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Rokurokubi(ろくろくび)

Description de base

Le rokurokubi est connu comme un yōkai dont le cou s’allonge anormalement la nuit. Mais les livres anciens, lus dans l’ordre des dates, ne dessinent pas une figure unique. Sous ce même nom se rassemblent des êtres proches du nukekubi, dont la tête se détache et vole, des femmes qui ne vivent l’événement que comme un rêve, des têtes reliées au corps par un fil ténu et des cous qui s’étirent librement.

La plus ancienne forme attestée pourrait être « rokurokubi », relevée dans le second livre du recueil de haïkaï Takatsukuba ; le Nihon kokugo daijiten en donne un exemple daté de 1638. C’est la date retenue par ce dictionnaire. Des notices conservées datent toutefois l’ouvrage de 1642 : il faudrait revoir l’exemplaire original avant d’y voir une première attestation absolue. Le Shōshō senku de 1648 emploie « Rokurokubi » et un récit de 1677 porte le titre « Rokurokubi de Fuchū, en province d’Echizen ». Le nom se répand donc entre le milieu et la fin du XVIIe siècle.

Dans Sorori monogatari, situé en Echizen, un homme rencontre sur une route nocturne une tête de femme, la poursuit jusqu’à une maison, tandis que la femme endormie raconte avoir rêvé qu’un homme la poursuivait. Elle rougit de ses pensées errantes et entre dans la voie bouddhique, mais le texte ne dit pas que la jalousie l’aurait changée en monstre. L’étrangeté tient ici à un cœur ou une âme qui semble quitter le corps endormi.

Dans le Soushen ji chinois, une femme du peuple luotou voit sa tête voler la nuit et revenir à l’aube. Le Feitou liaozǐ du Youyang zazu porte un cercle rouge semblable à un fil au cou, vole avec des ailes et mange crabes et vers de terre. Ces récits ressemblent aux formes japonaises à tête détachée, mais ils ne prouvent pas qu’une tradition chinoise se soit simplement transformée en yōkai japonais. Au Japon, savoir des classiques chinois, histoires de fantômes, livres illustrés et livrets satiriques ont contribué ensemble à former plusieurs images du rokurokubi.

Le Hyakkai zukan de 1737 dessine un « nukekubi », et Toriyama Sekien donne en 1776 la lecture « rokurokubi » au Hitōban de son Gazu hyakki yagyō. Son image relie par un fil fin le corps d’une femme endormie et sa tête flottante. Une étude propose que cette ligne a fini par être représentée comme un cou allongé. En 1788, Kyōden fait même étirer le cou d’une amoureuse d’Edo jusqu’au Kamigata, sur un mode comique.

Le « Rokuro-Kubi » que Lafcadio Hearn publie dans Kwaidan en 1904 ne met pas en scène une belle femme au long cou. Le moine Kwairyō, ancien samouraï, rencontre dans les montagnes de Kai cinq corps sans tête et cinq têtes qui volent dans les bois ; il déplace un corps pour empêcher son retour et combat une tête qui l’attaque. Le récit-source direct est un épisode du quatrième livre du Kaibutsu yoron de Jippensha Ikku. Les inscriptions rouges, le déplacement du corps et une force limitée à la nuit appartiennent à cette lignée narrative.

Folklore et légendes

Pour suivre l’histoire du rokurokubi, il faut d’abord distinguer l’histoire d’un nom de celle d’une apparence. Le Nihon kokugo daijiten cite un vers de Takatsukuba comme emploi de « rokurokubi » en 1638, sans préciser si le cou s’allonge ou si la tête se détache. Les notices concurrentes de 1642 et de Kan’ei 15 (1638) invitent à tenir 1638 pour un premier candidat prudent. En 1648, Shōshō senku emploie « Rokurokubi », signe que le mot était compris dans le haïkaï au milieu du XVIIe siècle.

Le récit d’Echizen du premier livre de Sorori monogatari (1663) est essentiel. Un homme de Hokushō, en route avant l’aube vers le Kamigata, voit près de la stèle de Saba-ya une chose semblable à un coq ; au clair de lune, c’est une tête de femme qui sourit et fuit vers une maison de Fuchū. La femme y raconte à son mari avoir rêvé d’être poursuivie dans le champ de Saba-ya ; honteuse de ses pensées errantes, elle entre au Shinshōji de Kitano, à Kyōto, pour prier son salut. Le cou ne s’allonge pas ; l’intéressée ne connaît l’événement que comme un rêve. C’est une histoire de séparation entre le corps endormi et l’esprit, plus qu’un récit de prédateur.

Le recueil Shokoku hyaku monogatari, paru en 1677, comporte le titre « Rokurokubi de Fuchū, en Echizen ». Le nom revient dans Okure sugoroku (1681), Sōgi shokoku monogatari (1685) et Kokon hyaku monogatari hyōban (1686). Ce dernier rapproche le phénomène des têtes volantes du sud de la Chine et décrit un trait blanc entre la tête et le corps, comme relié au tonnerre. Ce trait compte pour lire les images ultérieures, sans devenir un fil réellement commun à tous les rokurokubi.

Les sources chinoises conservent des formes plus anciennes. Dans le Soushen ji, la tête d’une servante de Zhu Huan vole pendant son sommeil, utilise ses oreilles comme ailes et revient à l’aube ; si le corps est couvert d’une couverture, elle ne peut s’y rejoindre et tombe en souffrant. Dans le Youyang zazu, un cercle rouge se marque au cou avant le vol, et la tête ailée mange crabes et vers. Au Japon, le Wakan sansai zue a notamment consigné ce savoir sous l’entrée Hitōban. Mais aucun document ne montre un trajet direct d’une histoire chinoise vers le nom japonais ; classiques chinois, récits de séparation de l’âme, causalité bouddhique et édition de fantômes se sont vraisemblablement superposés.

Dans l’histoire des images, le nukekubi du Hyakkai zukan de Sawaki Sūshi (1737) est précoce ; il témoigne d’une forme à tête détachée, non d’un usage déjà identique du nom rokurokubi. Le Gazu hyakki yagyō de Sekien, dont la première édition date de 1776, inscrit « Hitōban » avec la lecture rokurokubi et montre une tête flottante reliée au corps endormi par une ligne. Yasuko Yokoyama voit dans cette ligne le passage possible de la tête volante au cou à fil, puis au long cou. C’est une explication solide, non une évolution unique : les têtes détachées survivent aussi.

Dans Kyōgen suehiroe (1788), le cou d’une femme s’étire d’Edo jusqu’au Kamigata pour rejoindre l’homme aimé. Le long cou rend alors visible, avec une exagération comique, le désir amoureux. Le long cou, très efficace dans les albums illustrés et les kibyōshi, donne un corps net à une étrangeté autrement difficile à montrer.

Dans le Kasshi yawa, une servante voit de la fumée monter de sa poitrine et sa tête apparaître près du ranma sans en avoir conscience. Sous un même nom se côtoient donc des êtres de natures diverses, mais aussi des têtes ou des âmes qui s’échappent du dormeur. Il ne se réduit pas à une femme consciente d’attaquer autrui.

En 1904, Hearn publie « Rokuro-Kubi » dans Kwaidan. Kwairyō découvre cinq corps sans tête, tandis que les têtes mangent des insectes dans le bois et projettent de le dévorer ; après avoir déplacé un corps, il se bat contre son propriétaire. À Suwa, des caractères rouges à la nuque et une surface de section lisse permettent d’identifier une tête de yōkai ; un bandit l’achète avant qu’elle soit finalement enterrée et reçoive un segaki. Le récit reprend directement un épisode du Kaibutsu yoron de 1803, non une traduction littérale d’un texte chinois ancien.

Depuis le XXe siècle, cinéma, manga et animation ont fait du long cou une figure féminine très lisible. Le film Daiei Yōkai hyaku monogatari (1968) annonçait une rokurokubi dont le cou s’étire souplement. Des œuvres récentes la montrent aussi comme une femme amicale vivant parmi les humains. Peur, amour, rire et combat deviennent possibles, mais aucune caractéristique propre à une œuvre ne saurait être tenue pour un trait commun des traditions anciennes.

Les collectes locales doivent elles aussi être lues selon leur date et leur contenu. À Ibaraki, un récit de 1933 évoque une jeune femme dont le cou s’allongeait chaque nuit dans une maison de commerce au début de Meiji, forçant la famille à partir. Une collecte d’Aichi en 1943 relie l’état de la fille à la malédiction d’un tertre où ses parents avaient dormi et à son mariage. Dans le Shiga, une note de 1974 se souvient seulement qu’une belle-fille travailleuse était rokurokkubi. Corps, causes et fins diffèrent : l’image s’est façonnée par les échanges continus entre récits imprimés et paroles régionales.

Cartes de Yokai5

Rokurokubi dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

Un nom ancien,
des formes multiples

Le mot « rokurokubi » fait souvent penser à une femme au cou très long. Pourtant, le plus ancien candidat, un vers de Takatsukuba, ne décrit ni cou étiré ni tête volante. Le « Rokurokubi » du Shōshō senku de 1648 atteste d’abord un nom. Le nom ne prouve pas que la figure moderne existait déjà.

Les récits du XVIIe siècle rassemblent rêve, âme séparée, pensées errantes, tête volante et descriptions chinoises d’étrangers. Le titre de 1677 est « Rokurokubi de Fuchū, en Echizen », mais dans le récit voisin d’Echizen, la tête ou l’âme d’une femme endormie sort sur la route sans qu’elle le sache. Distinguer le nom de l’histoire du corps est la première clé.

Le rêve d’être poursuivie,
en Echizen

Dans Sorori monogatari, un homme voit une tête de femme près de la stèle de Saba-ya ; elle rit, gagne une maison de Fuchū, et la femme qui s’y trouve raconte avoir rêvé d’être poursuivie dans ce même lieu. Le regard extérieur et le rêve intérieur coïncident.

La femme n’attaque personne ; elle rougit de ses pensées errantes et entre dans la voie bouddhique. La fin est une conversion, non une mise à mort : cette forme du rokurokubi ne se réduit pas à un prédateur cruel.

Double page du Shokoku hyaku monogatari (1677) montrant, sur une route nocturne près d’une stèle, un homme armé d’un sabre poursuivant une tête de femme en fuite.
Shokoku hyaku monogatari : « Rokurokubi de Fuchū, en Echizen »
Texte et illustration de « Rokurokubi de Fuchū, en Echizen », livre II du Shokoku hyaku monogatari, publié en 1677. Un homme y poursuit sur une route nocturne une tête de femme qui s’enfuit.
Shokoku hyaku monogatari, 1677, collection de l’Institut national de littérature japonaise ; ROIS-DS CODH, Japanese Classical Book Dataset, CC BY-SA 4.0, DOI:10.20730/200020676.
国文学研究資料館所蔵画像を、ROIS-DS CODHのCC BY-SA 4.0条件に基づき掲載。

Les Luotou chinois,
entre merveille et ethnographie

Les Luotou du Soushen ji ne sont pas une femme frappée d’une malédiction, mais un peuple censé vivre au Sud : une servante vole de la tête pendant son sommeil, et son corps couvert ne peut plus la recevoir. Le lieu du corps abandonné devient alors vital.

Le Feitou liaozǐ du Youyang zazu est lui aussi une curiosité attribuée au Lingnan : cercle rouge au cou, ailes sur la tête, crabes et vers pour nourriture. Cela se compare aux insectes du récit de Hearn, sans faire de ces textes le relevé ancien d’une yōkai japonaise ; il faut aussi lire le regard qui transforme des peuples lointains en êtres étranges.

Le sens possible de « rokuro »

Le rokuro désigne aujourd’hui surtout le tour de potier, mais aussi un treuil de puits, un tour de menuisier ou la pièce mobile d’une ombrelle. Dans un poème sur l’Annam, Chen Fu écrit que la tête vole « comme un rokuro ». Yasuko Yokoyama propose d’y voir le treuil du puits et une image du mouvement vertical de la tête.

Mais les premiers exemples japonais ne disent pas que le nom vient du vers de Chen Fu. Selon que l’on imagine poterie, puits, bois ou ombrelle, le récit de l’étymologie change. Faute d’attestation de la dénomination, le treuil est une explication plausible, non une origine certaine.

Nukekubi,
Hitōban et rokurokubi

Le Hyakkai zukan de 1737 nomme son image « nukekubi » : elle appartient d’abord à l’histoire visuelle de la tête détachée. Dans le Gazu hyakki yagyō de 1776, Sekien écrit Hitōban et donne la lecture rokurokubi. Une même image superpose ainsi le terme chinois et le nom japonais.

La tête flottante de Sekien est reliée au corps endormi par une mince ligne au ras du sol. Elle peut figurer un cou, le trajet de la tête ou le lien de l’âme ; cette ambiguïté a laissé place à de nombreuses lectures.

L’œuvre parut d’abord en 1776 ; l’exemplaire numérisé par la Bibliothèque nationale de la Diète est un tirage ultérieur de 1805, publié après le transfert des planches et des droits d’édition. La date de création et celle de l’exemplaire visible ne doivent pas être confondues.

Estampe de Toriyama Sekien : une tête de femme flotte au-dessus d’un paravent, reliée par un fil fin au corps endormi ; les noms Hitōban et rokurokubi sont inscrits en haut à gauche.
Toriyama Sekien, « Hitōban (rokurokubi) »
Une ligne fine relie la tête flottant au-dessus d’un paravent et le corps d’une femme endormie. L’image associe l’appellation chinoise Hitōban (飛頭蛮) à la lecture japonaise rokurokubi. L’œuvre parut d’abord en 1776 ; l’image reproduit un tirage ultérieur de 1805, publié après le transfert des planches et des droits d’édition.
Toriyama Sekien, Gazu hyakki yagyō, « Hitōban (rokurokubi) », tirage ultérieur de 1805, publié après le transfert des planches et des droits d’édition, Bibliothèque nationale de la Diète, collection numérique (PID 2553975).
著作権保護期間満了資料として公開されている画像を、出典を明示して掲載。
見開きから「飛頭蛮(ろくろくび)」の右頁全体を切り出した。色調は変更していない。

Le nukekubi de Sawaki et le Hitōban de Sekien ne forment pas deux étapes d’un seul yōkai : ils montrent des manières concurrentes de nommer les têtes séparées au XVIIIe siècle.

Quand le long cou devient comique

Dans Kyōgen suehiroe, en 1788, le cou d’une femme s’allonge d’Edo jusqu’au Kamigata pour suivre l’homme qu’elle aime. La formule « attendre le cou long » devient une expression corporelle géante, mêlant désir, comédie et frayeur.

Cette scène n’a ni le même but ni la même affectivité que les récits chinois de têtes détachées mangeant des vers. Le cou est aussi une métaphore qui porte l’amour à distance.

Double page de Kyōgen suehiroe (1788) : le cou d’une femme en kimono forme un long arc et atteint, au bord d’une rivière, au-dessus de la tête d’un homme.
Le long cou dans Kyōgen suehiroe de Santō Kyōden et Kitagawa Utamaro
Kyōgen suehiroe (1788), écrit par Santō Kyōden et illustré par Kitagawa Utamaro. Le cou d’une femme s’étire à travers l’image vers l’homme qu’elle aime ; dans les kibyōshi de la fin d’Edo, le long cou attaché au corps devient une exagération comique.
Santō Kyōden, texte ; Kitagawa Utamaro, illustrations, Kyōgen suehiroe, 1788, publié par Tsutaya Jūzaburō, Bibliothèque nationale de la Diète, DOI:10.11501/9892615.
著作権保護期間満了資料として公開されている画像を、出典を明示して掲載。

Les livres illustrés préfèrent la netteté d’un cou qui traverse l’image. La lisibilité et le plaisir visuel ont probablement favorisé le long cou comme modèle populaire.

Ni seulement femme,
ni seulement méchante

Dans le Kasshi yawa, une servante laisse monter une vapeur de sa poitrine et sa tête paraît haut, sans qu’elle en soit consciente. Chez Hearn, cinq personnes, dont un maître masculin et une jeune femme, font voler leur tête en connaissance de cause. Les sujets ne sont donc pas une seule femme-type.

La femme d’Echizen ne nuit pas et choisit la voie bouddhique. À Ibaraki, le récit de la jeune fille est tragique : sa famille doit fuir. À Makino, dans le Shiga, une belle-fille travailleuse est seulement dite rokurokkubi. Ces récits parlent aussi d’un corps que l’on ne maîtrise pas et du regard des autres.

Cercles rouges,
traits violets et caractères rouges

Dans le Youyang zazu, un anneau rouge annonce le vol. Le Kasshi yawa rapporte une rumeur de traits violets, sans qu’ils soient clairement visibles sur la servante. Chez Hearn, des caractères rouges à la nuque servent de preuve.

Ces signes ne forment donc pas une marque unique : anneau précurseur, rumeur, ou indice littéraire. Le trait blanc relève encore d’une autre lignée, entre tête et corps.

Ils montrent aussi que la reconnaissance de l’étrange change selon les époques. Sans signe évident, le soupçon peut atteindre la vie diurne : à Ibaraki, la rumeur fait partir une famille ; en Aichi, elle se lie à l’échec d’un mariage.

Peut-on vaincre la tête en déplaçant le corps ?

Dans le Soushen ji, couvrir le corps avant le retour de la tête empêche leur réunion. Kwairyō déplace le corps pour obtenir le même effet et subit l’attaque de la tête privée de retour.

Mais ni la fille au long cou d’Ibaraki, ni la rêveuse d’Echizen, ni la figure de Sekien ne meurent ainsi. La lumière du jour n’est pas davantage une faiblesse universelle. Que la force soit limitée aux heures sombres chez Hearn ne fait pas du soleil un poison.

Hearn choisit la tête volante

Hearn note que le rokurokubi le plus connu étire son cou sans détacher sa tête, mais choisit pourtant la forme complètement séparée pour son récit. L’aventure des montagnes de Kai appelle cette forme volante.

Son récit-source immédiat est le Kaibutsu yoron de 1803. Kwairyō porte une tête mordue à sa manche jusqu’à Suwa ; vendue à un bandit, elle est enfin rendue à Kai, enterrée et reçoit un segaki. Cette fin passe de la lutte au commerce puis au rite, sans réduire yōkai et humains à un simple bien et mal.

Page du texte de la première édition de Kwaidan, publiée en 1904, portant le titre ROKURO-KUBI dans un cadre rouge et le début du récit en anglais.
Début de « Rokuro-Kubi » dans Kwaidan (1904)
Ouverture de « Rokuro-Kubi » dans la première édition de Kwaidan de Lafcadio Hearn (1904). Le récit ne retient pas le long cou, mais une créature dont la tête quitte le corps la nuit.
Lafcadio Hearn, Kwaidan, Boston et New York : Houghton, Mifflin and Company, avril 1904. Numérisé par University of California Libraries, Internet Archive.
1904年刊の保護期間満了作品を、所蔵・デジタル化情報とともに掲載。

Pourquoi l’image de la belle au long cou s’est imposée

Un long cou permet de garder visage, cheveux, kimono et intérieur dans le même cadre, tout en montrant l’anomalie. Une tête volante demande de raconter à qui appartient le corps et comment elle revient. Cette structure convenait aux images de beautés, aux spectacles, au cinéma et au manga.

Yōkai hyaku monogatari, en 1968, fait de l’étirement du cou un moment visuel. Manga et animation peuvent aussi la montrer comme une femme vivant amicalement dans une communauté humaine. La femme effrayante, la voisine secourable, l’amoureuse ou la combattante ont ainsi enrichi le modèle moderne.

Mais ramener cette image évidente aux Luotou du Soushen ji ou à la rêveuse de Sorori monogatari efface leurs différences. L’intérêt du rokurokubi est de ne pas avoir une identité unique : tête volante, rêve, fil fin, long cou, causalité, comédie et aventure sont les couches d’un grand nom élaboré par récits et images d’Asie orientale durant plusieurs siècles.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Caractère
Cette figure raconte calmement les événements nocturnes comme un rêve et dissimule prudemment son trouble. Elle écoute volontiers, mais déteste que son corps ou ses secrets soient réduits à un spectacle.
Affinités
Cette figure s’accorde avec les personnes qui écoutent avec soin les rêves et les vieux récits, et savent garder un secret. Elle se méfie vivement de celles qui imposent une forme unique ou touchent sans permission un corps endormi.
Capacités
Dans la forme au long cou, étire très loin son cou en gardant la tête attachée au corpsDans la forme à tête détachée, vole dans le ciel nocturne avec la seule têteDans les formes inconscientes, sort du corps endormi comme un rêve ou une âmeDans certaines formes à tête détachée, revient au corps avant l’aube pour se rejoindre de nouveauSe fond dans la vie humaine pendant le jour
Faiblesses
Aucune faiblesse n’est commune à toutes les formes. Dans certaines formes à tête détachée, couvrir ou déplacer le corps pendant l’absence de la tête empêche la réunion. Dans la forme racontée par Hearn, la tête doit revenir au corps avant le lever du soleil.
Habitat
Maisons, auberges, routes nocturnes et montagnes. Aucun lieu précis ne s’impose : le décor change selon les textes, les images et les collectes régionales.

Sources et références

23
  1. 『曾呂利はなし』巻一「女の妄念が迷い歩くこと」作者未詳(福井県文書館公式翻刻, 寛文3年(1663年)刊) [古典文献・公式翻刻]越前の夜道で女の首が飛び、眠っていた本人は追われる夢として経験する話。北庄、鯖屋、府中町上市を結ぶ筋も記される。
  2. 『日本国語大辞典』「轆轤首」項小学館『日本国語大辞典』編集部(小学館/コトバンク, 1638年用例) [辞書]『鷹筑波』巻二の「ろくろ首」を1638年の用例として掲げる辞書項目。現存書誌の年次差とあわせ、名称の早期例を検討する。
  3. 『鷹築波集』西武編(国立国会図書館サーチ連携書誌, 1642年) [書誌]国立国会図書館連携書誌に登録された1642年・5冊本。1638年とされる用例との版・年次関係を比べる資料。
  4. 香川雅信「鬼魅の名は」香川雅信(『日本民俗学』302号, 2020年) [学術論文]1648年『正章千句』から1686年『古今百物語評判』まで、ろくろ首名称の近世年表を整理した研究。
  5. 『諸国百物語』「ゑちぜんの国府中ろくろ首の事」作者未詳(京・菊屋七郎兵衛刊/国文学研究資料館鵜飼文庫, 延宝5年(1677年)刊) [古典文献]1677年刊の怪談集に収められた、越前国府中を冠するろくろ首説話。名称が怪談題として定着していたことを示す。
  6. 干宝『捜神記』巻十二「落頭民」干宝(Chinese Text Project電子本文, 4世紀成立とされる) [中国古典]朱桓の婢女の頭が耳を翼にして夜に飛び、明け方に戻る話。胴を衾で覆われると再接合できない場面を含む。
  7. 段成式『酉陽雑俎』巻四「飛頭獠子」段成式(Chinese Text Project電子本文, 唐代) [中国古典]飛ぶ前に首へ赤い糸状の輪が現れ、頭に翼が生え、蟹や蚯蚓を食べる飛頭伝承を記す。
  8. 佐脇嵩之『百怪図巻』「ぬけくび」佐脇嵩之(福岡市博物館, 元文2年(1737年)) [公式所蔵情報]福岡市博物館所蔵『百怪図巻』の図。公式の個別図名が「ぬけくび」であることと制作年を確認できる。
  9. 鳥山石燕『画図百鬼夜行』「飛頭蛮(ろくろくび)」鳥山石燕(国立国会図書館デジタルコレクション, 安永5年(1776年)初刊/文化2年(1805年)求版本) [古典図像・公式所蔵]眠る女性の胴と浮かぶ頭を細い筋で結び、「飛頭蛮」に「ろくろくび」と添えた石燕図。公開画像は1805年求版本。
  10. 横山泰子「近世文化における轆轤首の形状について」横山泰子(国際基督教大学アジア文化研究所研究センター, 2003年) [学術研究]飛頭型、筋首型、首長型という図像変化と、車井戸の轆轤を介した名称解釈を提示する研究。
  11. 山東京伝作・喜多川歌麿画『狂言末広栄』山東京伝作・喜多川歌麿画(蔦屋重三郎刊, 天明8年(1788年)) [黄表紙]恋い慕う女性の首が江戸から上方へ伸びる滑稽な首長表現。横山泰子の研究と組み合わせて参照する。
  12. Kwaidan: Stories and Studies of Strange ThingsLafcadio Hearn(Houghton, Mifflin and Company/Internet Archive, 1904年) [初版画像]1904年4月刊『Kwaidan』初版のデジタル画像。書名、刊行情報、「Rokuro-Kubi」の収録を版面で確認する。
  13. “Rokuro-Kubi,” KwaidanLafcadio Hearn(Project Gutenberg電子本文, 1904年) [文学作品・電子本文]甲斐山中の五人の離頭者、Kwairyōによる胴の移動、諏訪の裁き、盗賊、埋葬と施餓鬼までを描く英語作品の全文。
  14. 小泉八雲記念館「妖怪へのまなざし」小泉八雲記念館(小泉八雲記念館公式サイト, 2020年) [博物館公式解説]八雲「Rokuro-Kubi」と十返舎一九『怪物輿論』巻四の関係を紹介する公式展示解説。
  15. 『古今百物語評判』巻一第二山岡元隣(近世怪談翻刻, 貞享3年(1686年)刊) [古典文献・翻刻]肥後のろくろ首を論じ、中国南方の飛ぶ頭と、頭と身体の間に見える白い筋を紹介する近世怪談評判記。
  16. 寺島良安『和漢三才図会』「飛頭蛮」寺島良安(国書データベース, 正徳2年(1712年)頃) [近世百科]中国南方の飛頭伝承を「飛頭蛮」の項目として日本で整理した百科資料。日本のろくろ首との比較に用いる。
  17. 松浦静山『甲子夜話』正篇巻八・続篇巻二十二松浦静山(国書データベース・翻刻, 江戸後期) [随筆]正篇巻八には、女中の胸から煙気が立ち、頭が高く現れる一方、本人は何も知らない話と紫の筋の噂が記される。
  18. 大映『妖怪百物語』大映(KADOKAWA公式サイト, 1968年) [作品公式情報]1968年公開の映画『妖怪百物語』の作品情報。映像作品における長く伸びる首の受容を確認する。
  19. 『ゲゲゲの鬼太郎』第6期「ろくろ首」東映アニメーション(東映アニメーション公式サイト, 2018年) [作品公式情報]人間社会で暮らし、他者と関係を結ぶ女性として描かれた現代のろくろ首像を確認する。
  20. 岡市二洲「怪談茨木附近」岡市二洲(『郷土研究上方』3巻33号、34頁/国際日本文化研究センター怪異・妖怪伝承データベース, 1933年) [地域採録]明治初年の茨木で、商家の娘の首が夜ごと伸び、噂の広がりとともに一家が土地を離れたという記録。
  21. 河村仁左衛門話「石の仏様、其他」河村仁左衛門話(『民間伝承』8巻12号、31頁/国際日本文化研究センター怪異・妖怪伝承データベース, 1943年) [地域採録]親が塚の上で寝た祟りと、娘が「ろくろく首」と呼ばれて婚姻に苦しむ話を伝える。
  22. 『民俗採訪』昭和48年度号「滋賀県高島郡マキノ町」國學院大學民俗学研究会(國學院大學民俗学研究会/国際日本文化研究センター怪異・妖怪伝承データベース, 1974年) [地域採録]滋賀県高島郡マキノ町で、よく働く嫁が「ろくろっ首」だったと記憶される短い採録。
  23. 陳孚「安南即事」陳孚(『古今図書集成』版面, 元代) [漢詩・版面]安南の奇俗を詠んだ「頭飛似轆轤」の句を収める。ろくろという語と飛ぶ頭を結ぶ比較資料。

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