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Mujina (blaireau métamorphe)(mou-JI-na)

Description de base

Mujina désigne surtout le blaireau, mais selon les époques et régions il peut se confondre avec le tanuki ou la civette masquée. Créature réputée pour leurrer les humains, il fait perdre la route la nuit, trompe sur la nature des rivières, des aliments ou des lieux. Le Nihon Shoki mentionne un mujina chantant sous forme humaine. Dès l’époque d’Edo, il apparaît, aux côtés du renard et du tanuki, comme maître des illusions dans peintures et récits. Son identification zoologique varie localement.

Folklore et légendes

Partout, on raconte ses tours: faire croire qu’un chemin ou un champ est une profonde rivière, faire passer des excréments pour des gâteaux, un puisard d’engrais pour un bain, ou brouiller le sens de l’orientation. Dans le Shimōsa, il prend l’apparence d’un garçon à coupe au bol en courte tunique disant «Bois de l’eau, bois du thé». Les individus âgés auraient une croix de poils blancs (ou noirs) sur le dos et des pouvoirs accrus; les plus dangereux sont appelés «grand mujina». La première mention écrite remonterait au Nihon Shoki (ère Suiko).

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

Figure spécialisée dans la tromperie fondée sur divers récits de mujina. Créature de la taille d’un chien aux pattes avant un peu courtes, dont le pelage formerait une croix sur le dos avec l’âge. Maître pour troubler l’attention et le sens de l’orientation, il fait confondre la nuit champs et rivière, levées et surface de l’eau, meules de paille et silhouettes humaines. Les plus malveillants font prendre nourriture ou latrines pour autre chose, causant honte et malheur. Sous forme humaine, il préfère des apparences discrètes comme un petit bonze, un voyageur ou une villageoise, et peut n’employer que la voix pour attirer. Selon les régions, ses récits se mêlent à ceux du tanuki ou du renard, le nom de mujina restant parfois seul, mais il relève en général de la catégorie des bêtes qui « abusent ». Plutôt que des défaites par arts martiaux ou sorcellerie, la fin la plus courante veut que, une fois démasqué, il se dissipe comme brume et n’approche plus. Le proverbe « mêmes terriers, mêmes mujina » désigne des comparses de même acabit, issu de l’observation du partage de terrier et de l’association aux tours trompeurs. Les traditions sont riches à l’Est du pays, et l’époque d’Edo l’a représenté en peinture sous le titre « 貉 ».

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Épique
Caractère
prudent, obstiné, enclin aux farces, rancunier
Affinités
actif la nuit, fréquent sur les sentiers près des villages, tendance à éviter les humains
Capacités
illusion et confusion (erreurs de cheminde rivière et de direction)métamorphose (imitation en petit bonzevoyageuretc.)appât par la voixfarces en groupepoursuite obstinée pour égarer
Faiblesses
être démasqué (gestes comme sel, chapelet, lumière du feu), être appelé par son nom, lumière de l’aube, se calme parfois par offrandes de boisson et nourriture
Habitat
sentiers de levée et lisières forestières, abords des anciens sanctuaires et temples, le long des canaux d’irrigation, zone de bocage entre rizières et montagne

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