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Teketeke(てけてけ)

AdGuides pratiques du Japon · 2jp.cc(En anglais)

Description de base

Au bord de la cour après les cours, on aperçoit quelque chose dont il manque la moitié du corps. Cela paraissait loin ; l’instant suivant, le bruit de ses coups contre le sol résonne tout près. Teketeke est une légende scolaire contemporaine : une créature réduite au haut ou au bas du corps traverse la cour ou le bâtiment de l’école et pourchasse les gens. L’image aujourd’hui la plus connue est celle d’une jeune femme qui, après avoir perdu le bas du corps dans un accident ferroviaire, avance sur ses bras ou ses coudes. Pourtant, d’après Chiaki Konaka, scénariste du téléfilm Yōkai Teketeke en 1994, les recueils de récits de fantômes à l’école qu’il avait lus lors de sa préparation, parus vers 1993-1994, faisaient courir aussi bien des demi-corps supérieurs que des demi-corps inférieurs ; il s’agissait le plus souvent de vieilles femmes et aucune histoire d’origine n’était donnée. Avant la biographie d’une morte dans un accident, il y eut donc une scène brève, facile à raconter : un demi-corps qui se déplace avec un bruit et une rapidité anormaux.

Le nom « Teketeke » est le plus souvent expliqué par le bruit produit quand le corps ou les bras frappent le plancher ou le sol. Autour de lui résonnent d’autres noms : Patapata-san à Kagoshima, Kotokoto-san dans le Shiga, Katakata dans le Kanagawa, ainsi que Hijikake-babaa, Hijiko-san ou Hijikake-onna. On peut penser que plusieurs récits de membres ou de parties du corps se déplaçant au son d’onomatopées répétées se sont rassemblés, à travers l’édition et l’audiovisuel des années 1990, sous le nom de « Teketeke ». Le sexe, l’âge, la partie manquante, le lieu d’apparition, la vitesse et la manière de nuire changent donc selon l’école et la génération qui racontent l’histoire.

Le nom de « Teketeke » se détache nettement dans les publications vers 1993-1994. Des traces plus anciennes subsistent toutefois dans des souvenirs recueillis plus tard. Un témoignage envoyé en 2004 se rappelait avoir entendu une histoire semblable à Okinawa vers 1980, et un récit transmis d’un enseignant à ses élèves dans un lycée pourrait remonter à la fin des années 1980 ou au début des années 1990. Ces souvenirs ne convergent pourtant ni vers une gare ni vers un accident unique. Des créatures à demi-corps mémorisées dans plusieurs régions ont fini par être appelées du même nom à répétition sonore.

Les récits locaux sont plus libres que la figure popularisée par le cinéma. Dans une histoire signalée en 2001 au lycée Rokko Island de Kobe, croiser le regard de Teketeke-san dans un miroir déclenche la poursuite. Dans une forme de récit lycéen étudiée en 2022, Teketeke est un demi-corps masculin qui fait tourner frénétiquement ses mains et son cou, mais poursuit sa proie à la vitesse d’un humain. Ces contradictions ne sont pas des erreurs : elles relèvent de l’art des histoires scolaires, où la voix du narrateur, les bruitages et les gestes suscitent à la fois peur et rire.

Au demi-corps s’est ensuite ajouté un récit d’origine : celui d’une femme morte dans un accident ferroviaire. S’y sont ajoutés une mort dans les trois jours ou les 72 heures suivant la rencontre, une échappatoire fondée sur la bonne réponse, et le sectionnement par une faucille ou une scie. La règle selon laquelle la créature vient dans les trois jours chez quiconque a entendu l’histoire et pose une question est particulièrement caractéristique des récits du cycle Kashima-san. C’est là un mécanisme fortement présent dans ces histoires de fantômes. Par l’image proche du demi-corps et du chemin de fer, les deux récits ont échangé leurs noms et leurs règles.

Le film Teketeke de Kōji Shiraishi, sorti en 2009, a réuni en un seul récit d’origine le suicide ferroviaire d’après-guerre à Kakogawa, Kashima Reiko et le délai de 72 heures après la rencontre. La saisissante figure féminine donnée par le film a largement façonné ce qui paraît depuis typique de Teketeke. Au cœur de la légende, pourtant, continue de vivre une scène très simple : un demi-corps qui poursuit sa victime en produisant un son semblant prononcer son nom. À chaque passage dans une salle de classe, un miroir, un couloir, une voie ferrée, une image ou un jeu, la créature revêt une nouvelle apparence et de nouvelles règles.

Folklore et légendes

L’histoire de Teketeke surgit d’abord de la mémoire de quelqu’un. Dans une enquête de Hiroshi Matsuyama présentée par Itsuki Asazato, un témoin se souvenait qu’à Okinawa, vers 1980, une créature réduite au haut du corps s’était approchée d’un garçon appuyé sur le toit d’une voiture, et qu’on l’appelait « Teketekē », « Tekutekū » ou « Shakashakā ». Ce récit a été consigné en 2004 : une voix qui se remémore une peur vieille de plus de vingt ans. Les appellations divergent dans le souvenir, mais la scène d’un demi-corps supérieur avançant en faisant du bruit remonte ainsi avant les années 1990.

Vers 1993-1994, les contours de Teketeke se précisent soudain dans les publications. Chiaki Konaka se souvenait que, lorsqu’il préparait l’adaptation audiovisuelle de 1994, Teketeke figurait dans plusieurs recueils de récits de fantômes à l’école parus l’année précédente et cette même année. Parmi les premiers documents possibles sont cités Yūrei ni yobareta kōchō sensei (*Histoires de fantômes à l’école*, 13), édité en 1993 par le comité éditorial des récits de fantômes à l’école de l’Association japonaise des contes populaires, et Piasu no shiroi ito — Nihon no gendai densetsu, édité en 1994 par Kayoko Ikeda et d’autres auteurs. Leur année de publication et leur notice bibliographique sont établies, mais les pages consacrées à Teketeke ne sont pas accessibles dans les extraits publics ; il est donc impossible de désigner l’un des deux ouvrages comme première apparition. Le souvenir d’un créateur permet au moins d’affirmer non pas qu’un seul récit a tout engendré, mais que le nom apparaissait simultanément dans plusieurs livres consacrés aux récits de fantômes à l’école.

À cette époque, la figure est plus variée que le modèle actuel. Dans le souvenir de Konaka, seule la moitié supérieure ou la moitié inférieure courait, et il s’agissait souvent d’une vieille femme. Ni accident à l’origine ni nom de son vivant n’étaient connus. Les récits divergents suivis par Asazato font aussi apparaître des hommes, des vieillards et des créatures sans cause déclarée à leur mutilation, désignées selon les régions par des bruits tels que Patapata, Kotokoto ou Katakata. Selon le guide des sources d’Asazato, Yume de Tanaka ni furimuku na, paru en 1996, distingue le cycle Hijikake-babaa chez les générations plus âgées et les cycles Teketeke ou Patapata chez les plus jeunes. Plutôt qu’une longue histoire unique transmise de bouche à oreille, cela laisse entrevoir une scène brève — un demi-corps qui bouge — dont le nom a changé selon l’âge ou la région.

Le téléfilm Yōkai Teketeke, en 1994, a fait de cette créature mouvante un personnage audiovisuel singulier. Selon Chiaki Konaka, la traversée d’une cour ne suffisait pas à construire une scène de fiction télévisée : il fit donc entrer la créature dans les couloirs de l’école. L’explication qui en fait un assemblage de vieille femme et d’esprits animaux est elle aussi une invention de cette œuvre. Konaka se souvenait également qu’un Teketeke de couloir apparaissait dans le film Tōhō Gakkō no Kaidan l’année suivante. Le couloir est ensuite devenu un lieu d’apparition si naturel que l’on oublie facilement que le créateur le décrivait explicitement comme une trouvaille de mise en images, et non comme un lieu hérité de la tradition orale.

Dans chaque école, Teketeke prenait la forme qui convenait le mieux à son bâtiment. Le récit signalé en 2001 au lycée Rokko Island de Kobe fait de la rencontre des yeux avec Teketeke-san dans un miroir le déclencheur de la poursuite. Dans l’enquête menée par Kikuichirō Satō en 2022, un enseignant racontait à ses élèves une histoire entendue d’un aîné de son club sportif ; chaque année, il déplaçait le lieu de l’apparition et le rapprochait de la salle de classe de ses auditeurs. Là, un demi-corps masculin flotte à 0,03 millimètre du sol, fait tourner ses membres et son cou à Mach 3, puis poursuit en hurlant « Mī-tā-nā ! » (« Tu m’as vu ! »). Le chiffre ne tient pas lieu d’explication scientifique. On joue oralement une vitesse démesurée, tout en faisant rire en affirmant que la poursuite se déroule à la vitesse d’un humain. Teketeke s’accomplit dans l’acte de raconter, avec ses bruitages et son jeu corporel.

Le récit d’origine d’une femme morte dans un accident de train a gagné en force en se reliant à une autre légende urbaine qui expliquait pourquoi le corps était coupé en deux. Asazato estime que le récit d’une femme ayant perdu le bas du corps après avoir été heurtée par un train circulait d’abord séparément de Teketeke avant de s’y rattacher. Des récits associés à Hokkaidō ou à certaines villes se sont également diffusés, mais aucun accident unique n’est le point de départ de toutes les formes. Les toponymes précis donnent à l’histoire un air de réalité sans prouver pour autant l’existence de l’accident ni son lieu d’origine. Kakogawa s’ajoute à cette couche géographique comme le cadre d’origine choisi par le film de 2009.

La fusion avec Kashima-san a modifié non seulement le corps, mais aussi le déroulement de l’histoire. Dans l’enquête de Hiroshi Matsuyama, Kashima-san se présente, dans les trois nuits suivant l’écoute du récit, à celui qui l’a entendu ; son apparence varie entre une jeune fille sans membres, une femme couverte de cicatrices chéloïdes ou une ballerine suicidée. La malédiction se transmet par l’écoute, la créature vient plus tard et impose une réponse : ce mécanisme diffère du Teketeke ancien qui traverse une cour ou commence à poursuivre quelqu’un sur-le-champ. Les formes ultérieures — « on meurt dans les trois jours après avoir rencontré Teketeke » ou « répondre Kashima permet de survivre » — gardent la trace de la jonction entre les deux récits.

Sorti le 21 mars 2009, Teketeke de Kōji Shiraishi rassemble une femme sans bas du corps, le délai de 72 heures après la rencontre, le suicide ferroviaire de l’après-guerre à Kakogawa et Kashima Reiko dans une même enquête. Le film a rendu plus aisée à comprendre une créature à demi-corps sans origine, en la présentant comme un esprit vengeur doté d’un nom de son vivant et d’un lieu de mort. Il ne démontre pas l’origine de l’ensemble de la tradition, mais constitue un jalon important : l’image aujourd’hui emblématique d’une jeune femme, des rails, d’un corps sectionné et d’un délai y a été nettement recomposée dans une seule œuvre audiovisuelle.

L’histoire de Teketeke ne dessine pas une ligne droite allant de l’oralité à l’édition, à la télévision, au cinéma puis au jeu. À chaque changement de média, l’apparence, le lieu, la vitesse, l’origine et le moyen d’échapper à la créature sont refaits et reviennent transformer les récits antérieurs. Le noyau bref d’un demi-corps qui s’approche au son d’une onomatopée répétée résiste bien au changement. Les narrateurs y rattachent sans cesse une école familière, un miroir, une voie ferrée ou l’origine vue dans un film, et font courir le Teketeke de leur époque.

Cartes de Yokai1

Teketeke dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Explication détaillée

Le « demi-corps » qui traverse la cour

Après les cours, une silhouette se tient dans la cour. De loin, impossible encore de savoir s’il ne reste d’elle que le haut ou le bas du corps. Avant même d’avoir pu le comprendre, elle traverse le sol à une vitesse vertigineuse. Chiaki Konaka, qui écrivit le téléfilm Yōkai Teketeke en 1994, se souvenait que les recueils d’histoires de fantômes scolaires de l’époque présentaient parfois un demi-corps supérieur, parfois un demi-corps inférieur, le plus souvent sous les traits d’une vieille femme. Ni nom de son vivant, ni heure de l’accident, ni gare ne sont donnés. Seule une créature réduite à la moitié d’un corps traverse la cour d’un bond. Cette scène brève suffit à mettre la légende en mouvement.

Ce qui effraie ici n’est pas de connaître le passé d’une morte. C’est de voir au loin une forme anormale et de constater, l’instant d’après, que la distance qui nous en séparait a disparu. L’idée qu’un être incomplet ne devrait pas pouvoir bouger heurte de plein fouet le récit d’une vitesse inégalée. L’absence d’une partie du corps n’est pas une faiblesse : elle devient au contraire la preuve d’une rapidité que la course humaine ne saurait expliquer.

Un son avant même le nom

« Teketeke » est expliqué comme le bruit des bras ou des coudes contre le plancher, des jambes seules qui courent, ou de la surface sectionnée du corps qui frappe le sol. La partie du corps à l’origine du son varie selon les récits, mais la répétition en deux temps demeure. Si le narrateur resserre le rythme — « teke, teke, teke » — l’auditeur sent l’approche sans même voir la créature. Dire son nom revient à mimer son déplacement.

Autour d’elle se trouvent d’autres créatures à demi-corps nommées d’après des sons répétitifs différents, comme Patapata, Kotokoto ou Katakata. Elles ne forment pas une liste ordonnée de dialectes, mais une famille de sons apparentés, née dans des lieux aussi divers que le plancher d’une école, la terre d’une cour, une route ou le toit d’une voiture. Lorsque « Teketeke » s’est imposé dans les publications, les récits locaux de demi-corps ont sans doute été plus volontiers expliqués sous ce nom ; l’apparence même de Teketeke s’est alors diversifiée.

Un demi-corps aux visages changeants

L’image la plus courante aujourd’hui est celle du haut du corps d’une femme aux longs cheveux qui rampe sur ses bras. Mais le souvenir de Konaka comporte aussi une créature réduite au bas du corps, et les documents réunis par Itsuki Asazato font apparaître des hommes et des vieillards. Dans la forme de récit lycéen consignée par Kikuichirō Satō, Teketeke est un demi-corps masculin. La femme, le haut du corps et l’accident ferroviaire ont suivi des voies distinctes avant de former plus tard un portrait puissant.

L’absence de forme fixe est précisément l’un des ressorts de cette histoire. Si l’on entend qu’un haut du corps court, on imagine un être qui rampe sur ses bras. Si seul le bas du corps court, l’absence de visage fait naître la peur de ne pouvoir en lire l’intention. La vieille femme évoque les fantômes d’une école vieillie ; la jeune femme renvoie au récit d’origine attribué à une victime d’accident ; la figure masculine révèle une autre généalogie de récits transmis par les enseignants ou les clubs sportifs. Tout en gardant la seule condition d’un corps à moitié, les narrateurs lui donnent une silhouette qui convient au lieu familier de leur auditoire.

Le récit d’origine façonné par l’accident ferroviaire

Rattacher un accident de train à une créature à demi-corps explique d’un seul coup l’apparence de celle-ci. Le train peut sectionner un corps, les rails offrent un cadre concret d’accident, et le signal d’alarme amplifie la peur de l’approche. Ces récits d’origine ont fini par acquérir un lieu, une saison et jusqu’à l’instant de la mort : « une lycéenne a été heurtée à un passage à niveau de Hokkaidō », « elle est morte sans remarquer ses blessures à cause du froid ». Aucun document ne relie toutefois ces récits à un accident réel unique ; d’une histoire à l’autre, le demi-corps reçoit une patrie différente.

Itsuki Asazato considère que la légende urbaine d’une femme ayant perdu le bas du corps sous un train fut d’abord racontée indépendamment de Teketeke, avant d’être rattachée à la créature à demi-corps. À un monstre sans origine, on a posé la question : « pourquoi n’est-il plus qu’à moitié ? » ; le récit de l’accident est devenu une seconde peau qui y répond. Plus l’histoire paraît convaincante, plus le demi-corps semble être le souvenir d’une morte singulière. Il demeure pourtant une frontière discrète entre ce récit d’origine transmis par la tradition et l’idée que l’accident raconté serait un fait historique.

La frontière où Teketeke se mêle à Kashima-san

Kashima-san peut elle aussi être liée à une femme sans membres, au train, au suicide ou à l’accident. Les deux créatures se confondent donc facilement par l’apparence, mais leur temporalité narrative diffère. Dans le cycle Kashima-san, entendre l’histoire ouvre la porte à la malédiction : la créature vient de nuit dans les trois jours, interroge sur son nom ou son corps et fait du mal en cas de mauvaise réponse. Le Teketeke le plus proche des récits anciens traverse une cour, croise un regard ou commence à poursuivre dès qu’il est aperçu.

Lorsque les récits tardifs disent que l’on meurt dans les trois jours après avoir rencontré Teketeke, ou que répondre « Kashima-san » permet de survivre, ils font résonner le mécanisme de contagion et de question-réponse de Kashima-san. Les deux histoires de fantômes, aux blessures semblables, ont échangé leurs règles et ont fini par se rapprocher au point de raconter le parcours d’une même personne. Pourtant, la créature à demi-corps qui poursuit dès qu’on la voit et celle qui visite plus tard l’auditeur pour lui poser une question scandent la peur selon des temps différents.

Le son fabrique la vitesse

La créature est réputée rapide, mais cette rapidité apparaît d’abord dans la bouche et les bras du narrateur, avant tout compteur. Que l’on accélère l’onomatopée, que l’on dise « même en fuyant, on ne lui échappe pas » en agitant violemment les mains, et une poursuite commence dans la salle de classe. Des vitesses de 100 ou 150 kilomètres à l’heure sont aussi racontées, sans être communes à toutes les sources anciennes. Le cœur de la peur n’est pas le chiffre : c’est l’intervalle entre les sons qui ne cesse de se resserrer.

Le récit recueilli par Satō conserve avec éclat cette contradiction sur la vitesse : les membres et le cou de la créature tournent à Mach 3, mais elle poursuit à la vitesse d’un humain. Les auditeurs rient de cette incohérence, tout en ayant peur de la créature qui passe la tête par le plafond. Dans les récits de fantômes à l’école, un monstre que le narrateur peut rejouer devant son auditoire est plus puissant qu’un monstre physiquement cohérent.

Les récits divergent encore quant à la suite : la créature peut se contenter de traverser la cour, poursuivre la personne qui l’a vue, s’élancer après un regard croisé dans un miroir, poursuivre jusqu’aux toilettes, enlever les jambes, couper avec une faucille ou tuer au terme d’un délai. La collecte effectuée en 2001 au lycée Rokko Island ne dit que « on est poursuivi », sans ajouter sectionnement ni mort. Dans les récits qui ne racontent pas la fin de la poursuite, le vide même de ce qui pourrait arriver devient la peur.

En 1994,
la créature entre dans le couloir

Une rumeur qui traverse instantanément une cour éloignée ne devient pas, telle quelle, une longue histoire. Dans le téléfilm de 1994, Chiaki Konaka a placé Teketeke dans le couloir de l’école et lui a donné pour identité un assemblage de vieille femme et d’esprits animaux. Dans un passage étroit, les issues sont limitées, les coups contre le sol résonnent sur les murs et l’on peut prolonger l’approche de la créature. Les exigences de l’image ont ainsi changé les lieux où la légende se manifeste.

Ce cadre de couloir a été repris au cinéma l’année suivante. Choisi pour l’image, le passage étroit est devenu une scène où l’on imagine aisément Teketeke ramper dans l’école. Les récits de fantômes à l’école ne se façonnent pas par la seule parole : les scènes vues à l’écran peuvent elles aussi offrir aux spectateurs un nouvel appui pour transposer la créature dans leur propre établissement.

Le film de 2009 fixe l’histoire d’une personne

Teketeke de Kōji Shiraishi établit que celui qui voit une femme sans bas du corps meurt dans les 72 heures, puis relie au dénouement le suicide ferroviaire d’après-guerre à Kakogawa et Kashima Reiko. Le film transforme des éléments épars — le demi-corps, le train, les trois jours, le nom d’une femme — en une seule enquête. Le public peut apprendre successivement qui est la créature, où elle est morte, pourquoi elle poursuit et quand il mourra lui-même.

Cette clarté a le pouvoir de fixer les impressions ultérieures. Comparée aux vieilles femmes ou aux hommes sans origine, aux formes réduites au bas du corps, aux histoires brèves où la poursuite commence dès le regard, la femme du film possède une biographie continue, de son vivant jusqu’après sa mort. Le film a proposé un modèle facile à résumer et à retenir, sans faire disparaître les demi-corps changeants qui existaient auparavant. La créature poursuivante sans origine et la victime d’accident au passé nettement dessiné coexistent encore sous le même nom.

À chaque récit,
Teketeke se rapproche de l’école

Le lieu de Teketeke n’est pas une gare précise sur une carte : il se rapproche de l’endroit où se trouve celui qui écoute. L’enseignant interrogé par Satō déplaçait chaque année le lieu de l’apparition, rapprochant l’histoire des salles de classe et des couloirs utilisés par ses élèves. Dans les souvenirs d’anciens élèves se mêlaient une femme morte dans un accident dont le professeur n’avait pas parlé, une règle liée à la couleur rouge et une autre histoire de traces de mains. L’oubli ne détruit pas seulement la tradition : il laisse aussi de la place aux autres histoires effrayantes connues par une génération.

Teketeke n’a donc ni vitesse, ni sexe, ni cause de mort, ni arme, ni moyen d’évitement qui soient uniques ou valables pour toutes les versions. Ce qui demeure le plus volontiers est un corps réduit de moitié, un bruit répété et la distance qui se resserre soudain entre la créature et celui qui l’a aperçue. Ces trois éléments suffisent pour qu’elle vive dans une cour, un miroir, un couloir ou au bord des rails. Prononcer « Teketeke » fait revenir le son en deux temps. Cette facilité à rejouer la scène, plus durable que l’histoire d’une seule morte dans un accident, a maintenu la légende vivante.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Kaii moderne
Rareté
Épique
Caractère
La créature apparaît sous la forme de la moitié supérieure ou inférieure d’un corps et poursuit les gens dans la cour ou le bâtiment de l’école. Son sexe, son âge, son histoire, sa vitesse et sa manière de nuire changent selon les récits.
Affinités
Cette figure s’accorde avec les personnes qui aiment comparer les récits divergents et y goûter non seulement la peur, mais aussi les bruitages et les gestes du narrateur.
Capacités
Apparaît sous la forme de la moitié supérieure ou inférieure d’un corpsCertaines formes traversent très vite la cour ou le bâtiment de l’écolePorte des noms comme « Teketeke », issus d’un bruit de déplacementCertaines formes commencent à poursuivre après un regard ou une apparitionDans les formes tardives, enlève ou sectionne les jambes de la personne rencontrée
Faiblesses
Aucune faiblesse ni méthode d’évitement propre à toutes les formes n’est transmise. S’accroupir, donner une réponse précise ou s’éloigner des rails ne sont pas attestés comme des règles anciennes communes : ces parades doivent être distinguées du cycle Kashima-san, des œuvres audiovisuelles et des récits divergents tardifs.
Habitat
Dans les formes les plus anciennes, la cour de l’école ; depuis le téléfilm de 1994, le bâtiment et les couloirs ; dans les récits locaux, les abords des miroirs ou des toilettes. Les formes tardives liées à un accident ferroviaire peuvent aussi être situées près d’un passage à niveau ou le long des rails, sans qu’aucune gare ni aucun lieu d’accident particulier ne s’impose.

Sources et références

8
  1. 「妖怪テケテケについて」小中千昭(Alice6・小中千昭公式サイト, 公開年不詳) [制作者証言]1994年ドラマの脚本家による制作回顧。上半身・下半身・老女・由来不明・校庭という参照時の像と、廊下・動物霊が作品側の創作であることを確認できる。既存怪談の最古性を証明する資料とはしない。
  2. 「超高速で迫ってくる!上半身だけの怪人『テケテケ』のルーツを探る」朝里樹(webムー, 2024) [資料探索型解説]早期書誌、2004年採録の1980年沖縄回想、地域異名、鉄道事故譚とカシマさん系の接続を整理した資料探索型の記事。未閲覧原典の代用にしすぎない。
  3. 「『学校の怪談』の記憶とそのリアリティー」佐藤喜久一郎(『口承文芸研究』45、104~117頁, 2022) [学術論文]公開PDF全体を確認。教師と卒業生の記憶、男性上半身型、速度の矛盾、語る年ごとの場所変更、別怪談との混交を示す。一校の調査を全国的原型にはしない。
  4. 「現代人と世間話―トイレの怪談を中心にして―」降井直人(『山陰民俗研究』6、山陰民俗学会、56~81頁, 2001) [地域採録・機関DB]国際日本文化研究センターのデータベースで、六甲アイランド高校、62頁、鏡の中のテケテケさんと目が合うと追われる要約を確認。一校の異文で、全国共通能力にはしない。
  5. カシマさんを追う―呪いの都市伝説松山ひろし(アールズ出版, 2004) [調査書] Référenceカシマさんの異文を追った調査書。国立国会図書館の内容紹介では、話を聞いた者のもとへ三日以内の晩に現れる構造と、手足のない少女、ケロイドの女、自殺したバレリーナなど複数の姿が示される。テケテケとの比較では、感染・訪問・問答の仕組みを区別するために参照する。
  6. DVD『テケテケ』公式紹介監督:白石晃士(ArtPort, 2009) [作品公式情報]72時間、加古川、鉄道自殺、カシマレイコを映画固有の設定として確認できる。口承起源の証明には使わない。
  7. 『幽霊によばれた校長先生(学校の怪談13)』日本民話の会学校の怪談編集委員会編(ポプラ社, 1993) [児童書・学校怪談集]国立国会図書館で書誌を確認。本文は館内限定でテケテケ該当頁を直接確認できていないため、早期資料候補として記録し、絶対的初出や本文引用には使わない。
  8. 『夢で田中にふりむくな―ひとりでは読めない怖い話』渡辺節子・岩倉千春(ジャパンタイムズ, 1996) [現代伝説集]国立国会図書館で書誌を確認。世代別呼称の説明は朝里樹の資料案内を介するため、同書からの直接引用とはしない。

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