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Tamamo-no-Mae

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Description de base

Tamamo-no-Mae est une beauté sans égale qui, à la fin de l’époque de Heian, aurait servi l’empereur retiré Toba. On tient sa vraie forme pour celle d’un renard à neuf queues, mais en tant qu’humaine, Tamamo-no-Mae a surtout été célébrée comme une dame de cour d’une beauté rare et d’un profond savoir. La poésie et la musique allaient de soi, mais des écritures bouddhiques jusqu’aux récits anciens de l’Inde et de la Chine, elle répondait à toute question sans la moindre hésitation, au grand étonnement de la cour.

Le nom de « Tamamo-no-Mae » porte lui aussi son histoire. Une nuit, au cœur d’un banquet de poésie et de musique au Seiryōden, un coup de vent éteignit les lampes ; dans l’obscurité, une lumière éblouissante jaillit de son corps et éclaira la salle comme en plein jour. De là vint son nom de « Tamamo-no-Mae », c’est-à-dire la dame aux algues lumineuses comme des joyaux [1]. Auparavant, dit-on, on l’appelait Mikuzume. Elle finit par concentrer sur elle toute l’affection de l’empereur, mais lorsque celui-ci tomba malade sans cause connue, on commença à soupçonner sa vraie nature.

Folklore et légendes

Le récit de Tamamo-no-Mae est ancien ; son nom paraît déjà dans le Shinmeikyō de l’époque des Cours du Nord et du Sud. Pourtant, la vaste préhistoire que nous imaginons aujourd’hui—« un renard à neuf queues ayant parcouru les trois pays de l’Inde, la Chine et le Japon »—n’existait pas dès l’origine. Au stade de l’otogizōshi de l’époque de Muromachi Tamamo no Sōshi, Tamamo-no-Mae n’était encore qu’un vieux renard à deux queues, dépeint simplement comme une dame de cour érudite. Sa fusion avec les femmes fatales du continent telles que Daji et dame Huayang, rassemblées en un seul récit de renard à neuf queues, advint à la fin de l’époque d’Edo (vers 1800), lorsque des œuvres populaires comme l’Ehon Sangoku Yōfuden (Histoire illustrée de la femme ensorcelante des trois royaumes) de Takai Ranzan fixèrent son image.

L’épisode de son démasquage possède lui aussi des traditions enracinées dans des lieux précis. Percée à jour comme esprit-renard par un onmyōji, Tamamo-no-Mae fuit la cour vers la plaine de Nasu, en province de Shimotsuke. Au sanctuaire Tamamo Inari d’Ōtawara, dans la préfecture de Tochigi, une légende fondatrice survit encore : le renard traqué se changea en cigale et se cacha à l’ombre d’un cerisier, mais sa vraie forme, reflétée à la surface du Kagami-ga-ike (l’étang-miroir) du sanctuaire, fut découverte par l’armée qui le poursuivait.

À mesure que le récit se répandait, Tamamo-no-Mae devint aussi une vedette de la scène. À commencer par le théâtre de marionnettes (jōruri) de 1751 Tamamo-no-Mae Asahi no Tamoto, suivi d’une version augmentée de 1806 et du kabuki Tamamo-no-Mae Mizo no Misogi (1821) du quatrième Tsuruya Nanboku, elle fut jouée maintes fois en jōruri et en kabuki, et subsiste aujourd’hui au répertoire du bunraku. Dans l’image également, Toriyama Sekien fit figurer Tamamo-no-Mae dans son Konjaku Gazu Zoku Hyakki (1779).

Certains, du reste, voient l’ombre d’un fait historique dans cette intrigue d’une beauté sans pareille qui trouble le royaume à la faveur du souverain. Une hypothèse fait de la dame Bifukumon’in (Fujiwara no Nariko)—l’épouse aimée de l’empereur retiré Toba, au cœur des intrigues de la succession impériale—le modèle de Tamamo-no-Mae. Ce n’est toutefois qu’une conjecture, jamais confirmée comme fait historique.

Cartes de Yokai2

Tamamo-no-Mae dans plusieurs styles artistiques

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Explication détaillée

Cette version s’attache aux événements qui menèrent au démasquage et à la mort de Tamamo-no-Mae. Lorsque la maladie de l’empereur retiré Toba devint enfin grave, l’onmyōji Abe no Yasunari (inspiré du personnage historique d’Abe no Yasuchika), chargé d’en deviner la cause, désigna Tamamo-no-Mae elle-même comme la source du mal. Tandis que Yasunari célébrait des rites à la cour et la traquait, Tamamo-no-Mae ne put plus garder sa forme humaine ; révélant sa forme de renard, elle s’enfuit vers l’est, loin de la capitale.

L’endroit où elle se réfugia fut la plaine de Nasu, en province de Shimotsuke (les environs de l’actuelle Nasu, dans la préfecture de Tochigi). Pour soumettre l’esprit-renard tapi dans la lande et nuisant aux hommes et au bétail, la cour dépêcha des guerriers des provinces de l’est, Kazusa-no-suke Hirotsune et Miura-no-suke Yoshiaki. Les guerriers encerclèrent la lande, débusquèrent le renard et finirent par l’abattre à coups de flèches, selon la tradition. Les noms de ces guerriers qui tuèrent Tamamo-no-Mae recoupent ceux de véritables guerriers du Bandō de l’époque des Genpei—cas captivant où légende et histoire se racontent d’un même souffle.

Dans le récit, Tamamo-no-Mae a le plus souvent été dépeinte comme le type même de la « beauté qui renverse les royaumes »—celle qui, par sa beauté et son esprit, se hisse au sommet du royaume pour l’ébranler de l’intérieur. Pourtant, une fois abattue, elle fut consacrée dans un petit sanctuaire et vénérée comme une divinité. Si redoutable esprit-renard soit-elle, on ne peut s’empêcher d’en être charmé. C’est précisément cette dualité qui empêche Tamamo-no-Mae de se réduire à une simple méchante et en fait une figure aimée à travers les âges.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Caractère
Elle conquiert les cœurs par l’esprit et la beauté, mais dissimule une froideur résolue qui corrompra jusqu’à l’empereur pour parvenir à ses fins. Gracieuse et douce en surface, elle nourrit au-dedans une obstination que rien ne peut fléchir.
Affinités
Le centre du pouvoir, la cour raffinée ; sa force croîtrait à mesure qu’elle approche de l’orgueil et du désir des hommes
Capacités
Se métamorphoser en une beauté sans égaleGagner la faveur du souverain par l’érudition et l’éloquenceRendre les gens malades par une aura maléfiqueÉgarer le cœur des hommes par la magie illusoire
Faiblesses
  • Sa vraie nature est révélée par les prières et la divination des onmyōji
  • par les consécrations et les rites de soumission des dieux et des bouddhas
  • sa vraie forme se reflète sur l’eau ou dans un miroir
Habitat
La cour impériale, le Seiryōden, la plaine de Nasu en province de Shimotsuke

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Sources et références

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  1. 玉藻の草子著者不詳((御伽草子), 室町時代) [古典文献] Référence室町時代の御伽草子。鳥羽院に仕える美女玉藻前が狐と見破られる筋を伝える、玉藻前伝説の主要典拠。
  2. 神明鏡(天文9年(1540年)). Référence: p.66 [古典文献]
  3. 玉藻前はいつから九尾の狐になったのか寺島修一(武庫川女子大学, 2018) [研究]室町の御伽草子では尾二つの古狐で、九尾化と大陸前世譚の統合は江戸後期と論じる研究。
  4. 絵本三国妖婦伝高井蘭山((江戸期読本), 1803-1805) [古典文献] Référence高井蘭山による江戸後期の読本。天竺・唐土・本朝を渡る妖狐譚として妲己・華陽夫人・玉藻前を結びつける。
  5. 玉藻稲荷神社 縁起(栃木県大田原市) [社寺縁起]鏡が池に映った正体を見破られたとする玉藻前退治の縁起を伝える。那須野ゆかり。
  6. 玉藻前曦袂浪岡鯨児・浅田一鳥・安田蛙文ほか((人形浄瑠璃・豊竹座初演), 1751) [古典文献]玉藻前を主人公とする人形浄瑠璃。1806年の増補版が文楽で現行上演される。
  7. 今昔画図続百鬼「逢魔時」鳥山石燕(江戸東京博物館所蔵・国文学研究資料館国書データベース, 安永8年(1779)) [古典文献]黄昏を「百魅の生ずる時」とし、小児を外へ出すことを禁じる世俗と王莽時の見立てを記した原典図像。

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