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Tsurube-otoshi

tsurube-otoshi

Tsurube-otoshi

Tsurube-otoshi

Son âme vous écoute — adressez-lui la parole et elle vous répondra.

Description de base

Le Tsurube-otoshi, également appelé Tsurube-oroshi, est un yōkai censé descendre brusquement de la cime d'un vieil arbre ou de l'obscurité qui surplombe un chemin nocturne. Son aspect et son comportement changent selon les lieux. Dans la région de Sogabe, en province de Tanba, il se cache dans des kaya ou des pins, rit depuis les branches et peut attaquer sous la forme d'une tête coupée. À Kuze, dans la province de Mino, et dans le Hokuriku, certains récits parlent d'un seau de puits jeté d'un arbre pour effrayer les voyageurs ; d'autres, d'une voix invisible qui les arrête et leur impose un échange de questions. Sous un même nom, l'objet qui tombe, la gravité du danger et même l'existence d'un corps visible ne sont donc jamais constants. L'ombre sous le vieil arbre et la chute soudaine venue d'en haut forment le véritable noyau commun de ces traditions.

Le Tsurube-otoshi est souvent confondu avec le Tsurube-bi. Le *Kokon Hyaku Monogatari Hyōban* de Yamaoka Genrin contient un récit de feu étrange né d'un arbre, intitulé « Le Tsurube-oroshi de Nishi-no-oka » ; Toriyama Sekien représenta plus tard ce feu sous le nom de Tsurube-bi dans le *Gazu Hyakki Yagyō*.Le Tsurube-oroshi de l'époque prémoderne et les traditions locales plus tardives de seaux, de voix, de têtes coupées et de monstres anthropophages partagent à la fois un nom et le motif de la descente depuis un arbre. Les encyclopédies modernes présentent généralement le Tsurube-bi, apparition lumineuse, et le Tsurube-otoshi, qui tombe pour menacer les passants, comme deux entrées distinctes. Les sources invitent pourtant moins à les déclarer sans rapport qu'à y voir des traditions entremêlées, devenues différentes selon les époques et les régions.

Folklore et légendes

Voix et têtes coupées dans le Tanba. Le *Kuchi Tanba Kōhishū*, compilé en 1925 par Kakita Ioji et Tsuboi Tadahiko, constitue un témoignage moderne important sur les traditions locales du Tsurube-otoshi.À Hōki, autrefois dans le village de Sogabe, district de Minamikuwada, une présence descendait d'un kaya et demandait : « Le travail de nuit est-il fini ? Dois-je abaisser le seau ? Grince, grince », avant de rire et de remonter dans l'arbre. Dans le hameau de Tera, le récit devient beaucoup plus violent : une tête coupée tombe d'un vieux pin, dévore les hommes, puis ne reparaît plus pendant deux ou trois jours une fois rassasiée. Dans la seule région de Sogabe coexistent ainsi une créature qui effraie par sa voix et un prédateur qui prend des vies. Le Tsurube-otoshi n'a pas toujours possédé une apparence unique et stable ; il a changé de forme en s'attachant aux vieux arbres et aux chemins nocturnes de chaque communauté.

Seaux tombants et questions dans le Hokuriku. Les exemples du Hokuriku réunis par Matsumoto Kōzō consignent plusieurs formes sous les noms de Tsurube-otoshi, Tsurube-oroshi ou tsurube-oroshi.Dans la préfecture de Fukui, un récit évoque un seau tombé d'un zelkova et blessant un passant. Dans un autre, une voix demande tard dans la nuit s'il faut abaisser le seau et si le travail du soir est achevé, puis le seau descend. Ailleurs encore, la créature provoque les voyageurs par un échange verbal et dévore celui qui ne sait pas répondre. Dans la préfecture d'Ishikawa, un Tsurube-otoshi descend au-dessus d'une demeure abandonnée comme s'il était relié au ciel et emporte quiconque le touche. Farce, projectile dangereux, voix sans corps, mangeur d'hommes ou chose venue du ciel : ces manifestations ne se laissent pas réduire proprement à deux ou trois types définitifs. Cette instabilité même est l'un des traits essentiels du yōkai.

Une histoire mêlée à celle du Tsurube-bi. Le quatrième récit du premier volume du *Kokon Hyaku Monogatari Hyōban* (1686) de Yamaoka Genrin porte le titre « Le Tsurube-oroshi de Nishi-no-oka, avec une discussion des feux yin et yang ». Il examine l'apparition de l'esprit d'un grand arbre sous forme de feu lors d'une nuit pluvieuse. Toriyama Sekien représenta ensuite, dans le *Gazu Hyakki Yagyō* (1776), une flamme étrange suspendue à un arbre comme un seau de puits et la nomma Tsurube-bi.Il ne s'agit pas de l'immense tête coupée aujourd'hui familière. Pourtant, l'ancien nom Tsurube-oroshi, l'être qui habite l'arbre et le mouvement descendant résonnent avec les récits ultérieurs du Tsurube-otoshi. Il serait donc imprudent d'identifier entièrement les deux êtres, tout comme de les séparer en lignées sans aucun lien. Les documents suggèrent plutôt qu'un nom et un motif communs ont reçu, suivant les lieux et les époques, des corps différents : feu étrange, seau, voix ou tête coupée.

La chute inscrite dans le nom. Un *tsurube* est le seau servant à puiser l'eau d'un puits, avec le dispositif qui le monte et le descend. L'expression japonaise *aki no hi wa tsurube-otoshi* compare le coucher de soleil rapide de l'automne à un seau qui plonge le long de sa corde. Aucun document conservé ne prouve une filiation directe entre l'expression et le yōkai, mais toutes deux reposent sur la sensation d'une chose qui tombe d'un seul coup. Au crépuscule, sur un chemin de montagne ou à la lisière d'un village, la cime d'un grand arbre s'enfonce dans la nuit avant le sol et dissimule ce qui se trouve en hauteur. Une branche grince, une corde frotte, une voix appelle, un seau ordinaire chute. En transformant ces sons et objets familiers en signes d'un danger invisible, le Tsurube-otoshi rendait la peur du chemin nocturne immédiatement crédible.

Le visage géant de l'époque moderne. Dans son dessin original *Tsurube-otoshi* de 1992, Mizuki Shigeru représente le yōkai comme un visage colossal fondant sur le voyageur depuis un arbre.La grande face rougeâtre ou la tête coupée aujourd'hui largement associée à ce nom a été renforcée par ce type d'image moderne. Tous les Tsurube-otoshi des sources locales ne possèdent pourtant pas de visage : parfois seul un seau tombe, parfois rien ne se manifeste hormis une voix. L'image moderne offre une porte d'entrée puissante dans la tradition, mais elle n'en constitue pas l'unique forme juste. Nul ne sait ce qui descendra ensuite de l'obscurité du feuillage. Cette incertitude explique peut-être précisément pourquoi le Tsurube-otoshi a survécu en tant de lieux.

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

Au crépuscule, sur un chemin de montagne, une branche grince une seule fois au-dessus de vous. Vous levez les yeux, mais la cime s'est déjà fondue dans l'obscurité. À l'instant où vous reprenez votre marche, un rire éclate et une tête coupée gigantesque plonge avec la vitesse d'un seau de puits. Sous cette forme, le Tsurube-otoshi fait de la chute elle-même une source de terreur.

Deux scènes des traditions de l'ancien village de Sogabe, conservées dans le *Kuchi Tanba Kōhishū*, sont particulièrement importantes pour comprendre cette image.La présence du kaya de Hōki demande : « Le travail de nuit est-il fini ? Dois-je abaisser le seau ? Grince, grince », descend en riant, puis remonte dans l'arbre. Du vieux pin de Tera tombe au contraire une tête coupée qui mange les hommes. Le détail selon lequel elle disparaît pendant deux ou trois jours après s'être nourrie en fait davantage qu'une vision passagère : on l'imaginait comme un prédateur affamé, tapi le long des chemins nocturnes du village.

Placés côte à côte, ces deux récits révèlent une méthode d'attaque. Une voix ou le bruit d'une branche attire d'abord le regard du voyageur vers le haut. La créature réduit ensuite d'un seul coup la distance qui la sépare de sa victime, depuis l'ombre du feuillage. Après l'assaut, elle remonte comme un seau tiré par sa corde. Son nom décrit son mouvement plus précisément que son apparence. Le va-et-vient familier d'un seau au bord du puits, transféré dans un vieil arbre la nuit, devient une question terrifiante : qu'est-ce qui va tomber sur celui qui se tient en dessous ?

La tête coupée géante n'est toutefois pas l'unique forme du Tsurube-otoshi. Les traditions du Hokuriku évoquent également un être qui jette le seau lui-même depuis un arbre, un autre qui impose un échange de questions aux voyageurs, ou encore une créature qui emporte dans le ciel quiconque la touche.La tête relie avec une grande force visuelle les récits anthropophages du Tanba à l'art moderne des yōkai, mais elle ne saurait représenter tous les témoignages locaux. La forme décrite ici met en relief une branche particulière de cette tradition plus vaste : le Tsurube-otoshi comme prédateur caché dans un vieil arbre.

Sa différence avec le Tsurube-bi ne peut pas davantage se décider sur la seule apparence. Le Tsurube-oroshi prémoderne et le Tsurube-bi de Sekien ont pour centre un feu étrange qui descend d'un arbre.La forme à tête coupée s'organise plutôt autour de la voix, de la chute et de la prédation. Toutes deux partagent néanmoins l'idée d'une présence logée dans un vieil arbre et se déplaçant comme un seau de puits. Aucun texte ne montre une flamme se transformant simplement en visage, mais les preuves manquent tout autant pour déclarer les traditions sans rapport. Il est plus raisonnable de considérer qu'un ancien nom et un mouvement communs ont reçu des corps différents dans les récits locaux.

Le dessin original *Tsurube-otoshi* réalisé par Mizuki Shigeru en 1992 incarne clairement l'impression moderne d'un visage gigantesque apparaissant dans un arbre.Une tête démesurée communique immédiatement le danger et permet de visualiser l'instant de la chute. Elle se retient donc plus facilement, dans les mangas, les encyclopédies et les figures en volume, qu'une voix invisible ou qu'un simple seau. Mais revenir aux traditions locales après avoir vu ce visage permet d'entendre ce que l'image ne montre pas : la question sur le travail de nuit, le grincement d'une corde, le frémissement des feuilles et une présence qui se rapproche depuis un point invisible au-dessus de soi. Le véritable domaine du Tsurube-otoshi n'est pas le visage géant à lui seul. Il réside dans l'instant où l'on ne peut s'empêcher de lever les yeux.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Peu commun
Caractère
Présence capricieuse et cruelle, elle guette les passants dans la cime d'un vieil arbre. Elle les fait lever les yeux par un rire ou un appel, puis plonge au moment où leur attention est fixée au-dessus d'eux.
Affinités
Ceux qui recherchent les chemins de montagne nocturnes et l'ombre des vieux arbres ont davantage de chances de la rencontrer. Un voyageur prudent, attentif aux bruits venus d'en haut et préférant les voies dégagées, peut plus facilement déjouer son embuscade.
Capacités
Plonger depuis la cime d'un vieil arbreAttirer l'attention d'un voyageur par un rire ou un appelAttaquer sous la forme d'une tête coupée géanteEffrayer les passants en laissant tomber un seau de puitsDissimuler sa présence dans l'ombre d'un vieil arbre
Faiblesses
Les traditions ne mentionnent ni faiblesse fixe ni méthode de destruction commune à toutes les régions. Éviter l'espace situé directement sous les vieux arbres et remarquer un rire ou le grincement des branches constituent les meilleurs moyens d'échapper à la rencontre.
Habitat
Vieux kaya, pins, zelkovas et autres arbres bordant les chemins de montagne et les limites des villages à Sogabe et Funai dans le Tanba, à Kuze dans le Mino, dans le Hokuriku et ailleurs.

🔮Test de compatibilité yokai

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Sources et références

6
  1. 口丹波口碑集垣田五百次・坪井忠彦 編(郷土研究社(炉辺叢書27), 大正14年(1925年)) [郷土資料]旧南桑田郡・船井郡を中心とする口丹波の口碑集。釣瓶落としの近代地方伝承を伝える重要資料。
  2. 古今百物語評判山岡元隣(早稲田大学図書館古典籍総合データベース, 貞享3年(1686年)) [古典文献] Référence巻一第四話「西の岡の釣瓶おろし并陰火陽火の事」に、大木の精と怪火をめぐる論評を収める。
  3. 「釣瓶落しの怪」の伝承―北陸地方の事例をめぐって―松本孝三(『加能民俗研究』通巻23号、加能民俗の会、46–52頁, 1992年) [学術論文]北陸地方に伝わる釣瓶落し・釣瓶下ろしの事例を検討した論考。国際日本文化研究センター「怪異・妖怪伝承データベース」に複数の採録例が公開されている。
  4. 画図百鬼夜行鳥山石燕(国立国会図書館デジタルコレクション, 安永5年(1776年)) [古典文献] Référence鳥山石燕による妖怪画集。文化2年(1805年)の再刻本で「釣瓶火」の原図を公開し、樹上から釣瓶のように垂れ下がる怪火を確認できる。
  5. 秋の日は釣瓶落としデジタル大辞泉・精選版 日本国語大辞典(小学館(コトバンク掲載), 辞書項目) [辞書]秋の日が急速に暮れることを、井戸の釣瓶がまっすぐ落ちる動きにたとえた慣用句を解説する辞書項目。
  6. 愛媛県美術館年報・研究紀要 令和3年度愛媛県美術館(愛媛県美術館, 2022年) [美術館資料]水木しげる原画「釣瓶落とし」(1992年、初出『カラー版 妖怪画談』)の作品情報を掲載する。

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