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Funa-yūrei

fu-na-yū-rei

Funa-yūrei

Funa-yūrei

Son âme vous écoute — adressez-lui la parole et elle vous répondra.

Description de base

Les Funa-yūrei sont les esprits de personnes mortes en mer qui réapparaissent au large. Selon les régions, ils prennent la forme d’un bateau, de revenants, de feux mystérieux ou d’une ombre comparable à un Umibōzu. Ils se manifestent souvent les nuits de tempête ou de brouillard. Certains versent de l’eau de mer dans les embarcations à l’aide d’une louche jusqu’à les couler ; d’autres égarent les marins et les poussent vers les récifs. Pour les tromper, on leur tend une louche dont le fond a été retiré, on jette des boulettes de riz ou de la cendre, ou on les fixe sans détour, selon la coutume locale. Ils sont également appelés Mōjasen, Bōko ou Ayakashi. Toriyama Sekien les a représentés dans le Konjaku Gazu Zoku Hyakki.

Folklore et légendes

Dans l’Ehon Hyaku Monogatari de Takehara Shunsensai, les Funa-yūrei de la mer occidentale sont les esprits des membres du clan Taira. Près de Dan-no-ura, dans le détroit de Kanmon, des guerriers en armure réclament un hisage, un récipient servant à verser. Pour leur échapper, les marins préparaient un bol ou une louche sans fond et la remettaient aux morts lorsqu’ils la demandaient. Cette pratique est attestée à Dan-no-ura, mais aussi sur les côtes de Fukushima, à Hirado dans la préfecture de Nagasaki et sur l’île de Goshoura à Kumamoto.

Les protections varient fortement. À Miyagi, il faudrait arrêter le bateau et soutenir le regard des esprits ; à Kōchi, jeter de la cendre ou des gâteaux de riz ; à Nagasaki, lancer des nattes de chaume ou de la cendre ; à Kōzushima, dans l’archipel d’Izu, offrir des fleurs parfumées ou des boulettes. À Chiba, une voix demande « prête-moi ta louche » et l’on survit en lui tendant un ustensile percé. Un autre interdit affirme que si l’on pêche le seizième jour d’Obon, les morts s’approchent du plat-bord et tentent de faire sombrer le bateau. Les Funa-yūrei ont ainsi été redoutés comme les esprits collectifs des naufragés, particulièrement présents pendant Obon ou lorsque la mer se déchaîne.

Cartes de Yokai3

Funa-yūrei dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

6 formes différentes de Funa-yūrei ont été identifiées. Chacune a des caractéristiques et personnalités uniques.

Mendiants de teiko de Dan-no-ura

À propos de Mendiants de teiko de Dan-no-ura:

Les déchus du clan Heike engloutis à la bataille de Dan-no-ura approchent les bords des bateaux aux carrefours des courants de l'Ouest et lors des nuits de brume, ruisselant d'eau de leurs cuirasses et quémandant un teiko, une louche. Visages pâles, yeux rougis par le sel, voix rauques mais toujours courtoises selon l'étiquette guerrière. Comme en campagne, ils gardent leur ordre en mer: l'éclaireur appelle, puis une multitude de mains s'accrochent aux bordages. Si la louche remise a un fond intact, ils y puisent la mer dans le bateau, l'alourdissant en silence jusqu'au naufrage. Les anciens navigateurs percent le fond des bols et louches et les attachent au plat-bord: reçus ainsi, l'eau s'écoule et seule la rancœur se disperse dans le flot. Un office funèbre peut dissoudre leurs ombres: les ombres de casques se fondent dans la brume, les chaînes d'armure se mêlent au ressac. Ils ne noient pas à l'aveugle, mais s'approchent de ceux qui ignorent les usages ou bravent la mer avec arrogance, pour graver leur chute dans la mémoire du monde. Aux 16 du Bon, aux equinoxes, aux jours anniversaires des combats, leurs pas se font proches quand la mer se fige, et des feux follets alignés reflètent l'ancienne flotte. Cendres, gâteaux, fleurs d'encens, boulettes apaisent leur acharnement: jetées à l'étrave, une vague comme une manche de danseuse blanchie renvoie le bateau au large. Un regard ferme peut les faire reculer, non par force de l'œil, mais parce que le vivant voit vraiment le mort et dénoue le nœud des souffles. Leur essence est la stagnation du ki décrite par Yamaoka Mototika, rancune fuligineuse prise dans le courant: si le vent tourne, si les sutras résonnent, si les offrandes coulent, le nœud se défait et se dissipe en mer. Ainsi, ces funayūrei s'apaisent par l'office autant que par la crainte. Parfois se mêle à la file l'ombre d'un enfant, plus muette encore, qui ne demande pas d'eau et ne fait que crocheter le plat-bord du bout des doigts. Si tinte une clochette d'armure, redressez le gouvernail, coupez en biais le rapide de Hayatomo, et laissez votre nembutsu au vent: ces morts au combat qui dérivent dans l'obscur Ouest cèdent seulement à l'usage et à la compassion.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
regret tenace et sens de l'étiquette, requêtes polies mais insistantes, rancune profonde, répond avec finesse aux offrandes et aux rites
Affinités
marins respectant les usages de la mer, moines et voyageurs qui n'oublient pas le culte des morts, personnes qui honorent les ancêtres
Capacités
discernement des louches à fond percé, brume marine et feux étranges qui troublent le sens de la route, s'apaise en réponse aux offrandes et aux sutras, s'agrippe en formation au bord du navire en grand nombre
Faiblesses
louches ou bols au fond percé rendent leurs efforts vains, sutras prières et offrandes de fleurs gâteaux et cendres dispersent leur ki, soutenus par un regard droit ils peinent à garder forme
Habitat
détroit de Kanmon entre Dan-no-ura et Mekari, zones de convergence et passes dangereuses de la côte ouest, lisières de plages et entrées de ports par nuits de brume

🔮Test de compatibilité yokai

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Le Funayūrei « Prête-moi l’inada »

À propos de Le Funayūrei « Prête-moi l’inada »:

Variante de funayūrei liée à l’appel « prête-moi l’inada », transmise sur les côtes de Fukushima. Par nuits calmes, soirs de brume, ou avant la tempête, des mains blanches et des manches trempées longent le bordage et répètent d’une voix glacée « prête-moi l’inada ». L’« inada » est une louche pour écoper; si l’esprit l’obtient, il verse aussitôt l’eau de mer dans le bateau pour le faire sombrer. Il se montre rarement de face: le visage noyé dans la fume de sel, seules des manches dégoulinantes et des yeux sombres flottent à la lueur. De nature raisonnable, il juge les manquements des vivants et les ruptures de la discipline maritime, hantant volontiers le 16e jour d’Obon, autour de la nouvelle lune, et les zones de pêche oubliées de prières. Le remède traditionnel est de tendre une inada au fond percé: l’esprit, poli, l’accepte, mais l’eau retourne à la mer. On peut aussi jeter un éclat de boulettes de riz, un peu de cendre du foyer, ou un morceau de mochi purifié au sel en disant « offrande », et il renonce, dette réglée. Si on le héle avec colère ou l’affronte l’esprit troublé, il s’emporte, alourdit les avirons d’une main invisible, embue la boussole et brouille les lignes de courant. À la fois noyés et balance de la mer, ils reflètent le soin des outils et l’oubli des morts. Ainsi les pêcheurs ébrèchent l’inada avant l’appareillage, la purifient d’un brin de pérille ou de paille et saluent l’esprit du bateau. L’outil emprunté revient toujours à la mer et peut échouer sur la grève au matin, son manche fleuri de sel. Par nuit sans vent, si le gouvernail pèse et que l’eau clapote le long du bord, n’augmentez pas la lumière, n’élevez pas la voix, tendez calmement l’inada: l’esprit, incapable d’acquitter sa dette, se retire honteux sous les vagues.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
respectueux des rites mais implacable comme un recouvreur, laconique mais droit, froid envers ceux qui violent promesses et usages, n’insiste pas envers ceux qui respectent les tabous
Affinités
de bon augure pour ceux qui suivent les lois de la mer, pour ceux qui n’oublient pas les funérailles et purifient leurs outils, pour ceux qui ne délaissent pas un homme à la mer, impitoyable envers les moqueurs et les impies
Capacités
malédiction de la demande d’inada: réclame l’outil par son nom et impose une pression irrésistible, main spectrale d’infusion: verse l’eau de mer à bord et ôte la flottabilité, égarement de la route de marée: manipule brume et ressac et fausse cap et courants, furtivité au bord de la lumière: n’apparaît qu’à la lisière des lampes et dérobe son identité
Faiblesses
retournement rituel avec une louche percée ou des offrandes de cendre et de mochi, perd de sa vigueur si on le fixe et l’appelle par son nom, ne peut garder forme au lever du soleil
Habitat
zones de pêche et anses du littoral Hamadōri de Fukushima, plages rocheuses et estuaires sujets à la brume, veines de courant près des épaves délaissées des rites

🔮Test de compatibilité yokai

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Murasa (Esprit du Nigashio de Tsuma, Oki)

À propos de Murasa (Esprit du Nigashio de Tsuma, Oki):

Variante de funayūrei transmise à Tsuma, district d’Oki (Shimane). On appelle Murasa les amas de faibles lueurs qui se rassemblent la nuit en mer. Le courant chargé de myriades de noctiluques est nommé nigashio localement. Quand ce flux se condense en une masse ronde flottant comme un souffle bleuâtre, ce n’est plus une simple lueur marine mais la trace des noyés logée dans le courant: le Murasa. Il barre soudain la route devant l’étrave, éclaire faiblement la surface et fausse le cap. Si l’on passe dessus, la lumière se disperse d’un coup, les ombres du pont vacillent, la barre répond mais la coque semble mouliner à vide. Non pas des mains spectrales, mais la nuée lumineuse caresse la carène, dérègle le rythme des vagues et mène à l’échouage. Quand, au cœur de la nuit, la mer «clignote» comme en plein jour et que tout se fige un instant, on dit «Murasa s’est attaché». On stoppe le gouvernail et l’on lie un couteau ou un couperet au bout d’une perche pour trancher la surface trois fois. Au son de la lame fendant l’eau, la lueur s’amenuise comme un fil qui se défait et redevient simple nigashio. Les remèdes d’ailleurs, comme tendre une louche percée ou jeter boulettes de riz et cendres, sont jugés peu efficaces ici. On raconte qu’en laissant glisser silencieusement des fleurs parfumées ou des dango, la lueur garde son cercle, évite le bateau et ouvre la voie. Murasa ne réclame pas à voix haute, ne demande pas de «baquet». Mais le 16e jour d’Obon, les anneaux lumineux se dédoublent, approchent et s’éloignent, abritant en leur sein une ombre de nef des morts. Travailler en mer ce soir-là, même pour un patron chevronné, c’est risquer d’être ébloui et happé vers les rochers noirs du cap. Sa couleur est froide et limpide, et au tumulte elle cligne comme d’un rictus. Face à ceux qui ravagent ou souillent la mer, les anneaux se resserrent et n’éclairent qu’autour des pieds, coupant la retraite. À l’inverse, pour qui pleure un parent perdu en mer et fait offrande, il trace un sillage comme un guide dans l’obscur, souligne les lames blanches au loin et mène vers un chenal sûr. Ainsi Murasa est à la fois spectre qui coule et lumière qui guide. Sur la plage de Tsuma, la nuit de la première pêche, on apaise ensemble dieu marin et défunts, on tranche le flot d’un coup de lame avant de jeter les filets. La lumière ne se puise pas à la main, la voix ne se saisit pas. Mais au rite des trois entailles et à l’offrande silencieuse, la nuée se défait aisément et retourne au nigashio.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
silencieux et posé, communique par la lumière, colère ténue, prudent comme pour jauger les intentions de ceux qui s’approchent, se retire vivement à la seule présence des lames
Affinités
pêcheurs et bateliers respectant l’étiquette maritime, observateurs et peu bavards, personnes qui connaissent les offrandes et les rites de purification
Capacités
métamorphose en nuée lumineuse (trouble le flux sous la coque), éclair fulgurant d’un battement (désoriente les sens), égarer la voie des courants (fausser le cap et mener à l’échouage), guidage par offrande (révèle un chenal sûr en réponse aux fleurs et aux dango)
Faiblesses
purification par la lame (trancher la surface trois fois la disperse), aversion pour le vacarme (déteste les cris et l’impolitesse, sensible à la prière silencieuse)
Habitat
littoral de Tsuma à Oki, préfecture de Shimane (act. Okinoshima), embouchures de baies riches en nigashio, lignes de courant près des rochers noirs du cap

🔮Test de compatibilité yokai

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Ugume (côte ouest de Kyūshū)

À propos de Ugume (côte ouest de Kyūshū):

Sur toute la côte ouest de Kyūshū, surtout de Hirado à Amakusa et Goshoura, on raconte une variante de « fantôme de bateau » appelée Ugume. Elle surgit par brouillard nocturne ou sous ciel couvert et mer d’huile: un vieux voilier aux voiles gonflées sans souffle de vent, ou une barque vide remonte sans bruit par l’arrière. Des lueurs vacillantes, ni feu ni lucioles, longent le plat-bord. Plus on s’en approche, plus le bruit des vagues s’éloigne, le navire semble avancer mais seule la surface de l’eau glisse en arrière: signe d’emprise. De l’eau froide s’infiltre au fond, les avirons s’alourdissent, la boussole dévie. Sans forme fixe, l’Ugume se déguise parfois en silhouette d’île pour attirer les pêcheurs, parfois en fausse anse au large pour les échouer. Elle demande d’une voix sourde « donne-moi l’écopoir », réclamant une louche pour écoper. Il faut offrir un écopeur au fond percé: donner un récipient intact la pousse à verser l’eau par-dessus le plat-bord jusqu’à faire sombrer le bateau. À Hirado, on jette une poignée de cendre à la mer pour dissiper le brouillard; à Goshoura, on annonce « on mouille l’ancre » en jetant d’abord une pierre, puis l’ancre, alignant parole et geste pour signifier à ce qui gît au fond « nous restons ici »: l’Ugume relâche alors son emprise. Un filet de fumée de tabac la fait pâlir et reculer vers la poupe. En offrande, on donne boulettes de riz, mochi, ou un peu de cendre, et l’on se montre particulièrement prudent le seizième jour d’Obon. Plus qu’un esprit vindicatif indiscriminé, l’Ugume est la cohorte de ceux tombés hors des règles de la mer, attirée par les impairs à bord, les mots malheureux, ou l’oubli des salutations aux dieux marins. Si l’on soutient son regard, décline son nom et observe les formes, elle retourne aisément à l’ombre des courants. La peur qu’elle se « déguise en bateau ou en île » sur la côte ouest de Kyūshū renvoie à la mémoire des marées changeantes et des hauts-fonds complexes: l’égarement des routes maritimes a pris corps. L’Ugume est aussi messagère de naufrages: quand elle approche la nuit, on dit dans les villages que quelqu’un, quelque part, a perdu le chemin du retour.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
silencieusement tenace, capte la négligence et l’orgueil des marins, sensible aux promesses et aux usages, cède aisément si on agit correctement, s’attache longuement en secret face au bluff ou à l’impolitesse
Affinités
ceux qui respectent l’étiquette de la mer, ceux qui honorent les esprits des bateaux et les divinités marines, capitaines et pêcheurs capables d’agir avec calme et rapidité
Capacités
mimétisme de paysage (se changer en silhouette d’île, en anse, en voilier), appel des eaux froides au fond (ralentit la marche), brume d’égarement (fait dévier la boussole et inverse le courant), parole trompeuse (« donne-moi l’écopoir » pour faire faillir la procédure)
Faiblesses
écopoir ou louche au fond percé, offrandes de cendre ou de mochi ou de boulettes de riz, fumée de tabac et déclaration des bons usages (« on mouille l’ancre » etc.)
Habitat
côtes de Hirado à Nagasaki, environs d’Amakusa et de l’île Goshoura à Kumamoto, routes maritimes à bancs et brouillards de la côte ouest de Kyūshū

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Esprit vengeur Yassa (tradition de Chōshi et du district de Kaijō)

À propos de Esprit vengeur Yassa (tradition de Chōshi et du district de Kaijō):

Variante de funayūrei transmise de la ville de Chōshi aux côtes de l’ancien district de Kaijō. Quand la brume couvre la mer et que la houle blanchit par mauvais temps, une voix s’approche des ténèbres du large en cadence de coups d’aviron: « mo–ren, yassa, mo–ren, yassa ». Le timbre monte et descend selon le vent et le courant, puis s’interrompt juste sous le plat-bord. Aussitôt, un bras noir et ruisselant surgit des flots et réclame une écopette en grognant « inaga, prête ». Localement, « mo–ren » est compris comme « esprit défunt », « inaga » comme l’écopette, et « yassa » comme le cri pour accoster les bateaux; réunis, ces trois signes annoncent que les âmes noyées s’apprêtent à « attirer » la barque. Ce sont des esprits collectifs de noyés sans rivage où rentrer, plus virulents le 16 du Bon ou aux moisiversaires des morts non apaisés. Leur but est de couler l’embarcation et d’ajouter des mains au plat-bord mouillé. Avec l’écopette prêtée, ils font entrer l’eau par petites frappes, massent le poids vers la quille au rythme du « yassa », et finissent par faire engloutir le bord. Les remèdes sont anciens. Premier: tendre une écopette au fond percé, un récipient « vide » qui reçoit la mer mais non le bateau, pour leur faire croire que l’eau n’entre pas et briser la cadence. Second: fixer du regard et arrêter le navire; sans gouverner, faire face aux crêtes et souffler court pour que la troupe perde sa route et reflue dans la brume. Troisième: jeter cendre ou boulettes de riz; la cendre, vestige du feu de terre, indique le « chemin du retour », et le riz salé apaise la houle. À Chōshi, celui qui donne le coup d’envoi du relevage des filets s’abstient de plaisanter: l’Esprit vengeur Yassa est sensible au kotodama du patron. Les tabous sont stricts: sortir au large le 16 du Bon, négliger la corne de brume, rire dos aux torii des havres, tout cela les appelle. Leur forme varie: navire de morts à voile blanche couchée qui court de conserve, bras surgis, ou ombre de moine marin poussant l’étrave. Mais le rythme « mo–ren, yassa » persiste; s’il s’éloigne, le péril cesse. Les livres illustrés de l’époque moderne les peignent en esprits vengeurs, mais les anciens du rivage y entendent « la voix qui réénonce les lois de la mer ». Offrir fleurs et boulettes au ressac: au matin, l’algue de l’étrave est tombée et les mailles réparées, dit-on. Leur nom fut plus tard transcrit « Mōrei Hassan », titre redouté d’une force farouche, mais à l’origine ils sont une horde d’âmes errantes. Si on les entend au large, percer le fond du récipient, redresser l’étrave, peser ses mots: telle est la règle gardée sur les rivages de Chōshi.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
porte rancune et regrets, ne poursuit sévèrement que ceux qui brisent les lois de la mer, cri cadencé mais peu de compassion, obsédé par recruter de nouveaux compagnons
Affinités
s’entend avec ceux qui respectent les tabous marins, font des offrandes sans faillir, gardent leur sang-froid, mauvaise entente avec les pêcheurs fanfarons et arrogants, et avec ceux qui se moquent des esprits
Capacités
appel cadencé qui trouble la manœuvre (« mo–ren, yassa »), infiltration par puisage d’eau avec l’écopette empruntée, drap de brume qui fausse distance visuelle et auditive, métamorphose d’apparence (navire de morts, bras, ombre de moine marin)
Faiblesses
ralenti par une écopette au fond percé ou par des offrandes de cendre et de boulettes de riz, recule si le navire s’arrête et qu’on le fixe du regard, sa cadence se brise et il se retire
Habitat
zones de pêche brumeuses au large de Chōshi (Chiba), estuaires et côtes rocheuses de l’ancien district de Kaijō

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Namōrei, version du petit bateau noir de Kosode

À propos de Namōrei, version du petit bateau noir de Kosode:

Variante de funayūrei transmise à Kosode, Ube (auj. Kosode, Kuji, Iwate), chuchotée sous le nom de « namōrei ». Par nuits de tempête ou de brume épaisse, un petit bateau noir, poupe haute et proue basse, surgit au large en remontant la veine d’eau sans bruit. Sa silhouette n’ouvre pas les vagues, se dilue comme de l’encre sur la mer, avance sans rame ni voile. Un ou plusieurs ombres en robe noir de jais se tiennent au plat-bord, et seule leur voix fend le vent, longue et basse, réclamant « donne la rame » ou « réponds ». Quiconque répond voit aussitôt le bateau accoster et s’emparer de la route et du gouvernail. Les namōrei sont les restes de ceux que le naufrage n’a pas laissés rentrer chez eux, avides des rames et avirons, « pouvoir de ramener ». Répondre, c’est ouvrir la bouche de l’âme, prêter une rame, c’est céder la vie du bateau, disent les anciens. À Kosode, on n’adresse jamais la parole aux appels nocturnes du large, on fixe d’un regard dur depuis le plat-bord ou l’on baisse la visière du chapeau en silence. Les namōrei craignent les yeux, et reculent, bateau noir compris, s’ils sont transpercés d’un regard puissant. Si l’on offre un baquet percé, une rame fendue, un bambou troué, choses « inutiles », l’eau fuit aussitôt et leur attachement se défait. C’est l’art de « remettre le vide » connu dans tout le folklore des funayūrei, et sur la côte du Tōhoku on insiste à ne pas répondre et à ne rien remettre de « réel ». Le bateau noir paraît lors des nuits aux étoiles basses, le seizième jour d’Obon, ou quand le sable chantant du large résonne. Des empreintes blanches de mains au plat-bord et un bordage qui s’alourdit annoncent qu’ils s’agrippent. À l’inverse, en jetant une pincée de riz ou de cendre trois fois vers la mer, les traces se dissolvent. À Kosode, on évite d’embarquer des rames de bois flotté, et avant de sortir pêcher on nouait un fil sur le manche de la rame pour marquer le « chemin du retour ». Les namōrei sont retors, s’insinuent par les failles des mots et les liens de prêt, d’où l’interdit des plaisanteries et des appels à bord. Le bateau noir disparaît net dans une déchirure de brume matinale, ne laissant qu’un froid d’embruns et des taches d’eau noire sur le plat-bord. Ceux qui le voient réduisent la pêche au large cette année-là et offrent fleurs et boulettes au dieu du rivage.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
taciturne et obstiné, impitoyable envers les impolis, ne poursuit pas ceux qui respectent les tabous
Affinités
ceux qui respectent l’étiquette en mer et ne répondent pas à la légère, bateliers peu bavards au regard perçant
Capacités
bordure de voix (appeler de loin et se lier à la réponse), traverseur de veines de courant (glisse même à contre-courant et contre-vent), lien de prêt-emprunt (alourdit le bateau via l’outil reçu), manteau de brume (appelle la brume de mer et vole vue et sens de l’orientation)
Faiblesses
faible face au silence et à l’indifférence, recule sous un regard perçant, se détache si on lui remet des outils inutiles comme un baquet percé ou une rame fendue, arrêté par le rite de jeter riz ou cendre trois fois
Habitat
au large de Kosode, Kuji, Iwate, lignes de courant et bancs de brume de la côte Sanriku

🔮Test de compatibilité yokai

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Sources et références

2
  1. 絵本百物語(桃山人夜話) [古典文献] Référence
  2. 今昔画図続百鬼「逢魔時」鳥山石燕(江戸東京博物館所蔵・国文学研究資料館国書データベース, 安永8年(1779)) [古典文献]黄昏を「百魅の生ずる時」とし、小児を外へ出すことを禁じる世俗と王莽時の見立てを記した原典図像。

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