YOKAI.JP
Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro | 48 tsukumogami et yōkai d’objets de Toriyama Sekien

Rejetés par les humains, les outils reçoivent un nom et se mettent en marche dans une Parade nocturne rêvée

Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro |
48 tsukumogami et yōkai d’objets de Toriyama Sekien

48 yokai

L’essentiel

Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro est un livre illustré de yōkai publié par Toriyama Sekien en 1784, quatrième ouvrage de sa série des Hyakki. Vieux instruments, armes, vêtements, vaisselle et meubles deviennent des créatures ; Sekien combine les yōkai d’objets hérités des rouleaux de la Parade nocturne avec des expressions classiques pour inventer de nouveaux noms et de nouvelles formes. Le titre remplace les « cent démons » par les « cent objets », deux expressions qui se prononcent hyakki. L’ensemble constitue le recueil de tsukumogami le plus cohérent de la série. Cette page en présente les 48 figures dans l’ordre du livre.

Quand les « cent démons » deviennent les « cent objets »

D’après la présentation officielle de la Bibliothèque nationale de la Diète, les livres de yōkai de Toriyama Sekien commencent avec Gazu Hyakki Yagyō, se poursuivent avec Konjaku Gazu Zoku Hyakki et Konjaku Hyakki Shūi, puis aboutissent en 1784 au Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro. Le titre joue sur deux écritures du mot *hyakki* : aux « cent démons », il substitue les « cent objets » et confie le premier rôle aux outils usés.

L’idée qu’un objet longuement utilisé finit par acquérir un esprit ne suffit pourtant pas à expliquer les 48 figures d’un seul geste. Certaines reprennent des silhouettes de rouleaux peints, d’autres mettent en image une formule classique ; les jeux de mots de Sekien et les sujets des arts de la scène s’y ajoutent. L’intérêt du livre n’est pas de prétendre que ces créatures ont toujours été imaginées sous cette forme, mais de nous faire assister au moment où un objet quotidien devient yōkai.

Dans le rêve, les objets se mettent en marche

La préface du Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien explique que l’artiste, après avoir regardé une peinture de la Parade nocturne des cent démons, dessina les êtres étranges qui lui apparurent en rêve. Plus qu’un relevé de traditions orales, le passage se lit comme un programme de création fondé sur les images et les livres anciens.

En ouverture, Chirizuka Kaiō et Fuguruma Yōhi changent un amas de poussière et un chariot à livres en roi et en consort. Viennent ensuite Osakōburi, Kutsutsura, Bake-no-kawagoromo, Korōka, Tenjōname et Shirōneri : vêtements, chaussures et même éléments de la maison se remettent en mouvement, chargés de tout le temps pendant lequel on les a délaissés.

Les instruments qui n’oublient pas leur voix

Shōgorō, Hossumori, Sazae-oni, Kurayarō, Abumi-guchi, Taimatsu-maru, Burabura, Kaichigo, Kami-oni, Tsuno-hanzō et Fukuro-mujina : les objets liés au son ou au toucher semblent se souvenir du geste de leurs anciens utilisateurs et le poursuivre après leur disparition.

Chez Kotofurunushi, Biwa-bokuboku, Shami-chōrō, Eritate-goromo, Kyōrinrin et Mokugyo-daruma, la forme même d’un instrument ou d’un objet religieux devient anatomie. Cordes, plectres, rouleaux de sutras et poisson de bois suggèrent chacun une voix et un tempérament différents.

Lire les noms pour voir le mécanisme de Sekien

Nyoi-jizai, Mino-waraji, Menreiki, Heiroku, Ungaikyō, Suzuhiko-hime, Furuutsubo, Muku-mukabaki et Chokuboron : noms d’objets, expressions figées et sonorités de noms propres se superposent, de sorte que le yōkai commence à prendre forme avant même que l’on regarde l’image.

Menreiki est composé de nombreux masques, Ungaikyō naît d’un miroir et Furuutsubo d’un ancien carquois. Mieux on connaît l’usage premier de l’objet, mieux on perçoit l’adresse de sa transformation. Un tsukumogami n’est pas seulement « un vieil outil devenu humanoïde » : son dessin mesure jusqu’où il est possible de conserver la forme et le nom de l’ustensile tout en faisant apparaître une créature.

La cuisine et la pièce de réception deviennent un champ de bataille

Seto-taishō transforme des tessons de céramique en guerrier, tandis que Gotoku-neko réunit le trépied du foyer et le chat. Avec Narigama, Yama-oroshi, Kameosa, Hōki-gami, Boroboroton, Hyōtan-kozō, Nyūbachi-bō, Zenfushō, Koinryō, Yarikechō et Kinu-tanuki, ustensiles de cuisine, literie, outils de nettoyage et armes se soulèvent les uns après les autres.

La comparaison avec les rouleaux de la Parade nocturne publiés par la Bibliothèque nationale de la Diète montre que Sekien reprend des formes antérieures de yōkai d’objets, puis leur donne un nom et une notice pour en faire des personnages de livre. Le Takarabune qui clôt l’ouvrage empêche la nuit de s’achever dans le seul ressentiment des outils. La procession des choses abandonnées se renverse alors en navire de rêve chargé d’apporter la bonne fortune.

Mis à jour: 18/07/2026
Gazu Hyakki Tsurezure BukuroToriyama Sekientsukumogamiyōkai d’objetsParade nocturne des cent démonsBiwa-bokubokuKotofurunushiUngaikyōSeto-taishōGotoku-nekoépoque d’Edo

Yokai inclus

48 yokai sont inclus

Ces yokai ont aussi des cartes artistiques

40 cartes — ukiyo-e, Japon moderne…

Roi-monstre du Tertre de Poussière

Roi-monstre du Tertre de Poussière

Rare

chi-ri-zou-ka kaï-ô

D’après l’iconographie, édition de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Yōkai figuré par Toriyama Sekien dans son recueil Hyakki tsurezurebukuro. Représenté comme un démon forçant un coffre laqué (karabitsu). S’inspirant du démon rouge qui brise un coffre dans les rouleaux du Cortège nocturne des cent démons et du terme « chirizuka » du Tsurezuregusa, Sekien en a créé une image stylisée. Une note évoque un lien avec la Yama-uba, mais aucun récit direct n’est attesté, et son caractère comme son origine restent flous. Plus tard, il est parfois interprété comme le seigneur des poussières et des rebuts.

La Dame-démon du char à lettres

La Dame-démon du char à lettres

Rare

fu-GU-ru-ma yo-HI

Conforme à l’iconographie, édition de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo (Japon)

Yōkai illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Inspiré du « char à lettres » (fuguruma) qui transporte des missives, il est compris comme la matérialisation des attachements et passions accumulés dans de vieilles lettres d’amour. Représentée sous la forme d’une femme tenant un rouleau, cette créature, conçue d’après l’épisode « Les lettres du char » du Tsurezuregusa (paragraphe 72), est un yōkai de création lettrée dont l’interprétation tsukumogami—liant la spiritualité des objets et des billets amoureux—s’est largement diffusée.

Longue Couronne

Longue Couronne

Rare

o-sa-kô-bou-ri

Conforme aux traditions iconographiques

Yōkai domestiques et objets animésFolklore japonais

Yōkai en forme de couronne décrit par Toriyama Sekien dans le Hyakki tsurezure-bukuro. Vêtu du costume de cour de l’époque (sokutai) et tenant un bâton rituel (shaku), il se distingue par une tête devenue un kanmuri à rubans enroulés. Sekien évoque l’anecdote du « sage qui accrocha sa couronne à la porte du château d’Edo », suggérant qu’une ombre malfaisante habite ceux qui s’attachent à la couronne — symbole d’autorité — par pur instinct de conservation. Quand l’emblème du pouvoir se fixe à un cœur dénué de droiture, il se change en monstre : telle est la leçon au cœur du motif.

Kutsutsura

Kutsutsura

Rare

KOUTSOU-tsou-ra (ku-tsu-tsu-ra)

Version iconographique et critique

Tsukumogami et créatures d’objetsInconnue

Yōkai illustré par Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure-bukuro. Représenté comme une créature à mi-chemin entre animal et humain, portant une sandale japonaise (asagutsu) sur la tête. Son nom est compris comme un jeu de mots sur « kutsu » (chaussure) et « tsura » (visage). Sekien évoque l’expression chinoise « dans le champ de melons, sous le prunier » et suggère un lien avec un monstre chassé par un talisman. En dehors de l’image et de cette référence, on ne dispose guère de traditions fiables sur sa nature ou ses lieux d’apparition.

Bake no Kawagoromo

Bake no Kawagoromo

Rare

ba-ké no ka-wa-go-ro-mo

Le renard de métamorphose qui prie la Grande Ourse — Bake no Kawagoromo

Animaux métamorphesInconnue (figure de renard-métamorphe consignée dans le Hyakki Tsurezure Bukuro de Sekien)

Le Bake no Kawagoromo est un esprit-renard figurant dans le premier volume du livre d’images de Toriyama Sekien, le Hyakki Tsurezure Bukuro. Un renard qui a vécu trois mille ans se coiffe d’algues, s’incline en prière devant la Grande Ourse, et par ce rite se change en une belle femme. Dans sa légende, Sekien écrit : « Qu’un renard ayant passé trois mille ans, coiffé d’algues et priant la Grande Ourse, se fasse belle femme — voilà sûrement ce que j’ai vu dans les écrits de Chine », donnant à l’ensemble la tournure d’une songerie rêvée. Le Hyakki Tsurezure Bukuro est, par dessein, un livre de tsukumogami — les esprits qui logent dans les outils et les objets usés. Un renard n’a pu se glisser parmi ces choses que par la grâce de son nom. « Kawagoromo » désigne un vêtement de fourrure, et se lit donc presque comme une pièce d’habit, une « chose » ; en même temps il fait résonner la locution « bake no kawa » — la peau du déguisement qui, une fois détachée, met à nu la vraie forme du renard. Par ce jeu de mots, Sekien a discrètement faufilé une bête métamorphe, en vérité un animal, dans les rangs des esprits-outils. Pour tout l’éclat de métamorphose que suggère le nom, la créature ne porte aucune légende locale liée à un lieu ou à une personne précise. C’est, au fond, un renard connu par la seule image et la seule légende de Sekien — un yokai né de l’image, qui condense en une unique illustration la vieille idée, héritée de Chine, qu’un renard devient capable de se faire belle femme à mesure qu’il vieillit.

Korōka (Feu de vieille lanterne)

Korōka (Feu de vieille lanterne)

Rare

ko-ROH-ka

Koro-bi de Sekien (lanterne de pierre)

Yōkai domestiques et objets animésInconnue

Korōka est un yōkai lié aux lanternes de pierre, figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Assis au sommet d’une lanterne de pierre, il crache des flammes : une personnification du feu-esprit de la lanterne. Sekien évoque les feux-follets des anciens champs de bataille, tout en notant l’absence de sources classiques attestant qu’une flamme de lanterne devienne monstre, ce qui souligne le caractère inventif de l’image. Plus tard, on racontera que certaines lanternes s’allument d’elles-mêmes, mais la fiabilité de ces récits reste incertaine.

Lèche-plafond

Lèche-plafond

Épique

ten-jô-NA-mé

Interprétation traditionnelle (selon Toriyama Sekien)

Yōkai domestiques et objets animésÉpoque d’Edo, Japon

Le Lèche-plafond (Tenjō-name) est un yōkai représenté par Toriyama Sekien dans « Hyakki Tsurezure Bukuro » : une créature qui lèche les plafonds avec une longue langue. Il est évoqué de façon suggestive comme apportant le froid hivernal et l’obscurité des lampes. Sekien cite un passage du Tsurezuregusa (chapitre 55). Inspiré d’un monstre à la langue déployée apparaissant sur les rouleaux du cortège nocturne des démons de l’époque Muromachi, il sera plus tard associé aux traces et taches des plafonds et des piliers, interprétées comme des marques de léchage.

Shirōuneri

Shirōuneri

Épique

shi-RO-ou-NE-ri

Conforme à l’iconographie de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Yōkai illustré par Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezurebukuro. Il figure un lambeau de tissu flottant au vent, stylisé comme un dragon. Sekien l’annota comme « un vieux chiffon métamorphosé ». Le nom serait un jeu sur « Shirōururi » du Tsurezuregusa, et l’être est compris comme un tsukumogami issu de l’imaginaire de Sekien. Aucun malfait ni comportement précis n’est décrit dans l’œuvre, et de nombreuses interprétations ultérieures lui ont été ajoutées.

Shōgorō

Shōgorō

Rare

SHO-go-ro (sh comme « ch » doux, o long)

Conforme aux planches de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo, tradition du Kamigata (Osaka)

Shōgorō est un yōkai considéré comme un tsukumogami d’un shōko (gong) figurant dans le Hyakki tsurezure bukuro de Toriyama Sekien. Sekien joue sur l’anecdote du « coq d’or » de Yodoya Tatsugorō, liant par calembour « or » (kane/kogane), « gong » (kane) et le nom « Gorō ». L’iconographie s’inscrit dans la lignée des emaki du Muromachi, où un wariguchi (gong de sanctuaire) se dote de bras et de jambes. Les récits précis de prodiges sont rares ; la créature est surtout connue par les sources picturales.

Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

Rare

HOSS-seu-mori (ほっすもり)

Conforme aux images de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo, d’après des rouleaux peints

Le Hōssumori est un tsukumogami né d’un fūsatsu, le hochet rituel utilisé par les moines zen, auquel un esprit aurait pris demeure. Dans le Hyakki tsurezure bukuro de Toriyama Sekien, il est représenté assis en méditation en posture du lotus sous un dais. Sekien évoque le kōan zen « Le chiot a-t-il la nature de bouddha ? », suggérant que même un fūsatsu peut manifester la bouddhéité. Emblématique des outils liturgiques longuement employés qui acquièrent une puissance spirituelle, il est figuré en méditation, aspirant à l’Éveil.

Sazae-oni

Sazae-oni

Épique

Sazae-oni

Sazae-oni, l’ogre né d’un coquillage

Métamorphoses animalesCréation de Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro, sans tradition locale ancienne attestée

Sazae-oni est un sazae, le coquillage Turbo cornutus, devenu oni après de longues années. Toriyama Sekien le peint dans Hyakki Tsurezure Bukuro (1784) comme un étrange coquillage dont deux bras humains sortent de la coquille et dont l’œil pousse sur l’opercule. Son commentaire cite le Livre des rites : « le moineau entre dans la mer et devient palourde ; le campagnol se change en caille ». Si les classiques admettent ces métamorphoses, pourquoi un sazae ne deviendrait-il pas oni ? La créature naît ainsi d’une réflexion picturale sur les transformations de la nature. Elle n’est pas d’abord le monstre d’un lieu précis, mais l’image du passage d’une forme vivante à une autre. Certains rouleaux de Hyakki Yagyō montrent aussi un yōkai proche du sazae conduisant par la main un enfant-palourde, autre scène où les coquillages prennent figure humaine.

Kura-yarō (le Selle-démon)

Kura-yarō (le Selle-démon)

Rare

KOU-ra ya-RO

Conforme aux planches d’Ishiyama Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Tsukumogami issu d’une selle de cheval, illustré par Toriyama Sekien dans son Hyakki tsurezure-bukuro à l’époque d’Edo. Doté de crocs et d’un œil, il brandit un fouet avec des bras en forme de lanières. Un texte lié à la rébellion de Hōgen l’accompagne, suggérant le ressentiment et l’histoire nichés dans l’équipement équestre des guerriers. Sekien place aussi un étrier dans la même double page, thématisant un avertissement classique sur l’attention à porter au harnachement.

Abumikuchi

Abumikuchi

Rare

a-bou-mi-kou-tchi

Conforme à l’illustration de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Abumikuchi est un tsukumogami représenté comme un étrier de cheval auquel ont poussé des yeux et une bouche. On en trouve l’illustration et un court texte chez Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro, où il est interprété comme un équipement militaire ou équestre jeté puis, avec le temps, animé par un esprit des choses. Le texte cite un passage de la pièce de nô Tomonaga, évoquant un décor de champ de bataille, sans toutefois relater de fait surnaturel précis. Le thème central est la manifestation du ressentiment et de l’attachement d’un outil traité avec négligence.

Taimatsu-maru

Taimatsu-maru

Rare

TAÏ-matssou-ma-rou

D’après l’atlas d’Ishiyen (Toriyama Sekien)

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesOrigine inconnue

Taimatsu-maru est un yōkai oiseau portant le feu, illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Sous l’aspect d’un rapace, il arbore des flammes à la bouche et aux serres, projetant une lueur étrange dans l’obscurité des montagnes. Sekien le relie, en note, à la “lueur des pierres lancées par les tengu” (tengu-zarei), et l’interprète comme une force qui entrave les ascètes. Ce n’est pas une lumière utilitaire mais un feu de dérèglement, destiné à égarer les voyageurs nocturnes. Aucun lieu d’apparition précis n’est attesté dans les sources.

Furaku Furaku

Furaku Furaku

Rare

bou-la bou-la

Conforme aux planches de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Un yōkai-lanterne illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Représenté comme une lanterne en papier, fendue comme une bouche et nouée à un bambou, se penchant au-dessus du chemin. Le texte d’accompagnement suggère qu’on pourrait la prendre pour un feu de lanterne des rizières ou peut-être un feu-follet de renard, mais, puisque l’œuvre de Sekien la classe parmi les objets animés, elle est comprise comme une tsukumogami de lanterne. Le nom apparaît aussi sous la forme « 不々落々 », bien que l’usage courant soit « 不落不落 ».

L’Enfant-des-coquillages

L’Enfant-des-coquillages

Rare

kaï-CHI-go

Interprétation iconographique et encyclopédique

Yōkai domestiques et objets animésOrigine inconnue

L’Enfant-des-coquillages est un yōkai-objet dessiné par Toriyama Sekien dans son Hyakki Tsurezure-bukuro à l’époque d’Edo. On y voit une petite figure, semblable à un nourrisson, ramper hors d’un seau à coquillages (kai-oke) contenant des coquilles destinées au jeu du kai-awase. Sekien commente « serait-il le frère du petit rampeur ? », le rapprochant des poupées d’enfants rampantes (haiko). Aucun récit d’apparition précis n’est transmis ; on l’interprète souvent comme un kai-oke ou des coquilles ayant vieilli et acquis un esprit, devenant une entité étrange.

Kamikki (l’« ogre des cheveux »)

Kamikki (l’« ogre des cheveux »)

Rare

ka-mi-O-ni

Version Zugaï d’Iseyan

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigines inconnues

Kamikki est un yōkai capillaire représenté par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. On l’interprète comme des cheveux investis de rancœur ou de jalousie féminine, qui acquièrent une volonté propre et deviennent démoniaques. La chevelure s’allonge d’elle‑même, se dresse et ondule comme des cornes d’oni. Même coupés, les cheveux repoussent sans fin, en lien avec les conceptions japonaises de la puissance spirituelle et de l’impureté résidant dans les cheveux. Sekien aurait iconisé d’anciens tabous et idées magico‑rituelles liés à la chevelure.

Tsuno Hanzō (le bassin laqué hanté)

Tsuno Hanzō (le bassin laqué hanté)

Rare

tsou-no an-zô

Gadōtan, édition d’Iseyan (Toriyama Sekien)

Tsukumogami et créatures d’objetsPréfecture de Kyōto (lié par la tradition)

Tsuno Hanzō est un tsukumogami: une cuvette laquée (bassin à angles) peinte par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro, devenue yōkai. Cet accessoire de toilette et de purification des mains, utilisé à la cour de Heian, aurait acquis une essence spirituelle après des années d’usage et d’imprégnation des sentiments humains. On dit qu’à la nuit tombée, il retient l’eau et y fait apparaître des caractères qui flottent puis s’écoulent. Les représentations s’inspirent souvent du motif de « lavage des feuillets » lié à Ono no Komachi.

Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

Rare

foo-KRO-mou-JI-na

Version à annotations iconographiques (selon Sekien)

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo

Yōkai figuré par le peintre de l’époque d’Edo, Toriyama Sekien, dans Hyakki Tsurezurebukuro. Représenté comme une mujina féminine portant un sac de veille, mais, le livre se consacrant aux tsukumogami, on peut aussi comprendre que le sac lui-même en est le corps. L’image satirise le proverbe « faire l’estimation d’un blaireau dans son trou » (juger la valeur de ce qu’on ne possède pas), et reprend le motif d’une dame portant un sac visible dans les rouleaux de la Nuit des cent démons.

Kotofurunushi

Kotofurunushi

Rare

ko-to-fo-rou-nou-chi

Le Tsukushi Koto Oublié, Kotofurunushi

Tsukumogami / MukurogaiPréfecture de Fukuoka (Ancienne province de Tsukushi / Esprit d'un vieux koto oublié)

Le Kotofurunushi est un tsukumogami (un objet s'étant transformé en yôkai) né d'un vieux koto, dépeint dans l'encyclopédie de yôkai de l'époque d'Edo, le *Hyakki Tsurezure Bukuro*, réalisée par l'artiste Toriyama Sekien. Son aspect visuel est particulièrement saisissant : des yeux et une bouche emplis de tristesse apparaissent sur la surface d'un koto abandonné et brisé depuis des années, avec d'innombrables cordes rompues pendant comme les cheveux ébouriffés d'une femme démon devenue folle. Il ne s'agit pas d'une simple personnification d'objet, mais de la matérialisation de la rancune féroce d'un instrument — un outil qui n'existe que pour produire du son — forcé au silence et laissé à pourrir. Le charme le plus profond de ce yôkai se cache dans le cruel changement de paradigme de l'histoire de la musique japonaise (Hôgaku) dissimulé dans le commentaire de Sekien accompagnant l'illustration. Sekien a écrit : « Depuis que l'aveugle Yatsuhashi a réformé les mélodies, le Tsukushi Koto n'existe plus que de nom, et ceux qui connaissent son son sont devenus extrêmement rares... » Cela fait référence à Yatsuhashi Kengyo, un musicien aveugle de génie du début de l'époque d'Edo. Yatsuhashi Kengyo a étudié les méthodes de jeu de l'ancien « Tsukushi Koto », qui était jusqu'alors joué avec élégance parmi les aristocrates et les moines, principalement dans le nord de Kyûshû, et l'a dramatiquement réformé en un style moderne (Sôkyoku), gagnant ainsi une popularité absolue. Cependant, en contrepartie du nouveau style de Yatsuhashi qui a conquis le monde, le bon vieux « Tsukushi Koto » est devenu complètement obsolète et a été oublié par l'histoire, plus personne ne le jouant. En d'autres termes, le Kotofurunushi n'est pas simplement le monstre d'un vieil instrument ; il est l'incarnation même du ressentiment tragique de « l'art des perdants » (la musique de l'ancienne école) — éliminé par l'avènement d'un génie (Yatsuhashi Kengyo) et dont plus personne n'écoute le son. Il s'agit d'un yôkai extrêmement culturel et musicologique.

Biwa Bokuboku

Biwa Bokuboku

Épique

biwa bo-ku-bo-ku

Conforme à l’iconographie traditionnelle

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Un tsukumogami où un esprit habite un biwa et apparaît sous la forme d’un zaïto (mendiant aveugle joueur de luth). Illustré par Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure Bukuro, il possède une tête de biwa greffée sur un corps humain et s’appuie sur une canne. Son nom ferait allusion au célèbre instrument « Makiba ». Il reflète l’idée que les vieux objets, imprégnés par les ans et l’usage, prennent vie. Associé aux moines aveugles de la musique rituelle, c’est un exemple classique d’objet devenu humanoïde.

Le Vénérable du shamisen

Le Vénérable du shamisen

Rare

sha-mi-TCHO-ro (Shamichōrō)

Version Zugaï d’Iseyen

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo (Japon)

Yōkai-objet figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Un shamisen longtemps joué par un maître est jeté puis, avec l’âge, s’anime en esprit. La note explicative cite le proverbe « de novice on ne devient pas vénérable », jouant sur le calembour entre shami (novice bouddhiste) et shamisen, et fait écho à l’« art médiocre » des Notes de chevet. Un tsukumogami qui satirise la spiritualité des instruments et la maturation de l’art.

Vêtement à col dressé

Vêtement à col dressé

Rare

é-ri-ta-té-go-ro-mo

Conforme aux images d’Ishiyen

Yōkai domestiques et objets animésOrigine inconnue

Le « Vêtement à col dressé » est une tenue monastique à col haut qui, avec l’âge, serait devenue un yōkai. Une image en figure dans le Hyakki Tsurezurebukuro de Toriyama Sekien : devant lui un brûle-parfum à manche, un chapelet en main, et son col, censé se dresser, retombe sur le visage en forme de bec. Sekien note qu’il « pourrait être le vêtement à col de Sōjōbō du mont Kurama », suggérant une robe de moine liée aux tengous devenue douée d’esprit, bien que récits précis et témoignages soient rares.

Kyōrinrin

Kyōrinrin

Peu commun

kyo-rin-rin

Version conforme aux traditions

Tsukumogami et créatures d’objetsKyoto

Un yōkai des sutras figurant dans le Hyakki Tsurezure-bukuro de Toriyama Sekien. On dit qu’un vieux rouleau de sutra, habité par un esprit, comprend la langue humaine et se met à agir. Sekien le relie à l’anecdote du Taiheiki sur l’épreuve de pouvoirs entre Shubin du Saidera et Kūkai du Tōji, suggérant que la rancune de sutras usés puis délaissés aurait pris forme. On a noté un lien iconographique avec une figure aviaire enroulée de sutras dans les rouleaux illustrés de la parade nocturne des démons de l’époque Muromachi.

Daruma du mokugyo

Daruma du mokugyo

Rare

mo-KU-gio da-ROU-ma

Tradition iconographique, école de Sekien

Objets Animés et Morts-VivantsInconnue

Yōkai d’ustensile bouddhique figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Un visage barbu à la manière de Daruma apparaît sur un mokugyō (bloc de bois en forme de poisson), assis en tailleur, les yeux grands ouverts. Sekien le suggère apparenté au « Hossu-mori », autre yōkai d’outil rituel. Le mokugyō, lié à la croyance que le poisson ne dort ni ne ferme les yeux, symbolise l’ascèse sans sommeil des moines; associé à la légende de Bodhidharma « neuf ans sans dormir », il est interprété comme une matérialisation de l’idée d’insomnie sacrée.

Nyoï Jizai

Nyoï Jizai

Peu commun

NYO-i ji-ZA-i

Rouleau illustré

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Yōkai-objet (tsukumogami) figuré par le peintre d’Edo Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Il s’agit d’un « nyoï », sceptre rituel de moine, qui a acquis une spiritualité avec le temps. Son nom vient de sa capacité à atteindre exactement l’endroit qui démange, au gré du souhait du détenteur. Héritant des rouleaux de la Parade nocturne des démons de l’époque Muromachi, l’iconographie montre plusieurs variantes : doté d’ailes et volant, ou bien allongeant bras et griffes pour gratter le dos des humains.

Mino-waraji

Mino-waraji

Rare

MI-no WA-ra-ji

Version iconographique reconstruite

Tsukumogami et créatures d’objetsInconnu

Mino-waraji est un yōkai-objet illustré par le peintre de l’époque Edo, Toriyama Sekien, dans Hyakki Tsurezure Bukuro. Il apparaît comme une composition d’objets : un manteau de paille (mino) formant le torse, des sandales de paille (waraji) pour les jambes, portant une houe sur l’épaule, surgissant dans une bambouseraie enneigée. Ancré dans l’idée des tsukumogami — outils et vêtements anciens qui, avec les ans, acquièrent un esprit — il synthétise des motifs déjà visibles dans le Hyakki Yagyō Emaki et le Tsukumogami Emaki, où mino et waraji prennent forme monstrueuse. Les textes disent peu de ses actes : il demeure surtout une image symbolique.

Menreiki

Menreiki

Épique

menreiki

Interprétation iconographique traditionnelle

Tsukumogami et créatures d’objetsCréation picturale de Toriyama Sekien, inspirée des traditions sur Hata no Kawakatsu et les anciens masques de spectacle

Menreiki est un yōkai composé de masques, représenté par Toriyama Sekien dans le *Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro*. Sekien évoque la tradition selon laquelle Hata no Kawakatsu aurait fabriqué de nombreux masques à l’époque du prince Shōtoku, puis donne une forme surnaturelle à l’impression de vie qui se dégage de ces visages sculptés. Les commentaires postérieurs ont fait de Menreiki un tsukumogami : de vieux masques de nō ou de sarugaku, chargés par les années, s’animeraient la nuit ou réclameraient à leur propriétaire davantage de respect. Il s’agit toutefois d’abord d’une création picturale fondée sur une légende historique, sans récit local ni lieu d’apparition attesté.

Heiroku

Heiroku

Rare

heiroku

Heiroku, l’oni qui brandit un gohei

Tsukumogami et créatures d’objetsToriyama Sekien, *Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro* ; figure au gohei héritée des rouleaux de la Parade nocturne

Heiroku est un yōkai représenté par Toriyama Sekien dans le *Gazu Hyakki Tsurezure Bukuro*. Torse nu et d’allure farouche, il lève de la main droite un gohei, baguette rituelle garnie de bandelettes de papier. La légende de Sekien commence par les mots « Dans la capitale fleurie, sans sanctuaire assigné… » et semble évoquer un rite privé d’ordre ou une agitation liée aux fêtes, sans que son sens exact soit assuré. La figure reprend vraisemblablement un oni rouge portant un gohei dans certains rouleaux de la Parade nocturne de l’époque de Muromachi. Les interprétations plus récentes y voient soit l’esprit logé dans l’objet rituel, soit la personnification du tumulte d’une cérémonie ; aucune de ces lectures ne correspond à un récit ancien développé.

Miroir au-delà des nuages (Ungai-kyō)

Miroir au-delà des nuages (Ungai-kyō)

Rare

OON-gai-kyo (oun-gaille-kyo)

Interprétation traditionnelle (selon Sekien)

Yōkai domestiques et objets animésÉpoque d’Edo

Yōkai-miroir figuré par Toriyama Sekien dans “Hyakki Tsurezure Bukuro” (1784). Un visage énigmatique affleure sur un miroir rond posé sur un socle de vieux bois. Sekien évoque le “miroir chasse-démons” capable de révéler les formes des êtres étranges, suggérant que l’ombre d’un yōkai s’y serait installée et animée. Compris comme un tsukumogami—un objet ancien devenu doté d’esprit—il se confond avec l’idée d’un miroir qui dévoile la vraie nature des choses.

Suzu-hiko-hime

Suzu-hiko-hime

Rare

SOU-zou hi-ko HIME

Conforme aux planches de Sekien

Yōkai domestiques et objets animésOrigine inconnue

Suzu-hiko-hime est un yōkai illustré par Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure-bukuro. De forme féminine, elle porte un suzu de kagura sur la tête et présente des traits rappelant une clochette. Sekien évoque Ame-no-Uzume du mythe de la Caverne céleste, suggérant un lien avec le kagura, sans toutefois préciser l’origine ni la nature de l’être. L’iconographie des monstres portant un suzu dans les rouleaux de Hyakki Yagyō du Moyen Âge, ainsi que l’idée du suzu « appelant les divinités », en constituent le substrat. Aucun récit d’apparition concret n’est transmis : c’est un yōkai conceptuel, né de l’image avant le conte.

Vieux Utsubo

Vieux Utsubo

Rare

fu-ru-OU-tsou-bo

Conforme aux images de Toriyama Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Vieux Utsubo est un tsukumogami de l’étui à flèches (utsubo) figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. L’ustensile de guerre destiné à porter les flèches, après de longues années, s’anime et rampe de lui‑même sous une forme anthropomorphisée. Dans sa légende rimée, Sekien évoque Miura-no-suke et Kazusa-no-suke, archers du Nasu no Hara ayant abattu un yakan, suggérant que leur ancien utsubo aurait pris vie. L’iconographie s’inscrit dans la lignée des objets armés visibles dès les rouleaux de la procession nocturne des démons du Muromachi.

Muku Mukabaki

Muku Mukabaki

Peu commun

mou-kou mou-ka-ba-ki

Version traditionnelle

Yōkai domestiques et objets animésÉpoque d’Edo (Japon)

Un tsukumogami issu du mukabaki (jambières/guêtres de chasse) illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure-bukuro. Représenté comme une peau de chasse couvrant le bas du corps qui s’anime, investie d’une puissance spirituelle. Sekien l’associe au mukabaki de Kawazu Saburō du Conte des Soga, mais aucun récit concret de vengeance n’est attesté et l’origine reste incertaine. Exemple de hantise d’objet qui résonne avec les yōkai en tenue de mukabaki des rouleaux illustrés.

Chokuboron (Inoguchi Boro)

Chokuboron (Inoguchi Boro)

Rare

CHO-ku-bo-ron

Conforme à l’iconographie traditionnelle

Animaux métamorphesÉpoque d’Edo

Yōkai représenté par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro : un petit démon à l’allure de komusō, surgissant d’une boîte, avec un choko (gobelet à saké) posé sur la tête. Le commentaire renvoie à l’anecdote de l’« esprit de l’encre » apparu devant l’empereur Xuanzong des Tang, suggérant une parenté. Le terme « boro » évoque un moine quêteur de tradition zen et la silhouette de komusō, combinés au choko, formant un jeu de mots qui confère une image de semi‑moine, semi‑laïc.

Seto Taishō

Seto Taishō

Rare

sé-to taï-shô

Version d’iconographie et de mitate

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue (œuvres picturales de l’époque d’Edo)

Esprit tsukumogami figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro : des récipients et ustensiles en céramique se rassemblent pour former un guerrier en armure. Sur fond de contraste entre grès de Karatsu et céramiques de Seto, les objets sont représentés comme des factions rivales. L’image repose sur la peinture et la légende en vers de Sekien, sans appui sur un folklore oral régional attesté.

Le Chat au trépied (Gotoku-neko)

Le Chat au trépied (Gotoku-neko)

Rare

go-TO-ku né-ko

Tradition iconographique, selon Sekien

Animaux métamorphesFolklore japonais

Bakeneko illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezurebukuro. Un chat à queue bifide porte un gotoku—trépied de foyer—comme une couronne et agite un tube à souffler le feu. Sekien joue sur le mot « gotoku », en référence à l’expression médiévale « porteur du trépied » issue du Tsurezuregusa, liant l’ustensile au jeu de mots. La créature s’inscrit dans une lignée iconographique remontant aux rouleaux Muromachi du Hyakki Yagyō, où figurent déjà des êtres coiffés d’un trépied.

Narikama (le chaudron résonnant)

Narikama (le chaudron résonnant)

Peu commun

na-ri-GA-ma

Kaminari-gama (Hyakki Tsurezure Bukuro)

Yōkai domestiques et objets animésOkayama

Un tsukumogami: l’esprit d’un chaudron de fer usé par les ans qui prend forme quasi humaine. Lié aux croyances où les grondements et gémissements d’un chaudron durant la cuisson étaient lus comme présages fastes ou néfastes; son nom renvoie à ces pratiques divinatoires fondées sur le timbre des sons. Dans l’iconographie, il apparaît avec une tête en forme de chaudron, surgissant la nuit pour faire retentir des bruits et éprouver le cœur des gens.

Yamaoroshi

Yamaoroshi

Rare

ya-ma-o-ro-shi

Conforme aux images de Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

Yōkai humanoïde figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Sa tête est couverte d’innombrables aspérités rappelant une râpe, et l’on voit à ses côtés un radis blanc, un mortier, ainsi qu’une cuillère-coquillage, autant d’ustensiles de cuisine. Sekien mentionne le porc-épic (yamaarashi) et relie le nom et l’apparence par un jeu phonétique avec « yama oyaji ». L’œuvre relève fortement d’une invention iconographique fondée sur des sources picturales d’époque, souvent comprise comme une métamorphose d’objets ou un calembour visuel.

Kameosa (la « jarre vénérable »)

Kameosa (la « jarre vénérable »)

Rare

ka-mé-O-sa

Conforme aux planches d’Ishiyama Sekien

Tsukumogami et créatures d’objetsÉpoque d’Edo, Japon

Yōkai-ustensile figuré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Il apparaît comme une grande jarre d’eau dotée d’yeux, de nez et de bouche, bénie d’une eau inépuisable — une « jarre de bon augure ». Le texte qui l’accompagne prend des accents de félicitations et clôt l’ouvrage sur une note cérémonielle. Aucune tradition locale propre n’est connue : il est généralement considéré comme une création de l’imagination de Sekien, réinterprétée plus tard comme un tsukumogami.

Bateau aux trésors

Bateau aux trésors

Divin

ta-ka-ra-bou-né

Version traditionnelle (Estampe du Navire au Trésor)

Divinités et Esprits DivinsJapon (régions diverses)

Le Bateau aux trésors est une image et un porte-bonheur en forme de voilier, symbole de prospérité au Nouvel An. On y représente souvent les Sept Divinités du Bonheur, embarquées avec du corail, de l’or, de l’argent et des joyaux. À partir de l’époque Muromachi, il est associé au premier rêve de l’année, et la voile porte fréquemment des caractères comme « trésor », « bonheur » ou « longévité ». À l’origine, cette embarcation dérive des images de bateaux utilisées pour la pratique d’« écarter les mauvais rêves » en les laissant dériver sur la rivière, sens qui a ensuite évolué vers l’attrait de la fortune et des bienfaits.

Esprit du balai (Hōkigami)

Esprit du balai (Hōkigami)

Épique

hoh-ki-GA-mi

Version culte populaire · Kami du Balai

Divinités et Esprits DivinsJapon, diverses régions

Le Hōkigami est l’esprit divin logé dans le balai. Dans la foi populaire, l’acte de balayer possède un pouvoir de purification et de « rassemblement » des impuretés. Associé à la naissance et à la propreté du seuil, il est vénéré dans certaines régions où le balai sert d’objet-support. Des tabous condamnent le fait d’enjamber ou de piétiner un balai. On trouve aussi des usages comme renvoyer un visiteur avec un balai retourné, ou placer un balai près de l’oreiller pour favoriser un accouchement aisé. Toriyama Sekien l’a également représenté comme tsukumogami.

Boroboroton

Boroboroton

Rare

bo-ro-bo-ro-TO-n

Édition d’après le Zufu de Sekien

Objets Animés et Morts-VivantsÉpoque d’Edo (Japon)

Le Boroboroton est un tsukumogami: un vieux futon usé et déchiré devenu yōkai avec l’âge. Illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro à l’époque d’Edo, son nom joue sur « boroboro » (en lambeaux) et une allusion aux moines fuke. Aucune tradition orale largement répandue n’est attestée; l’entité est surtout connue par l’image et les notes de Sekien. Il est représenté comme un futon qui bondit la nuit pour effrayer les gens, sans aller plus loin.

Le Jeune Garçon à la Gourde

Le Jeune Garçon à la Gourde

Rare

hyô-TAN ko-ZO

Interprétation tsukumogami conforme aux iconographies

Objets Animés et Morts-VivantsInconnue

Un yōkai inspiré de la gourde (hyôtan) figuré dans le Hyakki tsurezure bukuro de Toriyama Sekien. Il apparaît comme un jeune garçon dont la tête est une gourde, souvent représenté aux côtés de Nyūbō (le Moine au mortier). En dehors des gravures de Sekien, ses traits sont peu détaillés. On l’interprète généralement comme un tsukumogami: une gourde travaillée (fukube, hisago) devenue animée après de longues années d’usage. Son nom et son iconographie semblent dériver du «monstre-gourde» des rouleaux du Hyakki yagyo.

Nyūbachibō

Nyūbachibō

Rare

nyou-ba-tchi-bô

Version Émakimono • Iconographie de Sekien

Esprits DomestiquesOrigine inconnue (folklore japonais)

Yōkai-objet figurant chez Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. Il emprunte une forme humaine coiffée d’un gong de bronze (ryōbatsu/dōbatsushi) et apparaît aux côtés du Gourdinet. Des images proches existent déjà dans les rouleaux Hyakki Yagyō de l’époque Muromachi, dont Sekien aurait repris l’idée pour le nom. Ses caractéristiques ne sont pas précisées dans l’œuvre, mais il est souvent interprété plus tard comme un esprit de percussions métalliques.

Zen-gama-shō

Zen-gama-shō

Rare

zen-ga-ma-SHÔ (ぜんふしょう)

Tradition iconographique • Statue de Tsukumogami

Objets Animés et Morts-VivantsOrigine inconnue

Zen-gama-shō est un yōkai théière représenté par Toriyama Sekien dans « Hyakki Tsurezure Bukuro – Volume moyen » à l’époque d’Edo. Son nom jouerait sur « zen-oshō » (moine zen), en écho au lien entre la cérémonie du thé et le zen. Son iconographie reprend la composition du yōkai à trois yeux visible dans les rouleaux de la procession nocturne des démons (Muromachi). Il apparaît aux côtés de Tora-inryō et Yari-kenaga, bien que leurs liens restent obscurs. Il est compris comme un tsukumogami, un ustensile devenu animé par une force spirituelle.

Koinryō

Koinryō

Rare

ko-IN-ryo (r roulé léger)

Conforme à l’iconographie d’Edo

Objets Animés et Morts-VivantsOrigine inconnue

Yōkai illustré par Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro (époque d’Edo). Sekien le décrit comme un petit sac à cordon en cuir devenu tsukumogami. Il porte un outil évoquant un râteau à feuilles et court à une vitesse prodigieuse, « parcourant mille lieues ». L’étymologie du nom est incertaine ; une hypothèse le relie à un inrō en peau de tigre, sans consensus. Il incarne la croyance selon laquelle l’âme peut habiter les objets.

Yariketchō (la lance à touffe métamorphosée)

Yariketchō (la lance à touffe métamorphosée)

Rare

ya-ri-ke-tchô

Yarigechō (conforme aux images traditionnelles)

Objets Animés et Morts-VivantsÉpoque d’Edo (Japon)

Tsukumogami d’une lance décorée de plumes (毛槍) figurant dans le Hyakki tsurezure bukuro de Toriyama Sekien à l’époque d’Edo. On dit qu’une毛槍 ornée de plumage d’oiseau, imprégnée par les années et un illustre passé, s’est transformée. L’illustration la montre bondissant, brandissant un maillet en bois. La notice mentionne une lance tenue par « l’homme le plus vaillant du Japon », suggérant que la renommée de l’arme a éveillé une puissance spirituelle. Exemple de l’idée d’objets devenant des esprits.

Kinudanuki

Kinudanuki

Rare

ki-nou-da-nou-ki

Conforme à l’Atlas d’Ishiyama

Objets Animés et Morts-VivantsÉdo (lieu de publication)

Kinudanuki est un yōkai à forte coloration créative dessiné par le peintre de l’époque d’Edo, Toriyama Sekien, dans Hyakki Tsurezure Bukuro. Il combine l’étoffe de soie de Hachijō-jima, célèbre spécialité locale, et le folklore du tanuki métamorphe, figuré comme une entité où tissu de soie et tanuki ne font qu’un. Le nom joue sur le double sens entre kinuta (maillet à fouler la soie) et « kinu/tanuki ». Aucune histoire de hantise précise n’est transmise : il s’agit d’un yōkai fondé sur l’image et le jeu de mots.