YOKAI.JP

Nobusuma(nobusuma)

Description de base

Nobusuma est un petit yōkai animal qui plane dans les montagnes et les campagnes après la tombée de la nuit. Bien que son nom contienne le mot *fusuma*, qui désigne ici une pièce de literie, il relève d’une tradition différente de celle du Fusuma, le yōkai de tissu connu à Sado et à Tosa. À l’époque moderne, *nobusuma* pouvait aussi désigner des écureuils volants tels que le musasabi et le momonga. La membrane tendue entre leurs pattes avant et arrière, qui leur permet de glisser d’un arbre à l’autre, est au cœur de l’image du monstre. Toriyama Sekien l’a fait figurer dans le *Konjaku Gazu Zoku Hyakki*, sous les traits d’une bête à membrane tapie dans les espaces sauvages. Les dictionnaires de yōkai plus récents le décrivent souvent fondant sur les voyageurs la nuit, leur couvrant le visage pour leur ôter la vue et le souffle, voire leur suçant le sang. Nobusuma n’est donc pas un morceau de tissu devenu volant, mais un animal sauvage dont la membrane semblable à une étoffe a pris une dimension inquiétante. Son image réunit un ancien nom d’animal, la peur des montagnes nocturnes et les récits d’attaques qui étouffent le visage. Elle se situe aussi dans le voisinage lexical et légendaire de Nodeppō, Momonjii et momonga. Parce que l’effroi naît d’un petit animal bien réel qui tombe vers le visage, Nobusuma brouille tout particulièrement la frontière entre la faune et les yōkai. Il vaut donc mieux le comprendre à la lumière de l’édition d’Edo et d’une crainte plus générale des bêtes nocturnes, plutôt que de l’enfermer dans la tradition d’un seul village.

Folklore et légendes

À l’origine de Nobusuma se trouve le savoir naturaliste consacré aux mammifères planeurs. Les ouvrages encyclopédiques issus du *Wakan Sansai Zue* de Terajima Ryōan classent le musasabi et le momonga parmi les oiseaux et les bêtes, en soulignant leurs mœurs nocturnes et leur façon de se déplacer d’arbre en arbre comme s’ils volaient. En plein jour, ce ne sont que de petits mammifères. Sur un chemin obscur, en revanche, une ombre qui tombe d’en haut peut donner l’impression qu’une pièce de tissu vient de se déployer. Le nom Nobusuma — littéralement un *fusuma* des espaces sauvages — transforme cette particularité physique en silhouette surnaturelle.

Le « Nobusuma » de Sekien a contribué à fixer cette métamorphose dans l’imaginaire des yōkai. Publié à Edo pendant l’ère An’ei, le *Konjaku Gazu Zoku Hyakki* excellait à convertir phénomènes naturels, objets, animaux et jeux de mots en créatures singulières. Nobusuma n’y apparaît pas comme un simple spécimen zoologique : sa pose invite à l’imaginer s’abattant sur le visage de quelqu’un dans le noir. La brièveté de la légende de Sekien est révélatrice. Plutôt qu’à un récit villageois détaillé, ce yōkai doit sa forme à la rencontre d’un nom d’animal, d’une membrane déployée et de la peur d’avoir le visage recouvert.

L’instabilité du vocabulaire fait elle aussi partie de son histoire. Selon les régions et les époques, musasabi, momonga, nobusuma et des mots voisins ont pu désigner des animaux, servir à effrayer les enfants ou nommer des êtres inquiétants des montagnes. La classification zoologique comptait moins que trois impressions : une petite bête volant la nuit, une ombre surgie de nulle part et quelque chose qui semble prêt à se plaquer contre le visage. Nobusuma est né de cette ambiguïté, qui explique également pourquoi il a ensuite été confondu avec le Fusuma en forme de tissu.

Le Nodeppō de l’*Ehon Hyakumonogatari* est indispensable pour comprendre cet ensemble de traditions. Le livre décrit, dans les montagnes du nord, un monstre apparenté au *mami* qui boit le sang humain, et rapporte aussi qu’une chauve-souris devenue vieille se transforme en Nobusuma. Ces récits montrent que les histoires étranges de la fin de l’époque d’Edo rapprochaient écureuils volants, *mami* et chauves-souris au sein d’un même groupe de petites bêtes monstrueuses qui bondissent au visage. Nobusuma est ainsi un yōkai autonome, mais aussi un point de contact entre Nodeppō, Momonjii et Fusuma.

Lui consacrer une entrée distincte dans un dictionnaire moderne permet enfin de préciser ce qu’il n’est pas. Fusuma est une étoffe blanche ou une pièce de literie qui enveloppe les gens, principalement rattachée aux traditions locales de Sado et de Tosa. Nobusuma, au contraire, est une bête des montagnes façonnée par l’image de Sekien et par les anciens noms d’animaux. Le fixer dans une seule préfecture moderne déformerait cette histoire. Sur une carte, la culture imprimée d’Edo constitue son ancrage le plus solide, tandis que son habitat imaginaire s’étend plus largement aux montagnes et aux forêts nocturnes du Japon.

Cartes de Yokai1

Nobusuma dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

Sous cette forme, Nobusuma est une petite bête qui se laisse glisser depuis la cime des arbres et plaque contre le visage du voyageur une membrane semblable à du tissu. Sa terreur ne tient pas tant aux crocs ou aux griffes qu’à la perte instantanée de la vue et du souffle. Quelque chose tombe d’en haut sur un sentier de montagne ; une peau humide adhère au visage ; les yeux et le nez sont couverts, et tout sens de l’orientation disparaît. C’est cet enchaînement de sensations physiques qui transforme un simple écureuil volant en yōkai.

L’image de Sekien n’en fait pas un monstre gigantesque. Nobusuma effraie précisément parce qu’il est petit, agile et difficile à distinguer dans l’obscurité. Au lieu d’affronter sa victime comme un serpent géant ou un oni, il tombe d’une branche, d’un avant-toit ou de l’ombre d’une falaise selon un angle auquel le voyageur ne songe pas. Sa membrane déployée ressemble à du tissu sans en être. C’est là toute la différence avec Fusuma : le yōkai de l’étoffe blanche naît d’un textile sans propriétaire, tandis que Nobusuma surgit au moment où le corps d’un animal est pris pour une pièce de tissu.

Comprendre son attaque comme une manière de « couvrir le visage » révèle aussi sa proximité avec le Nodeppō. Ce dernier est censé cracher une forme semblable à une chauve-souris qui se plaque sur le visage et bouche les yeux. Nobusuma est tantôt rapproché de ce projectile, tantôt présenté comme la métamorphose d’une vieille chauve-souris. Dans les deux cas, la séquence reste la même : la vue disparaît d’abord, puis la respiration et l’orientation se troublent, avant que le sang ou l’énergie vitale ne soient éventuellement aspirés. Un instant de désarroi sur un chemin de montagne devient ainsi le comportement d’un monstre.

On ne peut pourtant pas écarter Nobusuma en disant qu’un véritable écureuil volant suffit à tout expliquer. L’animal existe, mais celui qui voit une ombre planer au-dessus de lui la nuit n’a pas forcément le temps de l’identifier. Dans les montagnes, oiseau et mammifère, tissu et ombre, branche remuée par le vent et corps vivant peuvent se confondre en une seule impression. Nobusuma habite cet intervalle d’incertitude. Les traités naturalistes ont fourni le nom de l’animal, Sekien l’a converti en image de yōkai, puis les récits étranges y ont ajouté le sang bu et le visage étouffé : le savoir n’a pas dissipé le surnaturel, il lui a donné sa matière.

Cette version conserve la place intermédiaire de Nobusuma entre le petit animal des montagnes et le tsukumogami de tissu. Son corps est celui d’une bête, son apparence celle d’une étoffe et sa conduite celle d’un yōkai. Le voyageur n’a presque aucun temps pour décider de sa nature ; la peur arrive avant le nom. Nobusuma est donc plus vivant comme une apparition condensée en une seconde sur un chemin nocturne que comme le héros d’une grande légende. Sa petite taille rend l’attaque plus proche encore : on croit pouvoir l’arracher d’un revers de main, mais il refuse de lâcher prise.

Nobusuma se laisse également mal enfermer dans une seule préfecture. Le Fusuma de tissu peut être rattaché aux traditions de Sado et de Tosa ; Nobusuma porte davantage la marque de l’édition d’Edo, qui a recomposé une bête nocturne des montagnes en yōkai. Cette version part de cette culture imprimée, tout en plaçant la créature dans les forêts, les ravins et les lisières proches des habitations. Ce qui attend dans le noir n’est pas un géant qui se montre tout entier, mais une petite masse d’ombre déjà plaquée contre le visage au moment où on la remarque.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Peu commun
Caractère
Petit et rusé, il évite l’affrontement direct. Il tombe d’en haut ou approche par-derrière, puis couvre le visage de sa victime avant que la panique ne puisse se transformer en résistance.
Affinités
Il s’en prend surtout aux voyageurs solitaires qui pressent le pas dans l’obscurité sans surveiller les branches. Une lanterne stable, l’attention portée au-dessus de soi et le calme nécessaire pour préserver sa vue et son souffle le tiennent à distance.
Capacités
Plane grâce à sa membrane et fond d’en hautCouvre le visage, les yeux et le nez pour bloquer la vueTrouble la respiration et le sens de l’orientationDans la tradition du Nodeppō, se rattache à l’absorption du sang ou de l’énergie vitaleDissimule sa véritable nature en étant pris pour le yōkai de tissu Fusuma
Faiblesses
Une lumière vive, l’attention portée aux branches et le sang-froid nécessaire pour ménager un passage d’air même lorsque le visage est couvert. Les sources classiques ne donnent aucune méthode constante pour le vaincre par le feu ou la lame.
Habitat
L’univers visuel de l’édition d’Edo ; les forêts de montagne, les ravins et les lisières proches des habitations après la tombée de la nuit. Il relève d’une conception générale des bêtes nocturnes plutôt que de la tradition d’un seul village.

Sources et références

4
  1. 続百鬼(角書:今昔畫圖続百鬼)鳥山石燕(国立国会図書館, 江戸時代(安永期)) [古典文献]鳥山石燕『今昔畫圖続百鬼』を含む国立国会図書館書誌。野衾の石燕図像を確認するための典拠。
  2. 妖怪事典村上健司(毎日新聞社, 2000) [研究書] Référence
  3. 和漢三才図会寺島良安 編(東京美術/国立国会図書館デジタルコレクション, 正徳3年序刊本の複製(1970)) [古典文献]ムササビ・モモンガ類を含む近世博物知識の参照典拠。野衾を動物名と妖怪名の境界で読むために使用。
  4. 絵本百物語 5巻桃山人 作・竹原春泉 画(天保12年刊, 1841) [古典文献] Référence白蔵主を収める江戸後期怪談画集『絵本百物語』の国立国会図書館書誌。桃山人作、竹原春泉画、天保12年刊、別題『桃山人夜話』。

Intéressé par ce type de yōkai ?

Découvrez le yōkai le plus similaire à votre personnalité avec notre diagnostic

Commencer le diagnostic

Rencontrez votre yōkai gardien au sanctuaire

Tirez un omikuji et découvrez le yōkai qui veille sur vous aujourd'hui.