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Ittan-momen(ittan momen)

Description de base

L’Ittan-momen est une étrange apparition semblable à une longue pièce de coton, transmise dans la région de Takayama, dans l’Ōsumi, près de l’actuel bourg de Kimotsuki dans la préfecture de Kagoshima. En 1938, Yanagita Kunio nota dans « Yōkai meii (IV) » qu’une chose ayant la forme d’un Ittan-momen voltigeait la nuit et attaquait les passants. Ni sa couleur, ni un visage, des membres ou une voix ne sont mentionnés : il reste seulement l’impression saisissante d’une longue forme qui danse dans la nuit.

Le Glossaire des parlers du district de Kimotsuki, dans l’Ōsumi, publié en 1942, définit l’« Ittanmonmen » comme « une sorte de fantôme » et comme une chose pareille à du coton, longue d’un ittan, qui attaque les gens la nuit. L’ittan désigne la longueur d’une pièce de tissu, mais ses dimensions varient selon les périodes, les lieux de fabrication et les étoffes ; il ne correspond donc pas à un nombre précis de mètres. C’est l’inquiétante image d’un coupon assez long pour envelopper un corps humain, flottant comme un être vivant, qui donne tout son poids au nom.

Des sources locales plus tardives font apparaître un Ittan-momen qui arrive au crépuscule et s’enroule autour de la tête ou du cou. Une enquête orale menée à Kimotsuki rapporte des récits d’Ikenosono, Hami, du mont Gongen et des rives du Kimotsuki, tout en signalant des villages où cette tradition était inconnue. L’Ittan-momen ne forme donc pas un récit uniforme dans toute la préfecture de Kagoshima : il demeure une apparition dont le souvenir varie d’un lieu à l’autre dans une zone restreinte de l’Ōsumi.

L’image aujourd’hui familière doit beaucoup à Mizuki Shigeru. D’après une présentation de l’Agence des affaires culturelles, Mizuki a donné une forme personnelle aux yōkai du « Yōkai meii » dont aucune apparence n’avait été transmise. À partir de brèves notices écrites, l’Ittan-momen est ainsi devenu un yōkai de longue étoffe volant dans le ciel, connu dans tout le pays grâce au manga et à l’animation.

Folklore et légendes

Le « Yōkai meii (IV) », paru dans Minzoku Denshō en 1938, cite l’Ittan-momen parmi les monstres de Takayama, dans l’Ōsumi. La notice est brève : une chose de la forme d’un Ittan-momen apparaît, voltige de nuit et attaque les gens. Pourtant, les quelques lignes contiennent déjà les traits essentiels de l’être : le pays de Takayama dans l’Ōsumi, la nuit, une forme longue évoquant un rouleau de tissu, un mouvement qui semble pris par le vent et un danger qui s’avance vers l’humain. Parmi les sources publiées actuellement repérées, c’est l’une des plus anciennes mentions.

Le Glossaire des parlers du district de Kimotsuki, dans l’Ōsumi, de Denji Nomura, édité par Yanagita Kunio, classe en 1942 l’« Ittanmonmen » parmi les « sortes de fantômes ». En le décrivant comme une chose semblable à du coton, longue d’un ittan, il précise l’apparence que suggéraient déjà le nom et le mouvement consignés en 1938. L’ittan est une unité servant à mesurer une quantité d’étoffe approximativement suffisante pour un vêtement ; sa longueur changeait selon les époques et les types de tissu. Mieux vaut donc imaginer un rouleau de tissu démesurément long sur un chemin nocturne que chercher à fixer la taille de l’Ittan-momen en un chiffre unique.

Les sources locales ultérieures précisent davantage l’attaque. Dans les récits d’Ikenosono et de Hami, rapportés par l’office de tourisme de Kimotsuki d’après la Chronique locale de Takayama, l’Ittan-momen arrive au crépuscule, s’enroule autour de la tête ou du cou et coupe le souffle. On se souvenait aussi qu’à Heigoen, à Hami, son nom servait à réprimander les enfants qui restaient dehors trop tard. L’image de l’étoffe qui serre le cou ne figure pas dans les textes concis de 1938 et de 1942 : elle relève de récits locaux rapportés plus tardivement.

Les traditions varient jusque dans leurs lieux. La même enquête mentionne un récit selon lequel l’Ittan-momen venait du mont Gongen près d’Okazaki, à Kushira, ainsi que l’idée que les histoires étaient nombreuses le long du Kimotsuki en amont de Hami ; elle précise aussi que Kawakami, Uchinoura et Kishira ne connaissaient pas cet être. Un recueil de 1989 à Tadoko, dans le bourg de Shibushi, rapporte encore qu’un « ittan momen » apparaissait dans un camélia devant une porte. Un même nom a ainsi pu se charger, selon les villages, de petites scènes différentes.

Il n’existe pas, pour l’Ittan-momen, de modèle iconographique transmis par les rouleaux illustrés ou les peintures de yōkai de l’époque prémoderne. L’Agence des affaires culturelles explique que Mizuki Shigeru choisit notamment des yōkai comme l’Ittan-momen, nommés dans les traditions mais dépourvus d’apparence transmise, pour leur donner une forme née de sa propre imagination. Après-guerre, l’être de longue étoffe qui vole librement et porte ses compagnons devint une figure familière grâce au manga et à l’animation. L’apparition textile qui attaque dans les nuits de l’Ōsumi et le yōkai volant des récits modernes ne sont pas deux créatures sans rapport : une brève tradition locale a reçu une nouvelle silhouette avant de gagner l’imaginaire national.

Cartes de Yokai7

Ittan-momen dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

KIN gardiens du calendrier maya

Affichage de la liste des KIN du calendrier maya gardés par Ittan-momen.

Explication détaillée

Une brève notice à Takayama dans l’Ōsumi

Le plus ancien contour de l’Ittan-momen tient dans un texte étonnamment court. En 1938, Yanagita Kunio cite dans « Yōkai meii (IV) » un « Ittan-momen », monstre de Takayama dans l’Ōsumi, et note qu’une chose ayant cette forme voltige de nuit avant d’attaquer les gens. Lieu, heure, mouvement et geste se rejoignent en une seule phrase, faisant surgir l’image d’une longue forme qui descend sur le chemin nocturne.

La notice ne dit rien de sa couleur, de son visage ou de sa voix. Cette réserve n’affaiblit pas la présence de l’Ittan-momen ; elle en aiguise au contraire l’insaisissable nature. Rien ne permet de décider s’il s’agit vraiment d’un tissu ou d’une chose différente qui lui ressemblait. Parmi les documents publiés actuellement connus, l’article de 1938 est une mention ancienne. Cela ne signifie pas que la tradition soit née cette année-là : un nom et une scène déjà racontés dans les nuits de Takayama ont alors trouvé pour la première fois une forme nette dans l’imprimé.

La mesure ittan et la résonance de monmen

En 1942, le Glossaire des parlers du district de Kimotsuki, dans l’Ōsumi, de Denji Nomura, édité par Yanagita Kunio, appelle l’« Ittanmonmen » une « sorte de fantôme » et le décrit comme une chose semblable à du coton, longue d’un ittan, qui voltige de nuit et attaque les gens. L’expression donne une apparence plus nette au nom et au mouvement déjà consignés en 1938.

Ici, l’ittan ne peut être ramené à une valeur fixe sur une règle moderne. Cette unité désignait à l’origine une quantité d’étoffe approximativement suffisante pour un vêtement, et ses dimensions changeaient selon les périodes, les lieux de production et le tissu. L’effroi suscité par l’Ittan-momen ne tient pas à un nombre de mètres, mais à l’idée d’un rouleau assez long pour couvrir un corps humain, frémissant comme un être vivant dans le ciel nocturne.

La forme « monmen » garde aussi la sonorité du pays. Une source locale de Kimotsuki indique que men et mendon étaient employés dans l’Ōsumi pour désigner un fantôme ou une apparition. Le rapprochement sonore entre le mot désignant le coton et ces termes régionaux de l’étrange contribue à rendre le nom mémorable.

Les récits tardifs d’une étoffe qui s’enroule autour du cou

L’Ittan-momen le plus connu aujourd’hui ne se borne pas à voler : il s’enroule autour de la tête ou du cou des personnes qu’il croise. Dans les histoires d’Ikenosono et de Hami, tirées de la Chronique locale de Takayama et présentées par l’office de tourisme de Kimotsuki, ce qui arrive au crépuscule serre la tête ou le cou et ôte le souffle. L’attaque simplement mentionnée en 1938 et en 1942 prend ainsi, dans des sources locales postérieures, la forme concrète d’une terreur qui s’attache au corps.

La même enquête conserve le souvenir qu’à Heigoen, à Hami, l’Ittan-momen servait à sermonner les enfants restés dehors trop tard. Au crépuscule, champs et sentiers de montagne deviennent difficiles à lire sous les pas. L’histoire de la longue apparition qui arrive à cette heure-limite a sans doute circulé avec l’expérience de celles et ceux qui connaissaient les nuits du pays.

Des traditions locales du mont Gongen à Shibushi

L’Ittan-momen n’était pas raconté sous la même forme partout dans la préfecture de Kagoshima. L’enquête de Kimotsuki rapporte une histoire le faisant venir du mont Gongen près d’Okazaki, à Kushira, et l’idée que la tradition était particulièrement vive le long du Kimotsuki en amont de Hami. Elle note aussi que des habitants de Kawakami, d’Uchinoura et de Kishira ne le connaissaient pas. Centrée sur Takayama dans l’Ōsumi, la mémoire de l’apparition différait donc selon les villages.

Ailleurs subsistent d’autres scènes. Dans un récit enregistré en 1989 à Tadoko, dans le bourg de Shibushi, un « ittan momen » apparaît dans un camélia planté près d’un portail. L’épisode ne ressemble pas aux histoires de chemins nocturnes de Takayama et ne fait pas du camélia la demeure de tous les Ittan-momen. Il montre plutôt qu’un même nom a pu prendre, d’un lieu à l’autre, des décors très différents.

La silhouette donnée par Mizuki Shigeru

Aucune image canonique de l’Ittan-momen, héritée de l’époque d’Edo, n’a été retrouvée. Selon l’Agence des affaires culturelles, Mizuki Shigeru a choisi, parmi les yōkai du « Yōkai meii », ceux dont le nom était transmis localement mais dont l’apparence ne l’était pas, et leur a donné une silhouette propre. L’image amicale d’une longue étoffe capable de voler à sa guise et de porter des compagnons s’est largement diffusée dans les mangas et les dessins animés de l’après-guerre.

Ce n’est pas l’illustration littérale d’une tradition ancienne. C’est une création qui a offert un contour reconnaissable à une forme anonyme qui ne faisait que voltiger dans les textes. Apparition textile attaquant dans la nuit de Takayama, monstre qui serre le cou dans les récits locaux tardifs, compagnon volant aimé dans tout le Japon : en les regardant ensemble, on voit comment l’Ittan-momen est passé de quelques mots à une culture visuelle foisonnante.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
Aucun caractère comparable à celui d’un humain ne lui est attribué. Les sources le décrivent comme une apparition qui voltige la nuit et attaque les gens.
Affinités
Les personnes attirées par les apparitions nées des paysages et des mots de l’Ōsumi, ou par la manière dont de brèves traditions se sont étendues grâce aux images et aux récits ultérieurs.
Capacités
Apparaît en voltigeant la nuit et attaque les gensPrend l’aspect d’une longue étoffe de coton, de la longueur approximative d’un ittanS’enroule autour de la tête ou du cou dans des traditions locales plus tardivesEst associé, dans des récits ultérieurs, aux chemins nocturnes du mont Gongen et des rives du Kimotsuki
Faiblesses
Aucune manière de le repousser ni faiblesse commune ne sont rapportées. Aucune source ancienne confirmée ne donne comme faiblesse les lames, le feu, le vent, la pluie ou le sang.
Habitat
Région de Takayama, dans l’Ōsumi (aux environs de Takayama, dans l’actuel bourg de Kimotsuki). Des traditions locales plus tardives l’associent aussi à Ikenosono, Hami, au mont Gongen et aux rives du Kimotsuki.

Sources et références

6
  1. 妖怪名彙(四)柳田國男(『民間伝承』4巻1号(通巻37号), 1938年9月20日) [民俗採集記録]大隅高山地方の「一反木綿」を、夜間にひらひらとして人を襲う怪物として記録した、現在確認できる早い公刊資料。
  2. 大隅肝属郡方言集野村伝四著・柳田國男編(中央公論社, 1942年) [方言・民俗資料]「イッタンモンメン」を、お化けの一種で、長さ一反ほどの木綿のようなものが夜間に人を襲うと記す。
  3. いったんもめん(一反木綿)はどこにいた?肝付町観光案内所(肝付町観光案内所, 2017年(2022年最終更新)) [地域資料] Source secondaire『高山郷土誌』から紹介される池之園・波見の話、権現山との結びつき、肝付町内での聞き取りをまとめた地域資料。Notes: 『高山郷土誌』の版、刊年、該当頁は記事に明記されていないため、同記事が紹介する後代の地域資料・聞き取りとして用いる。
  4. 妖怪とデザイン前編 妖怪伝承とマンガ家・水木しげる天野行雄(文化庁メディア芸術カレントコンテンツ, 2020年) [現代資料] Source secondaire水木しげるが、姿形の描き伝えられていなかった「妖怪名彙」の妖怪に独自の造形を与えた経緯を解説する。
  5. 反物の長さを表す一反とは、どのくらいの長さなのか、知りたい。岡山県立図書館(国立国会図書館レファレンス協同データベース, 2011年(2025年更新)) [参考資料] Source secondaire布帛を数える「一反」の寸法が、時代、産地、布の種類によって異なることを参考文献とともに解説する。
  6. 潤ヶ野 口承文芸國學院大學民俗学研究会(『民俗採訪』昭和63年度号, 1989年) [民俗調査]鹿児島県志布志町田床の門前にあった椿の木に「一反もめん」が出たという、話者鳥浜卯一郎の語りを収録する。

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