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Sunakake-baba

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Sunakake-baba

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Son âme vous écoute — adressez-lui la parole et elle vous répondra.

Description de base

La Sunakake-baba est connue à Nara, Hyōgo et Shiga. Près d’un sanctuaire, dans un bois peu fréquenté, une bambouseraie ou depuis la branche d’un pin, elle jette du sable sur les passants pour les surprendre. Le Yōkai dangi de Yanagita Kunio, publié en 1956, la décrit comme une apparition qui répand brusquement du sable lorsqu’on passe dans l’ombre d’un bois désert ou d’un sanctuaire, en précisant que personne ne l’a jamais vue. Le Yamato mukashibanashi de Sawada Shirōsaku, médecin et ami de Yanagita, constitue la source directe de cette notice. Aucun rouleau ancien ne lui donne de forme. Avant que Mizuki Shigeru n’impose après-guerre, dans GeGeGe no Kitarō, l’image d’une vieille femme en kimono, la Sunakake-baba n’existait donc que par le bruit et le contact du sable : un rare exemple de yōkai dépourvu d’apparence visible.

Folklore et légendes

De Nara au Hanshin. Ses principaux foyers se trouvent dans l’ancienne province de Yamato, dans la région du Hanshin entre Amagasaki, Nishinomiya et Kobe, ainsi qu’à Kusatsu dans la préfecture de Shiga. Le Yamato mukashibanashi de Sawada Shirōsaku recueille les récits de Nara, que Yanagita fera ensuite connaître au niveau national. À Amagasaki, la tradition est associée au pont Ebisu, dont subsiste un pilier de pierre daté de 1862, et à l’ancien temple Jōshō-ji. À Nishinomiya, on entendait le sable tomber depuis les pins. À Oiwake, dans la ville de Kusatsu, une Sunahori-babaa habitait une bambouseraie et lançait du sable aux voyageurs.

Un yōkai né d’un paysage de bancs de sable. D’après une analyse d’Atsushi Tsujikawa, du musée d’histoire d’Amagasaki, rapportée par le Kobe Shimbun en décembre 2022, les sites du pont Ebisu et du Jōshō-ji se trouvaient à l’époque d’Edo sur une langue de sable appelée la « Matsushima de Settsu ». Bancs de sable, pinèdes et passages nocturnes auraient fourni un cadre concret à l’impression de recevoir du sable venu d’en haut. Des remontées de sable y ont encore été observées pendant le séisme de Hanshin-Awaji en 1995. La Sunakake-baba peut ainsi se lire comme une créature qui conserve la mémoire géologique du littoral du Hanshin.

Le festival du sable de Hirose Taisha. Hirose Taisha, dans la préfecture de Nara, perpétue un rite de prière pour la pluie appelé Sunakake matsuri, durant lequel les participants se lancent mutuellement du sable. Dans certaines fêtes du même type, ils s’interpellent en criant le nom de la Sunakake-baba. Le chercheur Yamaguchi Bintarō a proposé que ces rites et jeux festifs aient pu nourrir la légende. Il s’agirait alors d’un exemple de yōkai formé en marge d’une cérémonie religieuse.

Une présence que personne ne voit. La singularité essentielle de la Sunakake-baba tient à cette affirmation : personne n’a jamais aperçu son corps. Elle ne figure pas dans les recueils illustrés de l’époque d’Edo comme le Gazu Hyakki Yagyō. Seuls le bruissement du sable et les grains qui frappent le passant la rendent perceptible. Cette absence d’image conserve une conception ancienne du yōkai comme présence, signe ou menace plutôt que comme personnage doté d’une silhouette fixe.

La forme créée par Mizuki Shigeru. Dans GeGeGe no Kitarō, dont la publication prend son essor en 1968, Mizuki représente la Sunakake-baba en vieille femme vêtue d’un kimono et alliée de Kitarō. Son visage aurait été inspiré des masques de l’Ondaiko, un art populaire de l’île de Sado. Il donne ainsi une image propre à une créature qui n’en possédait aucune dans les récits locaux. Ce passage d’une présence invisible à un personnage immédiatement reconnaissable est un moment important de l’histoire visuelle des yōkai.

Du récit local au tourisme. Après sa popularisation par Mizuki, la Sunakake-baba est devenue une ressource patrimoniale. Le festival du sable de Hirose Taisha attire l’attention des visiteurs, et Fukusaki, dans la préfecture de Hyōgo, lui consacre l’un de ses « bancs de yōkai ». Comme l’Ittan-momen de Kagoshima ou le Konaki-jiji de Tokushima, elle suit un parcours en trois temps : tradition locale, diffusion nationale par Kitarō, puis retour dans la mise en valeur touristique de la région.

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Apparenté1

Explication détaillée

L'anomalie folklorique du « yōkai sans forme ». Alors que l'introduction a mis en évidence la structure narrative de la Sunakake-baba, cette analyse approfondie explore la portée académique de son « absence de représentation visuelle ». Dès le milieu de l'ère Edo, le Japon a connu une vague massive de visualisation des yōkai (notamment avec *Gazu Hyakki Yagyō* de Toriyama Sekien). Fait rarissime, la Sunakake-baba a complètement échappé à ce phénomène. Absente des rouleaux illustrés classiques, elle n'existait, avant Shigeru Mizuki, qu'à travers « le bruit et la sensation du sable qui tombe ». Lorsque Kunio Yanagita écrit dans le *Yōkai Dangi* que « personne n'a jamais vu sa forme », il identifie cette absence visuelle comme un enjeu de recherche majeur. La Sunakake-baba occupe une place centrale en folkloristique car elle incarne l'archétype le plus pur du yōkai : une présence invisible qui ne se perçoit qu'à travers l'atmosphère, les sons et le toucher.

Topographie des bancs de sable et spiritisme liminal. Ce n'est pas une simple coïncidence si les lieux fondateurs de la Sunakake-baba — Nara (bassin du fleuve Yamato), Amagasaki (pont Ebisu et ruines du temple Jōshō-ji, d'anciens bancs de sable) et Nishinomiya (pinèdes côtières) — sont tous des zones où « le sable affleure à la surface de la terre ». Les bancs de sable, les plages et les strates sédimentaires sont perçus dans le folklore comme des frontières liminales extrêmement fortes entre l'eau et la terre, agissant comme des couloirs entre le monde des humains et l'au-delà. Comme l'a révélé un reportage du *Kobe Shimbun* (décembre 2022), les phénomènes de liquéfaction des sols survenus sur les anciens bancs de sable d'Amagasaki lors du grand séisme de Kobe en 1995 prouvent que les légendes yōkai sont intimement liées à l'histoire géologique et topographique des lieux. La Sunakake-baba est un cas d'école de la géographie des yōkai.

La théorie des origines festives : les mécanismes de génération. La « théorie de l'origine au Festival du sable du sanctuaire Hirose », avancée par Bintarō Yamaguchi, offre une grille de lecture essentielle pour comprendre la genèse des yōkai. Un rituel agricole de faiseurs de pluie où les participants se jettent du sable en criant pour s'amuser « C'est la Sunakake-baba ! » aurait pu servir de matrice à la légende d'une « vieille sorcière jetant du sable ». Ce processus illustre la manière dont une figure surnaturelle naît à la lisière d'un festival, phénomène que l'on observe également avec les démons du *Setsubun*, les esprits de la fête des morts (*Obon*) ou les *tengu* des festivals d'automne. Il renforce l'idée que les rituels religieux ne sont pas de simples cérémonies, mais de puissantes usines à imaginaire folklorique.

Shirōsaku Sawada et le rôle des folkloristes locaux. L'ouvrage *Yamato Mukashibanashi* du Dr Shirōsaku Sawada est l'exemple parfait des collectes de traditions orales effectuées par les intellectuels de province avant et pendant la guerre. L'essor de la folkloristique japonaise reposait sur ce réseau de médecins, d'enseignants et d'historiens locaux qui arpentaient le terrain et envoyaient leurs archives aux figures centrales comme Kunio Yanagita et Shinobu Orikuchi. L'intégration de la Sunakake-baba dans le *Yōkai Dangi* de Yanagita est le fruit direct de ce système de recherche collaboratif entre la capitale et la périphérie. Les fondations de la yōkaïlogie du XXIe siècle reposent sur ce travail de fourmi réalisé par ces érudits locaux.

La « reconstruction visuelle » de Shigeru Mizuki et l'éthique culturelle. Shigeru Mizuki (1922-2015) a offert à la Sunakake-baba son apparence de vieille femme en kimono, en s'inspirant, dit-on, des masques de démons « Ondaiko » de l'île de Sado. C'est l'illustration par excellence de la culture yōkai d'après-guerre : les médias de masse imposent une apparence physique à une entité qui en était jusqu'alors dépourvue. Dans *GeGeGe no Kitarō*, elle est présentée comme une camarade vertueuse, effaçant totalement la nature hostile et effrayante de la légende locale pour la transformer en un « yōkai de la justice ». L'intervention de Mizuki fait débat dans l'histoire moderne de cette culture : si on loue son immense contribution à la sauvegarde et à la diffusion nationale de la légende, on lui reproche également d'avoir dénaturé son essence originelle. C'est un matériau d'étude exceptionnel sur les enjeux éthiques de la production culturelle au carrefour du folklore et de la culture pop.

Fukusaki, Kōryō et Hanshin : La géographie moderne du tourisme yōkai. Au XXIe siècle, la Sunakake-baba fait l'objet d'un développement touristique agressif dans ses régions d'origine. Fukusaki (Hyōgo), la ville natale de Yanagita, a lancé ses fameux « Bancs Yōkai », dont celui de la Sunakake-baba est particulièrement prisé. À Nara, le « Festival du jet de sable » du sanctuaire Hirose (Kōryō) attire l'attention en tant que bien culturel folklorique immatériel. Dans les zones d'Amagasaki et Nishinomiya, des circuits de balade liant la légende à la toponymie locale ont été créés. Dans un Japon d'après-guerre où les yōkai ne sont plus de vieux contes de fées mais des vecteurs de développement économique régional, d'outils touristiques et éducatifs, la Sunakake-baba se dresse comme un symbole incontournable, aux côtés de figures comme le Konaki-jijii ou l'Ittan-momen.

Le changement de paradigme : De la « Yōkaïlogie » à la « Culture Yōkai ». Le discours contemporain sur la Sunakake-baba est le point de rencontre de deux visions : la vision traditionnelle qui traite le yōkai comme un sujet académique (folkloristique, vérification historique) et la nouvelle approche qui l'analyse comme un phénomène culturel vivant (médias de masse, tourisme, éducation). Ce parcours — des collectes de Yanagita et Sawada, en passant par la reconstruction visuelle de Mizuki, jusqu'à son exploitation dans l'industrie touristique du XXIe siècle — démontre que les yōkai ne sont pas « des croyances du passé », mais une « production culturelle en perpétuelle évolution ». L'étude moderne des yōkai exige de ne plus la consommer comme une simple « anecdote de Nara et de Hyōgo », mais d'interroger activement l'histoire des savoirs, la géologie et l'évolution culturelle qui la façonnent.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Caractère
Dans les récits ancestraux, elle est une entité espiègle qui prend un malin plaisir à effrayer les humains. Depuis Mizuki, elle a été réinventée en une vieille femme prudente, taciturne, au regard perçant. Elle possède une personnalité double et ambiguë : partagée entre la pudeur de « ne jamais vouloir montrer son apparence » et la curiosité de « vouloir mettre l'humanité à l'épreuve ».
Affinités
Elle tisse des liens profonds avec ceux qui respectent les sanctuaires, les routes anciennes et les voyages nocturnes, ainsi qu'avec ceux sensibles aux espaces liminaux et aux environnements sablonneux. Elle entre en résonance avec ceux qui participent aux rituels locaux (comme le Festival du jet de sable) et ceux qui comprennent l'histoire géologique de sa région.
Capacités
L'anomalie consistant à jeter et disperser du sable par le haut (sans jamais révéler sa forme).Manifestations dans les zones de démarcation : bosquets sacrés, pinèdes, bambouseraies et sous les ponts.La capacité à instiller la terreur par la combinaison d'un son soudain et de la chute de sable.Le pouvoir de posséder la topographie des bancs de sable et des vieilles forêts de pins.Des liens très forts avec les rituels et les fêtes religieuses (en phase avec le Festival du sable du sanctuaire Hirose).
Faiblesses
Les lumières vives, la foule et le trafic diurne. Une honte viscérale à l'idée d'être vue (elle ne se montre jamais dans le folklore classique). Dans le paradigme post-Mizuki, son intégration au sein de la communauté humaine et la solidarité avec ses alliés ont fait disparaître le concept même de « point faible ».
Habitat
Les forêts des sanctuaires de la région du Yamato (Nara), le sanctuaire Hirose, le pont Ebisu et les ruines du temple Jōshō-ji à Amagasaki (anciens bancs de sable), les pinèdes de Nishinomiya, et les bambouseraies de Kusatsu. Aujourd'hui, son habitat principal est l'espace médiatique de 'GeGeGe no Kitarō' et les circuits de tourisme yōkai.

🔮Test de compatibilité yokai

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Sources et références

3
  1. 大和昔譚沢田四郎作((郷土民俗誌), 戦前 (詳細年不詳)) [郷土民俗誌]医学博士·沢田四郎作 (柳田國男の友人) が奈良·大和地方の民間伝承を採録した郷土民俗誌。 砂かけ婆についての直接の典拠で、 柳田國男『妖怪談義』 (1956) はこの『大和昔譚』 を出所として砂かけ婆を取り上げた。 戦前·戦中の地方知識人による民俗採集の代表的事例で、 中央 (柳田) と地方 (沢田) の協働的研究体制を支えた一冊。
  2. 妖怪は今も…阪神間の現場を訪ねて (1) 砂かけ婆神戸新聞社(神戸新聞 2022 年 12 月, 2022) [新聞記事 (現地取材)]神戸新聞による阪神間 (西宮·尼崎) の砂かけ婆伝承の現地取材記事。 尼崎市戎橋 (築地、1862 年文久 2 年石柱)·常性寺跡 (現·西難波町) 等の具体的伝承地、 江戸期「摂津の松島」 と呼ばれた砂州地形史、 1995 年阪神·淡路大震災時の砂湧出現象を取材。 妖怪が地質·地形史と結びつく事を実証する 21 世紀のジャーナリズム取材。
  3. ゲゲゲの鬼太郎水木しげる(週刊少年マガジン (講談社), 1968-) [漫画作品] Référence水木しげる (1922-2015) の代表作。 1960 年からの貸本『墓場鬼太郎』 を再構成し、 1968 年から『週刊少年マガジン』 で連載開始。 子泣き爺·砂かけ婆·一反木綿·ぬりかべ·猫娘等の在地伝承妖怪を「鬼太郎ファミリー」 として再造形し、 戦後日本における妖怪文化復活の中心的作品となった。

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