monstre abattu par Minamoto no Yorimasa était fondamentalement une « créature sans nom », le texte se contentant de préciser qu'il « poussait des cris effrayants semblables à ceux d'un nue ». Ce sont les générations ultérieures qui ont utilisé à tort le nom du chant de l'oiseau pour désigner le monstre lui-même, fixant ainsi son identité. Passant d'une « anomalie sonore » sans forme précise à une « bête composite » visuelle au fil des siècles, le Nue représente une entité extrêmement singulière et cruciale dans l'histoire des yōkai japonais.

Tsuchigumo

Tsuchigumo

Légendaire

tsu-tchi-gou-mo

Tsuchigumo du récit de l’extermination par Raikō

総称・汎称NaraKyoto

Dans l’Antiquité, terme péjoratif des chroniques pour désigner des pouvoirs locaux refusant l’autorité de la cour impériale. Il désignait des groupes retranchés dans montagnes et cavernes, mentionnés dans le Nihon Shoki et divers Fudoki. À partir du Moyen Âge, il évolue dans le nô et les rouleaux peints en un yōkai arachnéen géant, célèbre pour avoir été vaincu par Minamoto no Yorimitsu. Sans lien réel avec les araignées au sens biologique.

Ushioni

Ushioni

Légendaire

OU-shi-o-ni

Démon marin au corps d'araignée et à tête de bovin : Ushioni

Animal métamorpheEhimeKochi

L'Ushioni (牛鬼) est l'un des yōkai les plus féroces et spirituellement puissants du Japon, réputé pour apparaître principalement sur les côtes, dans les bassins profonds et dans les régions montagneuses de l'ouest du pays. Son apparence est décrite sous diverses formes grotesques, telles qu'« un corps de démon avec une tête de vache » ou « un corps d'araignée avec une tête de bovin ». Il fut pointé du doigt comme une « chose terrifiante » dès l'époque de Heian dans *Les Notes de chevet* (Makura no sōshi), et a été profondément craint par la population depuis les temps anciens. Sa véritable nature réside dans sa dualité extrême (la double face du bien et du mal) : d'une part, c'est un « démon cruel et dieu des épidémies » qui dévore aveuglément les humains et disperse des miasmes empoisonnés ; d'autre part, c'est une « puissante divinité gardienne » qui précède les sanctuaires portatifs lors des festivals pour exorciser les mauvais esprits. C'est un yōkai extrêmement important en ethnologie, ayant évolué d'une anomalie surnaturelle dans la littérature pour devenir l'objet de croyances folkloriques régionales et d'arts du spectacle.

Moine de la mer

Moine de la mer

Légendaire

ou-mi-BOH-zou

Umi-bōzu (tradition des pêcheurs)

Esprits AquatiquesNagasakiEhime

Le Moine de la mer est un yōkai marin répandu le long des côtes japonaises, craint surtout par les pêcheurs. Il apparaît comme une immense ombre noire ou une tête chauve de moine surgissant à la surface. On n’en voit jamais tout le corps : seules la tête et parfois les épaules émergent. Sa manifestation annonce souvent des naufrages. Il se montrerait de nuit ou en pleine tempête, pour chavirer les bateaux ou entraîner les marins vers les profondeurs.

Gashadokuro

Gashadokuro

Légendaire

ga-sha-do-KOU-ro

Le Grand Squelette des Esprits Vengeurs : Gashadokuro (Édition Repos Complet)

Esprit / FantômeOrigine fictive (Yōkai inventé au milieu de l'ère Shōwa ; figure de squelette géant)

Le Gashadokuro est un yōkai se présentant sous la forme d'un squelette géant, qui se formerait à partir de l'assemblage, dans les ténèbres profondes de la nuit, des os et des rancœurs d'innombrables morts ayant péri de faim ou sur les champs de bataille sans jamais recevoir de sépulture digne. On raconte qu'il erre la nuit dans les plaines et les terres désolées ; lorsqu'il trouve un humain en vie, il le capture avec ses bras squelettiques géants, lui broie la tête avec ses mâchoires et boit son sang. Son nom viendrait du son sinistre "gasha gasha" produit par le frottement de ses os immenses lorsqu'il marche. Cependant, lorsqu'on examine ce yōkai du point de vue du folklore et de la yōkaïologie, on se heurte à un fait très choquant : le Gashadokuro n'apparaît "nulle part" dans les contes de fantômes classiques japonais ou le folklore d'avant l'époque d'Edo. En remontant les traditions locales de n'importe quelle région du Japon, on ne trouve aucune trace de lui. En réalité, le Gashadokuro est un "yōkai fictif moderne (une tradition inventée)" créé de toutes pièces par des auteurs de contes d'horreur pour enfants au milieu de l'ère Shōwa (fin des années 1960), lors de ce qu'on a appelé le "boom des yōkai". Concernant l'histoire de sa création, c'est l'auteur spécialiste de l'occulte Morihiro Saitō qui, en 1966, s'inspirant d'histoires de fantômes occidentales (comme les chevaliers fantômes sans tête), aurait imaginé le nom "Gashadokuro" et son concept de base, avant de le publier dans un magazine pour garçons et filles. Ensuite, pour donner une force visuelle écrasante à cette créature inédite, on a "emprunté" l'image du squelette géant illustré dans le chef-d'œuvre de l'estampe ukiyo-e "Le Vieux Palais de Sōma" (vers 1845), de Utagawa Kuniyoshi, un artiste génial de la fin de l'époque d'Edo. L'estampe de Kuniyoshi était à l'origine basée sur le roman de Santō Kyōden, "L'Histoire loyale de l'orphelin de la famille Uto", dépeignant la scène où la princesse Takiyasha, fille de Taira no Masakado, utilise la sorcellerie pour lancer un squelette contre Ōya Tarō Mitsukuni. Dans le roman original, il est décrit que "des centaines de squelettes à taille humaine apparaissent", mais Kuniyoshi a fait preuve de son sens unique de la composition dynamique et a audacieusement arrangé ces innombrables squelettes en "un seul squelette géant". En d'autres termes, ce que Kuniyoshi avait dessiné n'était rien d'autre qu'un "monstre osseux géant invoqué par la magie de la princesse Takiyasha", et absolument pas le yōkai "Gashadokuro" né de rancœurs accumulées. Pourtant, dans les années 1970, dans l'ouvrage "Encyclopédie Illustrée des Yōkai Japonais" (1972) d'Arifumi Satō et dans les illustrations de Shigeru Mizuki, le nom et le concept inventés par Saitō ont été parfaitement combinés avec l'image effrayante du grand squelette de Kuniyoshi. Grâce à cela, l'illusion historique (fake lore) d'un "terrifiant yōkai ancestral représenté même dans les estampes ukiyo-e" s'est merveilleusement accomplie, et le Gashadokuro s'est instantanément et profondément enraciné dans l'esprit des enfants et des adultes à travers le Japon en tant que "yōkai japonais traditionnel".

Yamanba (la sorcière des montagnes)

Yamanba (la sorcière des montagnes)

Légendaire

ya-man-ba

Yamanba (image traditionnelle)

山野の怪Kanagawa

Esprit féminin âgé vivant au fond des montagnes. Figure redoutée et respectée, elle est aussi connue comme la mère adoptive de Kintarō.

Ubume

Ubume

Épique

Ubume

Ubume (Forme Traditionnelle)

Fantômes & EspritsDiverses régions à travers le pays. Un exemple ancien célèbre se trouve dans le Konjaku Monogatari Shū médiéval.

L'Ubume (産女) est une apparition surnaturelle (yōkai) japonaise qui serait l'esprit d'une femme décédée pendant ou peu après l'accouchement, apparaissant sous les traits d'une femme tenant un nourrisson. Dans de nombreux récits, elle interpelle les passants la nuit aux abords des gués, des ponts et des carrefours en les implorant : « S'il vous plaît, portez cet enfant. » L'issue varie selon les régions et les sources : le bébé reçu peut soudainement devenir lourd, se transformer en feuilles d'arbres ou en pierre, ou bien la personne qui parvient à le tenir jusqu'au bout peut se voir accorder une force surhumaine ou la richesse. Par conséquent, l'Ubume n'est pas simplement un esprit maléfique attaquant les humains. Elle est une entité qui rassemble dans un même récit de rencontre le lien brisé par la mort entre une mère et son enfant, la peur des morts, ainsi que le courage et la compassion de celui qui accepte sa requête. Un exemple ancien et célèbre se trouve dans le *Konjaku Monogatari Shū* (Contes des temps jadis), rouleau 27, conte 43, « Comment Taira no Suetake, vassal de Minamoto no Yorimitsu, rencontra une Ubume », compilé vers la première moitié du XIIe siècle. Alors que Minamoto no Yorimitsu était gouverneur de la province de Mino, son vassal Taira no Suetake se rendit de nuit à un gué obscur pour une épreuve de courage, où une femme dans la rivière lui confia un bébé. De retour au manoir, lorsqu'il ouvrit sa manche, il n'y trouva que quelques feuilles d'arbres. La conclusion du récit juxtapose la théorie selon laquelle l'Ubume serait un renard métamorphe et celle voulant qu'elle soit l'esprit d'une femme morte en couches, sans trancher sur sa véritable nature. À ce stade, le pagne taché de sang et les plumes d'oiseau, qui deviendront célèbres aux époques ultérieures, ne sont pas encore décrits. D'autre part, une attention particulière doit être portée à la graphie qui écrit « Guhuo Niao » (姑獲鳥) mais qui se prononce « Ubume ». La « femme noctambule » décrite dans le rouleau 16 de l'ouvrage de la dynastie Tang *Youyang Zazu* (Plats assortis de Youyang) est un oiseau monstrueux chinois qui devient oiseau lorsqu'il revêt des plumes et femme lorsqu'il les retire, et qui a pour habitude de kidnapper les enfants des autres. En raison de son lien avec les bébés et les femmes mortes en couches, elle a été confondue avec l'Ubume japonaise, mais elles appartenaient à l'origine à des lignées distinctes. Selon les recherches de Manami Yasui, Hayashi Razan, qui a attribué le nom japonais au Guhuo Niao chinois, a précisé pour la première fois dans le *Shinkan Tashikihen* de 1631 que le « Guhuo Niao » est l'« oiseau Ubume » ou Nue. Alors que l'Ubume japonaise a pour noyau « l'esprit d'une mère confiant son propre bébé à autrui », le Guhuo Niao chinois a pour noyau « un oiseau monstrueux arrachant les enfants des autres ». Comprendre cette différence permet de voir comment le yōkai appelé Ubume a changé de forme en superposant contes médiévaux, rites funéraires pour les femmes mortes en couches, savoirs sur les oiseaux monstrueux de Chine et illustrations de yōkai de l'époque moderne.

Jorōgumo (l’Araignée courtisane)

Jorōgumo (l’Araignée courtisane)

Légendaire

jo-RO-gou-mo

Version conforme aux traditions • Jorōgumo

動物変化ShizuokaNagano

La Jorōgumo est un yōkai où une gigantesque araignée prend l’apparence d’une belle femme pour attirer ses proies. Mentionnée dans des curiosités et rouleaux illustrés de l’époque d’Edo, elle est peinte par Toriyama Sekien sous la forme d’une femme escortée de petites araignées. Elle appâte les humains vers sa tanière, les enserre de fils pour les affaiblir, puis les dévore. Les récits se situent souvent aux lisières des eaux et des hameaux — chutes, gouffres, maisons abandonnées — et racontent qu’une fois démasquée, elle s’enfuit dans les combles ou les failles rocheuses.

Femme mouillée

Femme mouillée

Épique

nou-ré-ON-na

Nure-onna (version conforme aux traditions)

Yōkai féminin apparaissant au bord de l’eau, nommée d’après sa chevelure et son corps toujours trempés. Dans des rouleaux illustrés de l’époque d’Edo, elle prend souvent l’apparence d’une femme associée à un corps serpentin et est réputée égarer les gens près de la mer ou des rivières. Apparentée à l’iso-onna, elle est parfois tenue pour l’incarnation d’un serpent de mer, mais les descriptions directes dans les sources classiques sont limitées. Son caractère varie selon les régions, allant du motif où elle fait porter un bébé à sa victime à celui d’un monstre aquatique muni d’une immense queue.

Inugami

Inugami

Légendaire

i-nou-GA-mi

Inugami (iconographie traditionnelle)

動物変化TokushimaKochi

L’Inugami est un esprit canin possesseur, largement attesté dans l’ouest du Japon, compté parmi les entités les plus puissantes aux côtés du kitsune possesseur et du kugutsu/kan-kitsune. Il est considéré comme typique de Shikoku—surtout Tokushima, Kōchi et Ehime—et laisse des traces de Shimane et Yamaguchi jusqu’à Kyūshū, les îles Satsunan et Okinawa. On croyait à des lignées « marquées » appelées inugami-suji, où l’esprit hantait la famille sur des générations, notion liée à l’évitement matrimonial et à des formes de discrimination sociale. Son apparence et sa nature varient selon les régions: on le décrit parfois comme souriforme, belette ou chauve-souris, entre autres.

Kama-itachi

Kama-itachi

Légendaire

ka-ma-i-TA-tchi

Kamaïtachi (version synthèse des récits traditionnels)

動物変化NiigataNagano

Le kama-itachi est un esprit associé aux tourbillons de vent qui lacèreraient la peau comme d’un coup de lame. On dit que la douleur et le sang peuvent être absents juste après l’attaque, ou apparaître plus tard. Depuis l’époque d’Edo, on le représente souvent comme une belette munie de griffes en forme de faucilles. Selon les régions, on l’explique comme un phénomène venteux, l’œuvre d’un dieu du vent ou de petits esprits. Le terme sert aussi de kigo d’hiver en poésie.

Kodama

Kodama

Épique

ko-DA-ma

Esprit des vieux arbres, Kodama

山野の怪TokyoOkinawa

Les kodama sont des esprits censés résider dans les arbres, le terme désignant parfois l'arbre lui-même habité par cette essence spirituelle. Selon les croyances anciennes, une essence divine vient s'incarner dans les vieux arbres ayant accumulé plus d'un siècle de cernes. Le phénomène du « yamabiko » (l'écho), où une voix lancée dans les montagnes ou les vallées revient avec un léger retard, était d'ailleurs perçu comme la réponse d'un kodama. Si l'on remonte à leurs origines, ils sont les vestiges d'une divinisation des arbres. Dans le Kojiki, le dieu des arbres Kukunochi est parfois assimilé au kodama, tandis que le dictionnaire de l'époque de Heian, le Wamyō Ruijushō, mentionne le terme « kodama » (古多万) comme nom japonais pour les divinités arboricoles. En revanche, dans le Dit du Genji, on trouve des expressions telles que « Est-ce un oni, un dieu, un renard ou un kodama ? » ou « le démon d'un kodama », ce qui montre qu'à cette époque, on le percevait déjà comme une entité proche du yōkai. Bien que leur apparence ne diffère en rien de celle des arbres ordinaires, ils sont dotés de pouvoirs mystérieux et l'on disait qu'ils maudiraient quiconque tenterait de les abattre sans précaution. Dans son recueil Gazu Hyakki Yagyō, Toriyama Sekien a dessiné sous le nom de « Kodama » (木魅) un couple de vieillards se tenant près d'un vieil arbre, illustrant l'idée qu'un arbre centenaire abrite un dieu qui finit par se manifester. Écrit sous diverses graphies en caractères sino-japonais (木霊, 木魂, 谺), le mot « kodama » désigne à la fois la réverbération du son et l'esprit de l'arbre, fusionnant ainsi la voix de la nature et l'âme des arbres en une seule et même entité.

Retourneur d’oreiller

Retourneur d’oreiller

Peu commun

ma-kou-ra-ga-éshi

Type traditionnel — Lien aux phénomènes des temples et sanctuaires

住居・器物Japon, diverses régions

Apparition nocturne qui se manifeste dans la chambre et retourne l’oreiller ou inverse la position tête-pieds du dormeur. Les mentions se multiplient à partir de l’époque d’Edo. Son apparence varie: enfant, bonze, ou indéterminée. Dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, il est figuré comme une petite statue de type Niō. Faire retourner son oreiller était vu comme un signe de désordre entre âme et corps, autrefois redouté comme un présage de maladie ou de mort.

Hitotsume-kozou

Hitotsume-kozou

Épique

hi-to-tsu-mé ko-zo

Le garçon à un œil, Hitotsume-kozou

YokaiJapon (Edo, Aizu, Tanba, Bizen, etc.)

Yōkai apparaissant sous la forme d’un enfant au crâne rasé, avec un grand œil unique au centre du front. Plutôt que de blesser, il surgit pour effrayer, et il est souvent dépeint avec humour. Une croyance populaire, fondée sur un jeu de mots, le dit ennemi des fèves, image qui se serait plus tard muée en goût pour le tofu. Mentionné dans des rouleaux peints et essais de l’époque d’Edo, il rôde fréquemment en plein air ou au bord des chemins.

Mikoshi Nyūdō

Mikoshi Nyūdō

Épique

mi-KO-shi NYOU-dô

Mikoshi Nyūdō (type chronique de kaidan d’Edo)

鬼・巨怪TokyoSaitama

Apparition en forme de bonze géant surgissant la nuit aux carrefours, au bout des pentes, sur les ponts de pierre ou dans les arbres. Plus on le lève les yeux, plus il grandit, terrifiant ceux que la peur saisit. Pour s’en protéger, on dit « Je t’ai vu d’avance » ou on le toise calmement de haut en bas. Son identité varie selon les régions : métamorphoses de tanuki, renard, belette ou blaireau. Type bien connu des contes et essais de l’époque d’Edo.

Grand Nyūdō

Grand Nyūdō

Épique

o-o-nyou-DOU

Édition des récits traditionnels · Ōnyūdō

鬼・巨怪Mie

Le Grand Nyūdō est une apparition colossale, décrite comme un moine géant ou une ombre titanesque, transmise dans de nombreuses régions. Bien que son nom évoque un grand moine, il se manifeste aussi comme un géant humanoïde ou une silhouette informe. Il se dresse à une hauteur vertigineuse et terrifie par son regard, qui ferait s’évanouir ou tomber malade. Son identité est le plus souvent inconnue, mais on l’associe parfois à des animaux métamorphes — renard, tanuki, belette, loutre — ou à une stèle de pierre devenue yōkai.

Laveur de haricots rouges

Laveur de haricots rouges

Épique

a-ZOU-ki a-RA-ï

Lavezur d’azukis de la rivière de vallée

Fantômes et EspritsTokyoIbaraki

Yōkai qui, tard dans la nuit, fait résonner au bord des rivières et des ruisseaux le bruit du lavage des azuki, « shoki-shoki », « zaku-zaku ». Il apparaît en se fondant dans les sons de l’eau près des habitations. Sa silhouette est menue et âgée, parfois enfantine. Plus que d’effrayer, il égare par sa présence et fait glisser les passants. Connu des récits étranges de l’époque d’Edo et des rouleaux illustrés, il est parfois décrit comme obsédé par le fait de compter avec exactitude.

Betobeto-san

Betobeto-san

Épique

betobeto-san

Les pas résonnant sur la route de nuit

Yōkai des montagnes et des champsNaraShizuoka

Le Betobeto-san est un yōkai des routes nocturnes qui ne révèle jamais sa forme, accompagnant les gens par derrière uniquement par le bruit de ses pas. Largement connu principalement autour du district d'Uda dans la préfecture de Nara, on dit qu'en marchant sur un chemin sombre, on peut entendre des pas humides et claquants — « beto-beto » ou « peta-peta » — traînant derrière soi, mais se retourner ne révèle personne. La terreur qu'il suscite ne vient pas d'une apparence grotesque, mais du fait que la distance des pas ne change jamais. Ni en rattrapant ni en prenant du retard, les pas s'accordent parfaitement avec la foulée de la personne, forçant le marcheur à porter un compagnon invisible sur son dos. Plutôt qu'un yōkai qui inflige des dommages, le Betobeto-san est une anomalie de la frontière qui peut être passée en toute sécurité en faisant preuve de courtoisie envers l'invisible. On dit que si l'on crie : « Betobeto-san, s'il vous plaît, passez devant » (Betobeto-san, osaki e okoshi) et qu'on cède le passage, les pas se déplaceront vers l'avant et finiront par disparaître. Cette étiquette démontre la sagesse folklorique consistant à ne pas éliminer la peur par la force, mais à reconnaître l'existence de l'autre et à céder le droit de passage. Alors que les illustrations de Shigeru Mizuki lui ont donné une apparence ronde et amicale, le Betobeto-san original est une présence informe née des sons des routes nocturnes, de la terre humide et du vide dans son dos. Il y a une vaste distance entre la forme de personnage moderne visualisée de ce yōkai et l'expérience folklorique informe dont il est issu. Bien qu'il ait acquis un petit corps dans les images, le cœur de la légende reste les pas s'approchant par derrière. Par conséquent, pour vraiment comprendre le Betobeto-san, plutôt que de chercher sa silhouette, il faut imaginer la sensation d'acquérir un ensemble supplémentaire de bruits de pas sur une route sombre et solitaire.

Tofu-kozo

Tofu-kozo

Peu commun

tofu-kozo

Le yokai clown d'Edo né des Kibyoshi : Tofu-kozo

Yokai humanoïde / Mi-humain Mi-yokaiTokyo

Le *Tofu-kozo* (Le garçon au tofu) est un yokai qui apparaît les soirs de pluie sous les traits d'un enfant portant un grand chapeau de paille tressée, tenant un plateau sur lequel est posé un bloc de tofu marqué d'une feuille d'érable. Bien qu'il s'agisse d'un yokai, il n'attaque ni n'ensorcelle les gens, il se contente de se tenir là avec son tofu. Ce charme maladroit et peu effrayant est sa marque de fabrique, ce qui l'a rendu très populaire auprès des habitants de la fin de l'époque d'Edo. Ce qu'il faut retenir, c'est que son origine ne se trouve pas dans un vieux folklore traditionnel, mais dans la culture de l'édition d'Edo elle-même. Dans les années Anei (1770), il est soudainement apparu comme personnage dans les livres de divertissement illustrés appelés *kibyoshi* et *kusazoshi*. Sa première apparition serait dans le *kibyoshi* *Yokai Shiuchi Hyobanki*. Les chercheurs spécialisés dans les yokai, tels que Natsuhiko Kyogoku et Katsumi Tada, considèrent le Tofu-kozo comme un exemple précoce de « yokai personnage » créé artificiellement comme produit commercial. En d'autres termes, le Tofu-kozo n'est pas un monstre surgi des ténèbres des provinces, mais un yokai natif d'Edo, engendré par l'industrie urbaine de l'édition.

Kasha

Kasha

Épique

KA-sha

Kasha félin (récits de l’époque moderne)

霊・亡霊IwateGunma

Yōkai qui apparaît lors des funérailles, des cortèges ou dans les cimetières pour dérober cercueils et dépouilles. Au début de l’époque moderne, on l’attribuait à des geôliers infernaux ou au dieu du tonnerre, emportant les corps avec des nuages noirs et la foudre. Plus tard, il s’est mêlé au folklore du nekomata : on dit qu’un vieux chat devient kasha et vise les restes des défunts. Sans se limiter à une morale religieuse, des cas sont rapportés dans tout le pays. Parmi les parades figurent couteaux, chapelets, tertres de terre et veilles de surveillance.

Fantôme de bateau

Fantôme de bateau

Épique

fou-na-you-rê (Funa-yūrei)

Mendiants de teiko de Dan-no-ura

Apparition spectrale en mer des personnes mortes par noyade. Son aspect varie : navire fantôme, revenant, feu follet marin ou figure de moine des mers. Elle surgit souvent les nuits de tempête ou de brouillard, verse de l’eau de mer dans l’embarcation avec une louche pour la couler, ou égare la route jusqu’à l’échouage. Les contre-mesures diffèrent selon les régions : donner une louche au fond percé, lancer des boulettes de riz ou de la cendre, ou fixer le spectre du regard. Aussi appelée « navire des morts » ou « ayakashi ».

Ittan-momen

Ittan-momen

Épique

i-TAHN-mo-men

Le tissu étrangleur du ciel nocturne de Satsuma : Ittan-Momen (Version folklore)

Esprits DomestiquesKagoshima

Phénomène du Kagoshima : une bande de coton d’environ une toise de long et trois pouces de large vole en voletant du crépuscule à la nuit, s’enroule autour du visage ou du cou des passants et les étouffe. Sa forme n’est qu’un lambeau de tissu, sans voix ni bruit. Le nom apparaît dans le Recueil des dialectes du district de Kimotsuki (Nomura Denshi & Yanagita Kunio). Dans la région, on l’évoquait pour mettre en garde les enfants. Son origine serait un tissu délaissé devenu esprit, ou bien un esprit du vent.

Konaki-jijii

Konaki-jijii

Légendaire

konaki-jiji

Le Vieillard Pleureur de Tokushima : Konaki-jijii

山野の怪Tokushima

Le Konaki-jijii (le vieillard qui pleure comme un enfant) est un yōkai issu des légendes des montagnes du district de Miyoshi, dans la préfecture de Tokushima (l'ancien village de Sanyō, aujourd'hui la ville de Miyoshi). Selon la légende, bien qu'il ait l'apparence d'un vieil homme, il pousse des cris déchirants de nourrisson sur les sentiers de montagne. Si un passant, pris de pitié, le soulève pour le réconforter, le yōkai devient de plus en plus lourd jusqu'à l'écraser à mort. Le célèbre folkloriste Kunio Yanagita a recensé cette légende dans son *Yōkai Dangi* (Discussions sur les Yōkai, 1956), soulignant sa parenté avec une large famille de monstres pleureurs répartis dans tout Shikoku, tels que les « Gogya-naki ». Yanagita a pointé du doigt que cette caractéristique de « devenir de plus en plus lourd une fois porté » est partagée par de nombreux yōkai liés aux femmes enceintes ou aux nourrissons (comme l'Obariyon ou l'Ubume), suggérant qu'il s'agit d'une création composite issue de plusieurs mythes. C'est à partir de 1968, en devenant un personnage régulier du célèbre manga *GeGeGe no Kitarō* de Shigeru Mizuki, qu'il a acquis une célébrité nationale incontestée, devenant l'un des yōkai folkloriques les plus aimés du Japon moderne.

Sunakake-baba

Sunakake-baba

Légendaire

sunakake-baba

La Sorcière de Sable Invisible : Sunakake-baba

山野の怪Nara

La Sunakake-baba (la sorcière jeteuse de sable) est un yōkai dont les légendes s'étendent sur la préfecture de Nara (région de Yamato), la préfecture de Hyōgo (Amagasaki, Nishinomiya) et la préfecture de Shiga. Selon le folklore, lorsqu'un voyageur s'aventure près des bosquets d'un sanctuaire ou d'une forêt de bambous, elle lui jette soudainement du sable dessus pour l'effrayer. Dans les légendes classiques, elle est une anomalie totalement invisible : on perçoit le bruit du sable et son contact physique, mais elle ne révèle jamais sa forme. Avant-guerre, le médecin et historien local Shirōsaku Sawada consigna ces récits dans son *Yamato Mukashibanashi* (Contes du Yamato). L'illustre folkloriste Kunio Yanagita reprit ces notes dans son œuvre fondatrice *Yōkai Dangi* (Discussions sur les Yōkai, 1956), propulsant ainsi la renommée de ce yōkai dans les cercles académiques. C'est en 1968 que sa popularité explosa à l'échelle nationale, lorsque Shigeru Mizuki en fit un personnage secondaire régulier dans son manga *GeGeGe no Kitarō*. Représentée sous les traits d'une vieille femme en kimono au regard perçant, elle y incarne une figure maternelle et sage au sein de la « Famille Kitarō », devenant ainsi l'un des yōkai les plus emblématiques du Japon moderne.

Nurikabe

Nurikabe

Épique

nou-ri-ka-bé

Nurikabe (tradition du bord de route)

Classifications GénéralesFukuokaOita

Yōkai connu comme un « mur » invisible qui bloque le passage la nuit. Le marcheur s’arrête net, et même en tâtonnant, il sent une surface plane qui l’empêche d’avancer. On dit qu’attendre un moment, se décaler sur le côté ou taper le sol avec un bâton suffit souvent à dissiper l’entrave. Son apparence n’est pas fixée : soit invisible, soit une paroi lisse et informe. Il nuit rarement aux humains au-delà d’égarer les voyageurs, raison de sa crainte comme fauteur de méprise.

Hakutaku

Hakutaku

Divin

ha-koo-TA-kuu

Conforme aux traditions iconographiques

神霊・神格Introduit de Chine (diffusé au Japon comme image apotropaïque)

Le Hakutaku est une bête de bon augure issue des anciens récits chinois. Il comprend la parole humaine et connaît les êtres surnaturels et les fléaux. On dit qu’il apparaît sous des dirigeants vertueux. Un ouvrage appelé « Illustration du Hakutaku » rassemblait le savoir sur les yōkai et les calamités ainsi que leurs remèdes. Au Japon, ces images circulèrent à l’époque d’Edo comme talismans contre le malheur, servant de protection de voyage et contre les maladies. Il est représenté comme une bête blanche, avec des variations iconographiques selon les époques.

Bête du tonnerre (Raijū)

Bête du tonnerre (Raijū)

Légendaire

RAI-jou

Bête de tonnerre des traditions du district de Kuji

動物変化IbarakiAkita

Yōkai bestial craint pour tomber d’entre les nuages avec le tonnerre, ravageant arbres et champs. Son pelage se hérisse, ses griffes sont acérées, et l’on attribue aux décharges de foudre les écorces arrachées et traces de brûlure. S’il tombe près des gens, il peut les étourdir et les laisser hébétés un moment. Quand l’orage cesse, il disparaît et remonte au ciel. Son apparence varierait: semblable au renard ou au tanuki, parfois de la taille d’une belette.

Kudan

Kudan

Épique

koo-DAHN

Kudan des éditions sur tuiles de la fin d’Edo

人妖・半人半妖KyotoHiroshima

Le Kudan est une créature prophétique mi-humaine mi-bovine, largement diffusée à la fin de l’époque d’Edo. Doté d’un visage humain et d’un corps de bovin, il apparaît pour annoncer la conjoncture ou les récoltes, puis meurt peu après. Des gravures populaires (kawaraban) et des livrets de l’ère Tenpō le mentionnent, avec des variations sur le lieu d’apparition et l’aspect. Certains avis affirment que son image affichée protège du malheur et favorise la prospérité domestique, bien que le récit diffère selon les régions et les sources. Le lien direct avec l’expression « comme indiqué ci-après » (kudan no gotoshi) relève de l’interprétation populaire.

Shiranui

Shiranui

Peu commun

shi-ra-NOU-i

Guide-feu de Hassaku

Esprits AquatiquesKumamotoSaga

Le Shiranui est un feu mystérieux aperçu le long des côtes du Kyūshū, surtout dans la mer de Yatsushiro et la mer d’Ariake. La nuit du premier jour du huitième mois lunaire, par temps calme et lune noire, une ou deux « flammes mères » apparaissent au large, se divisent à gauche et à droite et se multiplient jusqu’à former des centaines, voire des milliers de lueurs alignées à l’horizon. On les distingue mal depuis le niveau de la mer, mais nettement depuis un point élevé. Plus on tente de s’en approcher, plus elles semblent reculer. Également appelées Mille Lanternes et Lanternes du dragon, elles étaient craintes comme un présage funeste interdisant la sortie en mer.

Hitodama (âme humaine luminescente)

Hitodama (âme humaine luminescente)

Épique

hi-to-DA-ma

Hitodama (version des récits traditionnels)

Fantômes et EspritsJapon, diverses régions

Les hitodama sont des phénomènes spirituels observés la nuit sous forme de petites boules de feu flottant dans l’air, interprétées autrefois comme des âmes quittant le corps humain. Les couleurs rapportées varient (bleu pâle, orangé, rouge), avec une traîne lumineuse qui dérive près du sol. Souvent confondus avec les onibi ou le feu-renard, les hitodama se distinguent comme l’émanation lumineuse de l’âme humaine, parfois présage liée à la mort ou au seuil entre vie et mort. Ils abondent dans les classiques, essais d’époque et traditions locales, et des témoignages modernes subsistent.

Amabié

Amabié

Légendaire

a-ma-bi-é

Conforme aux récits des kawaraban

Êtres Semi-HumainsKumamoto

Yōkai prophétique apparu, dit-on, à la mi-avril de la 3e année Kōka, au large de Higo. Il émettait une lueur chaque nuit depuis la mer, se présenta à un fonctionnaire en se nommant Amabié, annonçant six années d’abondantes récoltes mais aussi une épidémie. Il recommanda, face au fléau, de montrer son effigie aux gens, puis regagna la mer. On ne connaît qu’un seul enregistrement de type kawaraban, les détails restant obscurs.

Kuchisake-onna

Kuchisake-onna

Légendaire

くちさけおんな

La Femme au masque rouge / La Kuchisake-onna de 1979

Yōkai humain / Mi-humain mi-yōkaiLégende urbaine moderne originaire de Gifu en 1978, sans lieu sacré spécifique

Kuchisake-onna (La Femme à la bouche fendue) est une légende urbaine moderne représentative du Japon d'après-guerre, apparue dans la préfecture de Gifu entre 1978 et 1979 avant de se propager dans tout le pays. Le schéma typique est le suivant : une belle femme, dont le bas du visage est caché par un masque, arrête les enfants dans la rue la nuit et leur demande : « Suis-je belle ? » Selon la réponse, elle retire son masque pour révéler une bouche fendue jusqu'aux oreilles et demande à nouveau : « Même comme ça ? » — si on lui répond non, elle attaque avec des ciseaux ou un couteau de boucher. La première mention se trouverait dans la chronique « Notes de la rédaction » du Gifu Nichinichi Shimbun le 26 janvier 1979, et à partir de mars 1979, des magazines nationaux tels que le Shukan Asahi, le Shukan Shincho, le Shukan Josei et le Josei Jishin s'en sont emparés les uns après les autres. Le phénomène a atteint son apogée en juin de la même année lorsque le numéro du 29 juin du Shukan Asahi a publié un grand dossier d'Etsuro Hiraizumi intitulé « L'étrange rumeur de la \"Femme à la bouche fendue\" qui terrifie les écoliers et collégiens de tout le pays ». À Himeji, dans la préfecture de Hyogo, une imitatrice déguisée en Kuchisake-onna a été arrêtée pour violation de la loi sur le contrôle des armes ; à Koriyama (préfecture de Fukushima) et Hiratsuka (préfecture de Kanagawa), des voitures de police ont été dépêchées ; et à Kushiro (Hokkaido) et Niiza (Saitama), des retours groupés de l'école ont été organisés. La rumeur a provoqué de véritables réactions sociales. Il s'agit d'un cas rare incarnant la genèse des yōkai à l'ère des médias de masse, qui a conquis le pays en six mois grâce au lien entre les cours du soir et les magazines nationaux, et non d'une légende issue de croyances populaires ou de traditions locales de l'époque d'Edo. Depuis que Toru Joko l'a organisée académiquement dans « Histoires de fantômes à l'école » en 1990, elle n'a cessé d'être étudiée comme un cas représentatif de la recherche sur les yōkai modernes et les légendes urbaines.

Teke Teke

Teke Teke

Épique

てけてけ

Teke Teke, la femme coupée en deux qui rampe sur ses coudes

Esprit / FantômeLégende urbaine moderne des années 1990-2000, basée sur les accidents de train

Teke Teke est un fantôme féminin dépourvu de la moitié inférieure de son corps, apparaissant dans des légendes urbaines qui se sont répandues parmi les enfants du Japon dans les années 1980 et 1990. L'onomatopée "teke-teke-teke", qui imite le son qu'elle produit en rampant sur le sol avec ses bras, est devenue son nom. On raconte qu'elle apparaît près des passages à niveau, dans les gares ou aux abords des écoles, qu'elle poursuit ceux qu'elle rencontre et leur coupe le bas du corps à l'aide d'une faucille ou d'une scie pour qu'ils lui ressemblent. Il n'existe pas d'origine définitive pour cette légende ; plusieurs théories coexistent, situant son apparition à Hokkaido (Asahikawa, Muroran, Sapporo), Kakogawa dans la préfecture de Hyogo ou encore Okinawa. La légende a été clairement documentée pendant le boom des "histoires de fantômes à l'école" dans les années 1980, et des récits similaires ont été inclus dans "Histoires de fantômes de l'école" de Toru Tsunemitsu (Kodansha KK Bunko, 1990) ainsi que dans des numéros spéciaux de magazines pour enfants de l'époque. Adaptée au cinéma par le réalisateur Koji Shiraishi avec les films "Teke Teke" et "Teke Teke 2" (sortis le même jour en 2009), la légende s'est imposée comme une œuvre représentative de l'horreur japonaise moderne, liant les accidents ferroviaires d'après-guerre et la légende urbaine.

Hachishakusama

Hachishakusama

Légendaire

Hasshakusama

La Femme Blanche de 2,4 mètres - Hachishakusama

Esprit / FantômeLégende urbaine née sur 2ch en 2008

Hachishakusama (La Dame de Huit Pieds) est une femme spectre issue d'une légende urbaine moderne née sur l'internet japonais durant l'ère Heisei. Elle est décrite comme une femme exceptionnellement grande d'environ huit shaku (environ 2,4 mètres), portant une robe blanche, et connue pour cibler les humains, en particulier les jeunes garçons, tout en émettant un rire étrange faisant « Po... Po... Po... Po... ». Sa première apparition remonte à une histoire publiée le 26 août 2008 sur le forum occulte de 2ch intitulé « Rassemblons des histoires à mourir de peur 196 » par un utilisateur au pseudonyme de « nona ». L'histoire originale raconte l'histoire d'un jeune garçon rendant visite à ses grands-parents à la campagne et devenant la cible de Hachishakusama. Il survit à sept jours de terreur en s'enfermant dans une pièce protégée par une statue de Jizo et des rituels. Depuis les années 2010, sa légende a été massivement reprise sur les chaînes d'horreur de Twitter, YouTube et TikTok. Elle est également très reconnue sous le nom de « Hachishakusama » sur les forums d'horreur anglophones internationaux (comme r/nosleep sur Reddit), faisant d'elle l'une des figures de proue des légendes urbaines nées sur internet.

Kunekune

Kunekune

Épique

くねくね

La silhouette blanche au loin dans la campagne : Kunekune

Esprit / FantômeHistoire de fantôme moderne issue d'Internet vers 2000

Le Kunekune est une apparition humanoïde blanche apparaissant dans les paysages ruraux, originaire des légendes urbaines d'Internet du début des années 2000. Observé en plein jour au milieu de l'été, il est aperçu au loin dans les rizières, sur les berges des rivières ou les plages, se tenant debout et se tortillant de gauche à droite comme une fine poupée de papier blanc. Sa caractéristique principale est une structure d'horreur basée sur la cognition : « Il est inoffensif lorsqu'il est vu de loin, mais essayer de comprendre sa véritable identité à l'aide de jumelles ou autres provoque la folie. » Il est connu que l'histoire fictive publiée sur un site de contes fantastiques en 2000 a perdu son avertissement « fiction » lors de sa republication sur le forum occulte de 2channel en 2003, circulant ensuite de manière indépendante comme une histoire vraie. C'est l'un des exemples représentatifs d'une « histoire de fantôme de forum » née sur Internet, et une entité symbolique du boom des histoires d'horreur sur 2ch au début des années 2000, précédant Hachishakusama (2008).