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Jorōgumo(じょろうぐも)

Description de base

La 絡新婦 (jorōgumo) est un yōkai connu par la rencontre de plusieurs traditions : le nom d’une araignée réelle, les récits de l’époque d’Edo où une araignée prend l’apparence d’une femme, l’image de Toriyama Sekien et les légendes locales de « gouffres aux araignées ». Elle ne désigne pas une unique beauté vivant dans une cascade : son apparence et ses actes changent avec les époques et les sources. Les caractères 絡新婦 ne forment pas un nom de yōkai inventé au sens littéral de « nouvelle épouse qui enchevêtre les gens ». Le Wakan sansai zue lit 絡新婦 « chorōgumo » et précise que l’usage populaire dit 女郎蜘蛛. Cette graphie se situe ainsi au croisement d’un nom d’araignée issu des textes chinois et de l’appellation japonaise jorōgumo.

Les récits d’araignées prenant forme humaine sont attestés avant Sekien. Dans le Tonoigusa, publié en 1677, un samouraï soupçonne une jeune femme portant un enfant, la frappe, puis découvre le lendemain dans les combles une 女郎蜘蛛 blessée au sabre et de nombreux restes humains. Dans le Taihei hyaku monogatari, publié en 1732, Magoroku de Takada est conduit par une vieille femme vers une demeure illusoire ; une jeune fille lui demande de l’épouser, mais, lorsqu’il s’enfuit, il retrouve sa véranda et voit sous l’avant-toit une petite 女郎蜘蛛 avec une grande quantité de toiles. Magoroku n’est pas dévoré : le récit porte sur le rêve et l’illusion.

Dans le Gazu hyakki yagyō, paru d’abord en 1776, Toriyama Sekien intitule « 絡新婦 » une femme aux longs cheveux et vêtue, à laquelle se superposent des pattes d’araignée, entourée de nombreuses petites araignées. Des lignes qui évoquent fils, fumée ou flammes en partent, mais l’image n’est accompagnée d’aucune notice expliquant ses pouvoirs et ne représente pas une scène où elle joue du biwa pour attirer un homme. Une enquête bibliographique de la Bibliothèque nationale de la Diète n’a trouvé aucun classique correspondant exactement au récit d’une beauté qui joue du biwa, séduit un homme puis le dévore.

Les images de Jorōgumo au bord de l’eau relèvent encore d’une autre tradition. Dans les récits répandus de « gouffres aux araignées », une araignée accroche son fil au pied d’un passant ; lorsqu’il le transfère à un arbre, celui-ci est entraîné sous l’eau. À la cascade de Jōren, ce motif s’est uni à celui d’une belle femme qui rend au bûcheron une hachette tombée dans le bassin, lui impose le secret, puis cause la mort de celui qui le trahit. En maintenant les différences entre les sources, on découvre dans la 絡新婦 non une simple tentatrice, mais l’inattention à une petite araignée, la frontière du rêve et du réel, le danger des reliefs aquatiques et la façon dont nom et image rassemblent des traditions.

Folklore et légendes

L’histoire de la 絡新婦 commence moins par la naissance d’un yōkai que par le nom d’une araignée. Les textes de pharmacopée et de savoir naturel réunis dans le Kojiruien emploient 絡新婦 pour une araignée marquée de rouge ; le Wakan sansai zue lit le mot « chorōgumo » et donne 女郎蜘蛛 comme nom populaire. Il ne convient donc pas de traduire ces trois caractères comme l’explication du caractère du yōkai. On a proposé de faire venir son pouvoir de séduction de jorō, « courtisane », ou sa beauté de jōrō, « dame de haut rang » ; les sources contemporaines ne permettent pas de trancher entre ces étymologies.

L’un des documents essentiels les plus anciens est le deuxième livre, premier récit, du Tonoigusa d’Ogita Ansei. La nuit, dans un endroit isolé, une femme d’environ dix-neuf ou vingt ans s’avance avec un enfant et lui désigne le samouraï comme son père. Surpris, celui-ci soupçonne un être surnaturel, réfléchit avant de frapper, puis voit la femme fuir dans les combles. Le lendemain, il y trouve une grande 女郎蜘蛛 morte de sa blessure, entourée de traces de personnes dévorées. Le point central n’est pas une beauté qui fait tomber un homme amoureux, mais le sang-froid du samouraï au milieu d’un événement soudain. Il n’y a ni cascade, ni gouffre, ni biwa.

Plus d’un demi-siècle plus tard, le Taihei hyaku monogatari donne à l’araignée-femme un ton tout différent. À Takada en Mimasaka, Magoroku sommeille sur la véranda de sa résidence secondaire par un jour d’été. Une femme d’environ cinquante ans l’invite dans une riche demeure, où une jeune fille de seize ou dix-sept ans lui demande le mariage. Il refuse parce qu’il a une épouse ; la jeune fille s’écrie alors : « Avant-hier, tu as failli tuer ma mère, et aujourd’hui tu viens la voir. » Il s’enfuit, la demeure disparaît et il regagne sa véranda. Une petite 女郎蜘蛛 et une multitude de toiles sous l’avant-toit lui rappellent qu’il avait, avant-hier, chassé l’araignée avec sa pipe. L’araignée ne le tue pas : la vieille femme et la jeune fille sont l’illusion qui transforme l’épisode de la petite araignée en relations humaines pendant son sommeil. Le Takada du récit correspond aujourd’hui au secteur de Katsuyama, à Maniwa, dans la préfecture d’Okayama, sans que l’on puisse situer la demeure à un endroit exact.

La « 絡新婦 » de Sekien, dans le Gazu hyakki yagyō, ne raconte pas une telle histoire longue : elle superpose seulement femme et araignée. Une femme aux longs cheveux vêtue d’une robe porte des pattes d’araignée, et de petites araignées l’entourent. Les lignes qui sortent de celles-ci sont parfois lues comme des flammes, mais l’image ne comporte aucune notice sur un pouvoir. Sekien a fixé une graphie déjà employée pour une araignée réelle dans une figure féminine et inquiétante immédiatement mémorisable. Son influence sur l’image actuelle de la Jorōgumo est considérable, mais son estampe ne précise ni demeure, ni manière de dévorer, ni caractère, ni faiblesse.

Le récit des instruments exige la même prudence. L’enquête de la Bibliothèque nationale de la Diète cherchait une source où une 絡新婦 devenue belle femme jouerait du biwa, séduirait un homme et le dévorerait ; elle n’en a trouvé aucune qui corresponde entièrement. D’autres récits possèdent des éléments voisins — une araignée-femme qui joue du shamisen, ou une araignée et un joueur de biwa aveugle — mais les fondre avec les traces de repas du Tonoigusa, la jeune fille du Taihei hyaku monogatari, le corps féminin de Sekien et un instrument d’un autre récit effacerait les frontières des sources.

Les récits de fil au bord de l’eau ne sont pas davantage la suite des histoires de l’époque d’Edo. Nobuhiro Tateishi a comparé soixante-six légendes de « gouffres aux araignées » et distingué le schéma où l’araignée accroche un fil au corps d’un homme et où l’arbre ou la souche sur lequel il le transfère est happé par l’eau. À Kashikobuchi, près de Sendai, une voix sous l’eau qui dit « sage » donne son nom au gouffre. Le résumé d’une collecte de 1929 appelle simplement l’être étrange « araignée » et ne lui donne pas le nom propre de 絡新婦. L’araignée de cette ancienne collecte ne peut être identifiée sans réserve à la Jorōgumo aujourd’hui présentée comme emblème local.

À Jōren, deux traditions se sont superposées. Au récit du fil d’araignée attaché à la jambe puis transféré sur une vieille souche de mûrier s’ajoute celui du bûcheron dont une belle femme rend la hachette tombée dans le bassin et à qui elle interdit de révéler leur rencontre. La mort du bûcheron qui rompt le secret appartient à une série distincte, celle de la femme de l’eau et de l’interdit ; c’est leur réunion qui a produit la forme actuelle de la belle femme identifiée à la 女郎蜘蛛. La cascade de Jōren est aujourd’hui un géosite du géoparc de la péninsule d’Izu, où une coulée de lave et des orgues basaltiques formées il y a environ 17 000 ans expliquent aussi la chute. Lire le lieu réel — bassin profond, pente abrupte et courant — aide à comprendre la fonction de la légende, au-delà du seul récit fantastique.

L’espèce appelée jorōgumo au Japon, *Trichonephila clavata*, se remarque par ses grandes femelles à l’automne et sa toile tridimensionnelle. Une étude du Jardin botanique pour l’éducation à la nature du Musée national de la nature et des sciences relève le fort dimorphisme de taille, les changements saisonniers de couleur et une toile à trois niveaux, dotée de réseaux auxiliaires avant et arrière. Ces traits ont pu rendre plus plausible l’imaginaire d’un fil qui capture les humains, sans démontrer que l’observation de cette espèce ait directement créé le Tonoigusa ou les légendes de gouffres. La richesse de la 絡新婦 tient à ce que l’animal, les livres, les images et les récits de lieux partagent des fils semblables sans jamais être exactement les mêmes.

Cartes de Yokai5

Jorōgumo dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Explication détaillée

Non pas une biographie unique,
mais des figures de femme et d’araignée superposées

La Jorōgumo aujourd’hui familière ne paraît pas, déjà achevée, dans un seul texte classique. La longue chevelure, le corps de femme, les pattes d’araignée et la nuée de petites araignées rappellent l’image de Toriyama Sekien ; la mère et son enfant qui deviennent une grande araignée dans les combles viennent du Tonoigusa ; la vieille femme et la jeune fille qui font rêver Magoroku appartiennent au Taihei hyaku monogatari ; le fil tendu vers un passant au bord de l’eau relève des récits de « gouffres aux araignées ». Ces figures, venues d’époques et de lieux différents, ont fini par former l’image d’une même femme-araignée.

Une mère et son enfant disparaissent dans les combles

Dans le Tonoigusa, la Jorōgumo se présente de nuit sous les traits d’une jeune femme portant un enfant. Elle fait appeler le samouraï « père » par l’enfant, mais celui-ci se méfie de cette apparition soudaine. Après avoir envisagé qu’il puisse s’agir d’un être surnaturel, il la frappe. La femme gagne les combles ; le lendemain, on y découvre une grande 女郎蜘蛛 blessée au sabre, morte, avec les traces des personnes qu’elle avait dévorées. Ce récit ne parle ni de séduction amoureuse ni d’absorption d’énergie : il met en scène un homme qui reconnaît l’étrange au cœur d’une maison ordinaire. Ni cascade, ni gouffre, ni biwa n’y figurent.

Le rêve de noces tissé par une petite araignée

Le récit de Magoroku dans le Taihei hyaku monogatari privilégie l’incertitude entre rêve et réalité plutôt que le combat. Assoupi un jour d’été sur la véranda de sa résidence secondaire, à Takada en Mimasaka, Magoroku est invité par une femme d’une cinquantaine d’années dans une belle demeure ; il y rencontre une jeune fille de seize ou dix-sept ans qui lui propose le mariage. Lorsqu’il refuse en rappelant qu’il a une épouse, elle lui reproche d’avoir, avant-hier, failli tuer sa mère alors qu’il vient aujourd’hui lui rendre visite. En s’enfuyant, Magoroku voit la demeure disparaître et se retrouve sur sa propre véranda. Sous l’avant-toit, une petite 女郎蜘蛛 et une quantité stupéfiante de toiles lui rappellent qu’il avait, avant-hier, chassé l’araignée avec sa pipe. L’araignée ne le tue pas : la vieille femme et la jeune fille sont une vision qui traduit en relations humaines l’aventure d’une petite araignée pendant son sommeil. Le « Takada de la province de Mimasaka » correspond aujourd’hui au secteur de Katsuyama, dans la ville de Maniwa, préfecture d’Okayama ; il ne permet pas pour autant d’identifier une maison précise.

Illustration du Taihei hyaku monogatari : Magoroku est assis sur une véranda couverte de toiles, entouré de petites araignées.
Taihei hyaku monogatari, « Magoroku trompé par une araignée jorōgumo »
Illustration de « Magoroku trompé par une araignée jorōgumo » dans le Taihei hyaku monogatari. Toiles et petites araignées entourent Magoroku assis sur la véranda ; après la disparition de la demeure illusoire et de la jeune fille, une petite 女郎蜘蛛 et une multitude de toiles restent sous l’avant-toit.
Taihei hyaku monogatari, livre IV, récit 33, « Magoroku trompé par une araignée jorōgumo », texte de Ban Yūsai, illustration de Takagi Kōsuke Sadatake (1732), Bibliothèque de l’Université de Kyūshū, planche 10.

La femme et l’araignée réunies par Sekien

Dans son Gazu hyakki yagyō, Toriyama Sekien ne raconte pas une intrigue : sa « 絡新婦 » réunit femme et araignée dans une seule image. Des pattes se superposent à une femme aux longs cheveux et vêtue d’une robe, tandis que de petites araignées l’entourent. Les courbes qui en partent peuvent évoquer des fils, de la fumée ou des flammes ; certains commentaires y voient des flammes, mais l’estampe ne comporte aucun texte expliquant des pouvoirs. Sekien ne dit pas non plus si les petites araignées sont ses enfants, ses suivantes ou des êtres qui obéissent à ses ordres. L’image donne seulement à voir l’ampleur de pattes qui ne se réduit pas à un corps de femme et la densité inquiétante d’un essaim d’araignées.

L’image de Jorōgumo par Toriyama Sekien : des pattes d’araignée se superposent au corps d’une femme aux longs cheveux, entourée de petites araignées.
Toriyama Sekien, « Jorōgumo » dans le Gazu hyakki yagyō
Toriyama Sekien, « Jorōgumo ». Des pattes d’araignée se superposent au corps féminin, entouré de nombreuses petites araignées. Les courbes qui en partent peuvent évoquer fils, fumée ou flammes, mais l’image ne comporte aucune notice expliquant des pouvoirs. Le cadrage privilégie la page gauche de la double page où figure « Jorōgumo ».
Toriyama Sekien, Gazu hyakki yagyō, « Jorōgumo » (retirage de 1805 ; première publication en 1776), Collection numérique de la Bibliothèque nationale de la Diète, PID 2553975, planche 19.

Un fil presque invisible qui sauve au bord de l’eau

Le fil lancé au bord de l’eau appartient à une autre couche de tradition que les histoires de femmes-araignées de l’époque d’Edo. Dans le type du « gouffre aux araignées », l’araignée accroche à plusieurs reprises un fil au pied ou au corps d’un homme. S’il le transfère à un arbre ou à une souche, l’arbre est entraîné dans l’eau dans un grand fracas, révélant qu’il a servi de substitut. Le salut ne vient ni d’un sabre ni d’une formule, mais de l’attention portée à un fil ténu et de l’ingéniosité qui permet de le déplacer. Il ne s’agit pas de tuer l’araignée, mais d’échapper à une force du fond de l’eau.

Les deux récits unis à la cascade de Jōren

La belle femme de la cascade de Jōren ne naît pas du seul récit du fil. Un bûcheron y laisse tomber sa hachette dans le bassin ; une femme la lui rend et lui ordonne de ne jamais raconter leur rencontre. La hachette, la belle femme, l’interdit de parler et la mort de celui qui rompt sa promesse relèvent d’une autre série de récits, celle de la femme de l’eau. L’association, en un même lieu, de la force sous-marine suggérée par le fil d’araignée et du silence exigé par la femme a donné son visage actuel à la légende de la 女郎蜘蛛 de Jōren. La mort qui frappe celui qui rompt l’interdit n’est pas un trait de toute Jorōgumo, mais une part de cette tradition de cascade.

La cascade de Jōren à Izu, dans la préfecture de Shizuoka, tombe dans un bassin bleu entouré de végétation profonde et de parois rocheuses.
Cascade de Jōren
La cascade de Jōren, à Izu. La légende de la 女郎蜘蛛 y réunit le récit du fil transféré de la jambe à une vieille souche de mûrier et celui de la belle femme qui rend une hachette tombée dans le bassin, mais impose le secret.
Σ64, « Joren Falls 02.jpg » (1er mars 2010), Wikimedia Commons.

Kashikobuchi :
du péril à la protection contre la noyade

À Kashikobuchi, près de Sendai, la figure de l’araignée a changé de sens avec l’histoire du lieu. Dans une ancienne collecte, ce n’est pas une belle femme, mais une « araignée » du gouffre qui accroche son fil au pied d’un pêcheur. Lorsqu’il le transfère sur un saule, l’arbre est aspiré et une voix venue de l’eau dit : « Quel homme avisé ! » Dans le quartier de Hachiman 5-chōme, à Aoba-ku, Sendai, les habitants ont plus tard vénéré l’araignée et élevé une stèle pour en faire une protectrice contre les noyades. La créature qui menaçait depuis les profondeurs devient ainsi un repère cultuel pour mémoriser un gouffre dangereux et éviter les accidents d’eau. Ce n’est pas l’histoire d’un monstre vaincu, mais celle d’une réinterprétation locale.

Bien plus qu’une séductrice

Le comportement de l’araignée varie fortement selon les documents. Dans le Tonoigusa, la femme s’avance hardiment avec son enfant ; dans le Taihei hyaku monogatari, la jeune fille plaide sa cause en demandant le mariage ; dans l’estampe de Sekien, la femme se tait ; et, dans les récits de gouffres, l’araignée signale sa présence par un fil avant même de se montrer. Leur superposition suggère moins une « belle femme fatale, opiniâtre » qu’une observatrice qui attend la réaction de l’autre et change la situation par un contact minime. Ce n’est pas une personnalité attestée par un texte ancien, mais une lecture contemporaine née à la rencontre de sources différentes.

La toile de l’espèce appelée jorōgumo au Japon

*Trichonephila clavata*, l’espèce appelée jorōgumo au Japon, compte des femelles grandes et vivement colorées à l’automne ; elle construit une toile en trois dimensions, avec des réseaux auxiliaires à l’avant et à l’arrière. Les fils superposés, l’écart considérable entre la taille des mâles et celle des femelles, et les variations saisonnières de la couleur ajoutent une profondeur visuelle bien différente de celle d’une araignée géante à visage humain. Mais l’animal vivant ne dévore pas les êtres humains. Cette espèce et la 絡新婦 des récits partagent un nom et des fils, tout en appartenant à des mondes distincts.

Une femelle de *Trichonephila clavata*, au ventre jaune et noir rayé et aux longues pattes, est posée sur une toile sous un avant-toit.
Femelle de *Trichonephila clavata* photographiée à Rikugien
Femelle de *Trichonephila clavata*, l’espèce appelée jorōgumo au Japon, photographiée à Rikugien. Les femelles d’automne sont grandes et vivement colorées ; leur toile tridimensionnelle comprend des réseaux auxiliaires avant et arrière. La 絡新婦 des récits et l’animal vivant partagent un nom, mais sont des êtres distincts.
Nesnad, « Jorogumo-rikugien-female-2009.jpg » (28 octobre 2009, Rikugien), Wikimedia Commons.

Des fils qui ne coïncident jamais tout à fait

Aucun document ne donne à toutes les Jorōgumo la même demeure, les mêmes armes, faiblesses, proies amoureuses, régime alimentaire ou âge. Le scénario célèbre où elle charme un homme au biwa avant de le dévorer ne paraît tel quel ni dans le Tonoigusa ni dans le Taihei hyaku monogatari. Une petite araignée a pu devenir une mère et son enfant, un rêve de mariage, une puissance tapie sous l’eau ou l’image saisissante d’un corps féminin. C’est en distinguant chacun de ces fils, sans les forcer à se confondre, que se révèle le caractère composite de la 絡新婦.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Caractère
Une observatrice qui attend calmement la réaction de l’autre et infléchit la situation par un contact minime. La mère hardie, la jeune fille qui réclame et la femme-araignée silencieuse se superposent en elle.
Affinités
Elle garde plus volontiers une distance paisible avec celles et ceux qui perçoivent les dissonances discrètes, refusent les explications uniques et aiment les résonances de traditions différentes.
Capacités
Prend l’apparence d’une jeune femme ou d’une mère avec enfant (Tonoigusa)Fait voir une illusion de vieille femme, de jeune fille et de demeure liée au mariage (Taihei hyaku monogatari)Accroche à plusieurs reprises un fil pour entraîner vers l’eau (récits de gouffres aux araignées)Apparaît sous une forme où corps féminin et pattes d’araignée se superposent (image de Sekien)S’entoure de nombreuses petites araignées (image de Sekien)
Faiblesses
Aucune faiblesse commune n’est transmise. Dans le Tonoigusa, la réflexion du samouraï et son sabre ; dans le Taihei hyaku monogatari, la fuite de Magoroku et l’élimination des toiles ; dans les récits de gouffres, l’astuce de transférer le fil à un arbre permettent chacun d’échapper au danger.
Habitat
Il change selon les récits : maison et combles nocturnes dans le Tonoigusa ; véranda, dessous d’avant-toit et demeure illusoire à Takada dans le Taihei hyaku monogatari ; gouffres de rivières et bassins de cascades dans les récits de gouffres.

Sources et références

11
  1. 神宮司庁編『古事類苑』動物部「蟲下」絡新婦項神宮司庁(国際日本文化研究センター古事類苑全文データベース, 明治29年(1896)以降刊) [名称資料・古典集成] Référence『和漢三才図会』『重修本草綱目啓蒙』などを引き、絡新婦・ちょろうくも・女郎蜘蛛の名称史を確認できる資料。
  2. 荻田安静『宿直草』巻二第一「急なるときも思案あるべき事」荻田安静(京都・西村九郎右衛門刊/富山大学ヘルン文庫所蔵, 延宝5年(1677)) [古典籍・一次資料]巻二第一の該当話で、子を抱く女、天井裏へ逃げる動き、刀傷を負った女郎蜘蛛、人を食った痕跡を確認できる。二尺は蜘蛛全体ではなく爪先の長さを述べる。
  3. 『太平百物語』巻四第三十三「孫六女郎蜘にたぶらかされし事」伴祐佐(作)/高木幸助貞武(画)(河内屋宇兵衛刊/九州大学附属図書館所蔵, 享保17年(1732)) [古典籍・一次資料]9–10コマに、作州高田の孫六、老女と娘の幻、婚姻の申し出、軒下に残る小さな女郎蜘蛛と大量の巣を収める。孫六は食べられず生還する。
  4. 鳥山石燕『画図百鬼夜行』前篇陰之巻「絡新婦」鳥山石燕(国立国会図書館デジタルコレクション, 安永5年(1776)初刊/文化2年(1805)求版本) [古典籍・一次図像]19コマ左頁に、女体へ蜘蛛脚を重ね、多数の小蜘蛛を配した「絡新婦」図がある。能力を説明する詞書や、琵琶を奏でる場面はない。
  5. 妖怪「絡新婦」の伝承に関するレファレンス事例同志社大学今出川図書館(国立国会図書館レファレンス協同データベース, 2009年受付/2011年更新) [図書館レファレンス] Référence美女に化けた絡新婦が琵琶を聞かせ、男を誘惑して食べるという完全一致の出典を調査し、中核古典から確認できないことを示すレファレンス記録。
  6. 蜘蛛淵伝説の形成―浄蓮の滝を例として―立石展大(『立教女学院短期大学紀要』44、1–14頁, 2012) [民俗学・研究論文] Référence全国66例の蜘蛛淵伝説を比較し、浄蓮の滝で糸掛け型と鉈・美女・口外禁忌型が結合した形成過程を検討する論文。
  7. 高田硯(県指定郷土伝統的工芸品)岡山県(岡山県公式サイト, 2016年更新) [自治体資料] Référence作州高田と現在の岡山県真庭市勝山地域との対応を確認するための自治体資料。『太平百物語』の屋敷の一点を示す資料ではない。
  8. 怪異・妖怪伝承データベース「クモ」ID 1230055国際日本文化研究センター(怪異・妖怪伝承データベース/『旅と伝説』2巻8号, 1929年原資料) [民俗伝承データベース] Référence賢淵で釣り人の足へ蜘蛛が糸を掛け、柳へ移すと木が引き込まれ、水中から「賢い」と声がする話。古い要約は絡新婦の固有名を記さない。
  9. 浄蓮の滝伊豆半島ジオパーク(伊豆半島ジオパーク公式サイト) [公式地理資料] Référence浄蓮の滝の所在地、約1万7千年前の溶岩流、柱状節理などを説明し、伝承地の地理的実在を確認できる公式資料。
  10. 自然教育園におけるジョロウグモの観察渡邊昭廣(『自然教育園報告』47、国立科学博物館, 2016) [自然史・調査報告] Référence実在種の季節変化、雌雄差、体色、前後の補助網を持つ三層の網構造を記録した調査報告。妖怪伝承との直接因果を証明する資料ではない。
  11. 『KOREMITE』vol.5 賢淵・蜘蛛碑解説東北学院大学博物館(東北学院大学博物館, 2019) [大学博物館資料] Référence仙台市青葉区八幡五丁目の賢淵、蜘蛛碑、地域の蜘蛛祭祀、水難除けへの受容を解説する大学博物館資料。

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