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Gazu Hyakki Yagyō

Séparer le cortège, une entité par page : la naissance du comparatif de yōkai

Gazu Hyakki Yagyō

48 yokai

L’essentiel

Le Gazu Hyakki Yagyō est un recueil de Toriyama Sekien publié en 1776. Contrairement aux anciens rouleaux où les yōkai défilent en scène continue, il présente une entité par page. Sekien y a sélectionné des images issues de classiques et de contes (Kodama, Tengu, Kappa, Yuki-onna, Nurarihyon...), influençant massivement l'image standard des yōkai. Toutefois, la plupart des pages n'ont pas d'explications détaillées, et la personnalité qu'on leur prête aujourd'hui n'est pas toujours écrite dans le livre de Sekien.

Diviser la procession des cent démons en pages individuelles

Le Hyakki Yagyō (la Parade Nocturne des Cent Démons) était à l'origine dépeint sur des rouleaux montrant une horde d'anomalies défilant dans la capitale la nuit. Le *Gazu Hyakki Yagyō* de Toriyama Sekien en a repris le nom, mais a découpé le cortège. À chaque page tournée, un nom et une figure apparaissent, permettant aux lecteurs de comparer, de mémoriser et de choisir leur yōkai préféré.

Comme l'indique la présentation officielle de la Bibliothèque nationale de la Diète, il s'agit du premier d'une série de recueils de yōkai de Sekien. Sur cette page, plutôt que de projeter les caractéristiques modernes des yōkai sur l'œuvre originale, nous ne confirmerons que ce que les illustrations et les brèves inscriptions permettent de lire.

1776 : Les trois volumes Yin, Yang et Vent

Le *Gazu Hyakki Yagyō* fut publié en 1776. Il se compose de trois volumes : Yin, Yang et Vent, tous marqués comme la « Première partie ». Bien qu'une suite ait été annoncée à la fin, aucun livre portant ce titre exact ne fut publié ; c'est le *Konjaku Gazu Zoku Hyakki*, sorti trois ans plus tard, qui fit office de suite.

En consultant la version numérisée par l'Institut national de littérature japonaise, on découvre des pages épurées, centrées sur le nom et l'image. Contrairement à ses œuvres ultérieures, il y a peu d'explications longues ; l'espace vide et la forme sont laissés à l'imagination du lecteur.

Yin : La vieille aura des montagnes, des bêtes et de l'eau

Le premier volume commence avec le Kodama, le Tengu, le Yamabiko, la Yamamba et le Yamarō, puis passe à l'Inugami, le Nekomata, le Kappa, le Kawauso, l'Akaname, le Tanuki, le Kamaitachi et l'Amikiri. L'écho des montagnes, l'aura des vieux arbres, la métamorphose des animaux familiers et les dangers de l'eau y prennent une forme bien définie.

Certaines pages regroupent plusieurs noms sur une seule illustration, comme l'Inugami et le Shirachigo. De même, le Kitsunebi est inclus en tant que phénomène de feu, mais sur notre site, il est pour l'instant séparé du profil de l'espèce du Renard à neuf queues, en attendant son propre article indépendant. C'est pourquoi nous ne comptons pas le nombre de yōkai inclus uniquement par le nombre de cartes.

Yang : Feux mystérieux, maisons et morts

Le volume Yang poursuit avec des bêtes et des feux étranges : Jorōgumo, Itachi, Sōgenbi, Tsurubebi, Furaribi, Ubagabi, Kasha. Ensuite viennent des anomalies domestiques et des images de la mort : Yanari, Ubume, Umizatō, Noderabō, Taka-onna, Tenome, Tesso, Kurozuka, Rokurokubi, Sakabashira, Makuragaeshi, Yuki-onna, Ikiryō, Shiryō et Yūrei.

Montrer séparément l'Ikiryō (esprit vivant), le Shiryō (esprit mort) et le Yūrei (fantôme) dans des compositions différentes était aussi une tentative de distinguer des entités similaires selon la situation. Il faut faire la part des choses entre ce qui relève du folklore pré-Sekien et la réorganisation iconographique de l'artiste.

Vent : Des anomalies avec un nom, mais peu d'histoires

Le volume Vent rassemble le Mikoshi, Shōkera, Hyōsube, Waira, Otoroshi, Nuribotoke, Nure-onna, Nurarihyon, Gango-ji, Ouni, Aobōzu, Akashita, Nuppefuhofu, Ushi-oni et Uwan. L'image de « commandant en chef des yōkai » que l'on prête aujourd'hui au Nurarihyon n'est absolument pas détaillée sur la page de Sekien.

Certains yōkai, comme le Waira ou l'Otoroshi, possèdent un nom et une forme, mais on ignore presque tout de leur comportement ou des légendes locales associées. C'est précisément cet espace vierge qui a permis aux auteurs et dessinateurs ultérieurs d'y ajouter de nouvelles histoires.

Sekien a-t-il « inventé » les yōkai ?

Cette œuvre mélange des entités issues d'un large folklore (Kappa, Tengu), des créatures déjà vues dans des livres comme le *Kokon Hyakumonogatari Hyōban*, et des images inspirées de vieux rouleaux. Sekien n'a pas tout créé de toutes pièces, ni simplement copié les traditions orales. Choisir, nommer, arranger et unifier le trait : c'est ce travail d'édition qui fait la force de l'œuvre.

Comment lire la liste des yōkai inclus

La section « Yōkai inclus » ci-dessous rassemble, parmi les entités nommées dans l'œuvre originale, celles qui possèdent un profil indépendant sur YOKAI.JP, classées dans l'ordre du livre à raison d'une par espèce. Les doublons régionaux pour le Kodama, Tengu, Yamamba, Nekomata et Nure-onna ont été retirés. Le Shirachigo, Itachi, Kitsunebi et Shiryō sont mentionnés dans le texte et pourront être ajoutés ultérieurement une fois leur profil achevé.

Regardez d'abord le dessin, puis accédez à la page individuelle pour comparer ce qui était écrit à l'origine avec les caractéristiques ajoutées par les générations suivantes.

Mis à jour: 16/07/2026
yōkaifolklore japonaiscréatures surnaturellesHyakki YagyōToriyama Sekienart japonaisépoque d’Edobestiairejaponaisculture japonaise

Yokai inclus

48 yokai sont inclus

Ces yokai ont aussi des cartes artistiques

57 cartes — ukiyo-e, Japon moderne…

Kodama

Kodama

Épique

ko-DA-ma

Esprit des vieux arbres, Kodama

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesTokyoOkinawa

Les kodama sont des esprits censés résider dans les arbres, le terme désignant parfois l'arbre lui-même habité par cette essence spirituelle. Selon les croyances anciennes, une essence divine vient s'incarner dans les vieux arbres ayant accumulé plus d'un siècle de cernes. Le phénomène du « yamabiko » (l'écho), où une voix lancée dans les montagnes ou les vallées revient avec un léger retard, était d'ailleurs perçu comme la réponse d'un kodama. Si l'on remonte à leurs origines, ils sont les vestiges d'une divinisation des arbres. Dans le Kojiki, le dieu des arbres Kukunochi est parfois assimilé au kodama, tandis que le dictionnaire de l'époque de Heian, le Wamyō Ruijushō, mentionne le terme « kodama » (古多万) comme nom japonais pour les divinités arboricoles. En revanche, dans le Dit du Genji, on trouve des expressions telles que « Est-ce un oni, un dieu, un renard ou un kodama ? » ou « le démon d'un kodama », ce qui montre qu'à cette époque, on le percevait déjà comme une entité proche du yōkai. Bien que leur apparence ne diffère en rien de celle des arbres ordinaires, ils sont dotés de pouvoirs mystérieux et l'on disait qu'ils maudiraient quiconque tenterait de les abattre sans précaution. Dans son recueil Gazu Hyakki Yagyō, Toriyama Sekien a dessiné sous le nom de « Kodama » (木魅) un couple de vieillards se tenant près d'un vieil arbre, illustrant l'idée qu'un arbre centenaire abrite un dieu qui finit par se manifester. Écrit sous diverses graphies en caractères sino-japonais (木霊, 木魂, 谺), le mot « kodama » désigne à la fois la réverbération du son et l'esprit de l'arbre, fusionnant ainsi la voix de la nature et l'âme des arbres en une seule et même entité.

Tengu

Tengu

Légendaire

Tengu

Qu'est-ce qu'un tengu ? Un aperçu des types et de l'iconographie

Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

Le tengu est un yokai et un être quasi divin que l'on dit habiter les montagnes du Japon, un seigneur des hauteurs inséparablement lié aux ascètes yamabushi du Shugendō. Ses formes se répartissent largement en deux lignées. L'une est le tengu au long nez, au visage rougeaud et au nez haut, vêtu de l'habit de l'ascète de montagne, portant un éventail de plumes et de hautes socques à une dent ; l'autre est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, sous lesquels suivent des parents inférieurs tels que le tengu-feuille et le tengu-copeau. Ce qui fut jadis conçu comme un oiseau pareil à un milan se durcit, au cours du Moyen Âge, en l'image de l'ascète de montagne au long nez. Le tengu est à la fois un démon qui entrave la Loi bouddhique et, une fois soumis, une divinité gardienne qui la protège — cette double nature est l'essence du tengu. La notion qu'un grand moine arrogant choit et devient tengu fut liée à la « voie du tengu » bouddhique, et dépeinte en satire dans les rouleaux peints de la fin de Kamakura. Au sein du culte des montagnes, en revanche, le tengu était révéré comme gardien de la montagne et maître des arts martiaux et magiques, un être qui éprouve ou guide le pratiquant. Du mont Kurama et du mont Atago à Kyoto en partant, chacune des montagnes sacrées du royaume était dite avoir son propre grand tengu, et le Sutra des Tengu de l'époque pré-moderne en compte le nombre à quarante-huit.

Yamabiko

Yamabiko

Épique

ya-ma-BI-ko

Iconographie traditionnelle (interprétation kodama/serviteur du dieu des montagnes)

Phénomènes naturels et esprits de la natureNagano

Dans les montagnes et vallées, on appelle « yamabiko » le phénomène où une voix ou un son revient avec un décalage, interprété comme la réponse d’un esprit de la montagne ou d’un kodama. Bien que son essence soit comprise comme une résonance naturelle, il est raconté localement comme un auxiliaire des divinités des montagnes, un esprit des arbres, ou une créature mystérieuse des forêts. Des rouleaux illustrés le figurent parfois sous des traits bestiaux, et il fut craint et respecté comme une entité renvoyant exactement les mots qu’on lui adresse.

Yamanba

Yamanba

Légendaire

ya-man-ba

Yamanba (image traditionnelle)

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesKanagawa

La Yamanba, aussi appelée Yamauba, est une créature des hautes montagnes qui prend l’apparence d’une vieille femme. Elle est parfois décrite comme une ogresse aux longs cheveux blancs en désordre et à la bouche fendue jusqu’aux oreilles. D’autres récits en font au contraire une « mère de la montagne » qui offre les produits des bois et apporte la prospérité. Elle réunit ainsi deux visages : celui d’une mangeuse d’hommes et celui d’une bienfaitrice généreuse. Le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien et le Hyakkai zukan de Sawaki Sūshi la montrent dans la montagne, tantôt portant un enfant, tantôt les cheveux épars. Elle est aussi connue, dans les traditions de l’époque d’Edo, comme la mère de Sakata no Kintoki, le futur Kintarō, ce qui interdit de la réduire à une simple ogresse.

Yamawaro (l’enfant de la montagne)

Yamawaro (l’enfant de la montagne)

Épique

ya-ma-wa-ro

L’enfant des montagnes de l’ouest du Japon, le yamawaro

Esprits des montagnes et des forêtsKyūshū (yamawaro ; montagnes de l’ouest du Japon)

Le yamawaro est un yokai des montagnes de l’ouest du Japon, souvent présenté comme la forme que prend le kappa lorsqu’il monte dans les hauteurs à l’automne. De la taille d’un enfant environ, il a de longues jambes, un corps couvert d’un poil fin et comprendrait le langage humain. Le *Wakan Sansai Zue* le décrit avec de longs cheveux roux, un visage rond, des oreilles pointues comme celles d’un chien et un œil unique au-dessus du nez. On dit qu’il prête volontiers main-forte aux travaux de la montagne, mais aussi qu’il aime le sumo, joue des tours au bétail et aux chevaux, et qu’il s’invite même chez les gens pour se plonger dans le bain. À Kumamoto, on raconte qu’il déteste le trait d’encre du cordeau de charpentier, et qu’en tracer un suffit à l’écarter.

Inugami

Inugami

Légendaire

i-nu-ga-mi

Inugami (iconographie traditionnelle)

Métamorphoses et esprits animauxTokushimaKochi

L’Inugami est un esprit de chien possesseur surtout attesté dans l’ouest du Japon, où il comptait parmi les présences les plus redoutées avec la possession par le renard ou le kuda-gitsune. Shikoku, en particulier Tokushima, Kōchi et Ehime, passait pour son principal foyer ; la croyance s’étendait de Shimane et Yamaguchi à Kyūshū, aux îles Satsunan et jusqu’à Okinawa. Elle reposait fortement sur la notion de « lignée d’Inugami », selon laquelle l’esprit suivait une famille de génération en génération. L’origine d’un futur conjoint pouvait ainsi être examinée avant un mariage, et cette croyance a nourri l’exclusion matrimoniale comme d’autres formes de discrimination. L’Inugami est souvent décrit comme un petit animal tacheté de la taille d’une souris, mais son apparence varie : il peut aussi ressembler à une belette ou à une chauve-souris.

Nekomata

Nekomata

Légendaire

né-ko-ma-ta

Nekomata aux deux queues, vieux chat métamorphosé

Métamorphose animaleTochigi

Le Nekomata (猫又) est l'une des apparitions surnaturelles les plus connues et à l'évolution la plus complexe du folklore japonais. Son apparence est décrite soit comme une bête devenue gigantesque avec les années, soit comme un chat monstrueux dont la queue s'est fendue en deux. Il existe deux lignées distinctes dans le concept de ce yôkai : l'une est le "redoutable Nekomata, bête féroce vivant dans les montagnes", que l'on trouve dans les textes de l'époque de Kamakura, et l'autre est le "Nekomata, yôkai domestique né d'un vieux chat gardé de nombreuses années dans une maison", qui s'est imposé à partir de l'époque d'Edo. Dans les croyances populaires japonaises, le chat est souvent considéré comme un être recélant une nature démoniaque ou des pouvoirs spirituels. La crainte qu'inspire une créature ayant franchi cette limite s'est cristallisée dans l'image de ce yôkai à deux queues.

Kappa

Kappa

Légendaire

KA-pa

L’esprit fluvial à la coupelle – Kappa

Esprits des eauxKumamotoFukuoka

Le kappa compte parmi les plus célèbres de tous les yokai japonais. On le dit installé partout où il y a de l’eau : rivières, étangs comme marécages. Il a la taille d’un enfant de quatre ou cinq ans, porte au sommet du crâne une coupelle (sara) emplie d’eau, une carapace sur le dos, un bec en guise de bouche, et des mains et des pieds palmés. Son corps tire sur le vert ou le rouge, et on lui prête parfois une odeur de poisson. Cette coupelle est la source même de sa force : si l’eau vient à se renverser ou à sécher, on croit que le kappa perd aussitôt toute sa puissance. De là vient la ruse bien connue qui consiste à saluer profondément un kappa pour que, lui rendant la politesse, il déverse l’eau de sa coupelle et puisse être capturé. Le kappa a deux visages. L’un est redoutable : il entraîne hommes et chevaux au fond de l’eau et leur ôte la vie. L’autre est scrupuleux : il tient parole avec rigueur, raffole de sumo, et transmet parfois de merveilleux remèdes pour ressouder les os. Présent dans tout le pays, il y porte plus de quatre-vingts noms régionaux : Garappa, Medochi, Enko, Hyosube, et bien d’autres. Parmi tous les yokai du Japon, rares sont ceux qui plongent des racines aussi profondes dans la vie locale.

Loutre yōkai (Kawauso)

Loutre yōkai (Kawauso)

Épique

ka-wa-ou-so

Loutre métamorphe conforme aux récits traditionnels

Animaux métamorphesKochiTokushima

La loutre des rivières, vieillissant, devient un esprit yōkai appelé kawauso. On dit qu’elle comprend la langue humaine et excelle dans l’art de la métamorphose. Elle aime éteindre les lanternes la nuit et égarer les passants. De nombreux récits la montrent prenant l’apparence d’une belle femme, d’un enfant ou d’un moine pour attirer les humains. D’anciens dictionnaires notent « la loutre, vieillissant, devient kappa », d’où des traditions locales qui l’assimilent ou la voient apparentée au kappa.

Akaname

Akaname

Épique

a-ka-na-me

Iconographie traditionnelle, type enfant de bain

Habitations et objetsFigure issue des livres et images de l’époque d’Edo, notamment le Kokon hyaku monogatari hyōban et le Gazu Hyakki Yagyō ; aucune tradition locale précise n’est connue.

L’Akaname est censé apparaître dans les vieux bains publics et les salles d’eau des demeures laissées à l’abandon. Il prend l’aspect d’un enfant aux cheveux coupés court, doté d’une longue langue pendante et de griffes crochues aux pieds. Au cœur de la nuit, lorsque tout le monde dort, il se glisse sans bruit dans les lieux et lèche avec soin la crasse, le tartre et les moisissures accumulés sur les baquets, les parois, les caillebotis et les évacuations. Les sources anciennes ne le montrent guère attaquant les humains : sa présence signale plutôt l’insalubrité d’un bain négligé. Son activité très concrète, presque grotesque, en fait une créature familière et comique autant qu’inquiétante. On le rencontre aussi sous les noms d’Aka-neburi ou Akaneburi, et certains textes lui prêtent l’apparence d’un nourrisson. L’image du jeune monstre à la langue démesurée publiée par Toriyama Sekien dans le Gazu Hyakki Yagyō a largement fixé sa silhouette. Sekien n’y joint toutefois aucun commentaire : le dessin s’est diffusé avant que les auteurs postérieurs ne l’interprètent comme un rappel à maintenir les bains propres.

Tanuki

Tanuki

Commun

Tanuki

Un cran au-dessus de sept : les huit métamorphoses du tanuki

Animal métamorpheTout le Japon, avec une forte concentration de légendes de bake-danuki dans l'ouest du pays

Le tanuki est, comme animal, le chien viverrin japonais, _Nyctereutes procyonoides_, un canidé originaire d'Asie qui comprend des sous-espèces japonaises comme le tanuki de Honshu et celui d'Ezo. L'enquête de 2022 du ministère japonais de l'Environnement sur la répartition des tanuki, renards et blaireaux montre qu'il vit dans la majeure partie du Japon, sauf dans la préfecture d'Okinawa. Comme yokai, le tanuki se tient aux côtés du renard parmi les deux grands animaux métamorphes du folklore japonais. Le proverbe "le renard a sept transformations, le tanuki en a huit" lui donne une puissance de métamorphose supérieure d'un cran. Le premier indice textuel est souvent rattaché à l'entrée du Nihon Shoki pour l'année 627, où un mujina de la province de Mutsu prend forme humaine et chante. Mais dans les textes anciens, tanuki, mujina, mami et plusieurs graphies se confondent souvent selon les régions. L'affaire tanuki-mujina de 1924, conclue par un acquittement devant la plus haute juridiction, montre que cette confusion a même eu une portée juridique. Les pouvoirs du bake-danuki incluent la transformation avec une feuille sur la tête, le tambour du ventre sous la lune, le fameux scrotum "de huit tatamis" étiré en pièce, filet, parapluie ou arme, et l'ensemble des sept ou huit métamorphoses. À l'époque d'Edo, Utagawa Kuniyoshi et Tsukioka Yoshitoshi en ont fait une icône visuelle. Les grandes légendes se concentrent à Shikoku, Sado et Awaji: en Awa, Kincho Tanuki, Rokuemon et Tasaburo; à Sado, Danzaburo Tanuki; à Awaji, Shibaemon Tanuki. Deux cadres coexistent: les Trois grandes légendes de tanuki, avec Inugami Gyobu, Bunbuku Chagama de Morinji et le tanuki-bayashi de Shojoji; et les Trois tanuki célèbres du Japon, Danzaburo, Tasaburo et Shibaemon. À partir de l'ère Meiji, les tanuki en céramique de Shigaraki deviennent célèbres après la visite et le poème de l'empereur Showa en 1951, puis les "huit signes auspicieux" de 1952 fixent la figurine moderne placée devant les commerces. Dans la culture d'après-guerre, Pompoko d'Isao Takahata, en 1994, rassemble des tanuki célèbres de tout le Japon, tandis que The Eccentric Family de Morimi Tomihiko, en 2007, imagine Kyoto comme une ville partagée par familles de tanuki et de renards.

Kamaitachi

Kamaitachi

Légendaire

ka-ma-i-ta-chi

Kamaïtachi (version synthèse des récits traditionnels)

Métamorphoses et esprits animauxNiigataNagano

Le Kamaitachi est un phénomène inquiétant associé aux tourbillons de vent : il lacérerait la peau comme le passage d’une lame. Les récits se concentrent dans les régions très enneigées du Shin’etsu, du Tōhoku et du Hokuriku. Juste après la coupure, la victime ressent parfois peu de douleur et ne saigne presque pas ; d’autres versions disent que la douleur et le sang n’apparaissent qu’ensuite. Depuis l’époque d’Edo, le phénomène est représenté comme une belette munie de griffes en forme de faucilles. Dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, la lecture kamaitachi est appliquée au nom du monstre chinois Qiongqi. Le mot sert également de terme saisonnier d’hiver en poésie japonaise.

Amikiri

Amikiri

Rare

a-mi-KI-ri

Conforme aux iconographies, interprétation traditionnelle

Noms génériques et figures collectivesOrigine inconnue

Yōkai figurant uniquement comme image dans le Gazu Hyakki Yagyō du peintre d’Edo Toriyama Sekien. Il est représenté avec des pinces rappelant le crabe ou le scorpion, mais l’ouvrage ne fournit aucune explication et sa nature demeure incertaine. Certains y voient un jeu d’association avec le « coupe-cheveux » des rouleaux antérieurs ou un calembour entre le mot « filet » et de petits crustacés. Plus tard, il est souvent décrit comme tranchant des moustiquaires ou des filets de pêche, mais les sources historiques étayant cela restent limitées.

Jorōgumo

Jorōgumo

Légendaire

jo-rō-gu-mo

Version conforme aux traditions • Jorōgumo

Métamorphoses animalesShizuokaNagano

La Jorōgumo est une araignée gigantesque qui prendrait l’apparence d’une belle femme pour attirer les humains. Son nom, écrit 絡新婦, emploie des caractères chinois comme lecture savante de l’ancien mot japonais jorōgumo, « araignée courtisane ». Dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, elle apparaît sous les traits d’une femme accompagnée de petites araignées crachant du feu. Elle entraîne ses proies dans son repaire, les immobilise avec ses fils, les épuise puis les dévore. Beaucoup de récits se déroulent sur les frontières entre l’eau et les lieux habités : cascades, gouffres, villages de montagne ou maisons abandonnées. Une fois démasquée, elle s’enfuit souvent dans les combles ou entre les rochers. L’araignée géante combattue par Minamoto no Yorimitsu dans le Tsuchigumo zōshi appartient toutefois à la tradition du Tsuchigumo et ne doit pas être confondue avec la Jorōgumo.

Sōgenbi

Sōgenbi

Rare

sōgenbi

Sōgenbi, le moine en flammes du Mibu-dera

Fantômes et espritsKyoto

Le Sōgenbi est un feu spectral associé au Mibu-dera de Kyoto. Toriyama Sekien le représente sous la forme d’un visage de moine tourmenté, prisonnier d’une boule de feu. Son nom s’écrit aussi Sōgen-bi, « le feu de Sōgen », d’après le religieux au cœur du récit. Dans le *Gazu Hyakki Yagyō* de Toriyama Sekien, la flamme n’est donc pas une lueur anonyme : le visage qu’elle renferme révèle le sort d’un homme. Sōgen aurait servi au pavillon de Jizō du Mibu-dera, mais détourné l’huile des lampes et les offrandes du temple. Après sa mort, ce sacrilège l’aurait condamné à devenir lui-même un feu follet. Dans la tradition narrative transmise notamment par le *Shin Otogi Bōko*, repris dans l’*Edo Kaidan-shū*, le Sōgenbi n’est pas un phénomène naturel : c’est la lumière sacrée volée qui revient sous la forme d’un châtiment. Un moine défunt, une flamme et l’enceinte d’un temple se rejoignent ainsi dans une apparition profondément liée à Kyoto.

Tsurubebi (Feu de seau suspendu)

Tsurubebi (Feu de seau suspendu)

Peu commun

tsou-rou-bé-bi

Image traditionnelle (feu de puits pendulaire)

Phénomènes naturels et esprits de la natureKyoto

Le tsurubebi est une flamme spectrale qui monte et descend depuis les branches la nuit, comme un seau de puits. Il apparaît dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien et s’inspire d’un feu surnaturel signalé à Saiin (Kyōto) dans les récits d’Edo. À Shikoku et Kyūshū, on dit qu’un esprit d’arbre devient une boule de feu bleuâtre pendue aux branches. La flamme n’enflamme rien et laisse parfois deviner un visage humain ou animal. Considéré comme un type de feu-follet, il est souvent aperçu sur des sentiers de montagne calmes.

Furaribi (feu errant)

Furaribi (feu errant)

Rare

fu-ra-RI-bi

Furaribi (iconographie conforme aux rouleaux)

Phénomènes naturels et esprits de la natureOrigine inconnue

Furaribi est un feu spectral figuré comme un oiseau enveloppé de flammes dans les peintures de l’époque d’Edo. On en voit des exemples chez Toriyama Sekien (Gazu Hyakki Yagyō), Sawaki Sūshi (Hyakkai zumaki) ou dans l’anonyme Bakemono-zukushi. Les notices étant laconiques, sa nature reste incertaine. On l’interprète généralement comme la manifestation en feu d’esprits sans offrandes funéraires, la face d’oiseau monstrueuse en étant l’expression symbolique.

Feu de la Vieille (Ubagabi)

Feu de la Vieille (Ubagabi)

Épique

ou-ba-ga-bi

Ubagabi (conforme aux récits traditionnels)

Phénomènes naturels et esprits de la natureOsakaKyoto

L’Ubagabi est une flamme spectrale apparaissant les nuits de pluie, surtout à Hiraoka (Kawachi) et le long de la rivière Hozu (Tanba). Elle vole comme une boule de feu d’environ 30 cm, prenant parfois le visage d’une vieille femme ou la forme d’un oiseau. On la dit née de la malédiction d’une vieille voleuse d’huile au sanctuaire Hiraoka, ou du châtiment céleste frappant une vieille ayant abandonné son enfant. Toucher cette flamme annoncerait le malheur.

Kasha

Kasha

Épique

ka-sha

Kasha félin (récits de l’époque moderne)

Esprits et fantômesIwateGunma

Le Kasha est un yōkai qui apparaît pendant les funérailles, le long des cortèges ou dans les cimetières pour emporter un cercueil ou un cadavre. Au début de l’époque d’Edo, on attribuait ces enlèvements aux bourreaux des enfers ou au dieu du tonnerre : le corps disparaissait au milieu de nuages noirs et d’éclairs. Le mot kasha désigne d’abord, dans le bouddhisme, le « char de feu » qui transporte les pécheurs en enfer. La figure s’est ensuite mêlée aux légendes du nekomata, et la croyance selon laquelle un vieux chat devient Kasha pour s’emparer des morts s’est largement répandue. Le phénomène n’est toutefois pas toujours réservé aux défunts coupables : il est signalé dans tout le pays comme un danger propre aux rites funéraires. Pour s’en protéger, les traditions recommandent des lames, des chapelets, un amas de terre placé sur le cercueil ou une veille constante auprès du corps.

Yanaré (grondement de la maison)

Yanaré (grondement de la maison)

Épique

ya-NA-ré

Ienari (représentation traditionnelle)

Yōkai domestiques et objets animésJapon, diverses régions

Le yanaré désigne l’ensemble des phénomènes où une maison ou son mobilier grince, tremble ou résonne sans cause apparente. Anciens récits mentionnent des bruits et des vibrations dans les cuisines au foyer, les greniers ou les arsenaux, perçus comme de mauvais présages. Dans les rouleaux illustrés, il est parfois personnifié par un petit démon secouant la demeure, mais les traditions l’expliquent le plus souvent comme une cause inconnue. Selon les régions, on y voit l’œuvre d’esprits vengeurs, d’esprits animaux ou l’humeur d’un dieu domestique; l’occurrence typique va de minuit à l’heure du bœuf.

Ubume

Ubume

Épique

Ubume

Ubume (Forme Traditionnelle)

Fantômes & EspritsDiverses régions à travers le pays. Un exemple ancien célèbre se trouve dans le Konjaku Monogatari Shū médiéval.

L'Ubume (産女) est une apparition surnaturelle (yōkai) japonaise qui serait l'esprit d'une femme décédée pendant ou peu après l'accouchement, apparaissant sous les traits d'une femme tenant un nourrisson. Dans de nombreux récits, elle interpelle les passants la nuit aux abords des gués, des ponts et des carrefours en les implorant : « S'il vous plaît, portez cet enfant. » L'issue varie selon les régions et les sources : le bébé reçu peut soudainement devenir lourd, se transformer en feuilles d'arbres ou en pierre, ou bien la personne qui parvient à le tenir jusqu'au bout peut se voir accorder une force surhumaine ou la richesse. Par conséquent, l'Ubume n'est pas simplement un esprit maléfique attaquant les humains. Elle est une entité qui rassemble dans un même récit de rencontre le lien brisé par la mort entre une mère et son enfant, la peur des morts, ainsi que le courage et la compassion de celui qui accepte sa requête. Un exemple ancien et célèbre se trouve dans le *Konjaku Monogatari Shū* (Contes des temps jadis), rouleau 27, conte 43, « Comment Taira no Suetake, vassal de Minamoto no Yorimitsu, rencontra une Ubume », compilé vers la première moitié du XIIe siècle. Alors que Minamoto no Yorimitsu était gouverneur de la province de Mino, son vassal Taira no Suetake se rendit de nuit à un gué obscur pour une épreuve de courage, où une femme dans la rivière lui confia un bébé. De retour au manoir, lorsqu'il ouvrit sa manche, il n'y trouva que quelques feuilles d'arbres. La conclusion du récit juxtapose la théorie selon laquelle l'Ubume serait un renard métamorphe et celle voulant qu'elle soit l'esprit d'une femme morte en couches, sans trancher sur sa véritable nature. À ce stade, le pagne taché de sang et les plumes d'oiseau, qui deviendront célèbres aux époques ultérieures, ne sont pas encore décrits. D'autre part, une attention particulière doit être portée à la graphie qui écrit « Guhuo Niao » (姑獲鳥) mais qui se prononce « Ubume ». La « femme noctambule » décrite dans le rouleau 16 de l'ouvrage de la dynastie Tang *Youyang Zazu* (Plats assortis de Youyang) est un oiseau monstrueux chinois qui devient oiseau lorsqu'il revêt des plumes et femme lorsqu'il les retire, et qui a pour habitude de kidnapper les enfants des autres. En raison de son lien avec les bébés et les femmes mortes en couches, elle a été confondue avec l'Ubume japonaise, mais elles appartenaient à l'origine à des lignées distinctes. Selon les recherches de Manami Yasui, Hayashi Razan, qui a attribué le nom japonais au Guhuo Niao chinois, a précisé pour la première fois dans le *Shinkan Tashikihen* de 1631 que le « Guhuo Niao » est l'« oiseau Ubume » ou Nue. Alors que l'Ubume japonaise a pour noyau « l'esprit d'une mère confiant son propre bébé à autrui », le Guhuo Niao chinois a pour noyau « un oiseau monstrueux arrachant les enfants des autres ». Comprendre cette différence permet de voir comment le yōkai appelé Ubume a changé de forme en superposant contes médiévaux, rites funéraires pour les femmes mortes en couches, savoirs sur les oiseaux monstrueux de Chine et illustrations de yōkai de l'époque moderne.

Umi-zatō

Umi-zatō

Rare

Umi-zatō

Umi-zatō, le joueur de biwa debout sur les vagues

Esprits et créatures des eauxCréature née des rouleaux de yōkai d’Edo, sans tradition locale ni texte explicatif connus

Umi-zatō est un yōkai marin qui prend l’apparence d’un zatō, musicien aveugle et souvent moine, debout sur les flots. Il figure dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien ainsi que dans un rouleau de Hyakki Yagyō conservé par la bibliothèque Matsui de Yatsushiro, à Kumamoto. Aucune de ces images ne comporte de commentaire : sa nature et son origine restent donc inconnues. La créature tient un biwa et une canne tout en se dressant au-dessus des vagues. Elle a parfois été rapprochée d’Umibōzu comme autre apparition anthropomorphe en pleine mer, mais les sources ne permettent pas d’aller plus loin.

Nodera-bō

Nodera-bō

Peu commun

nodera-bō

Nodera-bō, gardien de la cloche du temple abandonné

Yōkai humains et êtres hybridesTokyo

Nodera-bō est un yōkai à l’allure de moine figurant dans le premier volume, « Yō », du *Gazu Hyakki Yagyō* de Toriyama Sekien. Près d’un clocher envahi de lierre, une silhouette décharnée se recroqueville dans une robe noire déchirée, les mains maigres ramenées contre elle. *Nodera* évoque un temple éloigné des habitations ou peu à peu rendu aux herbes ; *bō* désigne sa forme monastique. Sekien n’a joint aucune légende détaillée à Nodera-bō : on ignore donc de quel temple il s’agirait, qui aurait pu devenir cette créature et si une tradition orale plus ancienne a jamais existé. Murakami Kenji le présente lui aussi comme un yōkai de moine connu d’abord par l’image de Sekien ; les récits d’origine apparus ensuite ne doivent pas être confondus avec un ancien folklore. Sa force vient moins de ses actes que du lieu. Un temple déserté, une cloche laissée sans soin, une robe effilochée et des bâtiments gagnés par les hautes herbes donnent l’impression qu’un espace sacré glisse hors du monde quotidien. Là où Aobōzu ou Nuribotoke mettent en avant l’étrangeté d’un corps religieux, Nodera-bō reste indissociable de la ruine qui l’entoure. Humain par sa silhouette mais retenu dans un temple que les humains ont quitté, il est à la fois le fantôme d’un moine et l’ombre du sanctuaire abandonné.

La Femme haute

La Femme haute

Épique

ta-ka-ON-na

Conforme à l’iconographie traditionnelle

Yōkai domestiques et objets animésInconnue

Yōkai féminin figuré par Toriyama Sekien dans le Gazu Hyakki Yagyō. Elle allonge son bas‑corps jusqu’au niveau d’un deuxième étage pour regarder par les fenêtres. L’estampe ne comporte aucun commentaire : son identité et sa nature restent inconnues. Des lectures postérieures la disent effrayer les maisons de plaisirs, mais les sources primaires sont surtout picturales, sans récit établi ni étymologie sûre. Elle symbolise un être anormal qui épie depuis les hauteurs.

Main-aux-Yeux

Main-aux-Yeux

Peu commun

TE-no-mé

Version conforme aux iconographies traditionnelles et aux sources classiques

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesKyoto

Yōkai figuré par Toriyama Sekien dans le Gazu Hyakki Yagyō : il a l’apparence d’un joueur de biwa aveugle (zato) dont les yeux ne sont pas sur le visage mais au creux des deux paumes. L’œuvre ne donne ni commentaire ni origine, mais une image similaire apparaît, à l’époque Tenpō, dans des rouleaux Hyakki Yagyō sous le nom de « Teme-bōzu », et des parallèles existent dans Bakemono-zukushi. Peint dans des friches battues par le vent sous la lune, il symbolise un être qui épie le monde à travers des yeux logés dans ses mains.

Tessō, le Rat de fer

Tessō, le Rat de fer

Peu commun

tes-SO

Conforme aux iconographies d’Edo • Image traditionnelle

Fantômes et espritsShiga

Le Tessō est un yōkai né de l’esprit vengeur du moine Raigō de Miidera (Onjō‑ji), qui se serait transformé en un gigantesque rat dévorant rouleaux bouddhiques et statues. Son histoire s’inscrit dans le conflit entre Enryaku‑ji et Miidera. Le nom « Tessō » vient de Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien ; les traditions anciennes parlent de « Rat de Raigō » ou « Rat de Miidera ». Ce récit mêle légende d’onryō et peurs populaires liées aux ravages des rats, et a laissé des rites apaisants dans les sanctuaires et temples autour du mont Hiei et d’Ōtsu.

Kurozuka

Kurozuka

Légendaire

kurozuka

La Tragédie d'Adachigahara : La Sorcière de Kurozuka

Oni et créatures gigantesquesFukushima

Rendue célèbre à l'époque de Heian par un poème de Taira no Kanemori dans le recueil *Shūi Wakashū* (1006) — « Est-il vrai, ce que j'entends, qu'un démon se terre dans le Tumulus Noir (Kurozuka) de la lande d'Adachigahara dans le Michinoku ? » —, il s'agit de la légende de la sorcière démoniaque (Onibaba) d'Adachigahara, dans la province de Mutsu (aujourd'hui la ville de Nihonmatsu, préfecture de Fukushima). Elle incarne l'archétype parfait du yōkai de type « vieille femme des montagnes offrant l'hospitalité aux voyageurs pour mieux les attaquer au cœur de la nuit et dévorer leur foie ». Dramatisée au Moyen Âge (époque de Muromachi) dans la pièce de théâtre Nō *Kurozuka* (Adachihara) par Kanze Kojirō, puis sublimée à l'époque d'Edo en Jōruri et Kabuki sous le titre *Ōshū Adachigahara* (créée en 1762) par Chikamatsu Hanji, cette légende reste le chef-d'œuvre incontesté des contes de sorcières japonaises, toujours joué de nos jours. Le lieu principal de la légende est le temple Kanze-ji (fondé en 727, à Nihonmatsu), où le tumulus « Kurozuka » situé dans son enceinte est réputé être la tombe de la sorcière. La trame tragique de sa véritable identité, « Iwate » — une mère qui, en quête d'un foie pour guérir sa maîtresse, finit par assassiner sa propre fille —, fut ajoutée plus tard, approfondissant un simple conte de monstre pour en faire une véritable tragédie humaine.

Rokurokubi

Rokurokubi

Légendaire

ro-ku-ro-KOU-bi

Hitōban/Nukekubi (Interprétation de Lafcadio Hearn)

Humain-Yōkai / Mi-humain Mi-yōkaiDans tout le Japon -- Une apparition des villages humains sans lieu spécifique

Le Rokurokubi est l'un des yōkai représentatifs les plus célèbres du Japon, caractérisé par un cou qui s'allonge anormalement pendant le sommeil la nuit, ou une tête qui se détache complètement du torse pour voler dans les airs. Bien que l'image moderne établisse fermement le 'Rokurokubi = yōkai au cou qui s'allonge', d'un point de vue folklorique, la forme originale véritable est considérée comme étant le 'nukekubi' (tête détachable), où la tête se sépare du corps pour voler. Ce prototype trouve son origine lorsqu'un monstre étranger connu sous le nom de 'Hitōban' (Barbare à tête volante), documenté dans d'anciens récits étranges chinois tels que le 'Sōshinki' (À la recherche du surnaturel), a été introduit au Japon. L'intérêt principal dans la recherche sur les yōkai est de comprendre pourquoi il est passé de 'volant' à 's'allongeant'. Une théorie répandue suggère que lorsque les rouleaux peints de l'époque d'Edo ont représenté un 'fil spirituel fin' reliant la tête détachée au corps, le public l'a visuellement interprété comme étant 'le cou allongé lui-même', ce qui a été le catalyseur décisif de la naissance du 'Rokurokubi au cou qui s'allonge'. Dans de nombreuses légendes, le Rokurokubi ne naît pas monstre, mais est décrit comme une apparition tragique provoquée inconsciemment par des femmes humaines en raison d'une 'maladie de séparation de l'âme' ou de la profondeur de leur karma.

Pilier inversé

Pilier inversé

Épique

sa-ka-ba-shi-ra

Version Contes de l’étrange traditionnel Gyakubashira

Yōkai domestiques et objets animésJapon (diverses régions)

Dans l’architecture en bois, superstition désignant un pilier dressé « à l’envers » : la base de l’arbre tournée vers le haut et la cime vers le bas. On croyait qu’un tel pilier provoquait, la nuit, craquements et grondements, attirait le déclin de la maisonnée et des incendies, et devait être évité. Depuis l’époque prémoderne, récits de prodiges et enquêtes folkloriques mentionnent que le pilier lui-même peut apporter malédiction, voire manifester un esprit foliaire. Les artisans respectaient scrupuleusement l’orientation du bois et transmettaient l’interdit comme règle de chantier.

Makura-gaeshi

Makura-gaeshi

Peu commun

ma-ku-ra-ga-e-shi

Type traditionnel — Lien aux phénomènes des temples et sanctuaires

Habitations et objetsRécits similaires dans de nombreuses régions du Japon ; Toriyama Sekien ne lui attribue aucun lieu précis.

Apparition nocturne qui se manifeste dans la chambre et retourne l’oreiller ou inverse la position tête-pieds du dormeur. Les mentions se multiplient à partir de l’époque d’Edo. Son apparence varie: enfant, bonze, ou indéterminée. Dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, il est figuré comme une petite statue de type Niō. Faire retourner son oreiller était vu comme un signe de désordre entre âme et corps, autrefois redouté comme un présage de maladie ou de mort.

Yuki-onna

Yuki-onna

Légendaire

Yuki-onna (la Femme des neiges)

Le Spectre blanc de la nuit des neiges

Phénomènes naturels et esprits de la natureIwate

La Yuki-onna est l'esprit d'une femme grande et pâle, vêtue de blanc, qui paraît avec la tempête au cœur des nuits de grande neige. Traînant l'ourlet blanc de sa robe sur la neige, elle souffle, dit-on, sur les voyageurs pour les glacer, ou leur dérobe leur force vitale. On la dit tantôt la neige elle-même faite esprit, tantôt le fantôme d'un être mort de froid dans la montagne ; on la connaît dans presque tout Honshū, et surtout au pays des grandes neiges. D'une région à l'autre ses noms changent — yuki-jorō, yuki-nyōbō, tsurara-onna, shigama-nyōbō — et on l'appelle Yukion à Toyama, Yukinba à Yoshida, dans l'Ehime. Née de la crainte et de la beauté du pays des neiges, elle est la plus célèbre des apparitions de la neige.

Esprit vivant (Ikiryō)

Esprit vivant (Ikiryō)

Légendaire

i-ki-ryo (EE-kee-ryo)

Ikiryō (version traditionnelle)

Fantômes et espritsJapon, régions diverses

L’« esprit vivant » désigne l’âme d’une personne encore en vie qui se détache du corps et erre. On croyait qu’une rancune intense, un amour passionné ou les pensées de l’agonie pouvaient l’envoyer hanter une cible, provoquant maladie et malheurs. Des sources vont de l’aristocratie de l’époque de Heian aux croyances populaires de l’époque moderne. Il peut apparaître comme une ombre de soi-même. L’âme peut se détacher involontairement, mais des récits évoquent aussi des envois intentionnels par malédiction.

Fantôme (yūrei)

Fantôme (yūrei)

Légendaire

yoo-RÉ-é

Toriyama Sekien « Yūrei » (ère An’ei)

Fantômes et espritsDans tout le Japon

Le yūrei est l’âme d’un défunt qui demeure dans ce monde et apparaît la nuit ou en des lieux liés au disparu. On dit qu’il se manifeste par attachement, rancœur ou manque de rites funéraires. Son image s’est fixée plus tardivement: linceul blanc, pieds inversés ou absence de jambes. Il se montre au cimetière, au chevet, dans l’ancienne demeure, et interpelle par la voix ou l’apparition. Les offices bouddhiques et offrandes l’apaisent, mais une rancune puissante peut prolonger les phénomènes.

Mikoshi-nyūdō

Mikoshi-nyūdō

Épique

mi-ko-shi-nyū-dō

Mikoshi Nyūdō (type chronique de kaidan d’Edo)

Oni et créatures gigantesquesTokyoSaitama

Le Mikoshi-nyūdō est une apparition en forme de moine qui surgit la nuit au bout d’une route ou d’une pente, à un carrefour, sur un pont de pierre ou dans un arbre. Plus on lève les yeux vers lui, plus il grandit, jusqu’à dominer et terrifier celui qui le regarde. Pour lui échapper, on peut déclarer « je t’ai dépassé du regard » ou « je t’ai démasqué », ou garder son calme et le parcourir des yeux de la tête aux pieds. Son identité change selon les régions : le Tonoigusa en fait un tanuki métamorphosé, tandis qu’à Hinoemata, dans le sud d’Aizu, il s’agirait d’une belette, et dans l’ancienne province de Shinano d’un mujina. Le type apparaît dans plusieurs recueils de récits et d’essais de l’époque d’Edo, dont le Tonoigusa, l’Enga kidan et le Kokon hyaku monogatari hyōban. L’Enga kidan le décrit vêtu de rouge et haut d’un jō, image proche de l’Ōnyūdō ; dans les traditions locales, les deux figures sont donc souvent confondues.

Shōkera

Shōkera

Épique

SHO-ke-ra

Interprétation iconographique traditionnelle

Fantômes et espritsOrigine inconnue

Yōkai représenté dans les rouleaux illustrés de l’époque d’Edo, tels que Hyakkai Zukan et Gazu Hyakki Yagyō. Sans explication textuelle dans ces œuvres, il est souvent relié au culte populaire de la veillée de Kōshin. Lors de la nuit de Kōshin, on croyait que les trois cadavres (sanshi), logés dans le corps humain, montaient au ciel pour rapporter les fautes ; s’endormir trop tôt était donc redouté comme source de malheur. Le shōkera est compris comme une entité nuisible active cette nuit-là, voire comme l’incarnation même des sanshi, investie d’un rôle de surveillance et de châtiment.

Hyōsube

Hyōsube

Peu commun

hyō-sou-bé

Hyōsube, le kappa velu des berges de Kyūshū

Esprit des eauxSagaKumamoto

Le Hyōsube est un yokai velu et lié à l’eau que l’on rencontre un peu partout dans la région de Kyūshū. Tenu pour parent du kappa, ou du moins pour son proche cousin, il passerait des rivières aux montagnes et inversement à l’approche de l’équinoxe. Son nom viendrait de son cri d’oiseau, « hyō-hyō ». Il raffole de l’aubergine, et dans certaines localités l’usage d’offrir la première aubergine de la saison se perpétue encore. Les récits les plus connus le montrent se glissant dans le bain d’une maison pour s’y tremper, laissant ensuite l’eau couverte de poils flottants ; quiconque pose les yeux sur lui, dit-on, tombe brûlant de fièvre.

Waira

Waira

Peu commun

wa-I-ra

Conforme aux rouleaux illustrés

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesIbaraki

Yōkai énigmatique dont seul le nom figure dans des rouleaux illustrés de l’époque d’Edo, sans commentaire explicatif. Il est représenté avec un torse massif rappelant un bœuf géant et une grosse griffe recourbée à chaque patte avant. On le voit dans le Hyakkai Zukan et le Gazu Hyakki Yagyō, mais sa partie inférieure demeure inconnue. Au-delà du nom et de l’iconographie, les informations manquent, rendant sa nature et son origine difficiles à cerner. Il est parfois placé en pendant de l’« Otoroshi » et perçu comme une incarnation de la peur.

Otoroshi

Otoroshi

Épique

o-to-RO-shi

Image d’emaki (tradition iconographique de l’époque moderne)

Noms génériques et figures collectivesOrigine inconnue

Nom relevé dans des rouleaux illustrés de l’époque d’Edo, où il est représenté comme une créature couverte de longs cheveux, le visage dissimulé par une lourde frange. Il apparaît notamment chez Sawaki Sūyū (Hyakkai Zukan) et Toriyama Sekien (Gazu Hyakki Yagyō). En dehors de l’iconographie, il n’existe quasiment aucune description : sa nature et son origine restent inconnues. L’orthographe varie (« odoro-odoro », « ke ippai »), mêlant l’idée d’effroi et de chevelure en désordre.

Nuri-botoke

Nuri-botoke

Épique

nu-ri-bo-TO-ké

Conforme à l’iconographie traditionnelle

Yōkai domestiques et objets animésOrigine inconnue

Apparition en forme de moine noircie, aux deux yeux saillants pendants, visible dans les rouleaux illustrés de l’époque d’Edo. On en trouve des exemples chez Sawaki Sūyo (Hyakkaizukan) et Toriyama Sekien (Gazu Hyakki Yagyō), sans légende explicative: son origine et sa nature restent inconnues. Dans l’ouvrage de Sekien, il surgit d’un autel bouddhique, ce qui a conduit plus tard à l’interpréter comme un esprit logé dans l’autel ou les objets rituels, sans preuve documentaire.

Nure-onna

Nure-onna

Épique

nu-re-on-na

Nure-onna (version conforme aux traditions)

Esprits et créatures des eauxShimaneNiigata

La Nure-onna, littéralement « femme mouillée », apparaît au bord de la mer ou des rivières avec une tête de femme et un long corps de serpent couvert d’écailles. Ses cheveux noirs restent constamment trempés, détail auquel elle doit son nom. Dans le volume du Vent du Gazu Hyakki Yagyō, Toriyama Sekien la représente avec un visage féminin, une chevelure plongée dans l’eau et un corps serpentin, fixant une image déjà présente dans les rouleaux peints. Avant lui, des œuvres du début de l’époque d’Edo telles que le Hyakkai zukan de Sawaki Sūshi montraient déjà une créature féminine à corps de serpent. Sur les côtes de l’ouest du Japon, la Nure-onna remet parfois un nourrisson à un passant ; sitôt accepté, l’enfant devient une pierre si lourde que la victime ne peut plus bouger. Certaines versions la font agir avec l’Ushi-oni, qui surgit alors pour dévorer l’homme immobilisé. Elle est rapprochée de l’Iso-onna de Kyūshū et de la Nure-onago, et parfois décrite comme l’incarnation d’un serpent marin. Cette lecture serpentine repose toutefois surtout sur les images, faute de sources textuelles anciennes suffisamment précises. Cheveux mouillés, rivage et enfant-piège forment le noyau commun de plusieurs figures féminines liées à l’eau dans l’ouest du pays.

Nurarihyon

Nurarihyon

Légendaire

Nurarihyon

Le Commandant Suprême Nurarihyon

Yōkai semi-humainOkayama

Le Nurarihyon est un yōkai généralement dépeint comme un vieil homme chauve au crâne allongé vers l'arrière, vêtu d'un élégant kimono ou d'un haori raffiné. Bien qu'il soit aujourd'hui largement connu comme le « Commandant Suprême des Yōkai » (Yokai no Sodaisyo), il convient de noter que cette image n'est pas issue du folklore classique, mais s'est imposée à travers des œuvres de fiction et des séries d'animation entre l'ère Shōwa et l'ère Heisei. À l'origine, dans les rouleaux de yōkai de l'époque d'Edo, il n'apparaissait que sous la forme d'un nom et d'une illustration. Il est resté longtemps une entité mystérieuse dont la véritable nature, les capacités et le but étaient totalement inconnus. D'un autre côté, le long des côtes de la mer intérieure de Seto (mer de Bisan) dans la préfecture d'Okayama, il existe une légende locale évoquant un yōkai marin sphérique et non identifié (une sorte d'Umi-bōzu) appelé « Nuurihyon » . On considère généralement qu'un artiste d'Edo a emprunté ce nom local à la consonance comique pour l'associer à l'illustration de ce « vieil homme mystérieux » qui n'avait pourtant aucun rapport, posant ainsi les bases du Nurarihyon moderne. Si l'on se demande d'où il vient, on peut dire que son nom est né à Okayama, tandis que son apparence a été façonnée par les peintres de Kyoto et d'Edo — une origine véritablement hybride. S'adaptant à son époque et à l'évolution des médias, le Nurarihyon est passé du statut de « vieil homme inexpliqué » à celui d'« intrus effronté s'invitant dans les maisons », pour finalement devenir le « puissant chef de tous les yōkai ». Il a sans aucun doute connu l'ascension la plus spectaculaire de l'histoire des yōkai.

Le démon de Gangoji

Le démon de Gangoji

Épique

gan-GO-ji no oni

Récit canonique de la tradition

Fantômes et espritsNara

Le démon de Gangoji est un esprit maléfique apparu au temple Gangoji à Nara. Alors que des garçons du beffroi mouraient mystérieusement, un enfant à la force prodigieuse l’attendit, lui saisit les cheveux et le traîna jusqu’à l’aube. En suivant la trace de sang, on parvint à la tombe d’un ancien domestique du temple, connu pour sa mauvaise conduite : son esprit s’était mué en oni. Les cheveux arrachés furent conservés comme trésor du temple. Les textes anciens et les peintures de yōkai le représentent en moine-démon.

O-oni (démon des fibres d’ortie)

O-oni (démon des fibres d’ortie)

Rare

Ô-o-ni

Tradition iconographique, lignée Sekien

Yōkai des montagnes et des terres sauvagesInconnue (d’après des rouleaux peints d’Edo)

Yōkai féminin hirsute figuré par Toriyama Sekien dans le Gazu Hyakki Yagyō. Sa bouche est fendue jusqu’aux oreilles et sa pilosité évoque des faisceaux d’“o” — fibres de ramie/chanvre — d’où son nom. L’estampe de Sekien ne comporte aucun commentaire, et sa nature reste indéterminée. Des images proches dans des rouleaux antérieurs, comme le Hyakkai Zukan (sous les noms « wau-wau » ou « uwan-uwan »), suggèrent un yōkai d’origine iconographique.

Aobōzu (Moine bleu)

Aobōzu (Moine bleu)

Rare

a-o-BOH-zou

Aobōzu des images traditionnelles et des récits provinciaux

Noms génériques et figures collectivesNagano

Aobōzu est un terme générique pour divers yōkai mentionnés dans tout le Japon, dont l’apparence et la nature varient. On le décrit souvent comme un grand moine, un bonze au teint bleu, ou un moine cyclope. Il figure chez Toriyama Sekien dans le Gazu Hyakki Yagyō sans commentaire explicatif. Les traditions incluent des formes issues d’animaux, des liens avec des divinités montagnardes, ou des récits servant d’avertissement aux enfants.

Langue-Rouge

Langue-Rouge

Épique

a-ka-SHA-ta

Tradition iconographique • Akajita (école de Sekien)

Noms génériques et figures collectivesJapon, diverses régions (source non précisée)

Nom de yōkai attesté dans des rouleaux peints et des jeux de l’époque Edo. On y voit habituellement un visage velu, une très grande langue et une main griffue surgissant d’un nuage noir ; le corps entier et la nature du yōkai ne sont pas décrits. Dans le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, il est peint au-dessus d’une écluse, sans commentaire. Le nom apparaît aussi dans des sugoroku illustrés comme Jikkai Sugoroku et dans des rouleaux Hyakki Yagyō ; un motif proche nommé « Akakuchi » figure dans divers rouleaux. Un lien avec la divinité d’onmyōdō Akashita/Asakuchi a été suggéré, sans preuve.

Nuppefuhofu

Nuppefuhofu

Épique

noup-pé-fou-ho-fou

Iconographie traditionnelle (d’après les rouleaux illustrés)

Noms génériques et figures collectivesOrigine inconnue

Yōkai représenté dans des rouleaux illustrés de l’époque d’Edo tels que le Gazu Hyakki Yagyō et le Hyakkai Zukan : une masse de chair plissée, à un seul segment corporel, où le visage et le corps se confondent. Il est parfois décrit sans yeux, nez ni oreilles. En raison de la similarité du nom et de certaines descriptions, on l’associe souvent comme forme ancienne ou apparentée au nopperabō, mais sa nature et son histoire restent obscures. Les rouleaux n’offrent guère que le nom et l’image, avec très peu de commentaire.

Ushioni

Ushioni

Légendaire

OU-shi-o-ni

Démon marin au corps d'araignée et à tête de bovin : Ushioni

Animal métamorpheEhimeKochi

L'Ushioni (牛鬼) est l'un des yōkai les plus féroces et spirituellement puissants du Japon, réputé pour apparaître principalement sur les côtes, dans les bassins profonds et dans les régions montagneuses de l'ouest du pays. Son apparence est décrite sous diverses formes grotesques, telles qu'« un corps de démon avec une tête de vache » ou « un corps d'araignée avec une tête de bovin ». Il fut pointé du doigt comme une « chose terrifiante » dès l'époque de Heian dans *Les Notes de chevet* (Makura no sōshi), et a été profondément craint par la population depuis les temps anciens. Sa véritable nature réside dans sa dualité extrême (la double face du bien et du mal) : d'une part, c'est un « démon cruel et dieu des épidémies » qui dévore aveuglément les humains et disperse des miasmes empoisonnés ; d'autre part, c'est une « puissante divinité gardienne » qui précède les sanctuaires portatifs lors des festivals pour exorciser les mauvais esprits. C'est un yōkai extrêmement important en ethnologie, ayant évolué d'une anomalie surnaturelle dans la littérature pour devenir l'objet de croyances folkloriques régionales et d'arts du spectacle.

Uwan

Uwan

Épique

ou-OU-an

Apparition du rouleau illustré (fantôme de manoir)

Yōkai domestiques et objets animésInconnue (Folklore japonais)

L’Uwan est un yōkai d’identité indéterminée présent dans les peintures de l’époque Edo. Dans le Hyakki Zukan de Sawaki Sūshi et le Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien, il apparaît comme une figure humaine aux dents noircies (ohaguro), les deux mains levées, semblant effrayer par sa voix. Aucune notice n’est fournie et son origine reste obscure, mais le décor de murs d’enceinte et de maisons abandonnées fait parfois l’assimiler à un esprit hantant les demeures. La représentation à trois doigts a été interprétée comme un signe d’« nature démoniaque », sans consensus.