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Encyclopédie des Yōkai

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Peu commun
  • La Grande Pipe (Ōgiseru)

    La Grande Pipe (Ōgiseru)

    Peu commun

    ô-ghi-sé-rû

    Grande Pipe à Tabac (tradition d’Awa, Se d’Aoishi)

    Animaux métamorphesTokushima

    Récit de tanuki métamorphe lié au gué d’Aoishi sur la Yoshino, en province d’Awa. À minuit, il tend une pipe géante et exige une grande quantité de tabac haché, motif répandu des « êtres qui réclament du tabac » croisé avec le culte local du tanuki. Faute d’offrande, il provoque malédictions et désastres. On dit qu’il réclame jusqu’à dix sacs de quarante monme, quantité impraticable, ce qui servait d’avertissement à éviter les haltes nocturnes au gué. Une fois la pipe bien remplie, il s’éloigne sans dommage, révélant une vision folklorique des frontières de l’échange et de la promesse. Sa forme n’est guère décrite, souvent seule une main géante et la pipe sont perçues. Les bateaux sont menacés par bruits et remous, parfois jusqu’au naufrage, mettant en récit la crainte de l’eau nocturne et l’imprudence à bord. Il admoneste la curiosité excessive et la négligence, transmettant la dangerosité du lieu.

  • La Pierre qui pleure la nuit

    La Pierre qui pleure la nuit

    Peu commun

    yo-na-ki-ICH (approx.), yo-na-ki-i-shi

    Tradition de Sayononakayama

    Yōkai des montagnes et des terres sauvagesShizuoka

    Type emblématique transmis à Sayononakayama sur la route du Tōkaidō. L’esprit d’une femme enceinte brutalement tuée lors d’un voyage hante une pierre et pleure chaque nuit en pensant à son enfant. Les gens accomplissent des rites funéraires et, peu à peu, l’âme se calme. Sur le plan folklorique, l’histoire s’unit aux pratiques de commémoration au bord des routes, au culte d’oyako et à l’érection de stèles, illustrant l’ancienne idée d’esprits résidant dans la pierre.

  • La Vieille emprunteuse de van (Mikari-baba)

    La Vieille emprunteuse de van (Mikari-baba)

    Peu commun

    mi-KA-ri BA-ba

    Version conforme aux traditions

    山野の怪Kanagawa

    Une version ordonnée de l’image conforme à la tradition de la « Mikari-bā » (la vieille emprunteuse de van). Elle apparaît les jours de « Ji-Hachi » comme une vieille femme monoculaire, incitant les maisons à s’abstenir de travaux et de sorties. L’acte d’« emprunter » un van ou des yeux s’associe à l’aversion pour les objets à mailles serrées ou les symboles aux multiples yeux, d’où des contre-mesures comme placer des paniers et des vans à l’entrée, ou dresser un panier à yeux au bout d’une perche sur la faîtière. À Kōhoku (Yokohama), sa cupidité est soulignée jusqu’à réclamer les épis tombés, et l’image de feu tenu en bouche sert d’avertissement contre les incendies. Les coutumes de jeûne rituel et de retraite domestique dites « Mikari (mi-kawari) » dans le sud de Chiba réinterprètent ces normes de pré-fête en récit de yōkai. Malgré des variations locales, ces récits partagent un cadre prescrivant sécurité domestique, prévention des incendies et abstention de labeur aux seuils saisonniers de l’hiver au printemps. Cette version écarte tout élément fictionnel et ne retient que les points attestés par des observations et archives folkloriques du Kantō.

  • Le Moine en kesa d’Igusa

    Le Moine en kesa d’Igusa

    Peu commun

    i-GOU-sa no ké-sa-bô

    Version registre de tradition

    Esprits AquatiquesSaitama

    Le Kesa-bō d’Igusa est décrit comme un kappa appartenant au réseau des eaux locales, se distinguant par une apparence monastique dont la kesa fait l’emblème. Ses méfaits, tels que bloquer le passage ou alourdir les charges, causent de réelles nuisances, parfois liés à des idées sacrificielles autour des entrailles. La mention de kappa voisins illustre un ensemble typique de kappa portant des noms propres selon chaque bassin, avec l’idée d’allées et venues et d’alliances. La scène se situe surtout près du cours d’eau du pont Ochiai, où l’on évitait de circuler la nuit. Des sources ultérieures confondent parfois avec un exemple de Miyagi, mais ici la tradition est fixée sous le nom d’Igusa.

  • Le Moineau de la Cour intérieure

    Le Moineau de la Cour intérieure

    Peu commun

    nyû-NAÏ-suzumé

    Moineau de la Cour (récit traditionnel)

    Animaux métamorphesKyoto

    Le « moineau de la Cour » est souvent cité comme un exemple où la rancœur d’un individu prend la forme d’un petit oiseau qui va et vient dans le palais. Son atteinte aux repas rituels du Pavillon Seiryō symbolise l’intrusion en espace interdit et l’impureté alimentaire, redoutées comme perturbant l’ordre cérémoniel. Le sort de Sanekata exilé à Mutsu et son regret de la capitale furent perçus comme devenus prodiges malveillants, servant d’explication aux calamités et aux dommages. Le rêve oraculaire au Collège de la Doctrine et l’érection du tumulus du moineau illustrent la pacification des esprits par des rites bouddhiques depuis le Moyen Âge. L’arrivée et les vols massifs de moineaux, ainsi que les dommages saisonniers aux cultures, forment l’arrière-plan, lié à l’idée des petits oiseaux comme supports d’âmes. Les récits figurent dans diverses sources avec des variantes de détails et de dates, et beaucoup d’aspects demeurent incertains.

  • Le Petit Moine de la Pluie

    Le Petit Moine de la Pluie

    Peu commun

    ah-mé-fri ko-zô (ame-furi kozo)

    Amashidō (le Page de la Pluie)

    Yōkai domestiques et objets animésÉpoque d’Edo (Japon)

    Version inspirée des images de Toriyama Sekien, mettant en avant le rôle de page au service du maître de la pluie. Il apparaît coiffé d’une ombrelle japonaise déossée portée comme un capuchon et tenant une lanterne. Son origine tient davantage aux éditions gravées qu’aux traditions orales, et il figure comme petit domestique dans les kibyōshi. L’idée de pluie s’y mêle au service des nobles, formant l’image d’un serviteur proche des petits kami. Il ne possède pas de divinité explicite qui convoque la pluie, demeurant subordonné à une puissance qui gouverne cet attribut. Les descriptions varient selon les époques et les ouvrages—œil unique, chapeau, lanterne—sans image canonique. Aucune histoire locale assurée, sa diffusion tient à la culture éditoriale d’Edo.

  • Le Petit Suiveur (Ato-oi Kozō)

    Le Petit Suiveur (Ato-oi Kozō)

    Peu commun

    ah-toh-OH-i ko-ZO

    Kô-otori Kozô (conforme aux traditions)

    Esprits des MontagnesKanagawa

    Version ordonnée, d’après les sources folkloriques, de l’esprit montagnard en forme d’enfant aperçu dans l’est du Tanzawa. Généralement inoffensif, il suit en silence les voyageurs, mais peut parfois se placer devant eux et, aux embranchements, guider vers le bon sentier. Vêtu grossièrement de nattes, de tissu kasuri ou de peaux, il se fond dans l’ombre des forêts et disparaît dès qu’on se retourne. Il apparaît surtout l’après-midi, et la nuit on dit qu’il tient une petite flamme. Ceux qui le rencontrent à plusieurs reprises pensent à un enfant perdu et déposent boulettes de riz, patates, sucreries ou kakis séchés sur une pierre ou une souche. Certains disent qu’il s’évanouit à mesure qu’on descend vers le village, d’autres qu’il se retire si on l’interpelle ; en tout état, il n’a rien de vindicatif. Il reflète le lien entre la montagne et les morts, symbole du caractère liminal des zones montagnardes.

  • Le Porc à l’oreille coupée

    Le Porc à l’oreille coupée

    Peu commun

    ka-ta-KI-ra-oua

    Édition de consolidation des traditions

    Métamorphes AnimauxKagoshima

    Version synthétisée du yōkai-porc à une oreille manquante des récits d’Amami, rapprochée des traditions du porc sans oreilles et du porc borgne. Le noyau commun est l’« extraction d’âme » par passage entre les jambes : il bondit pour approcher et se faufile par derrière. Conté comme un esprit local apparaissant en des lieux précis, il se distingue par une puanteur âcre de type animal et par l’absence d’ombre. On dit qu’il surgit devant les femmes seules ou allant par deux. Savoir pratique pour l’éviter : se tenir ou marcher les jambes croisées, ce qui empêche le passage entre les jambes. La capture est difficile, sa vitesse et ses bonds lui permettant d’échapper à la poursuite.

  • Le Revenant des fossés

    Le Revenant des fossés

    Peu commun

    mi-zoï-DA-shi

    Version Ehon Hyakumonogatari

    霊・亡霊Kanagawa

    Basée sur la figure de Mizode illustrée par Takehara Shunsen dans l’Ehon Hyakumonogatari. En blâme de l’abandon de cadavres, des ossements s’animent pour chanter et danser, symbole d’un avertissement: mal traiter les morts engendre le prodige. Plus proche d’un récit de revenant non apaisé que d’un simple mononoke. Les gestes chantés et dansés, d’allure burlesque, portent une forte leçon, incitant à pratiquer les rites funéraires. Les toponymes et anthroponymes précis (Yuigahama, Hachirō de Tone, Hōjō Tokiyuki) ancrent le récit dans la mémoire des chroniques guerrières. Le moine qui enterre les os et apaise l’esprit illustre le rôle social du temple: pacifier par la commémoration.

  • Le Tambour des Tsugaru

    Le Tambour des Tsugaru

    Peu commun

    Tsugaru no Taiko

    Les Sept Merveilles de Honjo • Version traditionnelle

    Demeures et objets hantésTokyo

    Raconté comme une légende urbaine d’Edo à Honjo, ce récit étrange naît de l’alliance inhabituelle entre objets et institutions. Les phénomènes surnaturels y sont peu décrits, et c’est l’usage énigmatique lui-même (l’adoption du tambour) qui fait l’étrangeté. Le contexte inclut la nature du quartier, la discipline des résidences samouraïs et les incendies fréquents, d’où un souvenir sonore dissonant devenu matière à récit. Une variante évoque que « frapper la planche donne un son de tambour », suggérant méprise auditive ou déformation par la rumeur. Les sources se trouvent éparses dans des topographies et essais, sans attaches précises à des origines ni à des noms. Les remaniements plus fictionnels ajoutent des fantômes de pompiers ou de guetteurs, mais les versions anciennes restent sobres et mettent l’accent sur l’association insolite entre demeure et tour de guet.

  • Le Tanuki aux moustiquaires suspendues

    Le Tanuki aux moustiquaires suspendues

    Peu commun

    ka-ya-TSU-ri DA-nou-ki

    Tanuki à moustiquaire suspendue (conte traditionnel)

    動物変化Tokushima

    Type d’illusion emblématique des tanuki d’Awa. Il fait apparaître, en plein air, du mobilier intérieur incongru et pousse la cible à « soulever » ou « relever » à répétition, jusqu’à lui ôter le sens de l’orientation et du temps. Le nombre trente-six est parfois relié aux pratiques ascétiques et à la numérologie, mais les récits locaux donnent peu d’explications et recommandent surtout une riposte pragmatique : ne pas paniquer et engager la force dans le ventre. Il ne blesse pas et, à l’aube, le charme se défait et le chemin se rouvre comme si de rien n’était.

  • Le Zatô caché

    Le Zatô caché

    Peu commun

    ka-ku-re-za-tô

    Conforme aux traditions

    山野の怪Régions d’Ôu et du Kantô (Hokkaidô, Akita, Kantô)

    Cette version présente le Kakurezatō comme un zatō spectrale tapi dans les montagnes et grottes du Tōhoku et du Kantō. À minuit, il fait résonner des coups rappelant un pilon à riz ou un mortier, sans jamais se montrer, puis « emprunte » les ustensiles des maisons avant de disparaître. Des récits disent qu’en allant voir discrètement, le bruit semblait venir de chez le voisin. Selon les régions, on le tient pour un ravisseur d’enfants, ailleurs pour une divinité bienfaitrice offrant gâteaux de riz ou trésors aux gens sincères, faisant d’eux des nantis. Dès l’époque moderne, l’idée du village caché s’est mêlée à l’aura mystique des joueurs aveugles, et on l’a perçu comme un peuple invisible des grottes. Des interprétations modernes parlent d’un bourdonnement d’insectes, mais la tradition maintient un être spirituel à l’apparence de zatō comme porteur du prodige.

  • Les Poils du Seau de Chanvre

    Les Poils du Seau de Chanvre

    Peu commun

    a-sa-O-ke no ké

    阿波加茂社の神桶毛・麻桶の毛

    Esprits DomestiquesTokushima

    阿波の古記録に拠る像。麻桶に納められた毛が神体の一部または神威の顕現として振る舞い、社の秩序を乱す者を拘束する。自立して徘徊するより、社域内での発動が中心と解される。毛は静かに伸び、複数に裂けて標的一人ずつを絡め取る描写が核で、見物人を無差別に襲うよりも、穢し・盗みなどの行為に反応する点が特徴。水木しげるは「麻桶毛」の名で巨大な毛塊として図像化したが、実伝承では容貌より機能の記述が濃い。信仰実践と禁忌遵守を促す社内規範の象徴として理解されることが多い。

  • Les Quatre Démons de Fujiwara no Chikata

    Les Quatre Démons de Fujiwara no Chikata

    Peu commun

    fu-ji-WA-ra no chi-KA-ta no YO-ki

    Version du Taiheiki – Les Quatre Démons

    鬼・巨怪MieIwate

    Cette version s’appuie sur le livre XVI du Taiheiki, « Les Ennemis de la Cour du Japon ». Les Quatre Démons servent sous Fujiwara no Chikata avec un partage des rôles net, se complétant au combat. Le Démon d’Or tient l’avant-garde grâce à un corps que ni flèches ni lames ne percent, le Démon du Vent rompt les lignes par de violentes bourrasques, le Démon de l’Eau déchaîne des crues quel que soit le terrain, et le Démon Invisible supprime toute trace et assure reconnaissance et embuscades. Leur puissance relève moins de la ruse guerrière que d’une nature qui cède aux mots sacrés et aux prières, comme le montre la dispersion par un waka de Ki no Asao. Dans les légendes ultérieures de Sakanoue no Tamuramaro ou des chasses à Kumano, leur ordre et leurs exploits varient, mais demeure le schéma d’« quatre dons unis qui surpassent l’humain, mais plient devant la juste parole ». L’origine « ninjutsu » est une lecture postérieure, et, en folklore, il s’agit d’un récit de démons de chronique militaire rattaché à des toponymes. Les variantes de fiction abondent, mais cette version respecte le modèle des gunki et limite ses références aux lieux et personnages issus de ces chroniques.

  • Les Sept Compagnons en marche

    Les Sept Compagnons en marche

    Peu commun

    shi-tchi-nine do-gyo (shichinin dōgyō)

    Compilation des traditions (type Shikoku)

    霊・亡霊Kagawa

    Une figure qui rassemble les récits de cortèges de sept revenants répartis en Shikoku. Trois points en forment le noyau: «sept personnes avancent en file, en silence», «elles apparaissent aux carrefours en croix, sur les chemins nocturnes, au crépuscule pluvieux», «la rencontre est un signe de malheur». Selon les régions, nom, moment d’apparition et habits varient. En Sanuki, leur allure est humaine mais elles sont d’ordinaire invisibles, perceptibles seulement par un regard rituel consistant à observer entre les cuisses d’un bœuf. La variante qui n’apparaît qu’aux carrefours à l’heure du bœuf est dite «Shichinin Dōji», et certains carrefours désertés sont transmis par la tradition. Les «Shichinin Dōshi», en mante de paille et chapeau sous la pluie, sont liés aux âmes de suppliciés; pour dissiper la mélancolie après la rencontre, on pratique un éventement avec un van. À Tokushima, les sept dōji qui suivent le «cheval au cou tranché» auraient disparu après l’érection de jizō de commémoration, illustrant la croyance locale selon laquelle les calamités s’apaisent par les rites. Ils sont parfois confondus avec les «Shichinin Misaki», mais en tenant compte des noms et des fonctions (épidémie, malédiction, évitement), les «Shichinin Dōgyō» se distinguent par leur trait formel: «sept esprits en file en marche».

  • Main noire

    Main noire

    Peu commun

    KOU-ro-té (kuroté)

    Conforme aux traditions

    住居・器物Ishikawa

    Image établie d’après le tome VI des Quatre choses indicibles, « La main noire tranchée ». La Main Noire vit dans les latrines domestiques et ne montre qu’une main noire et velue pour importuner les gens. Son corps véritable possède le pouvoir de se déguiser, prit forme de moine et reprit la main coupée. Une fois le déguisement ôté, il atteint près de neuf pieds de haut, d’une grande force, capable d’envelopper une personne d’une puissance étrange. Il réunit des éléments fréquents des contes de latrines d’époque moderne — « la main », « ce qui se jette par-dessus », « le moine métamorphosé ». Souvent confondu avec des tours de renards ou de blaireaux, il est pourtant explicitement nommé « Main Noire » dans le texte. L’iconographie n’est pas fixée, et les dessins de Mizuki Shigeru semblent influencés par d’autres traditions, si bien que les trois doigts ou l’allure simiesque ne doivent pas être généralisés.

  • Main-aux-Yeux

    Main-aux-Yeux

    Peu commun

    TE-no-mé

    Version conforme aux iconographies traditionnelles et aux sources classiques

    Yōkai des montagnes et des terres sauvagesKyoto

    Interprétation fondée sur les images du Gazu Hyakki Yagyō de Sekien et sur les rouleaux de la parade nocturne des démons de l’époque Tenpō et après. Représenté avec une tête rasée de moine à l’allure de joueur de biwa aveugle, de grands globes oculaires logés dans les paumes, debout sous la lune dans une lande. Le récit explicatif est mince, mais en lien avec les illustrations et anecdotes des Contes des cent provinces, on suppose qu’il cherche dans l’obscurité avec les yeux des paumes, qu’il renifle la cachette de ceux qui fuient. Dans les collectes orales, il est parfois rattaché aux histoires de revenants de non-voyants, et on l’interprète souvent comme un déplacement de la vue vers le toucher, un symbole de vision et de dévoilement. Des jeux étymologiques et calembours visuels (lever les yeux de la main, moine chauve) sont évoqués, sans certitude.

  • Maki-jo, la démone de Maki

    Maki-jo, la démone de Maki

    Peu commun

    MA-ki-jô

    Version des archives traditionnelles

    鬼・巨怪Miyagi

    La Magi-onna est une figure d’ogresse présente dans les chroniques de temples et les histoires locales autour d’Ishinomaki, souvent jumelée à Ōtakemaru du mont Nonodake. Les récits de chasse visent surtout Ōtakemaru, tandis que la Magi-onna apparaît comme sa compagne et devient ensuite objet de commémoration et d’apaisement. Dans les légendes où le général Tamura calme les démons grâce à une statue de Kannon attribuée à Enchin et installe des images de Kannon sur diverses montagnes, on raconte qu’à Makiyama furent offertes les mèches de la Magi-onna. Les étymologies de lieux et de temples (Maki-yama issu de Maki-yama « montagne du démon ») et les transferts d’images de Kannon se perpétuent comme histoire cultuelle. L’ogresse elle-même est peu décrite, mais elle symbolise la conciliation entre la crainte des montagnes et le culte de Kannon. Les anecdotes trop romancées sont écartées, et certains documents omettent même sa mention, montrant l’ampleur des variantes.

  • Makura-gaeshi

    Makura-gaeshi

    Peu commun

    ma-ku-ra-ga-e-shi

    Type traditionnel — Lien aux phénomènes des temples et sanctuaires

    Habitations et objetsRécits similaires dans de nombreuses régions du Japon ; Toriyama Sekien ne lui attribue aucun lieu précis.

    Une variante du makura-gaeshi soutenue par l’ancienne idée que l’oreiller relie l’âme et les frontières. Elle se manifeste aux seuils du sacré et du profane — dans certains zashiki, près des piliers ou dans la pièce bouddhique — et, pendant le sommeil, réoriente la tête vers le Bouddha ou la divinité principale, ou retourne simplement l’oreiller pour signifier un renversement de l’ordre. On la trouve dans des essais et emakimono depuis l’époque d’Edo, souvent liée aux « sept mystères » des temples et aux kakemono hantés. Selon les régions, on l’interprète comme la malice d’un zashiki-warashi, l’apparition d’un défunt de la maison, ou on l’attribue à une métamorphose animale. Le degré de crainte varie selon les époques : jadis présage d’un fléau mortel, elle est plutôt vue à l’époque moderne comme une farce légère de la chambre à coucher.

  • Medochi

    Medochi

    Peu commun

    mé-do-chi

    Le kappa tapi dans les eaux de Tsugaru — Medochi

    Créatures aquatiquesFukushima

    Cette version examine de près comment le medochi, bien que simple « nom dialectal du kappa », porte un visage qui lui est propre, celui de la terre de Tsugaru. Commençons par le nom. Medochi dérive du mizuchi (蛟), qui désignait jadis une divinité serpent des eaux. Comment il en vint à être le nom du kappa retrace un courant plus large de la croyance des bords de l’eau — une divinité de l’eau déclinant au fil des âges, descendant pas à pas d’un dieu vénéré à un yokai redouté. Le nom de medochi porte cette mémoire du déclin jusqu’à nos jours. Dans son image aussi, le medochi de Tsugaru se distingue. Là où les artistes d’Edo dessinaient le kappa avec un bec et une carapace, les gens de Tsugaru parlaient d’un visage de singe et d’un corps noir. Du côté de Towada, on dit que le medotsu a le visage rouge ; la couleur et la forme vacillent d’un lieu à l’autre. Tout ce qui demeure constant, c’est la taille d’un enfant et cet étrange attrait vers l’eau. Ce qu’il ne faut pas manquer en matière de croyance, c’est sa dualité avec le Suiko Daimyōjin. À Tsugaru, le medochi qui entraîne les hommes au fond (le démon) et le Suiko Daimyōjin qui l’apaise (le dieu de l’eau) sont souvent dits les deux visages d’un même être. En 1934, Orikuchi Shinobu vit de ses yeux l’effigie du Suiko à Nagata, en fit faire une copie, et tint une fête de la rivière à Kokugakuin. Le chiffre d’« un Suiko Daimyōjin pour quarante-huit » n’a aucun fondement savant, mais le sentiment d’une hiérarchie — le medochi gouverné par un « chef » — est bel et bien enraciné dans la croyance des dieux de l’eau de Tsugaru. Ses faiblesses, et les moyens de l’apaiser, tout revient à son lien avec la rivière. Il se dissout au contact d’une tige de chanvre ; offrez le premier concombre de la saison et il n’emporte personne ; rendez un culte au Suiko Daimyōjin et la fosse profonde s’apaise. Les gens de Tsugaru vivaient de l’eau et la craignaient aussi — et le medochi, ce kappa, est comme le nœud qu’ils ont noué de ces jours-là dans leur cœur.

  • Metsuhōgai (la coquille débridée)

    Metsuhōgai (la coquille débridée)

    Peu commun

    met-sou-ho-gaï

    Conforme aux rouleaux illustrés

    Yōkai des eauxFolklore japonais

    Dans les sources, la Metsuhō-gai n’est connue que par son image : une coquille monstrueuse hantant rivières et marais. Un œil apparaît au bord de la coquille, et un appendice caudal ondulant suggère son déplacement. Aucun comportement, malveillance ni présage n’est précisé. Dans les rouleaux de la fin d’Edo, les légendes sont omises pour laisser le lecteur déduire l’origine depuis le nom et l’apparence, et la créature est juxtaposée à d’autres esprits aquatiques. Le terme « metsuhō » évoque l’excès ou l’extravagance, sans source sûre ni variantes notées. Cette notice se limite donc aux traits iconographiques et aux témoins conservés.

  • Mishigê (l’écumoire-hantée)

    Mishigê (l’écumoire-hantée)

    Peu commun

    mi-shi-GÈ

    Meshibitsu • Conforme aux traditions

    Tsukumogami et créatures d’objetsOkinawa

    Fondé sur l'image du tsukumogami meshibitsu contée à Okinawa. Une boîte à riz longuement utilisée ou abandonnée abrite un esprit qui s'anime la nuit. Il apparaît seul ou avec des ustensiles semblables comme les nabe, formant des rondes pour danser et faire grand bruit sur des places désertes ou près des dépotoirs. Aux yeux humains, ils peuvent paraître comme de jeunes hommes et femmes, invitant à festoyer si l'on s'approche, puis redevenant objets à l'aube. Des récits parlent aussi d'illusions en bête bovine ou autres formes étranges pour égarer les gens, sans être meurtriers. Leur nature sert surtout d'avertissement à ne pas traiter les vieux outils avec négligence. Dans les foyers, on évitait de jeter hâtivement meshibitsu ou nabe, préférant s'en défaire discrètement ou exprimer sa gratitude.

  • Moine noir

    Moine noir

    Peu commun

    KOU-ro BOH-zou (kuro-bōzu)

    Kurobōzu (traditions classiques)

    Noms génériques et figures collectivesInconnue (traditions connues à Edo/Tokyo, Kumano en province de Kii, district de Nomi en province de Kaga)

    Le nom Kurobōzu sert de désignation générique pour des apparitions variant selon les régions. À Edo-Tokyo, on le décrit comme un esprit qui rôde dans les chambres, approche la bouche des femmes, aspire leur souffle et laisse une odeur fétide avant de partir. Son aspect est flou, parfois rapproché des visages sans traits. Dans le Kumano de Kii, il croît soudain en taille lors d’une rencontre en montagne, et plus on le poursuit, plus il devient gigantesque en fuyant à toute vitesse. Près de la rivière Nagata à Kaga, il apparaît comme une masse noire aux seuls contours visibles, s’enfuit vers l’eau lorsqu’on le frappe d’un bâton, certaines traditions l’expliquant comme l’œuvre d’une loutre. Le terme « Kurobōzu » remplace aussi ailleurs des appellations comme Ōnyūdō ou Umibōzu, partageant au moins l’une des caractéristiques suivantes : couleur noire, allure de moine, étirement corporel, proximité de l’eau. Ces formes ne s’installent pas durablement et leurs apparitions cessent d’elles-mêmes avec le temps.

  • Moine-omble (Iwana-bōzu)

    Moine-omble (Iwana-bōzu)

    Peu commun

    i-wa-na BOU-zou

    Iwanabōzu (conforme aux traditions)

    動物変化Gifu

    Conforme aux récits de l’époque d’Edo et aux contes locaux décrivant l’Iwanabōzu. Une vieille truite de montagne prend l’apparence d’un moine et aborde les pêcheurs. Elle invoque souvent la juridiction d’un temple ou sa qualité de maître du gouffre pour appeler à la modération, puis s’éloigne si on lui offre l’aumône. Plus tard, on la pêche sous forme de grande truite, et l’on découvre du riz ou des gâteaux de riz donnés en offrande dans son ventre, révélant sa nature. Ce motif renvoie au respect envers les maîtres des gouffres et des rivières, et à des idées proches des divinités aquatiques comme l’anguille. Selon les régions, coexistent un type inoffensif et moral, un type d’avertissement porteur de poison mortel, et un type salvateur qui se sacrifie pour empêcher la rupture d’une digue, tous symbolisant une norme populaire qui fixe la frontière entre les eaux et les métiers.

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