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Les Sept Mystères de Honjo|Contes fantastiques du quartier d’Edo

Un fossé rend la voix, un pied s’abat sur une demeure, des claquements de bois suivent les passants

Les Sept Mystères de Honjo
Contes fantastiques du quartier d’Edo

9 yokai

L’essentiel

Les Sept Mystères de Honjo regroupent des récits fantastiques nés dans le quartier d’Edo qui correspond aujourd’hui à Sumida, à Tokyo. Malgré leur nom, ils n’ont jamais formé une liste fixe de sept histoires. Selon la présentation officielle de Sumida, seuls Oitekebori et Kataha-no-Ashi figurent dans toutes les versions. Pour les comprendre, il faut parcourir les canaux, demeures, sanctuaires, échoppes et bruits nocturnes de Honjo, plutôt que chercher sept récits « authentiques ».

« Sept Mystères », mais jamais seulement sept

D’une liste des Sept Mystères de Honjo à l’autre, le nombre et le choix des récits varient. Ce n’est pas une simple accumulation d’erreurs : l’expression « sept mystères » ne fixait pas un total exact, mais réunissait des histoires étranges pour mieux les transmettre. La présentation officielle de l’arrondissement de Sumida précise elle aussi que les récits sont plus de sept et que seuls Oitekebori et Kataha-no-Ashi sont communs aux différentes versions.

Cette page réunit neuf récits, sans les présenter comme l’unique liste complète. Elle montre comment un fossé, une demeure de samouraï, un sanctuaire, une échoppe de soba ou une rue nocturne ont nourri l’imaginaire fantastique de Honjo.

Quand l’eau rend la voix : Oitekebori

Oitekebori raconte qu’un pêcheur s’apprête à quitter un fossé avec ses prises lorsqu’une voix monte de l’eau : « Laisse-les ici, laisse-les ici. » S’il refuse de laisser les poissons, un malheur l’attend. Plusieurs lieux sont associés à l’histoire. Des explications ultérieures y voient l’œuvre d’un kappa ou d’un tanuki, mais le récit d’origine ne permet pas d’attribuer la voix à une espèce précise de yōkai.

Le rapprochement avec l’expression *oitekebori*, « laisser quelqu’un en plan », a encore accru sa célébrité. Dans un quartier sillonné de voies d’eau, il suffit d’un fossé au crépuscule et d’une pêche que l’on veut emporter pour faire naître une peur brève et mémorable.

Un pied gigantesque tombe sur une demeure : Ashiarai Yashiki

À Ashiarai Yashiki, un énorme pied velu traverse de nuit le toit d’une demeure de samouraï et ordonne : « Lavez-moi le pied. » Si les habitants s’exécutent, il disparaît ; s’ils refusent, il menace de détruire la maison. Le reste du corps demeure invisible : ce seul pied qui traverse le toit suffit à faire voler en éclats la sécurité de la demeure et tous les repères entre le haut et le bas.

Les versions ne s’accordent ni sur le propriétaire des lieux ni sur la raison de l’apparition. Plutôt que d’imposer une origine unique, retenons le cœur du récit : une présence venue du dehors force l’entrée d’une demeure guerrière que l’on croyait close.

Des feuilles d’un seul côté : Kataha-no-Ashi

Kataha-no-Ashi explique pourquoi les roseaux d’un lieu précis ne portent leurs feuilles que d’un côté en évoquant la rancœur d’une femme assassinée ou un drame local. Une anomalie minuscule dans la forme d’une plante devient l’indice d’une mort oubliée. Avec Oitekebori, c’est l’un des rares récits présents dans la plupart des listes des Sept Mystères.

Des traditions végétales portant le même nom existent dans d’autres régions du Japon. Il faut donc éviter de les fondre dans l’histoire de Honjo et vérifier, pour chacune, le lieu de collecte et les personnages concernés.

Une lumière et un bruit derrière soi : Okuri-chōchin et Okuri-hyōshigi

Okuri-chōchin est une lumière de lanterne qui suit le voyageur sur une route nocturne. Okuri-hyōshigi fait entendre des claquements de bois invisibles qui gardent toujours la même distance derrière lui. Il se retourne : rien. Il reprend sa marche : la présence revient. La vue et l’ouïe suffisent à faire sentir que l’on n’est plus seul.

La fête que personne ne voit : Tanuki-bayashi et Tsugaru-no-Taiko

Tanuki-bayashi fait entendre, dans la nuit, une musique de fête dont on n’atteint jamais la source, aussi loin que l’on marche. Tsugaru-no-Taiko figure dans certaines variantes des Sept Mystères comme un son inexplicable de cloche ou de tambour autour d’un temple ou d’un sanctuaire. Répercuté par les murs et les canaux, le bruit trompe sur sa direction. Comme rien ne se montre, on imagine une fête, ou même un autre monde, juste au-delà des rues.

Une échoppe sans lampe et un arbre qui ne perd pas ses feuilles : Akari-nashi Soba et Ochiba-naki Shii

Akari-nashi Soba raconte l’étrangeté d’une échoppe de nouilles plongée dans le noir alors qu’un commerce ouvert la nuit devrait être éclairé. Ochiba-naki Shii est un arbre qui ne perd pas ses feuilles lorsque la saison l’exige. Aucun grand monstre n’est nécessaire : l’inquiétude naît d’un détail qui déroge à l’ordre familier, la lampe absente ou la feuille qui refuse de tomber.

De la carte d’Edo à l’actuel arrondissement de Sumida

Honjo fut aménagé sur des terres basses et humides, où canaux, ponts, demeures de samouraïs, temples, sanctuaires et quartiers populaires se côtoyaient. Rien d’étonnant à ce que l’eau, les rues nocturnes, le commerce, les bruits et les demeures aient nourri une même tradition locale. Certains récits ne se laissent toutefois pas localiser précisément sur la carte actuelle : l’emplacement d’une stèle ou d’un relief ne marque pas forcément « le seul lieu où l’événement s’est produit ».

La valeur des Sept Mystères de Honjo ne réside pas dans la recherche des sept « bons » récits, mais dans la promenade qu’ils proposent à travers les lieux qui inquiétaient les habitants d’Edo. Choisissez l’une des histoires dans les « Figures de cette collection » ci-dessous, puis confrontez ses variantes à l’histoire locale de Sumida.

Mis à jour: 17/07/2026
Sept Mystères de HonjoOitekeboriAshiarai YashikiKataha-no-AshiOkuri-chōchinTanuki-bayashicontes d’EdoSumidakaidan

Yokai inclus

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Oitekebori

Oitekebori

Peu commun

Oitekebori

Okiyobori (version des récits traditionnels)

Esprits et créatures des eauxTokyo

Dans les fossés et canaux de Honjo, à Edo, une voix surgissait de l’eau au moment où des pêcheurs s’apprêtaient à emporter leur prise : « Laissez-les ici ! » Les poissons disparaissaient alors de la bourriche ou leur étaient arrachés. Compté parmi les Sept Mystères de Honjo, Oitekebori a aussi nourri le rakugo et les livres illustrés. Son identité varie selon les versions — kappa, tanuki, mujina, loutre ou tortue à carapace molle — tout comme le lieu, situé tantôt à Kinshi-bori, tantôt au fossé de Sendai ou près du pont Genmori. Le récit est également associé à l’expression oitekebori, « laisser quelqu’un derrière soi ».

Ashi-arai Yashiki

Ashi-arai Yashiki

Peu commun

Ashi-arai Yashiki

La Demeure aux Pieds Lavés (type traditionnel des récits d’Edo)

Demeures et objets hantésTokyo

Ashi-arai Yashiki est l’un des Sept Mystères de Honjo racontés à Edo. Un pied gigantesque couvert de poils raides traverse le plafond d’une résidence de hatamoto, tandis qu’une voix ordonne : « Lavez-moi le pied ! » Si les occupants obéissent, il se retire sans bruit ; s’ils négligent de le faire, il défonce le plafond et ravage la maison. Nul ne sait à quel être appartient ce pied. Selon certaines versions, le phénomène cesse lorsque le maître des lieux change de résidence à la suite d’un échange ; d’autres exigent qu’une femme accomplisse le lavage. La créature n’est pas toujours hostile : elle aurait aussi arrêté des voleurs et fini par être honorée comme gardienne du foyer.

Kataha no Ashi

Kataha no Ashi

Peu commun

Kataha no Ashi

Les Sept Merveilles de Honjo – Récit traditionnel

Phénomènes météorologiques et calamitésTokyo

Kataha no Ashi est l’un des Sept Mystères de Honjo transmis depuis l’époque d’Edo. Après un événement resté obscur, les roseaux qui bordaient un fossé n’auraient plus porté de feuilles que d’un seul côté. Cette anomalie végétale fut comprise comme le signe d’une malédiction ou de la rancœur d’un mort qui ne trouvait pas le repos. Certaines versions nomment un crime et ses protagonistes, mais les récits varient selon les époques et les sources ; bien souvent, la cause du phénomène n’est pas précisée.

Okuri-chōchin

Okuri-chōchin

Peu commun

Okuri-chōchin

Légendes des Sept Mystères de Honjo • Lanterne d’Escorte

Yōkai des montagnes et des espaces sauvagesTokyo

Okuri-chōchin est une lumière vacillante qui apparaît devant les voyageurs privés de lanterne et semble leur montrer le chemin. Quand on tente de s’en approcher, elle s’éteint ; dès que l’on ralentit, elle se rallume plus loin, toujours hors d’atteinte. Comptée parmi les Sept Mystères de Honjo, elle fait pendant à Okuri-hyōshigi, où des claquements de bois suivent les passants, ainsi qu’au Chōchin-kozō d’Odawara, autre lanterne qui égare les voyageurs. Elle cherche moins à blesser qu’à dérouter et à troubler le trajet.

Okuri-hyōshigi

Okuri-hyōshigi

Peu commun

Okuri-hyōshigi

Version conforme à la tradition

Demeures et objets hantésTokyo

Okuri-hyōshigi est l’un des Sept Mystères de Honjo racontés à Edo. Quand le veilleur de nuit parcourait les rues en frappant ses hyōshigi, deux blocs de bois, et en criant « Attention au feu ! », le même rythme continuait derrière lui après qu’il s’était tu, comme si une présence invisible l’accompagnait. Certains y voyaient l’écho des rues silencieuses. Pourtant, on rapportait aussi ces coups les nuits de pluie, alors que personne n’avait frappé de hyōshigi, ce qui renforçait le mystère.

Tanuki-bayashi

Tanuki-bayashi

Peu commun

Tanuki-bayashi

Bakas-bayashi de Honjo (tradition d’Edo)

Yōkai des montagnes et des espaces sauvagesTokyo

Au cœur de la nuit, des flûtes et des tambours se font entendre sans que l’on puisse en trouver l’origine ; plus on suit la musique, plus elle semble s’éloigner. À Honjo, dans l’Edo ancien, ce phénomène sonore était aussi appelé Baka-bayashi et comptait parmi les Sept Mystères de Honjo. On a pu l’expliquer par l’écho ou la superposition de musiques de fête portées par le vent, mais la rumeur l’attribuait volontiers aux tanuki. Une autre tradition, propre au temple Shōjōji de Kisarazu, raconte le concours musical d’un moine et de tanuki qui se frappent le ventre comme s’il s’agissait d’un tambour. La chanson pour enfants de Noguchi Ujō rendit cette légende célèbre dans tout le Japon. Maître de l’illusion et du tambour ventral, le tanuki de ce récit est parfois cité parmi les « trois grands tanuki du Japon », appellation populaire sans liste absolument fixe.

Le Tambour des Tsugaru

Le Tambour des Tsugaru

Peu commun

Tsugaru no Taiko

Les Sept Merveilles de Honjo • Version traditionnelle

Demeures et objets hantésTokyo

Cette histoire d’Edo concerne la tour de guet contre les incendies de la résidence des Tsugaru, seigneurs du domaine de Hirosaki, à Honjo. Alors que les autres demeures seigneuriales donnaient l’alerte en frappant une planche de bois, celle-ci aurait utilisé un tambour. Nul ne savait pourquoi elle était la seule à en suspendre un. Une variante affirme même que l’on entendait résonner un tambour lorsque quelqu’un frappait la planche. Le Tambour des Tsugaru figure parfois parmi les Sept Mystères de Honjo, mais son caractère surnaturel discret lui vaut aussi d’en être écarté.

Akarinashi-soba

Akarinashi-soba

Peu commun

Akarinashi-soba

Type des Sept Mystères de Honjo

Terme génériqueTokyo

Akarinashi-soba désigne une mystérieuse échoppe ambulante de soba ni-hachi qui, selon la tradition, apparaissait chaque nuit près du Minami Warigesui de Honjo, à l’époque d’Edo. Le tenancier ne se montrait jamais et sa lanterne andon restait éteinte ; quiconque prenait l’initiative de l’allumer subissait un malheur une fois rentré chez lui. Une tradition inverse évoque Kiezu no Andon, une lanterne dont l’huile ne s’épuisait pas et qui brûlait sans fin. Parfois attribuée aux illusions d’un tanuki, l’histoire compte parmi les Sept Mystères de Honjo.

Ochiba naki Shii

Ochiba naki Shii

Peu commun

Ochiba naki Shii

Les Sept Merveilles de Honjo • version traditionnelle

Phénomènes naturels et esprits de la natureTokyo

À l’époque d’Edo, un vieux shii (Castanopsis) se dressait dans le jardin de la résidence principale d’une branche de la famille Matsuura, seigneurs de Hirado, à Honjo. La rumeur prétendait qu’il ne laissait tomber aucune feuille, quelle que fût la saison. Même un arbre à feuillage persistant renouvelle ses feuilles : le fait qu’aucune ne tombe fut donc tenu pour un prodige, et les gens de la résidence, qui y voyaient un mauvais présage, gardaient leurs distances. L’emplacement exact et l’histoire de l’arbre réel restent discutés ; Ochiba naki Shii est néanmoins compté parmi les Sept Mystères de Honjo.

Des sagas qui résonnent avec cette collection

Suivez les lignées derrière « Les Sept Mystères de Honjo|Contes fantastiques du quartier d’Edo ».