YOKAI.JP

Encyclopédie des Yōkai

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  • Moine de la mer

    Moine de la mer

    Légendaire

    ou-mi-BOH-zou

    Umibōzu de Kyūshū et Shikoku

    Esprits AquatiquesNagasakiEhime

    Umibōzu transmis le long des côtes de Kyūshū et de Shikoku. Il apparaît sur les bateaux et réclame une louche, mais ne monte jamais par la poupe, surgissant par l’étrave. On raconte que lorsqu’il s’accroche à l’aviron, si l’on continue de ramer, l’aviron s’enfonce comme une lame et la créature pousse un cri de douleur, « Aïe, aïe ». À Uwajima, on parle souvent de ses méfaits, mais on dit aussi que ceux qui le voient jouiront d’une longue vie.

  • Moine de la mer

    Moine de la mer

    Légendaire

    ou-mi-BOH-zou

    Umibōzu de la région de Chūgoku

    Esprits AquatiquesNagasakiEhime

    Umibōzu transmis dans toute la région de Chūgoku. À Nagato, il surgit pour éteindre les feux de veille. Dans la mer de Bisan à Okayama, il prend une forme sphérique appelée « Nurarihyon » pour dérouter les gens. Sur la côte du San’in, il s’accroche aux promeneurs et tente de les tirer à la mer. Dans le Recueil de contes étranges d’Inaba de Tottori, il apparaît comme un cyclope en forme de pieu, tourmentant les gens avec son corps gluant.

  • Moine noir

    Moine noir

    Peu commun

    KOU-ro BOH-zou (kuro-bōzu)

    Kurobōzu (traditions classiques)

    Noms génériques et figures collectivesInconnue (traditions connues à Edo/Tokyo, Kumano en province de Kii, district de Nomi en province de Kaga)

    Le nom Kurobōzu sert de désignation générique pour des apparitions variant selon les régions. À Edo-Tokyo, on le décrit comme un esprit qui rôde dans les chambres, approche la bouche des femmes, aspire leur souffle et laisse une odeur fétide avant de partir. Son aspect est flou, parfois rapproché des visages sans traits. Dans le Kumano de Kii, il croît soudain en taille lors d’une rencontre en montagne, et plus on le poursuit, plus il devient gigantesque en fuyant à toute vitesse. Près de la rivière Nagata à Kaga, il apparaît comme une masse noire aux seuls contours visibles, s’enfuit vers l’eau lorsqu’on le frappe d’un bâton, certaines traditions l’expliquant comme l’œuvre d’une loutre. Le terme « Kurobōzu » remplace aussi ailleurs des appellations comme Ōnyūdō ou Umibōzu, partageant au moins l’une des caractéristiques suivantes : couleur noire, allure de moine, étirement corporel, proximité de l’eau. Ces formes ne s’installent pas durablement et leurs apparitions cessent d’elles-mêmes avec le temps.

  • Moine-omble (Iwana-bōzu)

    Moine-omble (Iwana-bōzu)

    Peu commun

    i-wa-na BOU-zou

    Iwanabōzu (conforme aux traditions)

    動物変化Gifu

    Conforme aux récits de l’époque d’Edo et aux contes locaux décrivant l’Iwanabōzu. Une vieille truite de montagne prend l’apparence d’un moine et aborde les pêcheurs. Elle invoque souvent la juridiction d’un temple ou sa qualité de maître du gouffre pour appeler à la modération, puis s’éloigne si on lui offre l’aumône. Plus tard, on la pêche sous forme de grande truite, et l’on découvre du riz ou des gâteaux de riz donnés en offrande dans son ventre, révélant sa nature. Ce motif renvoie au respect envers les maîtres des gouffres et des rivières, et à des idées proches des divinités aquatiques comme l’anguille. Selon les régions, coexistent un type inoffensif et moral, un type d’avertissement porteur de poison mortel, et un type salvateur qui se sacrifie pour empêcher la rupture d’une digue, tous symbolisant une norme populaire qui fixe la frontière entre les eaux et les métiers.

  • Moineau accompagnateur

    Moineau accompagnateur

    Peu commun

    o-kou-ri-sou-zou-mé

    Édition consolidée des traditions

    山野の怪Wakayama

    Le « okuri-suzume » est tenu pour un présage avertissant des dangers sur les sentiers de montagne. Son cri précède et mènerait à l’apparition de loups ou d’« okuri-ōkami », structurant une règle de conduite pour éviter les chutes et la marche lente en terrain sauvage. Le nom « suzume d’armoise » dérivé de l’oiseau réel Emberiza spodocephala est transmis, bien que sa nature nocturne fasse débat. Les apparitions visuelles étant rares, son apparence n’est pas fixée, et il est parfois confondu avec le « yoru-suzume » dans une partie de Nara. Des récits le situent autour du mont Myōhō à Wakayama, attiré par la flamme des lanternes. Le cœur de la tradition réside moins dans une menace directe que dans le « cri annonciateur », marquant un yōkai du son.

  • Moineau de nuit

    Moineau de nuit

    Peu commun

    yo-SUZ-mé (yosuzumé)

    Suzume de nuit (version intégrée Tosa, Iyo, Kii)

    動物変化Kochi

    Le suzume de nuit est un yōkai d’escorte nocturne largement raconté dans les montagnes de l’Ouest du Japon, se signalant surtout par son cri. À Tosa il est décrit comme un petit oiseau, à Kitagawa et en Iyo comme un papillon ou un grand papillon de nuit, son apparence n’étant pas fixe. Il encercle alternativement l’avant et l’arrière d’une personne seule et, en piaillant près de l’oreille, dérègle la cadence de marche. À Toyama-mura on transmet une formule de renvoi et l’on avertit qu’une capture irréfléchie peut rendre nyctalope. À Wakayama, à l’inverse, il annoncerait l’apparition du loup et serait pris comme signe protecteur contre les maléfices des montagnes. Des récits cousins incluent le moineau escorteur de Nara et Kii et le moineau de manche de Kōchi et Ehime; à Tsunoyama et Shirobe, ils sont souvent confondus, avec des parades comme serrer sa manche, planter trois branches ou réciter un mantra. L’ambiguïté de sa forme visible, l’ingérence par le son et les variations régionales d’interprétation fastueuse ou néfaste en sont des traits folkloriques majeurs.

  • Mokumokuren

    Mokumokuren

    Épique

    mo-ku-mo-ku-ren

    Édition conforme aux Zukai de Sekien

    Habitations et objetsOrigine locale inconnue ; figure illustrée par Toriyama Sekien comme une multitude d’yeux couvrant des shōji.

    Recomposition fondée sur les images et légendes de Toriyama Sekien, présentant un yōkai d’« yeux » s’amas­sant sur les shōji d’une demeure délabrée. Plutôt que d’attaquer, il fixe intensément et jette l’inquiétude. Les logements dégradés et les sentiments non apaisés servent de médiateurs, mais il s’inscrit dans une lignée de hantises domestiques générales, sans dépendre d’un individu ou toponyme précis. L’interprétation retenue concorde avec les variations de nom relevées plus tard et les liens avec les phénomènes d’illusion visuelle.

  • Momongā

    Momongā

    Rare

    mo-mon-GA

    Momongaa (selon les images de versions)

    Noms génériques et figures collectivesFolklore japonais

    Une figure fondée sur les images visibles dans les éditions. Elle projette de grandes yeux ronds et une bouche fendue depuis l’embrasure du deuxième étage ou près d’un shōji, exhibant des dents aiguës pour intimider, ou rampe en quadrupède comme une masse de chair blanche aux courts membres. Son nom a une résonance de cri, et elle est décrite comme chassant les visiteurs nocturnes. Sans nom propre ni lignée, elle met l’accent sur la présentation d’une physionomie monstrueuse de type spectacle.

  • Momonjii

    Momonjii

    Rare

    mo-mon-JI-i

    Conforme aux images et textes (école de Sekien)

    Esprits des MontagnesInconnue (attesté dans des peintures de l’époque d’Edo)

    Version fondée sur l’iconographie et les notices de Toriyama Sekien, ordonnant la créature comme un vieil homme apparaissant au cœur de la nuit sur les landes. Le nom serait un mot-valise issu des termes enfantins « momonga » et « gagoji », personnifiant la crainte générale des monstres. Le fait que les témoins tombent malades s’accorde à l’idée ancienne qu’un contact avec le prodige apporte souillure ou maladie, sans acte d’agression explicite. À l’époque d’Edo, l’évitement des viandes de gibier et l’euphémisme « momonjii » ont pu favoriser sa figuration. Des lectures postérieures le disent tapi en montagne et surgissant aux carrefours pour effrayer, ou assimilent sa forme citadine à celle du Nozuchi, mais les sources primaires sont limitées et on ne trouve pas de récits largement diffusés. Cette version retient donc l’« indéterminé » et met l’accent sur les scènes propices de landes nocturnes, brume et vent, ainsi que sur la crainte d’un mal qu’il apporterait.

  • Moriya-no-kami

    Moriya-no-kami

    Divin

    もりやのかみ

    Moriya-no-kami, la divinité tutélaire de Suwa qui a affronté Takeminakata-no-kami

    Esprit Divin / DivinitéNagano

    L'attrait de Moriya-no-kami réside dans le fait qu'il est présenté non pas comme un vainqueur de la mythologie centrale, mais comme la divinité originelle de cette terre. Takeminakata-no-kami est la divinité centrale dans la conception historique officielle du grand sanctuaire de Suwa, mais l'histoire de son arrivée à Suwa nécessite une divinité d'accueil. C'est Moriya-no-kami qui endosse ce rôle. Loin d'être une divinité qui s'efface après la défaite, il s'intègre au cœur de l'ordre rituel en tant que grand prêtre après s'être réconcilié. On y observe une stratification de croyances propre à Suwa, qui ne se limite pas à une simple conquête et à un remplacement. Lorsque l'on envisage les Onbashira, Mishaguji, le clan Moriya et Suwa Myōjin comme une unique strate géologique, Moriya-no-kami se tient précisément à l'intersection de cette stratification.

  • Mujina (blaireau métamorphe)

    Mujina (blaireau métamorphe)

    Épique

    mou-JI-na

    Conforme aux récits traditionnels • Mujina trompeur

    Noms génériques et figures collectivesFukushimaChiba

    Figure spécialisée dans la tromperie fondée sur divers récits de mujina. Créature de la taille d’un chien aux pattes avant un peu courtes, dont le pelage formerait une croix sur le dos avec l’âge. Maître pour troubler l’attention et le sens de l’orientation, il fait confondre la nuit champs et rivière, levées et surface de l’eau, meules de paille et silhouettes humaines. Les plus malveillants font prendre nourriture ou latrines pour autre chose, causant honte et malheur. Sous forme humaine, il préfère des apparences discrètes comme un petit bonze, un voyageur ou une villageoise, et peut n’employer que la voix pour attirer. Selon les régions, ses récits se mêlent à ceux du tanuki ou du renard, le nom de mujina restant parfois seul, mais il relève en général de la catégorie des bêtes qui « abusent ». Plutôt que des défaites par arts martiaux ou sorcellerie, la fin la plus courante veut que, une fois démasqué, il se dissipe comme brume et n’approche plus. Le proverbe « mêmes terriers, mêmes mujina » désigne des comparses de même acabit, issu de l’observation du partage de terrier et de l’association aux tours trompeurs. Les traditions sont riches à l’Est du pays, et l’époque d’Edo l’a représenté en peinture sous le titre « 貉 ».

  • Muku Mukabaki

    Muku Mukabaki

    Peu commun

    mou-kou mou-ka-ba-ki

    Version traditionnelle

    Yōkai domestiques et objets animésÉpoque d’Edo (Japon)

    Édition fondée sur des peintures de l’époque Edo, organisant l’iconographie du muff d’étoffe nommé gyōtō. Le gyōtō, pièce de fourrure enroulée de la taille aux jambes pour se prémunir du froid et des coupures dans l’habit de chasse, relève des tsukumogami qui acquièrent une âme après longue utilisation ou séparation du maître. Chez Sekien, seules les jambes semblent marcher de façon autonome, et le texte évoque le gyōtō de Kawazu Saburō du Conte des Soga. Il s’agit toutefois d’une suggestion littéraire du peintre, sans attestation d’un récit vengeur particulier. Dans les cortèges de yōkai et rouleaux de tsukumogami de l’époque moderne, on voit des figures portant un gyōtō, soulignant visuellement l’étrangeté de cet accessoire. Sa nature est généralement de paraître la nuit pour effrayer, sans nuisances ni bienfaits documentés. Les traditions locales sont rares, la plupart des œuvres relevant d’une sphère picturale urbaine. Il est compris comme un exemple typique de l’idée d’objets anciens investis d’un esprit.

  • Myobu

    Myobu

    Rare

    myobu

    Le pur messager divin d'Inari Okami, Myobu

    Transformation animaleKyoto

    Myobu est la forme déifiée des renards blancs servant de familiers à Inari Okami, enchâssée en tant que "Myobu Tome-no-Kami" au Byakkosha, un sanctuaire subordonné de Fushimi Inari Taisha. Contrairement aux croyances laïques qui vénèrent les renards eux-mêmes comme des dieux, l'essence de Myobu réside dans sa référence aux renards blancs agissant comme des messagers divins servant de près la divinité. "Myobu" est un titre dérivé des rangs des dames de la cour sous le système Ritsuryo. Parce qu'ils servent Inari Okami, qui détient le Premier Rang Supérieur, les renards blancs étaient assimilés à des dames de cour de haut rang du palais impérial. Le bâtiment du sanctuaire de Byakkosha, construit à l'ère Kan'ei dans le style Kasuga-zukuri à une baie avec un toit en écorce de cyprès, est un bien culturel important. Initialement appelé "Oku-no-Myobu" ou "Myobusha", il est dit dans l'"Inari Jinja Engi" de Harumitsu Harada qu'il enchâsse Akomachi et Osusukiroku, provenant d'une dame de la cour nommée Susumu Myobu. Les statues de renards blancs tenant dans leur gueule des épis de riz, des parchemins, des clés et des joyaux sont une expression iconographique montrant que Myobu est un pur messager divin servant de médiateur pour la récolte des champs, les paroles, les greniers et les trésors.

  • Myōtara-ten

    Myōtara-ten

    Épique

    myo-ta-ra-TÈNE

    Myōtara-ten (divinité locale gardienne du territoire)

    神霊・神格Shiga

    Compilation des représentations de Myōtara-ten enracinées dans les cultes locaux d’Echigo (Yahiko) et de Dewa (Okitama). Les origines mêlent récits de vieille femme, d’ogresse et de chat métamorphe, mais tous concordent: la fureur s’apaise après l’invitation au sanctuaire, puis la divinité devient protectrice du village, appelle la pluie et veille sur les enfants et les justes. Bien que dotée d’un nom céleste bouddhique, elle incarne en réalité la puissance des montagnes et des lisières, honorée comme une déesse autour du mont Yahiko et du petit sanctuaire d’Ipponyanagi. Une tradition veut que le tonnerre gronde lors de son retour annuel à Sado, liant orages et récoltes dans l’imaginaire agraire. Son nom et son apparence varient — vieille femme, nymphe céleste, démone — mais convergent vers une bienveillance finale.

  • Mōryō

    Mōryō

    Épique

    MOH-ryo (mɔʁ-jo)

    Mōryō (iconographie traditionnelle)

    Yōkai des eauxInconnu (concept transmis de la Chine antique, adopté au Japon)

    Image générique du mōryō fondée sur les sources classiques. Nom donné aux phénomènes liés aux berges, aux cimetières, aux vieux arbres et aux pierres géantes, associé aux fléaux qui profanent les cadavres et à la diffusion de l’impureté de mort. Son apparence n’est pas fixée: parfois enfantine, parfois simple émanation vaporeuse. Au Japon, le terme a désigné des esprits voleurs de dépouilles et a servi à justifier les tabous funéraires et les rites d’asepsie.

  • Namahage

    Namahage

    Légendaire

    なまはげ

    Namahage, la divinité visiteuse du Nouvel An

    Esprits divins / DivinitésAkita

    La véritable essence du Namahage réside dans les « bénédictions par la crainte ». L'acte de faire s'entrechoquer des couteaux et de faire irruption dans une maison en poussant des cris forts est destiné à graver une puissante réprimande chez les enfants et les paresseux ; la violence en elle-même n'est pas le but. À travers un dialogue avec le chef de famille, le Namahage obtient une promesse d'assiduité pour l'année à venir, exorcise le malheur et s'en va. Cette série de rituels a fonctionné comme un mécanisme pour redynamiser spirituellement l'ensemble du village au tournant de l'année. Le design et la couleur des masques, les mouvements et les répliques prononcées diffèrent d'un village à l'autre. Certaines zones reçoivent des visites par paires, tandis que d'autres ont des règles strictes concernant l'ordre de visite et l'étiquette du dialogue. La paille qui tombe de leurs vêtements en kede est ramassée comme porte-bonheur pour une bonne santé, illustrant comment la tradition folklorique associe la visite de la divinité à des avantages concrets et matériels. Le cœur de l'événement des Namahage n'est pas simplement de les craindre comme des démons, mais de les traiter comme des « divinités invitées » (marōdogami), avec tous les rituels d'accueil et de départ que cela implique.

  • Nami-kozō

    Nami-kozō

    Peu commun

    Nami-kozō

    Nami-kozō, le messager des vagues d’Enshū-nada

    Esprits et créatures des eauxShizuoka

    Ce Nami-kozō appartient aux côtes et aux estuaires de l’ancienne province de Tōtōmi. Son origine suit deux grandes traditions. La première en fait une poupée de paille que Gyōki aurait confiée au courant d’une rivière ; la seconde parle d’un petit être qui envoyait des signaux par les vagues aux paysans accablés par la sécheresse. Il prend l’apparence d’un enfant ou d’une minuscule poupée, sans qu’aucun visage ne se soit imposé. Sa fonction essentielle est d’annoncer les changements de temps. La direction et la puissance du grondement marin indiquent l’arrivée de la pluie ou du vent, permettant aux pêcheurs de décider s’ils doivent prendre la mer et aux cultivateurs d’organiser leurs travaux. Le récit transforme ainsi un bruit lointain et difficile à expliquer en savoir local directement utile. Les idées de l’eau courante et de la poupée rejoignent ici les récits de kappa et certaines traditions qui emploient le nom Umibōzu. Quel que soit le nom retenu, il s’agit toujours d’interpréter le grondement de la mer et d’y lire le temps à venir. Nami-kozō est moins une divinité faisant l’objet d’un culte formel que la personnification d’un signe naturel digne de respect. Offrandes et rites diffèrent selon les communautés ; les sources reposent sur des documents locaux et la tradition orale, laissant bien des détails incertains.

  • Narikama (le chaudron résonnant)

    Narikama (le chaudron résonnant)

    Peu commun

    na-ri-GA-ma

    Kaminari-gama (Hyakki Tsurezure Bukuro)

    Yōkai domestiques et objets animésOkayama

    Issu de l’idée qu’un objet devient esprit après cent ans, il apparaît avec une tête de vieux chaudron. Il se tient dans l’ombre nocturne, émettant des sons avec de faibles frissons et buées. Ses tintements sont reçus comme présages fastes ou néfastes : il se tait face au tapage inconsidéré, répond à la révérence craintive. Une image qui symbolise à la fois la divination et la mémoire rituelle des objets usés.

  • Nekomata

    Nekomata

    Légendaire

    né-ko-ma-ta

    Nekomata aux deux queues, vieux chat métamorphosé

    Métamorphose animaleTochigi

    Il s'agit de la forme d'un chat gardé de nombreuses années dans une maison humaine, qui prend de l'âge et dont la queue se fend en deux. Cette "ascension" lui octroie le pouvoir de parler le langage humain et de manipuler des feux démoniaques. Délaissant la figure de la "bête féroce des montagnes" racontée pour l'espèce dans son ensemble, c'est une version qui pousse à l'extrême sa nature de "yôkai domestique" (kayô) partageant l'espace de vie avec les humains. Il est dit que ce Nekomata, tard dans la nuit, se dresse sur ses pattes arrière, se couvre la tête d'une serviette et danse frénétiquement dans l'ombre du foyer. Cette danse étrange, tirant son origine de l'illustration du "Gazu Hyakki Yagyô" de Toriyama Sekien, a ajouté un charme comique et humain à ce qui était à l'origine une effrayante légende de chat monstrueux. De plus, ce Nekomata imite habilement les visages et les voix des gens pour tromper les membres de la maisonnée. Il prend souvent l'apparence d'une vieille femme, ce qui est parfois interprété comme une projection de l'autorité et de l'oppression sous-jacente de la maîtresse de maison, superposée à la figure du vieux chat. Le folklore présente une dualité évidente : si le maître de maison traite le chat brutalement ou le tue de manière injustifiée, il devient un dieu de la malédiction rancunier, allumant des feux démoniaques (le feu du Nekomata) et causant la ruine de la famille. D'un autre côté, un Nekomata choyé utilise sa nature démoniaque pour "protéger la maison". Comme illustré dans le "Hyakkai Zukan" de Sawaki Sûshi, on trouve de bonnes légendes où il se métamorphose en geisha jouant du shamisen pour sauver un bienfaiteur, ou utilise son feu pour intimider et réduire en cendres les autres démons ou maladies (impuretés) tentant d'entrer dans la maison. Pour eux, la queue fendue n'est pas qu'une simple marque de monstruosité : l'une des queues sert d'antenne symbolisant "la gratitude (ou la rancœur) envers les humains", et l'autre "la nature démoniaque de la bête".

  • Nekomata

    Nekomata

    Légendaire

    né-ko-ma-ta

    Vieux Nekomata gardien du foyer

    Métamorphose animaleTochigi

    Le vieux Nekomata gardien du foyer est une version d'un chat gardé longtemps au même endroit, ayant vieilli près de l'âtre imprégné de suie et de cendres, dont la queue se fend subitement en deux une nuit. Aux antipodes du Nekomata féroce qui attaque les humains dans les montagnes (comme mentionné dans le "Meigetsuki"), celui-ci inhale le souffle de la maison et des générations de vie, abritant en lui l'esprit du feu et la fumée des cuissons, adoptant un comportement proche d'une divinité domestique (ou du Zashiki-warashi). Bien qu'il se situe dans le prolongement de la croyance populaire du "chat de compagnie qui se transforme" citée dans les "Tsurezuregusa", il a une nature beaucoup plus protectrice. Même s'il n'utilise pas le langage humain, il signale sa présence en faisant tinter le couvercle de la marmite ou en dessinant des motifs dans la cendre. Le feu follet pâle (le feu du Nekomata) qui court dans un coin du salon tard la nuit n'est pas un feu maudit à redouter comme dans le "Yamato Kaiiki", mais est considéré comme une marque de purification par laquelle ce vieux Nekomata lèche préventivement les risques d'incendie de la maison et brûle les énergies néfastes. Dans certains villages, on croit qu'une queue relie "la lignée de la famille" et l'autre "l'énergie divine du feu", ce qui fait que la bifurcation n'est pas une simple difformité mais un signe sacré à double vocation. Le vieux Nekomata s'approche toujours lorsque la famille se rassemble autour d'un défunt. Il y a une peur commune que les chats ressuscitent les morts, ce qui entraîne souvent une confusion avec le Kasha (le chat monstrueux ravisseur de cadavres du "Gazu Hyakki Yagyô"). Cependant, cette version ne cause jamais de trouble ; il se contente de renifler le souffle désordonné et d'allumer une petite étincelle pour dissiper les attachements persistants. Par conséquent, l'étiquette veut que la famille ne brandisse pas de lames devant le Nekomata, mais brûle plutôt un bâton d'encens comme "feu d'adieu". Si l'on maltraite un chat gardé longtemps, le poêle brûlera à vide en pleine nuit, et des empreintes humides superposées apparaîtront sur les murs. À l'inverse, dans les maisons qui respectent le deuil, survit un folklore semblable aux "légendes urbaines" soulignées par Kunio Yanagita : par un matin d'hiver, seul l'espace sous le shoji est chaud, et les ombres des souris disparaissent de la huche à riz. Cette version est parfois racontée comme celle d'un vieux chat disparu autrefois dans la montagne revenant par nostalgie de la maison, ou comme un vieux chat d'intérieur dont la queue s'est fendue naturellement. La coutume de couper la queue pour empêcher la métamorphose existe, mais dans les régions du gardien du foyer, elle est taboue : "blesser la queue, c'est fendre les vertus de la famille". Son apparence se caractérise par une peau du dos pendante ressemblant à un manteau, projetant une silhouette humaine dans la pénombre. C'est pourquoi on le prend à tort pour une métamorphose de défunt, mais il n'aime pas les transformations inutiles. S'il emprunte parfois l'apparence d'une grand-mère, c'est pour endormir un enfant, sans faire de bruit, ne laissant que l'odeur de suie et de cendres. Bien qu'il ne se montre pas aux voyageurs, lors des moments marquants de la maison, il tapote doucement ses griffes sous le plancher pour prédire les présages. Trois coups signifient la chance, deux signifient prudence avec le feu. Si la mèche de la lampe est humide, il la lisse avec sa langue ; si le feu du poêle est trop fort, il l'attise avec sa queue pour l'atténuer. En échange de la prise en charge de ces petits maux quotidiens, la famille a pour coutume de partager les "bords du repas" avec lui. Trois grains de riz, une pincée de sel, et un peu de vapeur. Tant que cela est respecté, le Nekomata ne trompera pas les humains, et les bruits étranges de la nuit ne seront que de simples "craquements de la maison".

  • Ningyo

    Ningyo

    Rare

    ningyo

    Le Monstre Aquatique traversant les Âges

    水の怪FukuiShiga

    Rupture iconographique avec la sirène occidentale. L'image du Ningyo qui vient à l'esprit des Japonais modernes — « un magnifique buste de femme et une queue de poisson » — est le résultat de l'importation et de l'enracinement des légendes occidentales (comme *La Petite Sirène* d'Andersen) à partir de l'ère moderne. Auparavant, l'iconographie traditionnelle japonaise du Ningyo, telle que représentée dans des ouvrages comme le *Kaikoku Heidan*, était extrêmement difforme et grotesque : « un visage semblable à celui d'un humain (ou d'un singe) sur un corps de poisson recouvert d'écailles ». Les traits du visage n'étaient d'ailleurs pas nécessairement ceux d'une belle femme ; ils étaient généralement dépeints comme des hommes, des femmes, des jeunes ou des vieillards terrifiants, aux crocs acérés. C'est précisément cette hideur qui accentuait la réalité viscérale du Ningyo en tant que « créature de l'Autre Monde » et soulignait l'aspect tabou et macabre de l'acte de consommer sa chair. Modèles biologiques et regard naturaliste. On estime que le cœur du folklore japonais entourant le Ningyo comporte une part non négligeable d'erreurs d'identification de créatures bien réelles. Par exemple, la théorie dominante suggère que les siréniens comme le dugong et le lamantin, ou les pinnipèdes tels que l'otarie et le phoque, ont servi de modèles à l'Umibōzu et au Ningyo. De plus, dans les légendes de Ningyo terrestres (vivant dans les rivières ou les marécages), il arrive que l'identité véritable du monstre soit imputée à la salamandre géante du Japon. Les herboristes de l'époque d'Edo recueillaient méticuleusement les signalements d'échouage de ces créatures marines inconnues, tentant de réexaminer les yōkai à travers le prisme de la « science » (l'histoire naturelle). La malédiction de la « vie éternelle ». Si l'« immortalité » octroyée par la chair de Ningyo est un désir universel de l'humanité, elle est toujours intimement liée à la « tragédie » dans les légendes japonaises. Comme le montre l'histoire de Yao-bikuni, quiconque obtient la jeunesse éternelle en mangeant de la viande de Ningyo est condamné à voir vieillir et mourir, l'un après l'autre, sa famille et ses époux aimés, subissant ainsi une solitude et un désespoir insoutenables (un isolement temporel). Le Ningyo est un yōkai qui agit comme un miroir cruel, confrontant brutalement les humains à « la terreur d'échapper à la mort ».

  • Ninigi-no-Mikoto

    Ninigi-no-Mikoto

    Légendaire

    ににぎのみこと

    Tenson Korin (Descente Céleste)

    La Structure du Mythe de l'État Antique : « Tenson Korin ». Bien que la description de base aborde les grandes lignes de la Descente Céleste, cette plongée en profondeur explore la structure du « Tenson Korin » en tant que mythe fondateur de l'ancien État japonais. Le Tenson Korin dépeint la descente divine du Takamagahara (le monde céleste de la pureté et de l'ordre) à l'Ashihara no Nakatsukuni (le monde terrestre du chaos et de la conquête) comme le mythe central établissant la fondation du Japon antique, l'autorité dirigeante et les origines de la civilisation agricole. Sa structure complexe — impliquant des artefacts spécifiques (les Trois Trésors Sacrés), des serviteurs (les cinq dieux piliers), des commandements (le décret divin) et une literie (le Madoko-ofusuma) — forme la base fondamentale des cérémonies religieuses comme les anciens rituels d'intronisation, le Niiname-no-Matsuri et le Daijosai. Transcendant un simple conte mythologique, c'est un dispositif narratif fondateur qui a traversé l'État, la religion, la politique et la culture japonaise de l'Antiquité à l'ère moderne. Mythologie Comparée des Mythes de Descente dans l'Histoire Mondiale. Dans la mythologie mondiale, le mythe du Tenson Korin est positionné comme un exemple typique des mythes de « descente céleste/incarnation divine ». Depuis le mythe de Dangun de la péninsule coréenne (Hwanung, fils du Seigneur du Ciel, descendant sur le mont Taebaek), jusqu'aux légendes de Gengis Khan en Mongolie, les récits de descente chamanique des peuples toungouses du Nord, la descente de Krishna en Inde et l'Incarnation dans le christianisme, les mythes de « descente divine du ciel à la terre » sont largement distribués dans le monde antique. Les similitudes avec les mythes de descente en Asie du Nord-Est (comme la Corée et la Mongolie) soulèvent une question cruciale de religion comparée, suggérant que la mythologie japonaise antique a pu se former au sein d'une sphère culturelle plus large de l'Asie du Nord-Est. Comprendre le Tenson Korin non pas comme un phénomène japonais isolé mais comme une variation japonaise d'une imagination mythologique commune de l'ancienne Asie du Nord-Est est une réalisation significative des études mythologiques japonaises d'après-guerre. L'Historicité de la Controverse sur le Site de Descente. Le fait que l'emplacement présumé du site de descente de Ninigi, « le Pic de Takachiho à Tsukushi Hyuga », soit partagé entre deux grandes traditions — la ville de Takachiho dans la préfecture de Miyazaki et la chaîne de montagnes Kirishima dans la préfecture de Kagoshima — est le résultat de l'évolution de l'ancien mythe de l'État à travers de multiples strates de folklore régional, de manifestations géographiques et de concurrence politique. L'ancien gouvernement central (la Cour de Yamato) n'a pas localisé un site précis, adoptant le nom abstrait de « Takachiho à Hyuga », permettant à des traditions indépendantes revendiquant que « notre terre est le site de descente » de se développer dans tout le sud de Kyushu à travers les périodes médiévale, pré-moderne et moderne. Au milieu des rivalités modernes en matière de marques touristiques, de recherches historiques locales et de systèmes de préservation des sanctuaires, les deux grandes traditions coexistent, fonctionnant comme des ressources culturelles uniques. C'est un exemple classique de la façon dont la mythologie antique est intégrée de manière multicouche dans la culture régionale. Konohanasakuya-hime et l'Origine de l'Espérance de Vie ── Le Choix Entre Beauté et Éternité. Le fait que le choix par Ninigi-no-Mikoto de Konohanasakuya-hime (la déesse des fleurs de cerisier) et son rejet d'Iwanaga-hime (la déesse éternelle du roc) soit devenu le mythe d'origine expliquant pourquoi ses descendants — la lignée impériale et l'humanité — n'ont pas la vie éternelle illustre la « tension fondamentale entre la beauté et l'éternité » dans le Japon ancien. Le contraste entre la fleur de cerisier, belle mais éphémère, et le rocher, laid mais éternel, démontre la structure profonde de l'ancienne conception japonaise de la vie, de l'esthétique et de l'impermanence. En tant que concept d'impermanence typiquement japonais antérieur à l'introduction du bouddhisme, cette idée a été transmise comme une philosophie fondatrice traversant toute la culture japonaise ultérieure, y compris l'Ukiyo (le monde flottant), l'appréciation des fleurs de cerisier, le Bushido et la cérémonie du thé. Elle sert de matériau crucial fournissant la base mythologique de l'esthétique japonaise selon laquelle « c'est beau précisément parce que cela se fane ». D'Umisachi-hiko et Yamasachi-hiko à l'Expédition Orientale de Jinmu. Parmi les trois enfants de Ninigi-no-Mikoto et Konohanasakuya-hime, Yamasachi-hiko (Hoori-no-Mikoto) a visité le palais du Dieu de la Mer, a épousé Toyotama-hime et a engendré Ugayafukiaezu-no-Mikoto, qui à son tour a eu l'Empereur Jinmu avec Tamayori-hime. Cette lignée de quatre générations forme le noyau de la légitimité de l'ancien État japonais. L'expédition orientale de Jinmu (le mythe de l'empereur Jinmu migrant vers l'est depuis Hyuga vers Yamato pour monter sur le trône) est la conclusion logique de la Descente Céleste, cartographiant l'établissement de l'ancien État japonais comme une migration géographique en trois étapes : « Takamagahara → Hyuga → Yamato ». En tant que point de départ de l'ancienne mythologie de l'État, Ninigi-no-Mikoto est la divinité fondatrice couvrant plus de deux millénaires d'histoire politique, de l'expédition de Jinmu et des intronisations successives à l'ancien système Ritsuryo, au shintoïsme d'État d'avant-guerre, à la famille impériale d'après-guerre et au système de l'empereur moderne. La Sphère Culturelle Tenson Korin du Sud de Kyushu. Le sud de Kyushu (Miyazaki, Kagoshima et le sud des préfectures de Kumamoto) — la principale région où Ninigi-no-Mikoto est vénéré — a développé des religions, des cultures et un folklore uniques en tant que « Terre de la Descente Céleste » depuis les temps anciens. Avec le Yokagura de la ville de Takachiho (un bien culturel folklorique immatériel important désigné au niveau national reconstituant l'ouverture de la grotte rocheuse céleste), les danses sacrées Kagura et les festivals du Kirishima Jingu, les pèlerinages à la tombe impériale au sanctuaire Nitta et le festival d'accession de Jinmu au Miyazaki Jingu, la région maintient un système multicouche de religion, d'arts de la scène et de festivals qui perpétue la mythologie ancienne jusqu'à nos jours. La création de marques régionales modernes telles que « Mythes de la Ville Natale Miyazaki » et « Tourisme de Kirishima » sont de parfaits exemples de l'expansion d'anciens mythes dans la revitalisation régionale moderne, les industries touristiques et le matériel pédagogique. Il s'agit d'un exemple rare de mythologie ancienne fonctionnant comme une ressource culturelle vivante s'étendant sur plus de deux mille ans. Ninigi-no-Mikoto au 21e Siècle ── Mythologie Ancienne et Japon Moderne. Au 21e siècle, Ninigi-no-Mikoto et le mythe de Tenson Korin sont préservés comme matériel de recherche historique ancienne, de tourisme dans le sud de Kyushu, de rituels shintoïstes et de culture pop. Passant du renforcement politique sous le shintoïsme d'État avant et pendant la guerre, à la relativisation culturelle sous la séparation religieuse de l'après-guerre, et enfin à des expansions multicouches dans le tourisme, les sous-cultures et l'éducation du 21e siècle, le mythe ancien maintient une forte continuité avec la culture spirituelle japonaise moderne. Continuellement réimaginé dans des œuvres de sous-culture telles que les jeux 'Okami' et 'Megami Tensei', ainsi que dans le manga 'Demon Slayer', le mythe ancestral de la Descente Céleste traverse deux millénaires pour animer de façon pérenne la culture spirituelle des Japonais du 21e siècle. Il est la divinité symbolique de la mythologie japonaise, incarnant le fil conducteur de l'héritage culturel depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.

  • Niutsuhime

    Niutsuhime

    Divin

    niutsuhime

    La divinité gardienne du mont Koya, Niu Myojin

    Esprit divin/DivinitéWakayama

    Niutsuhime est le « dieu de la terre » à la base du paysage religieux du mont Koya. Bien que le site sacré du bouddhisme ésotérique Shingon soit connu comme la montagne du Bouddha (Dainichi Nyorai), sa fondation est une terre gouvernée par des divinités locales d'avant l'arrivée de Kukai. La légende de la fondation établit le rôle indispensable de Niu et Takano Myojin à travers un récit de cession de ce territoire (dédicace de la terre divine). Le cinabre indiqué par le nom « Niu » est très prisé depuis l'Antiquité comme minéral pour la préservation, pour conjurer le mal et pour la magie. La répartition des veines de mercure au pied du mont Koya corrobore l'existence du groupe minier du clan Niu et de la divinité qu'ils vénéraient. Parallèlement, en raison de sa situation contrôlant les sources du fleuve Kinokawa, elle est également vénérée comme un dieu de l'eau, étendant sa protection à l'agriculture et à l'irrigation. Sous le syncrétisme shinto-bouddhiste, elle était considérée comme une manifestation (suijaku) du Dainichi Nyorai du Monde de la Matrice, et a été enchâssée dans les sanctuaires Miyashiro et Amano-sha du mont Koya comme gardienne de la montagne. La porte romon et le sanctuaire principal du sanctuaire du patrimoine mondial Niutsuhime continuent de transmettre que cette déesse est le point de départ des 1 200 ans de foi du mont Koya.

  • Nobusuma

    Nobusuma

    Peu commun

    nobusuma

    Nobusuma, la bête planeuse qui couvre le visage

    Métamorphose animaleTokyo

    Sous cette forme, Nobusuma est une petite bête qui se laisse glisser depuis la cime des arbres et plaque contre le visage du voyageur une membrane semblable à du tissu. Sa terreur ne tient pas tant aux crocs ou aux griffes qu’à la perte instantanée de la vue et du souffle. Quelque chose tombe d’en haut sur un sentier de montagne ; une peau humide adhère au visage ; les yeux et le nez sont couverts, et tout sens de l’orientation disparaît. C’est cet enchaînement de sensations physiques qui transforme un simple écureuil volant en yōkai. L’image de Sekien n’en fait pas un monstre gigantesque. Nobusuma effraie précisément parce qu’il est petit, agile et difficile à distinguer dans l’obscurité. Au lieu d’affronter sa victime comme un serpent géant ou un oni, il tombe d’une branche, d’un avant-toit ou de l’ombre d’une falaise selon un angle auquel le voyageur ne songe pas. Sa membrane déployée ressemble à du tissu sans en être. C’est là toute la différence avec Fusuma : le yōkai de l’étoffe blanche naît d’un textile sans propriétaire, tandis que Nobusuma surgit au moment où le corps d’un animal est pris pour une pièce de tissu. Comprendre son attaque comme une manière de « couvrir le visage » révèle aussi sa proximité avec le Nodeppō. Ce dernier est censé cracher une forme semblable à une chauve-souris qui se plaque sur le visage et bouche les yeux. Nobusuma est tantôt rapproché de ce projectile, tantôt présenté comme la métamorphose d’une vieille chauve-souris. Dans les deux cas, la séquence reste la même : la vue disparaît d’abord, puis la respiration et l’orientation se troublent, avant que le sang ou l’énergie vitale ne soient éventuellement aspirés. Un instant de désarroi sur un chemin de montagne devient ainsi le comportement d’un monstre. On ne peut pourtant pas écarter Nobusuma en disant qu’un véritable écureuil volant suffit à tout expliquer. L’animal existe, mais celui qui voit une ombre planer au-dessus de lui la nuit n’a pas forcément le temps de l’identifier. Dans les montagnes, oiseau et mammifère, tissu et ombre, branche remuée par le vent et corps vivant peuvent se confondre en une seule impression. Nobusuma habite cet intervalle d’incertitude. Les traités naturalistes ont fourni le nom de l’animal, Sekien l’a converti en image de yōkai, puis les récits étranges y ont ajouté le sang bu et le visage étouffé : le savoir n’a pas dissipé le surnaturel, il lui a donné sa matière. Cette version conserve la place intermédiaire de Nobusuma entre le petit animal des montagnes et le tsukumogami de tissu. Son corps est celui d’une bête, son apparence celle d’une étoffe et sa conduite celle d’un yōkai. Le voyageur n’a presque aucun temps pour décider de sa nature ; la peur arrive avant le nom. Nobusuma est donc plus vivant comme une apparition condensée en une seconde sur un chemin nocturne que comme le héros d’une grande légende. Sa petite taille rend l’attaque plus proche encore : on croit pouvoir l’arracher d’un revers de main, mais il refuse de lâcher prise. Nobusuma se laisse également mal enfermer dans une seule préfecture. Le Fusuma de tissu peut être rattaché aux traditions de Sado et de Tosa ; Nobusuma porte davantage la marque de l’édition d’Edo, qui a recomposé une bête nocturne des montagnes en yōkai. Cette version part de cette culture imprimée, tout en plaçant la créature dans les forêts, les ravins et les lisières proches des habitations. Ce qui attend dans le noir n’est pas un géant qui se montre tout entier, mais une petite masse d’ombre déjà plaquée contre le visage au moment où on la remarque.

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