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Encyclopédie des Yōkai

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Peu commun
  • Ryūjo

    Ryūjo

    Peu commun

    Ryūjo

    Ryūjo, la femme aux écailles du bord de l’eau

    Esprits et créatures des eauxRivières, lacs, côtes et sources de nombreuses régions du Japon

    Cette forme rassemble les traditions dans lesquelles une fille-dragon approche un voyageur ou un pêcheur au bord de l’eau. Elle parle d’abord sous l’apparence d’une femme et demande une offrande ou une promesse. Si l’accord est respecté, elle retient les crues et attire les bancs de poissons. S’il est rompu, elle répond par un torrent boueux ou un vent violent. Ryūjo ne s’oppose ni aux divinités ni au bouddhisme. Lors des rites destinés à appeler la pluie, elle peut elle-même être honorée comme une divinité-dragon. Elle passe librement de la femme au dragon, mais son corps laisse des indices : des écailles, des marques de griffes, un parfum singulier ou le contact de vêtements qui demeurent humides. La fille-dragon n’est pas un être nommé appartenant à un seul lieu, mais une figure partagée par de nombreux récits de l’eau. Elle réunit dans une femme les deux natures de l’élément : nourrir la vie lorsqu’il est calme et rompre une digue lorsqu’il se met en colère. Vivre auprès d’elle ne consiste pas à la vaincre, mais à respecter l’eau et à tenir l’alliance conclue sur sa rive.

  • Sanmai Tarō

    Sanmai Tarō

    Peu commun

    san-maï ta-RO

    Sammai Tarō (version traditionnelle)

    Fantômes et EspritsIshikawa

    Figure issue des traditions locales où des esprits des morts s’amassent au lieu de crémation (sammai) et se condensent en une entité. Dans la préfecture de Toyama, une forme humanoïde manifeste des actions de présage, tandis qu’en Ishikawa elle est crainte comme un grand nyūdō. Partout, elle est liée à l’ordre des vivants et des morts et aux règles des funérailles, avec une attention aux bruits nocturnes et aux usages. On dit couramment qu’elle ne peut franchir les eaux courantes, ce qui se rattache à la pratique d’ouvrir un fossé autour du sammai. Son apparence et sa taille varient selon le degré d’agrégation des esprits. Les sources folkloriques la mentionnent dès les années 1930, avec des variantes régionales d’orthographe comme « Sammai » ou « Sanmai ».

  • Sanme Hachimen

    Sanme Hachimen

    Peu commun

    SAN-me YA-dzoura (san-me ya-dzou-ra)

    Conforme aux traditions • Légende de Mont Saru à Tosa

    人妖・半人半妖Kochi

    Cette version synthétise le récit prodigieux du Mont Saru autour de Takagawa, village de Tosayama (province de Tosa). En dehors de ses trois yeux et huit visages, l’aspect n’est pas décrit, seule l’énormité de la dépouille est soulignée. Classé comme démon des montagnes attaquant les passants, le récit tourne autour d’un apaisement du mont par un notable local et d’une mise à mort par le feu. On dit qu’un gohei, instrument de purification, subsista dans les flammes, et des toponymes comme « pierre d’apaisement » ou « lieu d’apaisement » en gardent la trace. Des rapprochements existent avec des contes de serpents à plusieurs têtes de la région, sans identité directe : l’entité aux trois yeux et huit faces demeure inconnue. On y lit les thèmes folkloriques de l’interdit de franchir les lisières de la montagne et de l’apaisement par le feu et la purification, mais les détails (dates, personnages, rituels précis) restent flous dans la tradition.

  • Serpent des Sept Pas

    Serpent des Sept Pas

    Peu commun

    shi-chi-ho-ja

    Conforme aux légendes · Serpent des Sept Pas

    動物変化Kyoto

    Structuré d’après l’article de Kabhiko, il est décrit comme un petit serpent-dragon lié à un manoir du Higashiyama de Kyōto. Ressemblant au dragon sans être divinisé, il se cache dans le sol ou sous les pierres et se manifeste avec des signes anormaux comme le dépérissement des arbres de jardin ou la fissuration des rochers d’ornement. Son extrême toxicité est sa marque majeure, et la mort presque immédiate après la morsure rappelle les récits anciens de vipères et la crainte du poison. Les observations sont rares: on raconte qu’après l’apparition de serpents monstrueux en groupe, le Serpent des Sept Pas surgit enfin comme le véritable corps. Il porte quatre pattes, des oreilles droites, des écailles rouges bordées d’or — une palette ambivalente — et passe souvent pour un symbole du déclin d’une demeure ou d’un trouble tellurique. Dans le folklore, il est associé aux pierres des piémonts et aux vieux jardins mal entretenus; les riverains priaient avant de déplacer les pierres pour éviter le malheur.

  • Shidai-daka (Hauteur Croissante)

    Shidai-daka (Hauteur Croissante)

    Peu commun

    shi-DAÏ-da-ka

    Version canonique des traditions

    Yōkai des montagnes et des terres sauvagesShimane

    Image de base du shidai-daka en tant qu’anomalie routière « à lever les yeux » transmise dans diverses régions du Chūgoku. Silhouette humanoïde dont la tête et les épaules se fondent dans l’ombre, sa taille s’allonge ou se rétracte selon le regard posé sur elle. Son degré de nocivité varie selon les récits, mais la peur s’amplifie par l’acte même de lever les yeux. Pour s’en prémunir: garder le regard baissé, fixer le sol, regarder entre les jambes; la figure rapetisse alors et se dissipe. On souligne sa parenté avec le Mikoshi-nyūdō, et les contes de route nommés « shidai-zaka » semblent des dérivations liées au milieu (pentes, sentiers de montagne). Les histoires de chasseurs l’associent au bakeneko à deux queues, et son identité varie selon les régions. Malgré de nombreuses fioritures fictionnelles, le noyau demeure la leçon taboue: « le regard amplifie l’étrange ».

  • Shin-shin (frisson incarné)

    Shin-shin (frisson incarné)

    Peu commun

    BOU-rou-bou-rou

    Shinshin (conforme aux traditions)

    Fantômes et EspritsOrigine inconnue

    Recomposition centrée sur une image conceptuelle du yōkai d’après l’iconographie de Sekien. Shinshin ne fixe aucune forme et se manifeste comme une présence dans les lieux déserts ou dans le dos. Il effleure le col des vêtements, fait courir une froideur saisissante et glace le cœur. Les noms alternatifs, tels que dieu de la couardise ou dieu du froid dans le dos, personnifient les réactions psychiques et physiologiques nées sur les champs de bataille ou dans les chemins nocturnes, reflétant une conception prémoderne qui interprète les signes de la peur comme une « possession ». Les méthodes d’exorcisme ne sont pas stabilisées ; des pratiques populaires mentionnent le feu, la lumière ou la compagnie pour se distraire, mais aucun rituel systématique n’est attesté. Dépourvu de corps, il n’est guère visé par la capture ou la chasse, et demeure surtout expliqué comme la cause des frissons et de la chair de poule qui saisissent le corps et l’esprit.

  • Shiranui

    Shiranui

    Peu commun

    shi-ra-NOU-i

    Guide-feu de Hassaku

    Esprits AquatiquesKumamotoSaga

    Le Guide-feu de Hassaku est une haute variété de shiranui qui paraît avant l’aube du premier jour du huitième mois lunaire. D’abord une ou deux lueurs rougeâtres, dites feux parents, surgissent à quelques kilomètres au large, puis se fendent en deux ailes et enfantent des feux fils, jusqu’à former une ligne de centaines et de milliers de flammes. La file s’étire, dit-on, sur quatre à huit lieues, invisible depuis le rivage bas mais nette depuis un promontoire ou une hauteur prenant le vent de mer. Autour de la marée de reflux la plus profonde, la respiration des flammes s’accorde, et l’observateur distingue un miroitement tel des écailles d’un dragon sous la vague. Si on les poursuit elles reculent, si on s’en approche elles s’éloignent, esquivant jusqu’à l’ombre du sillage et n’accordant que l’indication de la route du retour. Un ancien récit dit que, quand la barque impériale de Keikō fut enveloppée de nuit, le feu parent apparut au loin et guida l’étrave vers la côte. Les gens du littoral, craignant et honorant ce feu sans allumeur, suspendaient la pêche à minuit de Hassaku jusqu’à ce que la file se défasse. Lié au souffle d’un dieu-dragon farouche, il ne cherche pas à nuire, mais réprime l’orgueil et la précipitation. Les bateaux avides se perdent au large, quand ceux qui écoutent la marée vérifient la cadence du feu depuis un pin de grève et partent doucement au bris des lueurs, trouvant au large un clapot paisible, et, au retour, des braises vacillantes sous l’ombre de la côte pour les accueillir. Pur au point qu’on le salue comme Mille Lanternes ou Feux du Dragon, il se disperse en brume marine si on l’interpelle avec moquerie. Le vent ne l’enfle pas, il croît et décroît au seul rythme des courants, visible comme un bandeau depuis les hauteurs, invisible au bord des vagues. On dit qu’il infléchit le sens des cordes sacrées des sanctuaires côtiers et la teinte des phares, et que lorsque la corde penche un rien vers la mer, c’est le signe que naît au large la troupe des feux. Les anciens en avertissent les jeunes: aujourd’hui la marée se retire, le feu sort, abstenez-vous de sortir pêcher. Contrairement aux flammes humaines, il ne laisse ni cendre ni fumée. À l’aube, les coquilles des vasières rosissent et la rosée aux pointes des roseaux garde son souvenir. À de telles matinées, on jette du sel sur la grève en remerciement des vies guidées. Le Guide-feu ouvre la voie à qui connaît crainte et rite, s’éloigne des présomptueux et redessine en silence la frontière entre mer et hommes.

  • Shu no Ban

    Shu no Ban

    Peu commun

    SHU-no-ban

    Version classique: Shu no Ban (Gardien du Cou)

    霊・亡霊Fukushima

    Dans les récits de l’époque moderne, Shu no Ban apparaît sous la forme d’un bonze au visage rouge. Il est souvent décrit soit en complice de la vieille à longue langue, soit seul, revenant montrer sa physionomie et troubler les esprits. Le nom fluctue entre « Gardien du Cou » et « Plate rouge », la lecture « Shu no Ban » étant courante. Les illustrations anciennes et images de monstres le montrent avec visage écarlate, cornes, bouche fendue, parfois auréolé de feu, mais les détails varient selon les sources. Les rencontres ont lieu surtout la nuit, près des sanctuaires, dans les landes ou des masures. Les dommages sont racontés comme des atteintes à l’âme: évanouissement, maladie longue, décès. Le motif circule à travers diverses provinces, notamment Aizu et Echigo, sans être lié à un mythe local fixe, relevant plutôt du type narratif de l’étrange.

  • Shōkichi Kappa

    Shōkichi Kappa

    Peu commun

    shô-kitchi kappa

    Shōkichi Kappa, le kappa amateur de sumo de Bungo

    Esprit des eauxOita

    Cette version s’attache au phénomène de la « possession par le kappa » que transmet le récit de Shōkichi. La plupart des histoires de kappa se dénouent au bord de l’eau, mais ici la lutte de la rivière s’invite jusque dans la maison. Ramené par les siens, Shōkichi continuait de s’agiter comme aux prises avec un adversaire invisible : l’œuvre même, disait-on, d’un kappa qui avait possédé un homme. Un esprit des eaux qui gagne la terre ferme en empruntant un corps humain — là réside le frisson fascinant de ce récit. La manière de l’apaiser, elle aussi, reflète la foi du pays. Ce qui agit d’abord, ce fut la puissance de la lame signée de Gō Yoshihiro. La croyance selon laquelle le kappa redoute un tranchant aiguisé se retrouve en bien des régions, et le détail voulant qu’il s’agite de nouveau dès qu’on éloigne le sabre en montre clairement la force. Ce qui mit fin au tumulte, ce fut enfin la prière d’un shugenja, ascète qui s’adonne à ses austérités retiré dans les montagnes. Apaiser une possession par le kappa avec ces deux forces — la puissance de la lame et le pouvoir spirituel de l’ascète — est typique des récits de kappa de Kyūshū. Hita a réuni nombre d’histoires de kappa, le Hita Gunshi en tête, et, avec le « Bungo Kawatarō » de la même province de Bungo, elles attestent la profondeur des croyances autour du kappa en ce pays.

  • Souris Kodama

    Souris Kodama

    Peu commun

    ko-da-ma-NE-zou-mi

    Kodama-nezumi (version canonique)

    Animaux métamorphesAkita

    Version systématisant une apparition montagnarde transmise dans la société des matagi du nord d’Akita, replacée dans le contexte des rites cynégétiques et des tabous. D’aspect rond, proche du lérot ou d’une petite souris, petit et vif. À la rencontre d’un humain, il enfle soudain et émet un fracas unique semblable au tir d’un fusil. Dans de nombreux récits, il éclate de lui-même en projetant chairs et viscères, tandis que d’autres versions disent qu’il rebondit sans éclater tout en ne laissant entendre que la détonation. Dans tous les cas, la rencontre est un funeste présage, signe de colère ou d’avertissement de la divinité montagnarde, et la chasse devait être interrompue. Poursuivre menacerait d’anéantir les prises et d’attirer mauvais temps ou avalanche. Pour conjurer le courroux, on redescend la montagne et l’on se purifie chez soi en récitant « Namu Aburaunken Sowaka ». Quant à l’origine, certains contes disent que sept matagi de l’école Kodama furent punis et devinrent des kodama-nezumi, d’autres y voient la sublimation d’un tabou suscité par l’excavation de lérots en hibernation. Les dates et sources restent incertaines et la tradition est surtout orale.

  • Suiton

    Suiton

    Peu commun

    すいとん

    L'Unijambiste de Hiruzen : Suiton

    Yokai des montagnes et des champsHiruzen, province de Mimasaka (Actuellement Hiruzen, ville de Maniwa, préfecture d'Okayama)

    Le *Suiton* est un yokai unijambiste spécifique au plateau de Hiruzen, fondé sur le folklore local consigné dans le *Yatsuka-son Shi*. Son nom vient de sa façon d'apparaître en volant avec un « *sui* » et d'atterrir sur son unique jambe avec un « *ton* ». Il appartient à la lignée des yokai télépathes comme le *Satori*, lisant dans le cœur des humains pour déchiqueter et dévorer uniquement les personnes mal intentionnées. D'un autre côté, il a agi comme gardien moral de la région, protégeant les bons et repoussant les mauvais. L'anecdote de sa fuite terrifiée face au bruit d'un bambou éclatant dans un feu ajoute une touche comique, démontrant qu'en dépit de son redoutable pouvoir de télépathie, il est facilement effrayé par les bruits soudains. Cela illustre parfaitement son caractère de yokai local servant à la fois d'avertissement et de figure appréciée. Aujourd'hui, des statues de *Suiton* sont érigées à divers endroits comme symbole touristique de Hiruzen.

  • Taiba

    Taiba

    Peu commun

    TAI-ba

    Taiba (version des archives traditionnelles)

    Esprits du Temps et des CalamitésHonshū (diverses régions) et Shikoku

    Le Taiba est consigné comme une apparition soudaine accompagnée de vent et de tourbillons de poussière. Il survient d’avril à juillet, surtout de mai à juin, et l’on se méfie des jours mêlant éclaircies et nuages. Selon les régions, la robe et le sexe des chevaux touchés varient: à Mino les chevaux blancs, à Enshū les alezans et bais seraient visés, tandis que les vieilles femmes et les juments seraient épargnées selon certains récits. Des témoignages rapportent que la crinière se dresse mèche par mèche, une lueur rouge apparaît, puis le vent tombe quand l’animal s’effondre. Le « Giba » d’Owari et de Mino est tenu pour une personnification du Taiba: une fillette qui descend du ciel, enlasse le cheval, sourit puis disparaît, la monture tournant alors plusieurs fois à droite avant de mourir. Les remèdes populaires incluent couvrir l’encolure d’un tissu, poser un abat-vent contre les taons ou des grelots, et en cas d’attaque, faire saigner légèrement l’oreille, piquer le centre du coccyx, fendre l’air au sabre en récitant le Mantra de la Lumière. Des cultes protecteurs dans temples et sanctuaires ont diffusé talismans et tabliers du dieu des chevaux contre le Taiba.

  • Tanuki-bayashi

    Tanuki-bayashi

    Peu commun

    Tanuki-bayashi

    Bakas-bayashi de Honjo (tradition d’Edo)

    Yōkai des montagnes et des espaces sauvagesTokyo

    Version typique du « tambourinage de tanuki » rapportée autour de Honjo à Edo. Le son mêle flûtes, tambours et shamisen, s’éloigne à mesure qu’on s’en approche et change de direction aux tournants. Il s’interrompt souvent près des canaux et des berges. On invoquait parfois la réfraction et l’écho dus au vent et au relief, mais on l’attribuait alors aux tanuki. Comptée parmi les Sept Merveilles de Honjo, elle est citée dans spectacles et récits, le nom oscillant entre « bakas-bayashi » et « tambourinage de tanuki ». Sans apparition tangible, c’est une étrangeté centrée sur le son, de haute valeur documentaire. La croyance populaire dit que poursuivre trop loin fait se perdre jusqu’à l’aube en banlieue ; mieux vaut s’arrêter en route et se boucher les oreilles.

  • Tengu femelle

    Tengu femelle

    Peu commun

    o-nna TEN-gou

    Édition consolidée des traditions • Onna-tengu

    Esprits des MontagnesTokyoYamanashi

    L’onna-tengu est une branche de l’imaginaire tengu évoquée sporadiquement dans les textes et la tradition orale. Bien qu’elle soit représentée en habits féminins comme kosode, voile léger ou hakama écarlate, ses ailes dorsales et ses pouvoirs surnaturels la désignent comme un tengu. Dans le Heike monogatari illustré par le Gikeiki et d’autres variantes, la « nonne tengu » incarne une métamorphose liée à la décadence religieuse, en contraste avec le tengu bonze, proposant une figure féminine. Les récits d’errance montagnarde de l’époque Edo, marqués par l’interdit des femmes, mentionnent souvent l’absence d’onna-tengu, tandis que des traditions sur les kawa-tengu évoquent çà et là des couples ou des traits féminins. L’attribution d’une lignée à Amanozako-hime apparaît dans des compilations naturalistes des Temps modernes, sans dépasser le cadre dévotionnel ou narratif. Les variations régionales sont fortes et l’image n’est pas fixée, l’on comprend qu’elle partage les attributs tengu usuels de puissance, d’illusions et de vol. En évitant les exagérations fictionnelles, l’onna-tengu se saisit comme une « projection du féminin dans le monde des tengu », avec noms et généalogies souvent indéterminés.

  • Tessō, le Rat de fer

    Tessō, le Rat de fer

    Peu commun

    tes-SO

    Conforme aux iconographies d’Edo • Image traditionnelle

    Fantômes et espritsShiga

    Fondé sur l’image du « Tetsusō » de Toriyama Sekien. Une souris géante drapée d’une ombre rappelant une robe monastique, aux yeux rouges et aux dents réputées dures comme le fer. Son origine renvoie au récit d’esprit vengeur du moine Raigō, issu des querelles autour de l’ordination à l’Onjō-ji, où les rivalités entre les factions du Mont Hiei et de Miidera furent mises en récit et mêlées à la réalité des dégâts de rongeurs rongeant sutras et objets sacrés. Les appellations varient selon les époques et sources, « Rat de Raigō », « Rat de Miidera », etc. Les chroniques guerrières médiévales en exagèrent le nombre et en font un fléau collectif, tandis que l’époque moderne l’associe à des traditions de culte propitiatoire. Les dates ne concordent pas toujours dans les sources et la part légendaire domine, mais toponymes, renga et traditions orales conservés dans les sanctuaires et temples en constituent le noyau. Dans certains récits de chasse, un grand chat du Mont Hiei ou une divinité tutélaire intervient, reflet des frontières rituelles opposant deux complexes religieux.

  • Tofu-kozo

    Tofu-kozo

    Peu commun

    tofu-kozo

    Le yokai clown d'Edo né des Kibyoshi : Tofu-kozo

    Yokai humanoïde / Mi-humain Mi-yokaiTokyo

    Le Tofu-kozo est un personnage qui incarne la sensibilité de la fin de l'époque d'Edo, laquelle a transformé les yokai d'« objets de peur » en « objets d'affection et de rire ». Alors que les anciens yokai sino-japonais étaient redoutés dans les récits sombres et les rouleaux illustrés, le Tofu-kozo est né dès le départ comme un personnage de livres de divertissement imprimés, dont le but n'était pas d'effrayer les lecteurs, mais de les amuser. Le cœur de sa forme réside dans l'iconographie fixe « chapeau, tofu, plateau, langue tirée », qui s'est standardisée non pas par l'invention d'un seul auteur, mais en étant répétée et partagée à travers les livres imprimés. Son impuissance même — n'ayant aucune capacité réelle, ne causant aucun mal, et se tenant simplement avec du tofu — a paradoxalement généré une forte puissance sémiotique. Les traits visuels tels que le blanc du tofu et le rouge de la marque d'érable, ainsi que la disproportion entre le corps de l'enfant et le grand chapeau, ont servi de base à sa déclinaison en jouets et cerfs-volants. Le Tofu-kozo est une entité qui a démontré très tôt que les yokai pouvaient se détacher des croyances locales et circuler comme des produits et marques urbains. Il peut être lu comme un archétype lointain des mascottes modernes (*yuru-chara*) et de l'industrie des personnages.

  • Tomokadzuki

    Tomokadzuki

    Peu commun

    Tomokadzuki

    Tomokadzuki, le double d’une plongeuse ama solitaire

    Esprits et créatures des eauxMieShizuoka

    Cette forme réunit des traditions de Shima, d’Izu et d’Echizen dans lesquelles une plongeuse aperçoit son propre double sous l’eau. Tomokadzuki reproduit le visage, les vêtements et l’équipement du témoin. Seule l’extrémité de son bandeau, beaucoup trop longue dans son dos, permet de démasquer l’apparition. Il se montre lorsque les nuages ou la lumière déclinante ont assombri la mer, s’approche avec un ormeau ou un autre coquillage, puis entraîne la plongeuse vers le côté le plus obscur de l’eau. Les ama transmettaient plusieurs règles : ne pas laisser la peur dérégler la suite des gestes, ne pas tendre les mains devant soi pour recevoir ce que propose l’apparition et porter des serviettes ou des vêtements marqués de signes protecteurs. Aucune protection n’était tenue pour infaillible. Certains récits parlent d’un linceul semblable à un filet qui retombe sur la plongeuse. Les rencontres surviennent presque toujours pendant un travail solitaire, raison pour laquelle bien des communautés considéraient la plongée en groupe comme la défense la plus sûre. Tomokadzuki peut être compris comme un revenant qui attire les humains sous la mer, mais l’hypothèse du délire, de l’épuisement et de l’hallucination après de longues heures de plongée circule elle aussi depuis des générations. Quelle que soit sa nature, les ama de Shima marquaient leurs vêtements et leurs bandeaux du pentagramme et du quadrillage appelés ensemble Seiman–Dōman. À Antō, l’umi-ama apparentée se déplacerait à rebours de ce qu’on attend, sans jamais se laisser voir nettement. La légende donne une forme visible au moment le plus dangereux de la plongée : seule, désorientée, la plongeuse ne sait plus si la silhouette dans l’eau est une compagne ou elle-même.

  • Tsurube-otoshi

    Tsurube-otoshi

    Peu commun

    tsurube-otoshi

    Tsurube-otoshi, la tête coupée qui tombe d'un vieil arbre

    Yōkai des montagnes et des espaces sauvagesKyotoGifu

    Au crépuscule, sur un chemin de montagne, une branche grince une seule fois au-dessus de vous. Vous levez les yeux, mais la cime s'est déjà fondue dans l'obscurité. À l'instant où vous reprenez votre marche, un rire éclate et une tête coupée gigantesque plonge avec la vitesse d'un seau de puits. Sous cette forme, le Tsurube-otoshi fait de la chute elle-même une source de terreur. Deux scènes des traditions de l'ancien village de Sogabe, conservées dans le *Kuchi Tanba Kōhishū*, sont particulièrement importantes pour comprendre cette image.La présence du kaya de Hōki demande : « Le travail de nuit est-il fini ? Dois-je abaisser le seau ? Grince, grince », descend en riant, puis remonte dans l'arbre. Du vieux pin de Tera tombe au contraire une tête coupée qui mange les hommes. Le détail selon lequel elle disparaît pendant deux ou trois jours après s'être nourrie en fait davantage qu'une vision passagère : on l'imaginait comme un prédateur affamé, tapi le long des chemins nocturnes du village. Placés côte à côte, ces deux récits révèlent une méthode d'attaque. Une voix ou le bruit d'une branche attire d'abord le regard du voyageur vers le haut. La créature réduit ensuite d'un seul coup la distance qui la sépare de sa victime, depuis l'ombre du feuillage. Après l'assaut, elle remonte comme un seau tiré par sa corde. Son nom décrit son mouvement plus précisément que son apparence. Le va-et-vient familier d'un seau au bord du puits, transféré dans un vieil arbre la nuit, devient une question terrifiante : qu'est-ce qui va tomber sur celui qui se tient en dessous ? La tête coupée géante n'est toutefois pas l'unique forme du Tsurube-otoshi. Les traditions du Hokuriku évoquent également un être qui jette le seau lui-même depuis un arbre, un autre qui impose un échange de questions aux voyageurs, ou encore une créature qui emporte dans le ciel quiconque la touche.La tête relie avec une grande force visuelle les récits anthropophages du Tanba à l'art moderne des yōkai, mais elle ne saurait représenter tous les témoignages locaux. La forme décrite ici met en relief une branche particulière de cette tradition plus vaste : le Tsurube-otoshi comme prédateur caché dans un vieil arbre. Sa différence avec le Tsurube-bi ne peut pas davantage se décider sur la seule apparence. Le Tsurube-oroshi prémoderne et le Tsurube-bi de Sekien ont pour centre un feu étrange qui descend d'un arbre.La forme à tête coupée s'organise plutôt autour de la voix, de la chute et de la prédation. Toutes deux partagent néanmoins l'idée d'une présence logée dans un vieil arbre et se déplaçant comme un seau de puits. Aucun texte ne montre une flamme se transformant simplement en visage, mais les preuves manquent tout autant pour déclarer les traditions sans rapport. Il est plus raisonnable de considérer qu'un ancien nom et un mouvement communs ont reçu des corps différents dans les récits locaux. Le dessin original *Tsurube-otoshi* réalisé par Mizuki Shigeru en 1992 incarne clairement l'impression moderne d'un visage gigantesque apparaissant dans un arbre.Une tête démesurée communique immédiatement le danger et permet de visualiser l'instant de la chute. Elle se retient donc plus facilement, dans les mangas, les encyclopédies et les figures en volume, qu'une voix invisible ou qu'un simple seau. Mais revenir aux traditions locales après avoir vu ce visage permet d'entendre ce que l'image ne montre pas : la question sur le travail de nuit, le grincement d'une corde, le frémissement des feuilles et une présence qui se rapproche depuis un point invisible au-dessus de soi. Le véritable domaine du Tsurube-otoshi n'est pas le visage géant à lui seul. Il réside dans l'instant où l'on ne peut s'empêcher de lever les yeux.

  • Tsurubebi (Feu de seau suspendu)

    Tsurubebi (Feu de seau suspendu)

    Peu commun

    tsou-rou-bé-bi

    Image traditionnelle (feu de puits pendulaire)

    Phénomènes naturels et esprits de la natureKyoto

    Interprétation traditionnelle du Tsurube-bi fondée sur les kaidan d’Edo et les images d’Itō Seiyōken. Raconté comme un feu errant issu des esprits des arbres, une perle bleuâtre pend au bout des branches et monte-descend comme un seau de puits, égarant les voyageurs. Sa flamme est moins forte qu’elle n’en a l’air et ne prend ni aux vêtements ni aux plantes. Les chroniques de l’époque moderne citent un feu étrange près de Saiin à Kyoto, et les encyclopédies ultérieures le classent comme un feu similaire au Tsurube-otoshi ou distinct. Les observations sont fréquentes les nuits sans lune ou brumeuses, il s’éloigne quand on approche et revient quand on s’éloigne. Une ombre de visage peut parfois apparaître, entraînant une confusion avec les feux-follets, mais il est transmis comme un feu localisé.

  • Tête dansante

    Tête dansante

    Peu commun

    o-do-ri-KOU-bi

    Conforme aux récits traditionnels

    Fantômes et EspritsHyogo

    Une représentation de la « tête dansante » fondée sur les récits de kaidan et d’anecdotes classiques. La force d’un vif ressentiment prend forme, la tête se détache seule, enfle et apparaît. Elle bâille, gémit, rit ou claque des dents, privilégiant l’intimidation sonore. Le dommage direct n’est pas toujours clair, mais on dit qu’elle cause frayeurs, chutes ou fièvres. Elle surgit surtout près des temples anciens, des cimetières, des carrefours ou au pied des ponts, dans des lieux dépeuplés ou vers les veillées funèbres. Les origines ou noms personnels sont rarement précisés, l’étrangeté de l’événement restant surtout à la postérité.

  • Tête-Rouge

    Tête-Rouge

    Peu commun

    A-ka-ga-shi-ra

    Akagashira (version traditionnelle)

    Yōkai des montagnes et des terres sauvagesKochi

    Un être aux cheveux rouges apparaissant dans les montagnes et friches de Katsugase en Tosa. Il marche sur deux jambes comme un humain, mais se fond dans les hautes touffes de bambous nains et de roseaux, ce qui rend sa silhouette difficile à saisir. Sa marque la plus frappante est sa chevelure rouge éclatante comme le soleil : s’en approcher et la fixer provoque l’éblouissement et une gêne visuelle passagère. Peu de récits évoquent une intention nuisible, les troubles rapportés relevant surtout de l’effet visuel. Nommé dans le « Tosa Bakemono Ehon » de la fin d’Edo au début de Meiji, il est cité aux côtés de la « femme rieuse de Yamakita » et de la « vieille blanche de Motoyama ». L’« Akagashira » des rouleaux de Hyakki Yagyō est parfois évoqué comme parallèle iconographique, sans identification assurée. Les témoignages le situent du crépuscule à l’aube en lisière et landes, transmis surtout par la tradition orale locale.

  • Usuoi-baba

    Usuoi-baba

    Peu commun

    Usuoi-baba

    La vieille femme pâle au large de Shukunegi, à Sado

    Esprits et créatures des eauxNiigata

    Une crique du sud de Sado conserve le récit d’une vieille femme qui surgit de la mer. Elle apparaît au crépuscule, lorsque le temps se gâte et que l’obscurité descend sur l’eau. Sa peau est pâle ; les deux mains ramenées derrière le dos, elle semble porter un fardeau, mais le texte d’origine ne précise jamais lequel. Autour de Shukunegi, on disait qu’Usuoi-baba ne se montrait qu’une fois tous les deux à cinq ans. La voir n’annonçait ni maladie ni naufrage immédiat, et aucun récit ne lui prête le désir d’attirer ou de dévorer les hommes. Les encyclopédies modernes du yōkai la rangent souvent auprès d’Iso-onna et de Nure-onna, mais il vaut mieux y voir une apparition liée à une mauvaise pêche ou à un brusque changement de temps. Le nom Usuoi-baba est rarement attesté hors de ce corpus local de récits étranges et pourrait avoir appartenu au seul village de Shukunegi.

  • Vent des Esprits

    Vent des Esprits

    Peu commun

    SHO-ro-kazé

    Vent des Esprits (version traditionnelle)

    Phénomènes météorologiques et calamitésSaga

    Le Vent des Esprits est décrit comme un souffle sans forme qui provoque soudain frissons, fièvre et vertiges chez quiconque le touche. Il est surtout lié au matin du seizième jour d’Obon, lorsque le vent transporte l’effluve des âmes des ancêtres ou des morts sans liens, traversant notre monde à la frontière du retour et de l’envoi des esprits. Aux îles Gotō, on évite les tombes et les chemins funéraires ce jour-là et l’on s’abstient de sortir. À Iki, la maladie est vue comme un fléau apporté par le vent, nommé vent des morts s’il vient des cimetières et vent des vivants s’il naît du ressentiment des vivants. Parent de nombreuses croyances sur les vents néfastes, il mêle fatigue saisonnière et bourrasques aux cadres explicatifs populaires, transmis comme atteinte spirituelle. Il n’agit pas avec malveillance, mais avertit par un tabou: le mal frappe ceux qui se trompent de date et de lieu.

  • Ver des sables

    Ver des sables

    Peu commun

    san-do-ou-rm (prononciation française)

    Grand ver avançant dans le sable - Ver des sables

    Terme généralVer géant fictif et importé avançant dans le sable (Sandworm)

    C'est la version d'interprétation du « prédateur suprême de la mer de sable qui attaque en détectant les vibrations », gravée dans l'esprit des gens modernes par le biais des jeux et des œuvres de fantasy. Dans cette version, le ver des sables est dépourvu de vue ; au lieu de cela, il perçoit avec acuité les moindres « bruits de pas (vibrations) » des humains marchant à la surface, incarnant l'horreur panique extrême en ouvrant soudainement ses mâchoires massives sous leurs pieds pour les avaler entiers. En parlant des anomalies souterraines indigènes du Japon, on trouve le « Poisson-chat géant (Oonamazu) » et le « Ver de terre géant » qui provoquent des tremblements de terre, mais tandis que ceux-ci sont des symboles de « la catastrophe elle-même », le ver des sables est strictement défini comme une « créature régnant au sommet d'un écosystème hostile », reflétant le rationalisme d'un monstre importé. Des couches de crocs acérés disposés en cercles concentriques, une surface corporelle dure comme une armure, et une masse écrasante que même les épées et la magie (ou l'armement moderne) ne peuvent transpercer. C'est la cristallisation de la terreur et du romantisme insondables que les Japonais, vivant dans une nation insulaire entourée par la mer, nourrissent à l'égard d'un « désert sans fin » où ils n'ont jamais mis les pieds. C'est précisément parce qu'il n'a pas de passé en tant qu'esprit divin indigène qu'il continue d'évoluer et de grandir dans de nouvelles créations aujourd'hui en tant que « redoutable ennemi désespéré dans la lutte pour la survie ».

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