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Heian Palace (Dairi) 帝の御座所に現れた怪異。平安京内裏という舞台

鵺・玉藻前・道真の雷・晴明の結界。宮中で起きた王朝怪異の現場

帝の御座所に現れた怪異。
平安京内裏という舞台

Heian Palace (Dairi) · へいあんきょうだいり

Aussi appelé: 大内裏 / 清涼殿
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平安京の中央北辺、朱雀大路を真北に詰めた先に、都の心臓があった。官庁街である大内裏(平安宮)に囲まれ、その中核に天皇の私的な御座所たる内裏が置かれる。即位や朝賀を行う大極殿、政務と儀礼の正殿である紫宸殿(南殿)、帝が日常を過ごす清涼殿 ── これらの殿舎は、律令国家が築いた最も神聖で、最も厳重に守られた空間だった。だからこそ、ここに現れた怪異は格が違う。山野に出る河童や山姥とは異なり、王権の核そのものに食い込む妖異だけが、この舞台に立つことを許された。

Nue

nou-É

Le Nue est l'un des yōkai les plus représentatifs du Japon, célèbre pour son apparence chimérique monstrueuse composée d'une tête de singe, d'un corps de tanuki, de membres de tigre et d'une queue de serpent. À l'origine, le mot « Nue » (鵼) était l'ancien nom d'un véritable oiseau (la grive de White) dont le chant nocturne, semblable à un « hyō, hyō » lugubre, était extrêmement redouté à l'époque de Heian car considéré comme un « sombre présage ». Dans *Le Dit des Heike*, le monstre abattu par Minamoto no Yorimasa était fondamentalement une « créature sans nom », le texte se contentant de préciser qu'il « poussait des cris effrayants semblables à ceux d'un nue ». Ce sont les générations ultérieures qui ont utilisé à tort le nom du chant de l'oiseau pour désigner le monstre lui-même, fixant ainsi son identité. Passant d'une « anomalie sonore » sans forme précise à une « bête composite » visuelle au fil des siècles, le Nue représente une entité extrêmement singulière et cruciale dans l'histoire des yōkai japonais.

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京都全体の妖怪文化 ── 結界都市の地理、御霊信仰、付喪神、葬送地の怪火まで ── は京都府の妖怪事典で宏観に辿った。本記事はそこから一歩踏み込み、内裏・大内裏というただ一つの舞台装置に焦点を絞る。紫宸殿の屋根に降りた怪鳥、清涼殿で正体を露わにした妖狐と雷神、大内裏に結界を張った陰陽師、朱雀門の楼上で笛を吹いた鬼 ── 帝の御座所で何が起きたと語り継がれたのか、殿舎ごとに見ていく。

都の心臓 ── 内裏という結界

まず舞台の構造を押さえておきたい。「大内裏」と「内裏」はしばしば混同されるが、別物である。大内裏(平安宮)とは、二官八省の官庁・朝堂院・豊楽院などを大垣で囲い込んだ区画全体を指す。その北寄りに置かれた天皇の住まいが内裏で、紫宸殿・清涼殿・後宮の殿舎群からなる。即位や元日朝賀のような国家儀礼は、本来は朝堂院の正殿たる大極殿で行われた。

ところが大極殿は火に弱かった。貞観十八年(876)、天喜六年(1058)と焼亡を重ね、安元三年(1177)の安元の大火で三たび炎上した後はついに再建されなかった。儀礼の機能は内裏の紫宸殿へ移り、紫宸殿が事実上の正殿となる。内裏自体も天徳四年(960)に初めて全焼して以来、幾度も焼け、平安中期からは天皇が貴族の邸宅を仮御所とする里内裏が常態化していった。つまり ── 王朝怪異の舞台となった内裏は、史実においては焼けては再建され、やがて空洞化していく不安定な空間だった。最も荘厳であるべき場所が、たえず崩壊の危機に晒されていた。怪異がここに集まるのは、偶然ではない。

その不安定さを制度として補強したのが陰陽寮であり、御霊会であり、鬼門の結界だった。怪を生む内裏と、それを鎮める装置とが、同じ城域の中で背中合わせに稼働していた。都を疫病から守る御霊会(神泉苑)が、貞観五年(863)に大内裏のすぐ南東の禁苑・神泉苑で初めて公式に営まれたのも、けっして偶然ではない。怪異がもっとも濃く湧くと考えられた王権の中枢に、鎮魂の儀礼もまた最短距離で配置されたのである。

紫宸殿に降りた怪鳥 ── 鵺と以津真天

内裏の正殿・紫宸殿(南殿)は、王朝怪異のなかでも特に「怪鳥」が降り立つ場所として記憶された。空から舞い降りる異形が、帝の真上の屋根に取りつく ── この垂直の構図が、紫宸殿という舞台に固有の恐怖を与えている。

Nue

nou-É

Le Nue est l'un des yōkai les plus représentatifs du Japon, célèbre pour son apparence chimérique monstrueuse composée d'une tête de singe, d'un corps de tanuki, de membres de tigre et d'une queue de serpent. À l'origine, le mot « Nue » (鵼) était l'ancien nom d'un véritable oiseau (la grive de White) dont le chant nocturne, semblable à un « hyō, hyō » lugubre, était extrêmement redouté à l'époque de Heian car considéré comme un « sombre présage ». Dans *Le Dit des Heike*, le monstre abattu par Minamoto no Yorimasa était fondamentalement une « créature sans nom », le texte se contentant de préciser qu'il « poussait des cris effrayants semblables à ceux d'un nue ». Ce sont les générations ultérieures qui ont utilisé à tort le nom du chant de l'oiseau pour désigner le monstre lui-même, fixant ainsi son identité. Passant d'une « anomalie sonore » sans forme précise à une « bête composite » visuelle au fil des siècles, le Nue représente une entité extrêmement singulière et cruciale dans l'histoire des yōkai japonais.

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『平家物語』巻第四「鵺」によれば、近衛天皇の御代、仁平年間(1151-1154)のこと、毎夜丑の刻になると東三条の森から黒雲が立ちのぼって御殿を覆い、帝は原因不明の御悩(病)に苦しんだ。召し出された弓の名手・源頼政が、山鳥の尾で矧いだ尖矢を黒雲めがけて放つと、頭は猿・胴は狸・手足は虎・尾は蛇という異形が墜ち、郎党の猪早太が刀でとどめを刺した。注目すべきは、原典で討たれたのは本来「名もなき怪物」であり、「鵺(トラツグミ)のように気味悪く鳴く」と形容されていたにすぎない点だ。後世、その鳴き声の主の名が怪物そのものの名へと転化し、合成獣のイメージが固定した。音の怪異が視覚的な妖怪へ変容する過程を、紫宸殿という具体的な現場が刻印している。

Itsumade

Itsumade

L'Itsumade est un gigantesque oiseau monstrueux possédant un visage humain, un bec crochu garni de dents semblables à celles d'une scie, un long corps de serpent et des serres aussi acérées que des épées. Son envergure aurait atteint près d'un *jō* et six *shaku* (environ 4,8 mètres). Surgissant dans le ciel nocturne, il terrifie les populations en poussant un cri lugubre qui résonne comme « itsumade, itsumade ». L'origine de ce *yōkai* remonte à un épisode mettant en scène un « oiseau monstrueux » anonyme, relaté dans le douzième rouleau du *Taiheiki* (chronique guerrière majeure rédigée au XIVe siècle), intitulé « L'affaire de Hiroari abattant l'oiseau monstrueux ». À l'automne de la première année de l'ère Kenmu (1334), alors qu'une épidémie ravageait Heian-kyō (Kyoto) et semait la mort, la créature venait chaque nuit se poser sur le toit du Shishinden (le palais impérial) pour y pousser ses cris lugubres. La légende raconte que le maître archer Oki no Jirōzaemon Hiroari parvint brillamment à l'abattre. Il est important de souligner que dans les textes classiques, cet oiseau a toujours été qualifié de simple « oiseau monstrueux », sans posséder de nom propre. Ce n'est qu'à l'époque d'Edo, lorsque le peintre Toriyama Sekien l'a inclus dans son ouvrage *Konjaku Gazu Zoku Hyakki* (1779) en attribuant les idéogrammes « Itsumade » à son cri, qu'il a pris la forme d'un *yōkai* à part entière. Les encyclopédies modernes sur les *yōkai* expliquent souvent qu'il « apparaît près des cadavres abandonnés lors de guerres ou de famines, criant pour demander "jusqu'à quand (*itsumade*) ces corps resteront-ils exposés aux intempéries" ». Cependant, ce lien direct avec les « cadavres » est absent des documents médiévaux et de l'époque moderne : il s'agit d'une interprétation ultérieure, élaborée à l'époque contemporaine, visant à rationaliser le contexte de l'épidémie décrit dans le *Taiheiki*.

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それから約二百年後、同じ紫宸殿の上空に、もう一羽の怪鳥が現れる。『太平記』巻第十二「広有射怪鳥事」が伝える建武元年(1334)秋の事件である。疫病が蔓延して死者の絶えない都で、毎夜紫宸殿の上に飛来して「いつまで、いつまで」と鳴く怪鳥があった。公卿たちはかつて頼政が鵺を射た故事に倣い弓の達人を探し、隠岐次郎左衛門広有が雁股の鏑矢でこれを射落とす。落ちた鳥は、人のような頭、鋸状の歯を備えた曲がった嘴、蛇のごとき胴、剣のように鋭い蹴爪を持っていた。古典では一貫して「怪鳥」としか呼ばれず、以津真天の名は、江戸期に鳥山石燕がその鳴き声に漢字を当てて初めて与えたものである。広有が頼政の先例を範としたという『太平記』の語り口こそ、紫宸殿が「怪鳥退治の舞台」として様式化していたことの何よりの証左だろう。なお、現代の図鑑が説く「放置された死体の傍で鳴く」という解釈は、『太平記』の疫病という背景を近代に再構成した後付けで、中世の原典には見えない。

帝を悩ませた妖狐 ── 清涼殿の玉藻前

紫宸殿が儀礼の表舞台なら、清涼殿は帝が日常を過ごす私的な御殿である。その奥深い空間に、絶世の美女の姿で入り込んだ妖が玉藻前だった。

Tamamo-no-Mae

Tamamo-no-Mae

Tamamo-no-Mae est une beauté sans égale qui, à la fin de l’époque de Heian, aurait servi l’empereur retiré Toba. On tient sa vraie forme pour celle d’un renard à neuf queues, mais en tant qu’humaine, Tamamo-no-Mae a surtout été célébrée comme une dame de cour d’une beauté rare et d’un profond savoir. La poésie et la musique allaient de soi, mais des écritures bouddhiques jusqu’aux récits anciens de l’Inde et de la Chine, elle répondait à toute question sans la moindre hésitation, au grand étonnement de la cour. Le nom de « Tamamo-no-Mae » porte lui aussi son histoire. Une nuit, au cœur d’un banquet de poésie et de musique au Seiryōden, un coup de vent éteignit les lampes ; dans l’obscurité, une lumière éblouissante jaillit de son corps et éclaira la salle comme en plein jour. De là vint son nom de « Tamamo-no-Mae », c’est-à-dire la dame aux algues lumineuses comme des joyaux . Auparavant, dit-on, on l’appelait Mikuzume. Elle finit par concentrer sur elle toute l’affection de l’empereur, mais lorsque celui-ci tomba malade sans cause connue, on commença à soupçonner sa vraie nature.

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鳥羽上皇に仕えた玉藻前は、和歌・管弦から『玉藻の草子』の説く天竺・震旦の故事まで、どんな問いにもよどみなく答える才媛として宮廷の人々を驚かせた。その名の由来も清涼殿に結びつく。ある夜、清涼殿での詩歌管弦の宴のさなか、一陣の風が灯火を吹き消すと、暗闇の中で彼女の身からまばゆい光が放たれ、あたりを昼のように照らした ── 玉のように光る藻、で「玉藻前」と呼ばれるようになったという。しかし上皇が原因不明の病に倒れると、寵姫の正体が疑われていく。

ここで重要な史実と物語の区別を一つ。正体を見破ったのは陰陽師・安倍泰成(物語によっては泰親とも)であり、後述の安倍晴明その人ではない。泰成は晴明の直系子孫にあたる陰陽師で、多くの作品で晴明本人は登場しない ── 「晴明が玉藻前を退治した」という俗説はしばしば見かけるが、原拠に照らせば誤りである。泰成の祓いによって変身を解かれた九尾の狐は宮中を脱して下野国那須野へ逃れ、討たれた後に殺生石となった。なお、いま広く知られる「インド・中国・日本の三国を渡った九尾の狐」という壮大な前世譚は最初からあったものではなく、室町の御伽草子では尾が二つの古狐にすぎず、九尾の物語にまとまるのは江戸後期の読本においてである。清涼殿という帝の最も近い場所に妖が忍び込んだという構図こそが、この物語の核心にある。

雷神となった怨霊 ── 清涼殿落雷と道真

同じ清涼殿は、もう一つ別の、しかし史実に裏打ちされた怪異の現場でもある。妖狐が忍び込んだ御殿に、今度は天が雷を落とした。

Sugawara no Michizane

Sugawara no Michizane

Sugawara no Michizane fut un lettré et poète de langue chinoise de l'époque de Heian, devenu ministre de la Droite ; après sa mort, il fut compté parmi les esprits vengeurs les plus redoutés du Japon, puis vénéré dans tout le pays sous le nom de Tenman-Tenjin, le dieu du savoir. Né dans la maison savante des Sugawara, il fut en faveur sous les deux règnes d'Uda et de Daigo, mais la quatrième année de Shōtai (901), calomnié par le ministre de la Gauche Fujiwara no Tokihira, il fut rétrogradé à Dazaifu, où il mourut dans la détresse la troisième année d'Engi (903). Après sa mort, la capitale connut une succession de décès parmi ses ennemis politiques, à commencer par Tokihira, puis la peste et la sécheresse, que la rumeur attribuait à la malédiction de Michizane, englouti par une accusation mensongère. Surtout, la foudre qui s'abattit sur le Seiryōden du palais la huitième année d'Enchō (930), faisant de nombreux morts et blessés parmi les nobles, fixa la conception de Michizane comme Karai-Tenjin, la « divinité céleste du feu et de la foudre » maniant l'éclair. Pour apaiser cet esprit déchaîné, la cour le vénéra comme un dieu, et le culte de Tenjin se répandit depuis Kitano Tenmangū à Kyoto et Dazaifu Tenmangū, bâti sur sa tombe. Redouté d'abord comme divinité porteuse de malédiction, Tenjin changea peu à peu de nature — en raison du savoir éminent de Michizane de son vivant — pour devenir gardien de l'étude et des lettres ; et à l'époque pré-moderne, avec l'essor des écoles terakoya, il fut chéri jusque parmi le peuple comme le dieu qui accorde la réussite aux études et lave les fausses accusations. Le prunier qu'il aima tant de son vivant et la foudre qu'il maniait en esprit vengeur survivent aujourd'hui comme ses emblèmes.

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昌泰四年(901)、右大臣菅原道真は左大臣藤原時平の讒言により大宰府へ左遷され、延喜三年(903)に失意のうちに没した。その後、都では時平ら政敵の相次ぐ死や疫病・旱魃が続き、道真の祟りと噂される。そして延長八年(930)、雨乞いを議すため醍醐天皇が臨席した清涼殿への落雷で、道真を大宰府で監視していたとされる大納言藤原清貫が胸を裂かれて即死、右中弁平希世も顔を焼かれて落命した。惨状を目にした醍醐天皇は病に臥し、三月のうちに崩じる。この一事が、道真を雷を操る「火雷天神」とみなす信仰を決定づけた。雷神と化した道真が都に臨み清涼殿を撃つさまは、鎌倉期の『北野天神縁起絵巻』に鮮やかに描かれている。

鵺や玉藻前が物語の怪であるのに対し、清涼殿落雷は『日本紀略』ほかの史書に記録された実際の落雷事故である点を強調しておきたい。多数の死傷者を出した宮中の惨事という史実があり、その上に怨霊と雷神の信仰が築かれた。朝廷はこの荒ぶる霊を鎮めるため天暦元年(947)に北野天満宮を営み、祟り神を国家公認の神へと反転させた。怪を生む内裏と、それを鎮める装置とが背中合わせに稼働するという都の構造が、ここに最も劇的な形で現れている。道真は平将門・崇徳天皇とともに「日本三大怨霊」に数えられるが、この三者を一括りにする呼称自体は江戸期に広まった近世の枠組みである。

結界を守る陰陽師 ── 大内裏と安倍晴明

怪を鎮める側の中枢が、大内裏に置かれた陰陽寮であり、その象徴的人物が安倍晴明だった。

Abe no Seimei

a-BÉ no SEI-mé

Personnage attesté des sources du milieu de l’époque de Heian, onmyōji de la cour. Élève du clan Kamo, il maîtrisa astronomie, calendrier et divination, et officia aux rites de purification et aux pas rituels (henbai) à la cour. Les journaux de l’époque témoignent de la confiance que lui accordèrent les empereurs Kazan et Ichijō ainsi que Fujiwara no Michinaga. Il devint aussi docteur en astronomie et contribua à établir la lignée onmyōdō de la maison Abe (famille Tsuchimikado). Plus tard, les récits amplifièrent son image de thaumaturge, faisant de lui l’archétype du chasseur d’esprits et maître des shikigami.

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晴明は平安中期に実在した陰陽師である。賀茂忠行・保憲父子に天文道・陰陽道を学び、宮廷で天文・暦・卜占を司り、祓や反閇を奉仕したと史料に記される。花山・一条両天皇や藤原道長の信を得た記事が日記類に残る ── ここまでは史実だ。重要なのは、陰陽寮が呪術の役所ではなく、天文・暦・占筮を司る正式な律令官庁であり、大内裏の一画を占めていたという事実である。その官庁が宮中の中枢にあり、実在の晴明が権力者の信任を得ていた ── この骨格があったからこそ、説話は際限なく育つ余地を持った。

『今昔物語集』巻二十四には、少年期に師の供をして百鬼夜行に出会い難を察した話、播磨の陰陽師の式神を逆に隠して降参させた話、草の葉で蛙を呪殺してみせた話などが載り、式神使いの名手として晴明を描く。『大鏡』は花山天皇出家の夜、晴明が天変を見て式神を内裏へ遣わそうとした件を伝え、史的文脈にもその名を残す。晴明邸跡(堀川一条)に寛弘四年(1007)創建された晴明神社の近く、一条戻橋の下には十二神将(式神)が隠されていたという伝説も、こうした説話の累積から生まれた。晴明撰と伝える『簠簋内伝』が後世の仮託であることも、伝説化の過程をよく示している。前章の玉藻前の正体を見破ったのが晴明本人ではなくその子孫の泰成だった点と合わせて読むと、「内裏の怪を祓う陰陽師」という像が、実在の晴明を核に何代もかけて結晶していったことが見えてくる。

朱雀門と都の四方 ── 南を守る朱雀

最後に、内裏から朱雀大路を真南へ下った先、大内裏の正門である朱雀門に目を向けたい。門は内と外の境界であり、境界には怪が宿る。

朱雀門にまつわる怪異で名高いのが、笛の名手・源博雅と鬼の物語である。『十訓抄』によれば、博雅が月の夜に朱雀門のあたりで笛を吹いていると、同じく見事に笛を吹く者が現れ、互いに言葉を交わさぬまま笛を取り換えた。後にその笛が名笛「葉二(はふたつ)」であったと判明する。博雅の死後、帝が笛の名手・浄蔵に朱雀門でこれを吹かせたところ、楼上から「なほ逸物かな(やはり名器よ)」という声が響き、その笛がもともと朱雀門の鬼の持ち物だったことが初めて知れたという。羅城門の鬼が死体と恐怖の象徴であったのに対し、朱雀門の鬼は風流を解する存在として語られる ── 同じ都の南北の門でも、宿る怪の性格が対照をなしている点が面白い。都の正門たる羅城門の楼上が、『今昔物語集』巻二十九では死体の捨て場と化していたと記されるのと比べれば、朱雀門に月夜の笛を吹く鬼を置いた感性は、いかにも王朝らしい優雅さをまとっている。境界に宿る怪を、恐怖としても、風雅としても語り分けられる ── そこに都人の想像力の幅があった。

その「朱雀」という名そのものが、都の方位を司る守護神に由来する。

Suzaku (l'Oiseau Vermillon)

Suzaku

Suzaku, l'Oiseau Vermillon, est l'un des Quatre Symboles qui gardent le sud, l'oiseau numineux qui façonne en forme d'oiseau les sept loges lunaires méridionales du ciel. Dans les Cinq Phases il est assigné au Feu, dans les cinq couleurs au vermillon (rouge), et dans les saisons à l'été. Dans les classiques il est souvent écrit « Moineau Vermillon », et le chapitre « Qu Li » du Livre des Rites fait des Quatre Symboles des marqueurs de direction — « l'Oiseau Vermillon devant, la Tortue Noire derrière ». Reçu dans le Japon antique avec la pensée chinoise de la direction et des Cinq Phases, son nom demeure dans l'avenue Suzaku et la porte Suzaku de Heian-kyō.

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朱雀は、南方を守護する四神の一にして、天の南方七宿を鳥の形に象った霊鳥である。五行では火、五色では朱(赤)、季節では夏に配され、『礼記』曲礼は「前朱鳥にして後玄武」と四神を方位の標とした。中国に成立した方位・五行の思想とともに古代日本へ受容され、平安京の都市設計にそのまま刻み込まれた。都の中央を南北に貫く大路は朱雀大路と名づけられ、その北端で大内裏に接する正門が朱雀門、南端の都の正門が羅城門である。鬼が笛を吹いた朱雀門も、頼政が射た鵺も、雷が落ちた清涼殿も ── 内裏という心臓と、それを取り巻く四方の守りという都市の幾何学のなかに、すべてが配置されていた。北東に鬼門の比叡山、南に朱雀の守り、中心に天皇。平安京の妖怪は、この座標系の上で語られたのである。

結び ── 消えた御殿、
残った物語

ここまで殿舎ごとに辿ってきた怪異には、一つの逆説が貫いている。舞台となった建物の多くは、もはや現存しない。大極殿は安元の大火(1177)を最後に再建されず、内裏は天徳四年(960)以来くりかえし焼け、やがて天皇は里内裏へ移った。紫宸殿も清涼殿も朱雀門も、いま京都市街にその実物を見ることはできない ── 大内裏の故地はおおむね住宅地と化し、わずかな石標と地名(千本通・大宮通など)が往時の区画をしのばせるにすぎない。

それでも鵺は射られ続け、玉藻前は正体を露わにし続け、雷は清涼殿を撃ち続け、鬼は朱雀門で笛を吹き続ける。建物が灰になっても、そこで起きたと語られた怪異は、能の『鵺』に、御伽草子に、石燕の絵図に、現代のゲームや漫画へと転生し、いまも生き延びている。平安京内裏は、物理的にはとうに失われ、物語のなかでだけ稼働し続ける舞台装置である。 京都という都市が千二百年にわたって妖怪を可視化してきた営みの、最も古く最も格高い震源地が、この帝の御座所だった。より広い京都の妖怪世界 ── 大江山の鬼、宇治の橋姫、四方の山の天狗、室町の付喪神 ── については、京都府の妖怪事典で続きを辿ってほしい。

Tous les yokai de Heian Palace (Dairi)6

Liste complète des yokai liés à Heian Palace (Dairi), y compris ceux non traités dans l'article ci-dessus.

  • Suzaku (l'Oiseau Vermillon)

    Suzaku (l'Oiseau Vermillon)

    Divin

    Suzaku

    Suzaku, l'Oiseau Vermillon, gardien du sud

    Métamorphoses animalesChine (gardien du sud parmi les Quatre Symboles ; son nom subsiste dans l'avenue Suzaku et la porte Suzaku de Heian-kyō)

    La clé pour lire Suzaku réside dans son symbolisme directionnel d'« oiseau de feu du sud » et dans sa subtile distinction d'avec le phénix. Son origine est dans les étoiles du ciel. L'astronomie chinoise assimila la chaîne des sept loges méridionales (Puits, Fantôme, Saule, Étoile, Filet, Ailes, Char) à une forme d'oiseau, et en fit l'Oiseau Vermillon. Le « Traité des configurations célestes » du Huainanzi fait de l'empereur du sud l'Empereur des Flammes et de sa bête l'Oiseau Vermillon, l'assignant au Feu, à l'été et à la couleur vermillon. L'« Oiseau Vermillon devant, Tortue Noire derrière » du « Qu Li » du Livre des Rites et l'Oiseau Vermillon du palais méridional du « Traité des offices célestes » des Mémoires historiques relèvent du même système. Le vermillon de Suzaku est la couleur de la phase du Feu, figurant le ciel méridional embrasé de l'été. La relation entre Suzaku et le phénix demande de la prudence. Parce que leurs images et connotations auspicieuses se ressemblent étroitement, les deux tendent à être identifiés, mais Suzaku appartient aux Quatre Symboles (d'origine astronomique et directionnelle) et le phénix aux Quatre Bêtes auspicieuses (les bêtes numineuses aux côtés du qilin, de la tortue numineuse et du dragon répondant) — ce sont des oiseaux numineux de catégories originellement différentes. Plutôt que de déclarer « Suzaku = phénix », il est plus exact de saisir qu'ils ont été évoqués comme se recouvrant en raison de leur étroite ressemblance. Au Japon, la notion de sud = Suzaku fut gravée dans la capitale. L'avenue Suzaku et la porte Suzaku de Heian-kyō en sont les traces. Pour l'iconographie subsistante, il y avait les peintures des Quatre Symboles de la tombe de Takamatsuzuka, mais le Suzaku de la paroi sud fut perdu par pillage, et la complétude aux quatre directions se limite à la tombe de Kitora. L'oiseau de feu du sud, si aisément perdu, déploie encore ses ailes dans la chambre de pierre d'Asuka.

  • Sugawara no Michizane

    Sugawara no Michizane

    Divin

    Sugawara no Michizane

    Tenman Daijizai Tenjin : Michizane

    Esprits divins et divinitésKitano Tenmangū (Kyoto) et Dazaifu Tenmangū (l'esprit déifié de Sugawara no Michizane)

    Cette édition suit, dans le détail et au plus près de la chronologie et de l'iconographie, comment un seul homme de lettres devint un dieu de la foudre puis se changea en dieu du savoir — ces deux métamorphoses. La transformation de Michizane en esprit vengeur ne commença pas aussitôt après sa mort. La huitième année d'Engi (908) mourut son ancien disciple Fujiwara no Sugane ; l'année suivante, la neuvième d'Engi (909), l'auteur même de son exil, Fujiwara no Tokihira, mourut à trente-neuf ans ; et la vingt-troisième année d'Engi (923) trépassa le prince héritier Yasuakira. Cette année-là, la cour rétablit Michizane comme ministre de la Droite et lui conféra à titre posthume le premier rang inférieur, l'absolvant de toute faute — mais les calamités ne cessèrent pas, et la troisième année d'Enchō (925), le prince héritier suivant, Yoshiyori-ō, quitta lui aussi le monde à cinq ans seulement. Le processus par lequel cette chaîne de décès en vint à être ressentie par les habitants de la capitale comme la malédiction de l'innocent Michizane est la genèse même de la croyance au goryō. Son apogée fut la foudre sur le Seiryōden la huitième année d'Enchō (930). L'éclair qui frappa le palais en plein conseil de prière pour la pluie tua sur le coup Fujiwara no Kiyotsura, qui avait surveillé Michizane à Dazaifu, et brûla l'un après l'autre les nobles présents. La lecture de la foudre comme volonté de Michizane devint ici décisive, et l'esprit, dépassant le simple revenant vengeur, fut sublimé en une divinité redoutable nommée Karai-Tenjin, Tenman Daijizai Tenjin et Nihon Daijō Itoku-ten — une divinité qui commande la foudre. Le Rouleau enluminé des origines de Kitano Tenjin de l'époque de Kamakura dépeint cette scène de transformation en dieu de la foudre comme le chef-d'œuvre du rouleau, et l'image de Tenjin menant les nuées orageuses projeta son ombre jusque sur les peintures ultérieures des dieux du vent et de la foudre de Tawaraya Sōtatsu et d'autres. L'iconographie de Tenjin compte deux lignées contrastées. L'une est le Karai-Tenjin déchaîné des rouleaux d'origines, monté sur les nuées et lançant la foudre. L'autre est l'image posée d'un homme de lettres et fonctionnaire en habit de cour tenant un sceptre (shaku), un prunier à ses côtés — et ce fut là l'image standard du dieu du savoir. Le « Tenjin passé en Chine » (Totō Tenjin), vêtu à la chinoise, portant un sac et tenant un rameau de prunier, est une variante fondée sur un récit du milieu zen selon lequel Michizane traversa en une nuit jusqu'à un maître zen des Song pour en recevoir l'enseignement. Le déplacement du centre de gravité, de l'esprit vengeur au dieu du savoir, progressa lentement. Dès le milieu de l'époque de Heian, il était loué dans les prières rituelles comme un dieu miséricordieux présidant aux lettres et à la droiture, et la quatrième année de Shōryaku (993), le premier rang supérieur posthume et la charge de chancelier lui furent conférés, restaurant pleinement son honneur. Mais son installation populaire comme dieu de la réussite aux études vint bien plus tard, à l'époque d'Edo, avec l'essor des écoles terakoya. L'image de Michizane, le savant éminent de son vivant, fut accrochée dans les lieux d'apprentissage de l'écriture, et comme gardien de la lecture, de l'écriture et de l'étude, Tenjin se défit de la frayeur du dieu de la foudre et se répandit dans les sanctuaires Tenmangū de tout le pays.

  • Abe no Seimei

    Abe no Seimei

    Légendaire

    a-BÉ no SEI-mé

    Version Traditionnelle • Onmyōji Seimei

    Fantômes et EspritsPays de Yamashiro (Kyoto), origine précise inconnue

    Figure d’Abe no Seimei formée autour de l’image d’un onmyōji de cour attestée par les sources, enrichie par les récits postérieurs. Il apparaît surtout comme praticien des astres, du calendrier, de la mantique et des rites de purification, présidant aux cérémonies telles que le henbai, la lustration et le changement d’orientation propice. Les shikigami furent d’abord décrits comme principes techniques de l’onmyōdō ou entités auxiliaires, symboles de transmissions secrètes familiales. Les prières pour la pluie et la guérison des épidémies s’entendaient comme régulation sociale fondée sur la connaissance des saisons, des astres et des directions, alliée aux cultes publics. Dès l’époque moderne, Seimei fut légitimé comme ancêtre des Tsuchimikado et vit se multiplier miracles et légendes dans les temples, sanctuaires et conteurs, superposant le fonctionnaire historique et le thaumaturge des récits, fixant son nom comme emblème de l’onmyōdō.

  • Tamamo-no-Mae

    Tamamo-no-Mae

    Légendaire

    Tamamo-no-Mae

    Tamamo-no-Mae, le renard à neuf queues aimé de l’empereur Toba

    Animaux métamorphesKyoto et la plaine de Nasu, dans la préfecture de Tochigi (de la faveur impériale à sa mise à mort à Nasu)

    Cette version s’attache aux événements qui menèrent au démasquage et à la mort de Tamamo-no-Mae. Lorsque la maladie de l’empereur retiré Toba devint enfin grave, l’onmyōji Abe no Yasunari (inspiré du personnage historique d’Abe no Yasuchika), chargé d’en deviner la cause, désigna Tamamo-no-Mae elle-même comme la source du mal. Tandis que Yasunari célébrait des rites à la cour et la traquait, Tamamo-no-Mae ne put plus garder sa forme humaine ; révélant sa forme de renard, elle s’enfuit vers l’est, loin de la capitale. L’endroit où elle se réfugia fut la plaine de Nasu, en province de Shimotsuke (les environs de l’actuelle Nasu, dans la préfecture de Tochigi). Pour soumettre l’esprit-renard tapi dans la lande et nuisant aux hommes et au bétail, la cour dépêcha des guerriers des provinces de l’est, Kazusa-no-suke Hirotsune et Miura-no-suke Yoshiaki. Les guerriers encerclèrent la lande, débusquèrent le renard et finirent par l’abattre à coups de flèches, selon la tradition. Les noms de ces guerriers qui tuèrent Tamamo-no-Mae recoupent ceux de véritables guerriers du Bandō de l’époque des Genpei—cas captivant où légende et histoire se racontent d’un même souffle. Dans le récit, Tamamo-no-Mae a le plus souvent été dépeinte comme le type même de la « beauté qui renverse les royaumes »—celle qui, par sa beauté et son esprit, se hisse au sommet du royaume pour l’ébranler de l’intérieur. Pourtant, une fois abattue, elle fut consacrée dans un petit sanctuaire et vénérée comme une divinité. Si redoutable esprit-renard soit-elle, on ne peut s’empêcher d’en être charmé. C’est précisément cette dualité qui empêche Tamamo-no-Mae de se réduire à une simple méchante et en fait une figure aimée à travers les âges.

  • Nue

    Nue

    Légendaire

    nou-É

    Le monstre abattu par Minamoto no Yorimasa, le Nue

    Créature métamorphePalais intérieur de Heian-kyō (actuelle ville de Kyoto, préfecture de Kyoto) — abattu par Minamoto no Yorimasa, son cadavre flotta sur le fleuve Yodo et fut enterré au tertre du Nue (Nuezuka) à Osaka

    Il s'agit de l'interprétation de la chimère nimbée de nuages noirs, telle qu'elle fut abattue par Minamoto no Yorimasa. Dans cette version, le Nue n'est pas un simple prédateur physique. Il opère plutôt comme une sorte de « cyborg occulte », l'incarnation charnelle et la coagulation de l'« anxiété indicible » et de la « pathologie politique » qui rongeaient la société aristocratique de l'époque. Du point de vue de la recherche moderne sur les yōkai et de l'Onmyōdō (voie du Yin et du Yang), on considère que les animaux composant le Nue symbolisent les « quatre coins » (les frontières) dans la cosmologie des directions (liées au zodiaque chinois). Plus précisément, le singe représente le « Sud-Ouest (Hitsujisaru) », le tigre incarne la porte des démons au « Nord-Est (Ushitora) », et le serpent correspond au « Sud-Est (Tatsumi) ». Alors que les quatre points cardinaux structurent un monde d'ordre stable, les quatre coins sont perçus comme des marges instables ouvrant sur l'au-delà. Le Nue est donc l'incarnation du chaos, un assemblage né « en dehors de l'ordre ». Ce qui est encore plus fascinant, c'est l'absence charnelle des animaux correspondant à l'ultime direction, le « Nord-Ouest (Inui) », c'est-à-dire le « sanglier (Inoshishi) » et le « chien (Inu) ». Pourtant, dans *Le Dit des Heike*, le vassal qui s'élance pour achever le Nue transpercé par la flèche de Yorimasa s'appelle « Ino Hayata » (où "Ino" s'écrit avec le caractère du sanglier). Certains y voient un symbolisme d'une extrême précision : ce n'est qu'avec l'ajout de cet ultime point cardinal manquant (le sanglier) que l'espace magique constituant le Nue est achevé, entraînant du même coup sa destruction. La méthode par laquelle le Nue rendait l'Empereur malade ne reposait pas sur une violence directe, mais sur la pollution du « ki » provoquée par ses cris semblables à des lamentations lugubres et la pression visuelle étouffante des nuages noirs. Le Nue s'affirme ainsi comme l'un des plus grands monstres politiques de l'histoire du Japon : la manifestation sous forme de chimère du déclin de l'autorité royale et de l'atmosphère trouble de la fin de l'époque de Heian, période charnière voyant l'effondrement de l'aristocratie au profit de l'ascension des guerriers.

  • Itsumade

    Itsumade

    Épique

    Itsumade

    Itsumade, l'annonciateur de mort

    Animal métamorphePalais intérieur Shishinden de Heian-kyō (actuelle ville de Kyoto, préfecture de Kyoto) — L'oiseau monstrueux du Taiheiki, également lié au mont Hira

    Cette version, 'Le héraut de la mort criant Itsumade (Jusqu'à quand) / Itsumaden', va au-delà du simple oiseau monstrueux physique pour souligner son aspect d'« oiseau prophétique de mauvais augure » qui incarne l'anxiété de la société de son époque. Dans le *Taiheiki*, l'apparition de cet oiseau monstrueux coïncide avec les bouleversements politiques de la Restauration de Kenmu (1334). Le cri de l'oiseau « Itsumade (Jusqu'à quand ?) » attise superficiellement la peur de la mort due aux épidémies, mais dans un contexte littéraire et historique, il fonctionne comme une allégorie politique représentant le cri de détresse du peuple épuisé par le règne direct de l'empereur Go-Daigo : « Jusqu'à quand cette guerre et ces souffrances vont-elles durer ? ». Dans la littérature médiévale, l'apparition d'un monstre sur le toit du palais impérial (Shishinden) signifiait un avertissement céleste (châtiment divin) contre l'instabilité de l'autorité royale et le manque de vertu. De plus, la séquence de l'extermination de cet oiseau monstrueux est une forte répétition du « modèle » de l'extermination du Nue par Minamoto no Yorimasa dans *Le Dit des Heike*. La structure – une chimère non identifiée apparaissant la nuit au palais, sa soumission par un maître archer, et la récompense accordée par l'empereur – a servi de dispositif épique pour héroïser Oki Jirozaemon Hiroari en tant que « nouveau Yorimasa », décorant ainsi l'autorité du gouvernement de Kenmu qui le commandait. Cependant, alors que le Nue criait avec une voix « semblable à celle d'un bulbul », le fait que cet oiseau prononce le mot « Itsumade », qui ressemble clairement à une parole humaine, lui confère une malédiction beaucoup plus directe sur son époque. À l'époque d'Edo, lorsque Toriyama Sekien l'a dessiné dans son *Konjaku Gazu Zoku Hyakki*, il a ajouté l'image de la créature crachant des flammes terrifiantes. Le texte original du *Taiheiki* ne contient absolument aucune description de crachement de feu. On pense que c'est le résultat de la superposition de l'imagerie de phénomènes lumineux mystérieux volant dans le ciel nocturne et du « Kasha » (chariot de feu) qui transporte la rancœur des morts. L'impact visuel de ces « flammes » et de cet « oiseau monstrueux nocturne » a de manière décisive orienté son interprétation vers un esprit vengeur durant la période Showa ultérieure, décrit comme « un monstre né de la rancune émise par des cadavres abandonnés ». Dans cette version, Itsumaden n'est pas un simple rapace qui attaque les gens ; il se rapproche d'un « arbitre » qui se manifeste en utilisant l'énergie des malédictions des morts sans sépulture et les distorsions de la société. Par conséquent, son cri fonctionne comme une froide sentence de mort qui frappe directement l'esprit de celui qui l'entend bien plus qu'une attaque physique, en posant la question : « Jusqu'à quand ton destin (ou tes péchés) tiendra-t-il ? ».

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