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Kodama

ko-DA-ma

Kodama

Kodama

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Description de base

Les kodama sont des esprits censés résider dans les arbres, le terme désignant parfois l'arbre lui-même habité par cette essence spirituelle[1]. Selon les croyances anciennes, une essence divine vient s'incarner dans les vieux arbres ayant accumulé plus d'un siècle de cernes. Le phénomène du « yamabiko » (l'écho), où une voix lancée dans les montagnes ou les vallées revient avec un léger retard, était d'ailleurs perçu comme la réponse d'un kodama[1]. Si l'on remonte à leurs origines, ils sont les vestiges d'une divinisation des arbres. Dans le Kojiki, le dieu des arbres Kukunochi est parfois assimilé au kodama[2], tandis que le dictionnaire de l'époque de Heian, le Wamyō Ruijushō, mentionne le terme « kodama » (古多万) comme nom japonais pour les divinités arboricoles[3]. En revanche, dans le Dit du Genji, on trouve des expressions telles que « Est-ce un oni, un dieu, un renard ou un kodama ? » ou « le démon d'un kodama », ce qui montre qu'à cette époque, on le percevait déjà comme une entité proche du yōkai[4]. Bien que leur apparence ne diffère en rien de celle des arbres ordinaires, ils sont dotés de pouvoirs mystérieux et l'on disait qu'ils maudiraient quiconque tenterait de les abattre sans précaution[1]. Dans son recueil Gazu Hyakki Yagyō, Toriyama Sekien a dessiné sous le nom de « Kodama » (木魅) un couple de vieillards se tenant près d'un vieil arbre, illustrant l'idée qu'un arbre centenaire abrite un dieu qui finit par se manifester[1]. Écrit sous diverses graphies en caractères sino-japonais (木霊, 木魂, 谺), le mot « kodama » désigne à la fois la réverbération du son et l'esprit de l'arbre, fusionnant ainsi la voix de la nature et l'âme des arbres en une seule et même entité[1].

Folklore et légendes

Au cœur des légendes entourant le kodama se trouve la crainte d'abattre un vieil arbre. Comme un esprit réside dans l'arbre vénérable, on pensait que le traiter avec irrévérence attirerait des phénomènes étranges ou la maladie, et il se disait même un peu partout que couper un arbre séculaire en ferait couler du sang[1]. Les travailleurs de la montagne respectaient cet esprit : avant toute coupe, ils suivaient la coutume de frapper le tronc pour demander pardon et rendre hommage à la nature. Sur l'île d'Aogashima dans l'archipel d'Izu, on érigeait de petits sanctuaires au pied des grands cèdres pour les vénérer sous les noms de « Kidama-sama » ou « Kodama-sama », tandis que dans le village de Mitsune, sur l'île de Hachijō-jima, la tradition voulait que l'on consacre une cérémonie à cet esprit sylvestre lors de l'abattage d'un arbre. Sur l'île d'Okinawa, l'esprit de l'arbre est appelé « Kīnushī ». Les bûcherons le priaient avant de commencer leur travail, et le bruit d'une chute d'arbre résonnant dans la nuit était perçu comme le cri de douleur du Kīnushī, prédisant le dépérissement imminent de l'arbre d'où provenait le son. Certains considèrent même le yōkai Kijimunā comme une déclinaison de ce Kīnushī, ou comme son anthropomorphisation. L'idée tenace que l'écho est la voix du kodama l'a souvent fait assimiler au yamabiko ou aux démons des montagnes, allant jusqu'à lui prêter la capacité de prendre forme humaine ou animale[1]. Étroitement liée aux règles tacites de la montagne, la tradition orale rapporte que si le bûcheron fait preuve de respect, il ne se perdra pas et son labeur se déroulera sans encombre ; à l'inverse, un manque d'égards brouillera les sons alentour, annonciateurs de mauvais augures. Ainsi, le kodama cristallise, sous les traits d'un yōkai, la révérence portée à la force vitale des arbres. Comme l'illustre le Dit du Genji, cet esprit des frontières, dont il est bien difficile de dire s'il relève du divin ou du démoniaque, habite l'imaginaire des hommes depuis les temps anciens de Heian[4].

Cartes de Yokai1

Kodama dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Explication détaillée

3 formes différentes de Kodama ont été identifiées. Chacune a des caractéristiques et personnalités uniques.

Esprit des vieux arbres, Kodama

À propos de Esprit des vieux arbres, Kodama:

Une représentation du kodama puisant dans les anciennes conceptions des dieux sylvestres. Il réside dans les vieux arbres et se manifeste subtilement par des bruits ou d'imperceptibles présences. Bien que sans forme définie ni apparence visible, il veille à châtier quiconque oserait enfreindre les règles de la montagne. Reprenant l'interprétation folklorique du phénomène de l'écho, cette version met en lumière son lien direct avec l'attitude des bûcherons et des pèlerins qui s'aventurent en forêt. Fidèle aux légendes, on évite ici toute personnification excessive ou tout ajout d'anecdotes par trop concrètes.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
Prudent et fier, mais sait récompenser la gratitude
Affinités
S'harmonise avec ceux qui respectent les coutumes, fuit ceux qui saccagent la montagne
Capacités
Manipulation de la réverbération des sons,Sensibilité aux vibrations des arbres,Manifestation de présages d'égarement
Faiblesses
Déteste l'impolitesse et le tapage, craint la sécheresse et le feu
Habitat
Bois sacrés reculés dans les montagnes, vallées abritant de vieux cèdres ou sapins, racines de grands arbres entre les rochers

🔮Test de compatibilité yokai

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Le Kidama-sama d'Aogashima, Kodama

À propos de Le Kidama-sama d'Aogashima, Kodama:

Ce kodama est issu des légendes de l'île d'Aogashima, dans l'archipel d'Izu. Les insulaires le vénèrent depuis les temps anciens sous le nom respectueux de « Kidama-sama » ou « Kodama-sama », en plaçant de petits sanctuaires au pied des grands cèdres. Sur cette île, où la forêt respire à la fois le vent marin et les exhalaisons volcaniques, les arbres plongent de profondes racines dans un sol pourtant peu épais. Le Kidama-sama qui y réside n'est pas un simple écho, mais l'esprit porteur d'une très ancienne mémoire, tissée au rythme de la croissance de l'arbre. À l'heure de la brume matinale, si l'on prononce son nom devant le sanctuaire, la réponse n'arrive qu'une seule fois, avec une sonorité légèrement feutrée. C'est là le signe de son consentement ; si le son se fragmente et revient deux ou trois fois, cela est perçu comme une mise en garde signifiant que ce n'est pas la saison, et qu'il ne faut pas couper. Sur l'île, abattre un arbre implique un rituel immuable : on dépose d'abord devant le sanctuaire une poignée de riz, du sel de mer et une coupe de shōchū, puis on frappe trois fois le tronc en annonçant la raison et le nombre de coupes. Le Kidama-sama tient cette règle en haute estime. Si le rituel est scrupuleusement respecté, il ajuste la direction du vent, préserve le tranchant de la lame et guide le bûcheron tout au long de sa tâche. À l'inverse, l'insolence brouillera les sons de la montagne, fera rebondir la lame sur les nœuds du bois et attirera la maladie sur celui qui travaille. Bien que sa forme soit indéfinie, les anciens de l'île parlent de « l'ombre des cernes » : lorsque la lumière du crépuscule baigne l'écorce d'une teinte rougeâtre, une pupille pâle et éphémère apparaît dans les veines du bois, avant de se fondre comme un mirage à la surface de l'eau. On dit aussi que les pierres du sanctuaire se réalignent d'elles-mêmes à l'approche de vents violents ou de séismes. Ce présage, lié au trouble du souffle de la forêt, alertait ceux capables de l'écouter, leur permettant d'interrompre leurs travaux aux champs ou en mer et de minimiser les dégâts. Il n'est d'ailleurs pas fermé aux étrangers. Quiconque vient d'ailleurs, n'oublie pas de se présenter poliment ni d'offrir du sel en présent et abaisse la voix devant le sanctuaire obtiendra un écho radouci, et le chemin s'en trouvera moins trompeur. Un rire bruyant, en revanche, provoquera un écho retardé et perçant qui résonnera au fond de l'oreille, altérant le sens de l'orientation de l'importun. Lorsque la vie de l'arbre touche à sa fin, le Kidama-sama apparaîtrait en songe pour annoncer un changement de cycle. Les villageois voient en cela un heureux présage. Après la chute de l'arbre, ils plantent trois jeunes pousses et déplacent le sanctuaire pour assurer la pérennité de son souffle. C'est ainsi que la forêt insulaire traverse les générations, l'esprit s'y transmettant sans s'estomper. Dans cette île isolée au large des côtes, les vestiges des anciens dieux des arbres décrits par les classiques perdurent avec force, jouant silencieusement leur rôle de trait d'union entre les coutumes de la montagne et les bienfaits de la mer.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
Solennel et intègre, n'oublie jamais un bienfait et répond à l'insolence par un froid silence. Cependant, il guide avec douceur ceux qui agissent avec droiture.
Affinités
Bûcherons et chasseurs respectueux des règles de la montagne, voyageurs qui se recueillent devant son sanctuaire, personnes fidèles à leurs promesses
Capacités
Jugement par l'écho (indique son approbation ou sa bénédiction via la tonalité de sa réponse),Ajustement des vents (apaise localement le vent pendant la durée des travaux),Prévention contre l'égarement (rectifie l'orientation de ceux qui se montrent respectueux),Signes prémonitoires (déplace les petits objets du sanctuaire pour annoncer un vent fort ou un séisme)
Faiblesses
Se ferme et cesse de répondre face aux bruits grossiers ou aux railleries, s'affaiblit et perd ses facultés prophétiques si les offrandes d'eau et de sel viennent à manquer
Habitat
Au pied des grands cèdres de l'île d'Aogashima (archipel d'Izu), bois sacrés abritant un sanctuaire, vallées dans la caldeira volcanique

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Le Kīnushī de Yanbaru, Kodama

À propos de Le Kīnushī de Yanbaru, Kodama:

Parmi les kodama qui résonnent à travers tout l'archipel, la variante que l'on trouve dans les îles du Sud, et plus particulièrement dans la région boisée de Yanbaru à Okinawa ou près des sanctuaires utaki, est connue sous le nom de « Kīnushī incarné dans l'arbre ». Comme son nom l'indique, cet esprit réside dans un seul arbre tel un maître des lieux, et vit en parfaite symbiose avec sa respiration, la circulation de sa sève et l'ancrage de ses racines. Selon les traditions orales, si le bûcheron, avant d'abattre sa hache, tapote légèrement le tronc pour décliner son identité et offrir une prière, le kodama réorganise les vibrations internes du bois, ajuste le vent dans le sens de la chute, et veille à la sécurité du travail. À l'inverse, si la lame frappe sans un mot, l'arbre grince ; un son caverneux de bois creux s'élève, atteignant la montagne avec retard. Dans les jours qui suivent, les feuilles alentour perdent leurs couleurs, comme brûlées. Parfois, lors d'une nuit suspecte, un lourd bruit sourd traverse un village montagnard sans qu'aucun arbre ne soit pourtant tombé. Ce phénomène est interprété comme le cri libéré par le Kīnushī lorsque la souffrance lui devient insupportable. Peu de temps après, la cime de l'arbre d'où provenait le bruit commence à sécher, du mycélium blanc envahit ses racines, et il finit par rendre l'âme. Instruits par ces phénomènes, les anciens comprirent que le son constituait la véritable essence du kodama. Ils érigèrent en règle absolue de ne jamais élever la voix à l'orée de la forêt, et d'attendre un instant la réponse de l'arbre après l'avoir interpellé.\n\nBien que ce kodama n'ait pas de forme, il arrive que, dans la pénombre du crépuscule, l'air autour de ses racines ondule comme la surface de l'eau, laissant s'échapper un écho aigu et répété, semblable à un rire d'enfant. Les insulaires y voient un bon présage et déposent du sel et du sucre noir en offrande à l'arbre. On raconte que si un enfant fait la sieste à son ombre, aucun moustique ni insecte volant ne viendra l'importuner, et que la brise marine s'y radoucira brusquement. Selon les aînés, lorsque le vent venu du large parcourait les divinités de la montagne, le kodama entrait en résonance avec lui pour protéger les frontières du village. Bien qu'on le confonde souvent avec un simple écho, le Kīnushī se distingue par sa capacité à annoncer la fortune ou l'infortune par le rythme et la mélodie de sa réponse. Une réplique rapide et claire indique un jour propice au travail ; un son lourd et tardif est une invitation au repos ; un bruit sourd, étouffé dans le tronc, est le présage de feuilles malades.\n\nDans ces îles, même le déplacement d'un arbre obéit à des règles. La veille de l'extraction des racines, si l'on flatte le tronc à trois reprises en murmurant le nom de la terre d'accueil, l'esprit repliera l'extrémité de ses racines et se fera menu, afin de ne pas souffrir de la soif pendant le voyage. Mais si cette étape est négligée, on dit que des échos creux retentiront nuit après nuit dans sa nouvelle demeure, tandis que la maisonnée sera frappée par la fièvre. Dans les banians de la côte, il est dit que réside un esprit qui aime jouer avec les enfants, un esprit que les gens nomment Kijimunā. Autrefois, on considérait le Kijimunā comme une émanation du Kīnushī dotée d'une volonté humaine : le kodama serait la voix des racines, et le Kijimunā le rire des branches. Tous deux puisent leur source dans la divinité de l'arbre, guidant ceux qui font preuve de respect, et admonestant les audacieux par le biais des sons. Ainsi, dans les forêts des îles du Sud, le son dicte la loi, permettant aux hommes et aux arbres de vivre en mesurant le souffle de l'autre.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
Calme et attaché à la politesse, mais implacable envers quiconque manque de respect aux arbres. Exprime sa douleur et sa joie par le son, accordant sa protection ou jetant une malédiction à la mesure de l'attitude des hommes.
Affinités
Ceux qui respectent les rites de la forêt et des montagnes, prient avant toute coupe, et prennent soin de la nature
Capacités
Divination par la résonance (annonce le destin ou les subtilités de la météo selon la tonalité et la vitesse de sa réponse),Guide de la coupe (une fois salué, ajuste la direction de la chute de l'arbre et le souffle du vent),Aura répulsive contre les insectes (éloigne les moucherons de l'ombre de l'arbre sous sa protection),Protection du transplantement (allège la charge sur les racines lors du déplacement de l'arbre et retarde son dépérissement)
Faiblesses
Vulnérable aux bruits métalliques ou irrespectueux, face auxquels il finit par s'emmurer dans le silence; un vent sec et dépourvu de sel altère ses sons et l'affaiblit
Habitat
Vieux banians ou lataniers (kuba) de Yanbaru sur l'île d'Okinawa, bois sacrés autour des sanctuaires utaki, arbres massifs des villages battus par les vents marins

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Sources et références

4
  1. 画図百鬼夜行鳥山石燕(国文学研究資料館国書データベース(東京藝術大学附属図書館所蔵), 安永5年(1776年)) [古典図像]鳥山石燕『画図百鬼夜行』所収の産女図。国書データベース第22コマ。
  2. 古事記太安万侶(撰録)((現存最古の日本神話・史書), 和銅5年(712年)) [古典文献]葦原中国平定段で天若日子の侍女「天佐具売」が雉の鳴女を射よと唆す。天邪鬼の語源とされる天探女の異表記。
  3. 和名類聚抄源順(承平年間(931〜938年ごろ)) [古典文献]
  4. 源氏物語紫式部(11世紀初頭(平安時代)) [古典文献]

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