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Bake no Kawagoromo

ba-ké no ka-wa-go-ro-mo

Bake no Kawagoromo

Bake no Kawagoromo

Son âme vous écoute — adressez-lui la parole et elle vous répondra.

Description de base

Le Bake no Kawagoromo est un esprit-renard figurant dans le premier volume du livre d’images de Toriyama Sekien, le Hyakki Tsurezure Bukuro. Un renard qui a vécu trois mille ans se coiffe d’algues, s’incline en prière devant la Grande Ourse, et par ce rite se change en une belle femme. Dans sa légende, Sekien écrit : « Qu’un renard ayant passé trois mille ans, coiffé d’algues et priant la Grande Ourse, se fasse belle femme — voilà sûrement ce que j’ai vu dans les écrits de Chine », donnant à l’ensemble la tournure d’une songerie rêvée.

Le Hyakki Tsurezure Bukuro est, par dessein, un livre de tsukumogami — les esprits qui logent dans les outils et les objets usés. Un renard n’a pu se glisser parmi ces choses que par la grâce de son nom. « Kawagoromo » désigne un vêtement de fourrure, et se lit donc presque comme une pièce d’habit, une « chose » ; en même temps il fait résonner la locution « bake no kawa » — la peau du déguisement qui, une fois détachée, met à nu la vraie forme du renard. Par ce jeu de mots, Sekien a discrètement faufilé une bête métamorphe, en vérité un animal, dans les rangs des esprits-outils.

Pour tout l’éclat de métamorphose que suggère le nom, la créature ne porte aucune légende locale liée à un lieu ou à une personne précise. C’est, au fond, un renard connu par la seule image et la seule légende de Sekien — un yokai né de l’image, qui condense en une unique illustration la vieille idée, héritée de Chine, qu’un renard devient capable de se faire belle femme à mesure qu’il vieillit.

Folklore et légendes

L’idée qu’un renard puisse prendre forme humaine en accumulant des années de pratique remonte tôt aux livres de prodiges de la Chine. Le Xuanzhongji tient que « à cinquante ans un renard peut devenir une femme, à cent une belle femme, et à mille il communie avec le ciel et devient renard céleste ». La moitié du « renard de trois mille ans » de Sekien qui « se fait belle femme » est puisée à cette tradition de métamorphose graduée par l’âge. Pourtant, dans le Xuanzhongji, le sommet du rang est le renard céleste de mille ans, et les trois mille ans que consigne Sekien le dépassent de loin. Le chiffre concorde avec le kūko — le « renard du ciel » du schéma ultérieur à quatre rangs (tenko, kūko, kiko, yako), réputé atteindre trois mille ans et se tenir juste sous le renard céleste — mais ce serait trop dire que Sekien lui-même entendait ce rang.

L’autre moitié — le rite de porter quelque chose sur la tête et de prier la Grande Ourse pour prendre forme humaine — vient du chapitre Nuogaoji du Youyang Zazu de Duan Chengshi, sous les Tang. Il y est écrit : « Le renard sauvage se nomme renard pourpre. Quand il s’apprête à faire des prodiges, il doit poser un crâne sur sa tête et prier la Grande Ourse ; si le crâne ne tombe pas, il se change en homme. » Ce que le renard pose sur sa tête est, dans l’original, un crâne — non des algues. Sekien, ou la source qu’il a suivie, a remplacé ce crâne sinistre par des algues. Adoucir les os de l’original en une poignée d’herbe d’eau est le trait le plus distinctif de ce yokai.

L’art de l’image de Sekien tient à ce qu’elle saisit l’instant même où la métamorphose n’est pas achevée. Le renard est vêtu en belle femme, mais une queue pointe sous l’ourlet, les mains et les pieds restent ceux d’une bête, et jusqu’au serviteur portant son palanquin ne sait cacher sa nature de renard. Les algues sur la tête sont une perruque imitant la chevelure noire des humains. C’est l’instant où la « peau du déguisement » est sur le point de glisser, et le nom et l’image se répondent en une seule plaisanterie.

Ce renard appartient à une branche de la lignée des renards qui prennent la forme d’une belle femme pour égarer le monde des hommes. La même idée du « devient une beauté à cent ans » cristalliserait plus tard en Tamamo-no-Mae, devenue favorite de l’empereur retiré Toba, et en le renard à neuf queues, sa queue fendue en neuf. Le Bake no Kawagoromo n’est pas le protagoniste de ce récit, mais il préserve, en une seule image, l’instant même où un renard métamorphe se change en belle femme — avec cette poignée d’algues en place d’un crâne, et la prière offerte vers la Grande Ourse.

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

KIN gardiens du calendrier maya

Affichage de la liste des KIN du calendrier maya gardés par Bake no Kawagoromo.

Explication détaillée

Cette version lit le Bake no Kawagoromo par un seul point — le renard qui se métamorphose en priant la Grande Ourse — et suit le rite de sa formation comme les couches d’esprit pliées dans l’image.

Le passage du Nuogaoji du Youyang Zazu, l’autre source, ne parle pas que d’un crâne et de la Grande Ourse. Le renard sauvage y est appelé « renard pourpre », et l’on dit que « lorsqu’il frappe sa queue la nuit, le feu en jaillit ». Ce trait de feu issu d’une queue de renard se prolonge sans rupture dans le feu-follet de renard si familier au Japon ; derrière le Bake no Kawagoromo aussi se tient un renard qui devrait de droit être sinistre — attisant le feu à sa queue dans le noir, un crâne sur la tête. Quand Sekien échangea ce crâne contre des algues, l’effroi des os s’estompa, et à sa place vint la drôlerie et la pitié d’une créature couronnée d’herbe du fond des eaux. Que l’image de la métamorphose penche vers le cocasse plutôt que vers l’étrange est l’effet de cette unique substitution.

Le mot « kawagoromo » lui-même porte le tour littéraire que Sekien affectionnait. Qui dit kawagoromo, le plus fameux dans les classiques est la « robe de rat-de-feu » du Conte du Coupeur de bambou — ce trésor qui brûle si on l’enflamme et qui, s’il est contrefait, trahit la fraude. Lui et ce renard, dont le déguisement est sur le point de se détacher, se répondent deux fois par les mots « kawagoromo » et « bake no kawa ». Nulle preuve écrite ne dit que Sekien ait voulu cette allusion, mais vu combien ses livres d’images foulent partout les calembours classiques, il est difficile d’y voir un simple hasard.

La place de l’image, elle aussi, montre l’intention de l’auteur. Au premier volume, elle se tient entre le « Kutsutsura » et le « Kinu-danuki ». Flanquée des deux côtés de bêtes métamorphes, cette suite forme une petite province ménagée dans un livre d’esprits-outils, vouée aux métamorphoses des animaux. Un renard n’a pu se presser parmi les esprits des vieux ustensiles que parce que « kawagoromo » pouvait se lire comme un vêtement, une chose ; et en concluant par « songé en rêve », Sekien fit suivre à cet appariement forcé, tout naturellement, la logique des songes.

Ses pouvoirs et ses faiblesses, eux aussi, plongent tous leurs racines dans cette seule image. Le rite de métamorphose exige une prière vers la Grande Ourse et un objet porté sur la tête (un crâne, ou des algues) ; si l’objet tombe, le changement ne prend pas. Vêtu pourtant en belle femme, il ne peut tout à fait écarter la bête en sa queue, ses pattes, ses suivants — et ce « sur le point de se détacher » est la faiblesse assignée à ce renard. L’humble renard sauvage, s’efforçant trois mille ans d’atteindre la figure d’une belle femme, porte en lui tout le désir et tout le manque de cette route.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Rare
Caractère
Un renard sauvage résolu à devenir esprit, encore à mi-chemin. Vêtu en belle femme, il ne sait tout à fait rentrer sa queue ni ses pattes — toujours à un souffle près.
Affinités
Bien accordé à qui se délecte des jeux de mots classiques et de l’esprit des métamorphes.
Capacités
Prie la Grande Ourse pour se faire belle femmeSe métamorphose par un objet porté sur la tête (crâne ou algues)Frappe sa queue pour en tirer du feu (feu-follet de renard)Pouvoir spirituel amassé sur trois mille ans
Faiblesses
  • Si l’objet porté sur la tête tombe, la métamorphose échoue
  • Ne peut cacher la bête en sa queue, ses pattes, ses suivants
  • Une fois la « peau du déguisement » détachée, la vraie forme se révèle
Habitat
Champs nocturnes sous une Grande Ourse visible ; eaux envahies d’algues ; et au sein du rouleau peint de Sekien

🔮Test de compatibilité yokai

💕Test du yokai amoureux

Pour plus d'informations détaillées et de résultats de diagnostic sur Le renard de métamorphose qui prie la Grande Ourse — Bake no Kawagoromo, veuillez cliquer ici.

Sources et références

4
  1. 画図百器徒然袋鳥山石燕((天明4年・付喪神絵本), 1784) [図像資料]石燕最後の妖怪絵本。徒然草もじりの夢仕立てで、ばけの皮衣を上巻に収める。
  2. 玄中記郭璞 撰とも(伝)((中国の志怪・博物書), 六朝期) [古典文献] Référence狐は50年で女、100年で美女・巫、千年で天に通じるとし、年功で霊力を増す観念の中国起源。
  3. 酉陽雑俎段成式((唐代の博物・志怪随筆), 9世紀) [古典文献] Référence天狐を九尾金色の獣とし、日月の宮に仕え陰陽の理に通じると記すとされる唐代の書。
  4. 狐の日本史中村禎里(日本エディタースクール出版部, 2001) [研究書] Référence狐の霊力・狐憑き・稲荷信仰の受容史を史料と現地調査で検証。管狐・オサキ・イズナの地域差を扱う。

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