YOKAI.JP

Encyclopédie des Yōkai

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592 Yōkai|12 Catégorie|19/25 pages
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  • Raijin

    Raijin

    Divin

    らいじん

    Dieu du tonnerre frappant ses tambours, Raijin

    神霊・神格賀茂別雷神社 (上賀茂神社、現·京都府京都市北区) / 北野天満宮 (現·京都府京都市上京区、天神信仰) / 雷電神社 (現·群馬県邑楽郡板倉町)

    La représentation ultime de Raijin est le Paravent des dieux du vent et du tonnerre de Tawaraya Sōtatsu, un paravent à deux panneaux sur fond d'or qui met face à face un Raijin blanc à gauche (portant une couronne de tambours dans son dos) et un Fujin vert à droite (portant son sac à vent). Cette composition fut fidèlement copiée par les peintres de l'école Rinpa, tels qu'Ogata Kōrin et Sakai Hōitsu, établissant ainsi la norme de l'iconographie actuelle de Fujin et Raijin. Les tambours que Raijin porte sur son dos sont censés générer le tonnerre lorsqu'ils sont frappés. Associés à sa forme démoniaque, son pagne en peau de tigre et ses griffes acérées, ils rendent visible la puissance indomptable des cieux. Du point de vue de l'histoire des croyances, Raijin se divise en trois grandes lignées. La première est le dieu du tonnerre classique représenté par Kamo Wakeikazuchi no Ōkami (sanctuaire Kamigamo). La deuxième est la lignée de Tenjin, qui assimile l'esprit vengeur de Sugawara no Michizane à Karai Tenjin (sanctuaire Kitano Tenman-gū, fondé en 947). La troisième est Takemikazuchi, qui porte le caractère du tonnerre dans son nom mais demeure fondamentalement un dieu des épées et de la guerre, à ne pas confondre avec Raijin lui-même. Dans la région du Kantō, le culte de Raiden (foudre) s'est répandu avec le sanctuaire Raiden d'Itakura (Gunma) comme sanctuaire principal, vénérant Karai Ōkami, Ōikazuchi Ōkami et Wakeikazuchi Ōkami pour prier contre la foudre et pour d'abondantes récoltes. Dans la société agraire, la foudre frappant les rizières était perçue comme « l'époux du riz » (inazuma), un présage de fertilité. Ainsi, Raijin a toujours été vénéré comme une entité profondément ambivalente : un dieu redouté infligeant des châtiments célestes, mais aussi un dieu bienveillant apportant la pluie et les fruits de la terre.

  • Raijū

    Raijū

    Légendaire

    rai-jū

    Bête de tonnerre des traditions du district de Kuji

    Métamorphoses et esprits animauxIbarakiAkita

    Figure locale redoutée qui descend avec le tonnerre lors de la mise en pépinière du riz et ravage les rizières. Des gestes d’exorcisme accompagnent sa venue, comme faire claquer du bambou fendu ou planter des tiges pour lui indiquer la voie du retour. Plutôt que nuire directement aux gens, il est compris comme la personnification des désastres causés par la foudre, et l’on dit que ceux qui s’en approchent sont pris de torpeur. Son alimentation et son apparence varient, rappelant la belette, le tanuki ou le chat selon les récits.

  • Renard Tamehachi

    Renard Tamehachi

    Peu commun

    ta-mé-HA-tchi gui-tsu-né

    Version légendaire de Kitayama-mura

    Animaux métamorphesWakayama

    Une image conforme aux récits topographiques de Kitayama-mura. Un renard posséderait les humains et leur conférerait une agilité hors du commun pour franchir des falaises. Des variantes le montrent rivalisant avec des serpents ou des ascètes shugendō, si bien que l’adversaire et les techniques varient. En s’appuyant sur les stries de la falaise citées comme preuves, il rappelle la puissance sacrée et les interdits aux limites du village. Les détails des rites et des noms demeurent obscurs dans la tradition, dont les récits restent généraux.

  • Renard à branches divergentes

    Renard à branches divergentes

    Commun

    é-da-bun-ki-GHI-tsuné

    Version contemporaine

    動物変化Profondeurs d’un entrepôt virtuel

    Il s'insinue comme une ombre dans un environnement de développement silencieux, fait pousser une branche homonyme et embrouille le jugement. Par des tours qui franchissent les revues ou par un art de ramener seuls les fichiers de configuration à un état ancien, il multiplie les bogues introuvables. Son origine mêle la superstition du “double d'ombre” et l'épuisement du travail collaboratif. Un seul nom mais deux cœurs, il se nourrit des hésitations humaines pour croître.

  • Renard à neuf queues

    Renard à neuf queues

    Légendaire

    Kyubi no Kitsune

    Renard à neuf queues au visage blanc et au pelage doré

    Animal métamorpheKyotoTochigi

    Le "renard à neuf queues au visage blanc et au pelage doré" est bien cela: un esprit-renard au visage blanc, au poil d'or et aux neuf queues. Aujourd'hui, on l'identifie presque automatiquement à la vraie forme de Tamamo-no-Mae, mais cette image ne s'est pas imposée d'un seul coup. Elle est née de la fusion de plusieurs lignes: le renard à neuf queues des classiques chinois, le récit de Daji devenue renarde à neuf queues, la légende japonaise de Tamamo-no-Mae et la tradition de la Sesshoseki de Nasu. L'ancien renard à neuf queues n'était pas nécessairement mauvais. Le Shanhai jing fait du renard de Qingqiu une bête mangeuse d'hommes, mais le renard à neuf queues était aussi traité en Chine comme un animal de bon augure, et le Japon reçut l'idée qu'il pouvait être une bête sacrée. Les neuf queues ne marquaient donc pas une simple méchanceté. Elles signalaient l'extrême de la puissance venue d'ailleurs. Cette puissance pouvait bénir la royauté ou la détruire; le malaise tient à cette ambivalence. Tamamo-no-Mae non plus n'a pas toujours été le renard à neuf queues au visage blanc et au pelage doré. Shinmei-kyo donne son nom, et Tamamo no Soshi raconte la beauté au service de l'empereur retiré Toba qui est découverte comme renarde. Mais, dans cette forme ancienne, la renarde a deux queues. Terashima Shuichi souligne que près de quatre siècles de réécriture séparent ce récit de l'identification forte de Tamamo au renard à neuf queues. Sans cet intervalle, l'histoire de la refonte de la légende disparaît. Le changement décisif fut la jonction entre la renarde de Daji et Tamamo. Le récit où Daji, favorite du roi Zhou des Shang, devient une renarde à neuf queues s'est amplifié dans les commentaires et les fictions chinoises, puis a atteint le Japon. À la fin d'Edo, les yomihon japonais relièrent Daji, l'Indienne Kayo-fujin et Tamamo-no-Mae comme vies antérieures et incarnations d'un même renard. Ehon Sangoku Yofuden fut décisif: un même esprit-renard y ensorcelle les souverains de l'Inde, de la Chine et du Japon, et Tamamo devient la manifestation japonaise du renard à visage blanc et pelage doré. La Sesshoseki donna au renard une histoire après sa mort. Dans le noh Sesshoseki, la pierre n'est pas un simple rocher empoisonné, mais le lieu où demeure l'esprit d'une renarde encore retenue par son obsession. Le moine la brise et l'apaise par sa puissance rituelle, transformant la mise à mort du renard en salut. La tradition officielle de Nasu raconte elle aussi que la pierre est le renard venu d'Inde et de Chine, et rattache la légende au paysage sulfureux que Basho décrivit dans l'Oku no Hosomichi. Tamamo-no-Mae ne s'achève pas lorsqu'elle est démasquée à la cour; elle demeure à Nasu sous forme de pierre. La peinture et la scène ont rendu cette double nature visible. Après la pièce de marionnettes de 1751 Tamamo-no-Mae Asahi no Tamoto, Tamamo reparut souvent dans le joruri et le kabuki comme un rôle à la fois beauté absolue et esprit-renard. Dans Abe Yasuchika priant sur Tamamo-no-Mae d'Utagawa Kuniyoshi, neuf faisceaux de lumière s'ouvrent derrière la beauté, plaçant dans la même image la grâce de cour et la vérité vulpine. Miroirs, eaux réfléchissantes, auréoles devenues queues: tout sert à montrer que Tamamo peut être percée à jour. La terreur du renard au visage blanc et au pelage doré ne vient pas de ses dents ni de ses griffes, mais du fait qu'il apparaît d'abord comme beauté et intelligence. Il connaît les textes bouddhiques, les classiques chinois, le waka et la musique de cour; il répond sans hésiter et gagne confiance et affection. Il n'envahit pas de l'extérieur: on l'invite au centre. C'est pourquoi la force ne suffit pas à le démasquer. Divination, prière, miroir, eau, et récits qui le redisent sont ce qui fait apparaître le renard caché. Pourtant, il n'est pas un ennemi totalement étranger. Il vient du même imaginaire que le renard blanc d'Inari, les hiérarchies de tenko et de kuko, la tendresse des épouses-renardes et la peur de la possession. En Tamamo-no-Mae, il fait vaciller le pouvoir; en Sesshoseki, il laisse le poison dans la terre. Mais on l'apaise, on le vénère, on le peint, on le joue, on le garde en mémoire. Le renard à neuf queues au visage blanc et au pelage doré n'est pas le mal effacé: c'est le mal que l'on continue de raconter après sa défaite.

  • Rituel de la « visite à l’heure du Bœuf »

    Rituel de la « visite à l’heure du Bœuf »

    Épique

    ou-shi no kok' MAI-ri

    Effigie rituelle traditionnelle

    Fantômes et espritsKyoto

    Une version centrée sur les usages codifiés à l’époque d’Edo de l’archétype de l’« Ushi no koku mairi ». En linceul blanc, cheveux longs en désordre, portant à l’envers un trépied de fer (gotoku) sur la tête avec trois bougies allumées, un miroir pendant sur la poitrine, elle se rend au sanctuaire en geta à une seule dent pour étouffer ses pas. Elle plaque contre l’arbre sacré une effigie portant le nom de la cible et y enfonce chaque nuit un clou de cinq sun. L’heure est strictement le « bœuf-trois quarts » et l’accomplissement est dit s’obtenir en sept nuits. Être aperçu annule l’effet, d’où le silence en route et le soin à ne laisser aucune trace. Les images anciennes montrent parfois un taureau noir accompagnateur : le franchir la dernière nuit assure la réussite, le craindre et reculer mène à l’échec. L’usage de la poupée de paille s’est généralisé à l’époque moderne, avec des sources plus anciennes dans les effigies transpositoires percées et les rituels onmyōdō. Le folklore évite d’affirmer la réalité de la malédiction et insiste sur son annulation par la transgression ou l’exposition du secret.

  • Roi-Esprit des Cascades

    Roi-Esprit des Cascades

    Épique

    ta-ki-REH-oh (Takirei-ô)

    Interprétation iconographique à la manière de Sekien

    Divinités et esprits divinsShiga

    Partant des images de Toriyama Sekien, cette interprétation organise, en notice de bestiaire, l’idée d’une épiphanie de l’Acalanātha (Fudō Myōō) aux chutes d’eau. « Roi-Esprit des Cascades » n’est qu’un sujet pictural, l’entité étant comprise comme une manifestation du culte des Myōō. Elle apparaît dans les vasques des chutes à travers le pays, soumettant démons et nuisances, surtout évoquée dans les récits de grâce rapportés par ascètes et pèlerins. Le caractère de majesté et d’exorcisme l’emporte sur la frayeur yōkai, si bien qu’elle est traitée comme proche du divin. Les toponymes précis et les faits datés sont rares, la tradition reposant surtout sur les images et les engi de temples.

  • Roi-monstre du Tertre de Poussière

    Roi-monstre du Tertre de Poussière

    Rare

    chi-ri-zou-ka kaï-ô

    D’après l’iconographie, édition de Sekien

    Tsukumogami et créatures d’objetsOrigine inconnue

    Dans les sources, Chinzukakaiō est surtout connu par l’image de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure-bukuro, sans faits ni paroles attestés. On y voit un démon rouge, musculeux, forçant un coffre à parois droites tandis que poussières et papiers volent. Sekien ajoute qu’il serait « le chef des yama-uba formées par l’entassement de poussière », allusion au Nô Yama-uba et à l’expression « la poussière des nuées s’amoncelle et devient yama-uba ». Aucun récit ne relie toutefois directement ce yōkai aux yama-uba, si bien que sa place reste ambiguë. Des copies de l’ère Meiji et des rouleaux anonymes reprennent un motif similaire, parfois nommé « démon étrange ». Depuis l’ère Heisei, on le décrit parfois comme « roi des tsukumogami de poussière et d’ordures », interprétation tardive sans garantie dans la tradition. Iconographiquement, c’est une création d’époque pré-moderne fusionnant le thème du coffre fendu des rouleaux de Hyakki Yagyō et une citation du Tsurezuregusa.

  • Rokuemon

    Rokuemon

    Rare

    Rokuemon

    Rokuemon, Commandant suprême des Tanuki d'Awa

    MétamorpheTokushima

    Voici Rokuemon, le commandant suprême des tanuki d'Awa résidant à Tsuda-ura. Régnant en tant que grand général sur tous les tanuki de Shikoku, il s'impose comme le chef vétéran au sommet de la hiérarchie des tanuki, où tous se disputent férocement le titre de "Premier Rang Supérieur". Il prit un jour Kincho comme disciple et tenta de lui faire hériter de son statut par un mariage avec sa fille. Cependant, après la fuite de Kincho, Rokuemon dut l'affronter comme un ennemi mortel sur les rives de la rivière Katsuura. À l'issue d'une bataille colossale de trois jours et trois nuits impliquant plus de six cents tanuki, on raconte qu'il tomba lors d'un ultime duel singulier. Pourtant, son nom a traversé le temps à travers les contes, les films et l'animation, et il reste aujourd'hui encore dans les mémoires comme l'irremplaçable coprotagoniste de la Guerre des Tanuki d'Awa.

  • Rokurokubi

    Rokurokubi

    Légendaire

    ろくろくび

    Rokurokubi des textes d’Edo et des récits de têtes volantes

    Humain-Yōkai / Mi-humain Mi-yōkaiFukuiKumamoto

    Le rokurokubi est une apparition humaine qui peut étirer son cou tout en gardant la tête attachée au corps, ou laisser sa tête se détacher et voler. Son nom apparaît dans le haïkaï et les histoires de fantômes du XVIIe siècle. Rêves vécus par le dormeur, karma ou malédiction, images d’une tête reliée par un fil et forme à tête détachée racontée par Lafcadio Hearn : les sources lui donnent des corps et des caractères très différents. Les traditions chinoises des Luotou et des têtes volantes l’éclairent par comparaison, sans fournir une origine directe unique.

  • Roue à demi attelée (Katawaguruma)

    Roue à demi attelée (Katawaguruma)

    Peu commun

    ka-ta-wa-GOU-rou-ma

    La Roue Bancale de Kyōto

    Yōkai domestiques et objets animésKyotoShiga

    Variante de la katakuruma aperçue à Higashi-dōin à Kyōto, connue pour réfréner les mœurs par la force des mots. Vers l’ère Enpō, exaspérée par la manie des noctambules curieux et bavards, elle arpente les rues sous la forme d’un seul anneau de feu. Apparence: une unique roue de char à bœufs, ses rayons de cyprès noircis et rougis par la braise, un visage d’homme aux mâchoires marquées au moyeu. Les yeux vacillent comme une lanterne, les dents blanches comme un peigne, tenant souvent dans sa bouche la jambe d’un enfant. Sa première parole est « Regardez votre enfant plutôt que moi », menace et exhortation à la fois; répondre en se précipitant à l’intérieur peut parfois éviter le mal. Mais si l’on épie par curiosité, avant que la rumeur n’enfle, un malheur frappe l’enfant de la maison. La jambe que la roue mord n’est pas celle d’un inconnu lointain, mais se lie à l’enfant du foyer qui a guigné: la flamme de la roue se glisse par la fente de la porte, suce le sang comme un béribéri et ouvre une crevasse. Souvent confondue avec la roue-nyūdō, cette « roue à l’allocution » privilégie l’avertissement plutôt que la raillerie, et une seule phrase en décide l’issue. Une fois, vue par une servante depuis l’entrebâillement, la roue s’arrêta devant la maison, colla son nez au battant, prononça son vers et s’en alla; la femme courut à la chambre, l’enfant n’était que légèrement atteint et guérit par prière et décoctions. Dès lors, à la cloche du crépuscule, on ferma serré les grilles, baissa la lumière, et s’abstint de murmurer sur l’étrange. Les apparitions diminuèrent, mais reviennent lors des fêtes et pèlerinages, roulant à l’ombre des lanternes. Elle se nourrit surtout des rumeurs qui la nomment: que l’on chuchote « katakuruma » trois fois, et sa flamme lèche l’avant-toit et cherche les fentes des grilles. Les anciens évitaient donc le nom direct, disant « feu bancal » ou « voix de la roue ». Toutefois, des waka ou des prières bien tournées au portail l’arrêtent: sensible au pouvoir des mots, si les vers expriment l’amour filial et sont bien cadencés, elle grimace, relâche sa prise et ne laisse que des étincelles. Forte là où les rumeurs foisonnent, plus faible là où l’on pèse ses mots et veille au foyer, elle reflète l’esprit de la capitale.

  • Roue à demi attelée (Katawaguruma)

    Roue à demi attelée (Katawaguruma)

    Peu commun

    ka-ta-wa-GOU-rou-ma

    Katawaguruma de Shiga, la roue unique de Kōga

    Yōkai domestiques et objets animésKyotoShiga

    Variante de la Katawaguruma hantant les piémonts de Kōga et les couloirs de brise du lac, contée depuis l’ère Kanbun. Sa flamme, calme comme un feu de veille, éclaire une unique roue noircie qui rase les murs de terre la nuit. Au moyeu flotte un visage de femme, traits nobles et anciens, tempes immobiles au vent, bouche à peine souriante, presque railleuse. Quand elle tourne devant les portes, les lampes vacillent et une voix lointaine appelle le nom d’un enfant endormi. Plus que l’apparition, on craint le “regard” et les “ragots” : qui l’épie par une fente nocturne ou la colporte au matin subit un malheur mesuré, un “manque” d’un côté du foyer — disparition soudaine d’un enfant, lait tari, gerbes séchant d’un seul côté. On dit qu’elle “ôte la part”. Pourtant elle n’est pas dévoyée : le respect appelle la raison. Une femme, repentante d’avoir espionné, colla un tanka à sa porte ; la Katawaguruma le chanta le lendemain et rendit l’enfant, disant « quelle âme délicate ». Telle est l’essence de la Katawaguruma qui ramène les enfants à Kōga : admonester les transgresseurs des tabous nocturnes et réparer l’ordre par la puissance des mots. Quand les dôsojin et oratoires de carrefours déclinèrent, elle fit la ronde comme une veilleuse, retenant les pas nocturnes et rappelant la clôture et le silence. Son visage féminin renvoie peut-être à l’ancienne crainte des divinités de l’accouchement, ou aux nuits où les femmes gardaient la maison. La roue est un demi-essieu d’ancien char à bœufs, veiné de marques comme des lettres brahmiques, sa flamme éclaire sans brûler. Si l’on perce son secret et que l’on s’en amuse en rumeur, elle « se sait découverte » et quitte les lieux ; elle ne s’attarde jamais et se fond au bas-côté quand le bruit retombe. Parfois confondue avec le Wanyūdō, elle privilégie l’avertissement au sarcasme et se targue de toujours rendre l’enfant. Sensible aux chants, aux norito et aux prières discrètes au seuil, elle aime la tenue des mots ; d’où les préceptes locaux : ne pas parler haut la nuit, ne pas laisser d’interstice à la porte, ne pas crier les noms des enfants. Ainsi enseigne-t-elle la politesse par l’épreuve et dissipe l’épreuve par la politesse, gardienne occulte des villages de Kōga.

  • Ryujashin

    Ryujashin

    Rare

    ryujashin

    Ryuja-sama, le messager guide du festival de Kamiari

    Esprit Divin / DivinitéShimane

    Ryujashin occupe une position unique en tant que "messager divin" fonctionnant dans le contexte rituel spécifique du festival de Kamiari d'Izumo. Alors que les dieux dragons généraux (divinités de l'eau composites régissant l'eau, la pluie et la mer) sont basés sur des croyances nationales visant à faire tomber ou arrêter la pluie, Ryujashin est strictement une divinité fonctionnelle agissant comme guide pour les huit millions de dieux, limitée aux rituels Kamiari des sanctuaires comme Izumo Taisha et le sanctuaire de Sada. Son essence n'est pas un concept abstrait de foi, mais un véritable animal marin - le serpent marin à ventre jaune - qui s'échoue réellement sur la côte d'Izumo à la fin de l'automne. L'alignement parfait d'un phénomène naturel (des serpents marins d'eau chaude dérivant sur le courant de Tsushima) avec le temps mythologique (le rassemblement des dieux le mois de Kamiari) forme le cœur d'un rituel saisonnier rare. Les individus échoués sont dédiés au Grand Sanctuaire, et grâce au Ryuja-ko d'Izumo Taishakyo, il s'est développé en un objet de culte indépendant, avec des talismans distribués aux gens du commun pour se protéger contre les incendies, les inondations, les vols, et pour attirer la bonne fortune. En venant du Pays Éternel et de l'autre monde par-delà la mer, il incarne l'ancienne vision du monde qui considérait Izumo comme un passage vers l'autre monde.

  • Ryōmen-sukuna

    Ryōmen-sukuna

    Légendaire

    りょうめんすくな

    Ryōmen-sukuna, dos à dos entre annales et traditions de temple

    Démons et géantsGifu

    Le Nihon Shoki décrit Sukuna de Hida comme un être à un corps, deux visages et quatre mains maniant arcs et flèches, tué par Naniwa no Neko Takefurukuma après avoir refusé l’ordre impérial et pillé le peuple. Les traditions ultérieures de Hida et Mino en font le fondateur de Senkō-ji, une apparition de Kannon à Zenkyūji et le chasseur de dragon de Nichiryūbu-ji. La statue d’Enkū en fait une image de dévotion aux deux visages côte à côte.

  • Ryūjin

    Ryūjin

    Divin

    Ryūjin (le Dieu-dragon)

    Ryujin, dieu des eaux qui apaise la tempête

    Esprits divins et divinitésKanagawaKyoto

    En tant que « dieu des eaux qui apaise la tempête », Ryujin se tient à la frontière de la mer et du ciel, tenant le temps qu'il fait entre ses mains, et c'est à lui que pêcheurs, marins et villageois cultivant le riz adressaient leurs prières les plus pressantes. Sa puissance a deux tranchants. Tantôt il accorde la pluie bienfaisante qui nourrit les rizières, tantôt il soulève de grandes vagues et des tempêtes qui brisent les navires. Aussi les hommes l'abordaient-ils par mille rites, espérant apaiser sa face déchaînée et en tirer sa face de bénédiction. Les plus grands trésors divins que tient le dragon des mers sont les joyaux du flux et du reflux, qui commandent la montée et la descente de la marée. Hoori reçut ces deux joyaux du dieu de la mer, noyant son frère aîné avec le joyau du flux et le sauvant avec celui du reflux pour le contraindre à se soumettre. Ce pouvoir de gouverner la marée à volonté révèle l'essence même du dragon qui règne sur la mer. Aux sanctuaires côtiers, on priait pour l'apaisement des tempêtes et l'abondance des prises ; à l'intérieur des terres, on priait pour la pluie, offrant des chevaux noirs en temps de sécheresse et immergeant des offrandes au fond des gouffres pour gagner ses faveurs. Les légendes de sacrifices humains transmises au lac Ashi et dans les étangs de tout le pays partagent une même trame — un grand prêtre soumet le dragon furieux et le change en gardien — et nous disent que crainte et révérence étaient les deux faces d'une même pièce. Son visage de seigneur du Palais du Dragon est du même tenant que cette nature aquatique. Au-delà de la mer, au fond des eaux, le palais du dragon est un autre monde de richesses et de temps, et celui qui s'y rend ou bien gagne un trésor, ou bien, tel celui qui ouvrit le coffret de jade, emporte des années à jamais perdues. Ryujin n'est pas un simple monstre mais une divinité qui incarne l'eau elle-même — la ressource même de la vie et de la mort — et apaiser la tempête, c'était au fond faire respecter le fragile pacte noué entre les hommes et la nature.

  • Ryūjo

    Ryūjo

    Peu commun

    Ryūjo

    Ryūjo, la femme aux écailles du bord de l’eau

    Esprits et créatures des eauxRivières, lacs, côtes et sources de nombreuses régions du Japon

    Cette forme rassemble les traditions dans lesquelles une fille-dragon approche un voyageur ou un pêcheur au bord de l’eau. Elle parle d’abord sous l’apparence d’une femme et demande une offrande ou une promesse. Si l’accord est respecté, elle retient les crues et attire les bancs de poissons. S’il est rompu, elle répond par un torrent boueux ou un vent violent. Ryūjo ne s’oppose ni aux divinités ni au bouddhisme. Lors des rites destinés à appeler la pluie, elle peut elle-même être honorée comme une divinité-dragon. Elle passe librement de la femme au dragon, mais son corps laisse des indices : des écailles, des marques de griffes, un parfum singulier ou le contact de vêtements qui demeurent humides. La fille-dragon n’est pas un être nommé appartenant à un seul lieu, mais une figure partagée par de nombreux récits de l’eau. Elle réunit dans une femme les deux natures de l’élément : nourrir la vie lorsqu’il est calme et rompre une digue lorsqu’il se met en colère. Vivre auprès d’elle ne consiste pas à la vaincre, mais à respecter l’eau et à tenir l’alliance conclue sur sa rive.

  • Rêve de Singe

    Rêve de Singe

    Épique

    saruyume

    Le Train de Cauchemar sans Escale

    Esprit / FantômeUne histoire de fantôme de rêve née sur des forums anonymes / Aucun lieu spécifique

    Cette version de Rêve de Singe se lit comme une simple ligne de chemin de fer tracée à l'intérieur d'un rêve. Le train est un moyen de transport, mais en même temps un dispositif pour déterminer l'ordre. Les passagers sont obligés de s'asseoir, d'écouter les annonces et d'attendre leur tour. La terreur ne réside pas seulement dans ce qui va se passer. Parce que les événements sont annoncés méthodiquement comme des noms de gares ou des séquences, l'absurdité du rêve s'approche avec le visage d'un système, et c'est ce qui le rend terrifiant. Le « singe » dans Rêve de Singe est plus le masque d'un maître de cérémonie que la véritable forme du yōkai. Les singes ressemblent aux humains, mais s'écartent légèrement de l'éthique humaine. Ainsi, lorsqu'une entité ressemblant à un singe rit dans un rêve, le côté comique d'un parc d'attractions et la froideur d'un lieu d'exécution s'élèvent simultanément. Dans l'ancien folklore des dieux singes, les singes se tiennent à la frontière entre la montagne et le village, mais dans Rêve de Singe, ils se tiennent à la frontière entre le sommeil et l'éveil. Ils ne sont pas des messagers des dieux de la montagne, mais de petits employés qui font avancer la représentation d'un rêve. La raison pour laquelle cette histoire de fantôme est si bien mémorisée sur Internet est que le récit est court et la structure claire. Vous montez dans un train, il y a des aperçus, les passagers diminuent, vous vous réveillez à mi-chemin, vous avez peur de vous endormir la fois suivante. Ce cadre est concis, et même si les lecteurs oublient les détails, ils n'en oublient pas la structure. Comme beaucoup d'anomalies modernes compilées par Itsuki Asazato, Rêve de Singe est à la fois une histoire complète unique et un modèle reconstitué dans le cerveau du lecteur. Considéré comme une histoire de fantôme de rêve, Rêve de Singe modernise la coutume de « raconter aux autres les rêves que vous avez faits ». Les superstitions telles que « les mauvais rêves s'estompent lorsqu'ils sont racontés aux autres » ou à l'inverse « les raconter les rend réels » existent partout. Dans Rêve de Singe, publier sur un forum de discussion ne fait pas s'estomper le rêve ; il le duplique. Les lecteurs lisent le rêve de quelqu'un d'autre et ramènent chez eux un matériau similaire à leurs propres rêves. Ici, Internet est une archive de rêves et simultanément un support qui infecte les rêves. L'absence de noms de lieux dans le décor de Rêve de Singe n'est pas une faiblesse, mais une force. La Gare de Kisaragi a un contour qui rappelle l'ouest de la préfecture de Shizuoka, mais Rêve de Singe n'a même pas cela. Ainsi, les lecteurs peuvent déplacer la scène n'importe où où ils dorment : un futon à la maison, une sieste à l'école, un siège dans un bus de nuit, un lit d'hôpital. Le sentiment que « cela pourrait m'arriver », qu'ASIOS souligne dans la circulation des légendes urbaines, est établi avec des conditions minimales dans Rêve de Singe. Descendre de ce train à mi-chemin n'est possible qu'une seule fois en se réveillant. Cependant, l'histoire ne traite pas le réveil comme une sortie. Le réveil est plutôt une interruption, un aperçu d'une reprise. Il ne permet pas à la terreur d'être consumée en une seule nuit, mais la reporte sur le sommeil suivant. Cette conception temporelle est l'anomalie même de Rêve de Singe, et la raison pour laquelle il empiète sur les rythmes de la vie réelle bien qu'il utilise un rêve comme scène. Si Rêve de Singe était posé comme un seul yōkai, son corps serait le train entier, la voix, le tableau des séquences. Les mains et les pieds poursuivant directement les passagers ne peuvent pas être vus. Au lieu de cela, la voix annonçant le nom de la prochaine station domine la progression. C'est le sentiment de sécurité d'un système de transport moderne inversé en procédures de cauchemar dans un rêve. Vous ne savez pas où vous allez, mais le prochain arrêt arrivera certainement. Cette certitude élève Rêve de Singe d'un simple cauchemar à une anomalie moderne mémorable.

  • Sakanoue no Tamuramaro

    Sakanoue no Tamuramaro

    Divin

    さかのうえのたむらまろ

    Dieu de la guerre pacifiant les démons, Tamura Daimyōjin

    Esprit divin / DivinitéKyotoMie

    Cette version de Sakanoue no Tamuramaro ne le traite pas comme l'officier militaire historique, mais comme le Tamura Daimyōjin divinisé par les générations suivantes. Il est décrit comme un guerrier recevant la protection de Kannon au Kiyomizu-dera, comme la moitié d'un couple divin avec Suzuka Gozen au col de Suzuka, et comme le général Tamura pacifiant Akuro-ō et Ōtakemaru dans le Tōhoku. Un seul nom est passé des légendes des temples de Kyoto au culte du col de Suzuka, jusqu'aux origines des sanctuaires du Tōhoku, acquérant un visage différent dans chaque région. Le pouvoir de Tamuramaro ne réside pas dans l'épée qui pourfend les démons en soi. La Kannon de Kiyomizu, Bishamonten, Suzuka Gozen, l'épée sacrée et les divinités du col soutiennent son récit, transformant sa puissance martiale en une « protection reconnue par les dieux et les bouddhas ». Par conséquent, dans les récits de Tamura, plus que les scènes où il abat l'ennemi, ce qui importe est de savoir quelles divinités se sont ralliées à lui, dans quelles terres il a été vénéré, et vers quels tumulus ou temples sa mémoire a été transférée. Sakanoue no Tamuramaro est un héros qui terrasse les yōkai, mais c'est aussi un axe qui permet de transmettre les récits de yōkai aux générations futures.

  • Sakata no Kintoki

    Sakata no Kintoki

    Épique

    sakata-no-kintoki

    Le garçon herculéen du mont Ashigara : Sakata no Kintoki

    Humain / Demi-YōkaiKanagawaKyoto

    Dans cette version, nous lisons Sakata no Kintoki comme « le guerrier qui ramène le pouvoir du mont Ashigara à la capitale ». Kintoki n'apparaît pas comme un samouraï raffiné dès le départ. En tant que Kintarō, c'est un garçon doté d'une force surhumaine élevé par une yamanba, intime avec les ours et les bêtes, portant une hache. Cette image d'enfance conserve l'étrangeté d'un enfant élevé en dehors de la société humaine. La scène où il est découvert par Yorimitsu est le moment où la direction du pouvoir de Kintoki change. La force surhumaine naturellement exercée dans les montagnes est convertie en capacités d'un guerrier servant un seigneur. C'est aussi une histoire de civilisation de la puissance sauvage. Kintoki ne rejette pas le monde de l'au-delà des montagnes, mais entre dans les Quatre Rois Célestes en portant ce pouvoir. De ce fait, il possède un corps exceptionnel au sein du groupe de samouraïs de la capitale. Lors de la subjugation de Shuten-dōji, Kintoki est une figure qui affronte les démons des montagnes en utilisant le pouvoir des montagnes. Les démons du mont Ōe sont des anomalies isolées à l'extérieur de la capitale, et Kintoki possède de même le pouvoir de l'autre monde du mont Ashigara. Les deux peuvent être considérés comme des entités qui ont distribué le même pouvoir de la montagne de différents côtés. Si le démon est le pouvoir de l'autre monde menaçant la société humaine, Kintoki est le guerrier qui a récupéré ce pouvoir pour le camp humain. L'éclat de l'image de Kintarō a été fortement souligné dans sa réception aux époques ultérieures. Dans les poupées de mai et les chansons pour enfants, Kintarō devient un symbole de santé, de robustesse et de croissance. Cependant, si nous ne regardons que cette image de garçon sain, les éléments semblables à des yōkai tels que la yamanba, les bêtes et la force surhumaine s'estompent. Dans cette version, nous le lisons tout en conservant les contours du prodige élevé dans les montagnes derrière le joyeux personnage folklorique. Sakata no Kintoki n'est pas un yōkai, mais il représente la « capacité surnaturelle du côté humain » dans les contes de yōkai. Il n'affronte pas les démons depuis l'intérieur de la société humaine ; il les affronte avec un pouvoir cultivé dans un endroit proche des anomalies de la montagne. Par conséquent, même parmi les Quatre Rois Célestes de Yorimitsu, il est une présence se tenant à la frontière entre la capitale et les montagnes, enfant et guerrier, héros et anomalie. La force surhumaine de Kintoki ne consiste pas seulement à être fort ; elle soulève la question de l'origine de ce pouvoir. Est-il fort parce qu'il a été élevé avec des bêtes sur le mont Ashigara, ou a-il acquis un pouvoir surnaturel par le sang ou l'éducation de la yamanba ? Les légendes ne répondent pas clairement. Cette ambiguïté place Kintoki à la frontière entre les humains et les yōkai. Être convoqué par Yorimitsu est une socialisation pour Kintoki. Lui, qui était un garçon libre d'une force surhumaine dans les montagnes, gagne un seigneur, un nom, et devient membre des Quatre Rois Célestes. Le pouvoir de l'autre monde se transforme en pouvoir d'une famille de samouraïs en recevant un nom et un rôle. C'est ici que réside la grande transformation de Kintarō à Sakata no Kintoki. Dans cette version, nous ne prenons pas non plus à la légère l'éclat de la Fête des Garçons. Lorsque les ménages souhaitant la croissance de leurs enfants exposent des poupées Kintarō, la force surhumaine des montagnes se transforme en bénédiction. Le pouvoir semblable à celui d'un yōkai, au lieu d'être craint, devient un symbole de protection et d'éducation des enfants. Kintoki est également un exemple rare où le pouvoir de l'autre monde a été doucement converti en souhaits domestiques. L'histoire de Kintoki n'est pas celle de l'élimination du pouvoir de l'autre monde, mais de sa ré-éducation. Le pouvoir nourri sous la yamanba ne disparaît pas même lorsqu'il arrive à la capitale. Au contraire, en acquérant un rôle sous Yorimitsu, il se transforme en la puissance nécessaire pour subjuguer les démons. C'est là que réside la fascination d'amener des éléments semblables à des yōkai de son propre côté. Cette douce transformation est ce qui fait de Kintoki un héros intimement familier même aujourd'hui.

  • Sanki Daigongen

    Sanki Daigongen

    Épique

    sanki-daigongen

    Le seul dieu démon du Japon gardant le mont Misen, Sanki Daigongen

    Oni/Monstre géantHiroshima

    Le cœur de Sanki Daigongen réside dans sa nature divine inversée, transformant les oni, originellement redoutés, en une « divinité gardienne qui repousse le mal ». Les trois dieux démons — Tsuicho, Jibi et Mara — régissent respectivement la fortune, la sagesse et la soumission, avec Dainichi Nyorai, Kokuzo Bosatsu et Fudo Myoo comme formes bouddhistes d'origine. Cette structure de trinité démontre la fusion de la pensée Honji Suijaku (réalité originale et traces manifestées) du bouddhisme ésotérique Shingon avec l'ascétisme montagnard et le culte des tengu. Le fait qu'il commande à de grands et petits tengu comme familiers est directement lié aux contes populaires du mont Misen en tant que montagne spirituelle des tengu (comme l'histoire de l'extermination des tengu par Masanori Fukushima). Il incarne la sacralité du mont Misen lui-même, caractérisé par la fondation de Kukai, le feu spirituel inextinguible et les étranges formations rocheuses comparées au mont Sumeru. Le sanctuaire d'Itsukushima (Ichikishima-hime et Benzaiten) sur la mer et Sanki Daigongen sur la montagne forment une paire en tant que divinités gardiennes des deux pôles de Miyajima : la mer et la montagne.

  • Sanmai Tarō

    Sanmai Tarō

    Peu commun

    san-maï ta-RO

    Sammai Tarō (version traditionnelle)

    Fantômes et EspritsIshikawa

    Figure issue des traditions locales où des esprits des morts s’amassent au lieu de crémation (sammai) et se condensent en une entité. Dans la préfecture de Toyama, une forme humanoïde manifeste des actions de présage, tandis qu’en Ishikawa elle est crainte comme un grand nyūdō. Partout, elle est liée à l’ordre des vivants et des morts et aux règles des funérailles, avec une attention aux bruits nocturnes et aux usages. On dit couramment qu’elle ne peut franchir les eaux courantes, ce qui se rattache à la pratique d’ouvrir un fossé autour du sammai. Son apparence et sa taille varient selon le degré d’agrégation des esprits. Les sources folkloriques la mentionnent dès les années 1930, avec des variantes régionales d’orthographe comme « Sammai » ou « Sanmai ».

  • Sanme Hachimen

    Sanme Hachimen

    Peu commun

    SAN-me YA-dzoura (san-me ya-dzou-ra)

    Conforme aux traditions • Légende de Mont Saru à Tosa

    人妖・半人半妖Kochi

    Cette version synthétise le récit prodigieux du Mont Saru autour de Takagawa, village de Tosayama (province de Tosa). En dehors de ses trois yeux et huit visages, l’aspect n’est pas décrit, seule l’énormité de la dépouille est soulignée. Classé comme démon des montagnes attaquant les passants, le récit tourne autour d’un apaisement du mont par un notable local et d’une mise à mort par le feu. On dit qu’un gohei, instrument de purification, subsista dans les flammes, et des toponymes comme « pierre d’apaisement » ou « lieu d’apaisement » en gardent la trace. Des rapprochements existent avec des contes de serpents à plusieurs têtes de la région, sans identité directe : l’entité aux trois yeux et huit faces demeure inconnue. On y lit les thèmes folkloriques de l’interdit de franchir les lisières de la montagne et de l’apaisement par le feu et la purification, mais les détails (dates, personnages, rituels précis) restent flous dans la tradition.

  • Sansei

    Sansei

    Rare

    SAN-seï (さんせい)

    Description traditionnelle (Wakan Sansai Zue et école de Sekien)

    Yōkai des montagnes et des terres sauvagesChine, province du Hebei, autour du xian d’Anguo

    Cette version s’appuie sur les sources chinoises citées dans l’encyclopédie Edo Wakan Sansai Zue et sur l’interprétation iconographique de Toriyama Sekien. Le seishō habite la montagne et épie les cabanes où l’on dépose du sel pour la cuisine ou les travaux. Sa taille varie selon les textes, d’environ un pied à trois ou quatre. Son trait majeur est une jambe unique dont le talon est fixé à l’envers, rendant ses traces difficiles à lire. Il préfère les proies de milieu humide, comme crabes et grenouilles, et apparaît le long des ruisseaux. On dit qu’il nuit aux humains la nuit par des assauts lubriques, mais il se retire si l’on prononce le nom de Batsu, divinité de la sécheresse, relevant d’un tabou d’énonciation. Toucher ou s’unir à l’être entraîne maladie ou incendie, fonctionnant comme récit d’avertissement d’évitement du contact. Au Japon, Sekien l’annota comme “oni des montagnes” et le figura tenant un crabe, guettant une cabane, offrant un indice visuel, mais les traditions orales locales sont rares et l’on en reste surtout à la notice bibliographique. Il est préférable d’en conserver l’image dans le cadre des anciens écrits plutôt que d’en proposer une lecture modernisée.

  • Sarutahiko-no-Mikoto

    Sarutahiko-no-Mikoto

    Légendaire

    さるたひこのみこと

    Dieu Guide Grotesque du Tenson Kōrin / Sarutahiko-no-Mikoto

    Esprit divin / DivinitéMie

    Position Spéciale dans la Mythologie Ancienne en tant que 'Dieu Guide Grotesque'. Alors que la description de base aborde le mythe principal de Sarutahiko-no-Mikoto, cette explication détaillée se penche sur sa position unique de « dieu guide grotesque » dans l'ancienne mythologie japonaise. Son apparence bizarre, avec un nez long de sept ata et des yeux brillants comme le Yata-no-Kagami, est extrêmement visuelle et concrète, même parmi les descriptions de divinités dans les mythes anciens, servant d'expression religieuse ultime d'« une divinité se tenant à la frontière entre l'autre monde et ce monde ». Le fait qu'un contraste aussi fort entre les divinités nobles de la lignée d'Amaterasu et un Kunitsukami grotesque ait été placé au moment clé du Tenson Kōrin, le mythe central de l'ancien État japonais, peut être interprété comme un dispositif narratif intentionnel des compilateurs du mythe. Le grotesque n'est pas seulement une bizarrerie visuelle ; c'est l'incarnation concrète de sentiments religieux universels tels que la protection venant de l'autre monde, le franchissement des frontières et la réconciliation avec l'hétérogène. Prototype du Tengu ── Développement dans le Shugendō et les Croyances Montagnardes. La description grotesque de Sarutahiko-no-Mikoto (long nez, visage rouge, yeux brillants) est positionnée sur le plan folklorique comme le prototype du Tengu ultérieur (yōkai de montagne lié au shugendō). Les croyances aux Tengu des périodes Heian et médiévale ont hérité de la nature grotesque de Sarutahiko tout en s'entremêlant de manière complexe avec le bouddhisme, le shugendō et le culte de la montagne pour connaître un développement unique. Le système hiérarchique des Tengu, tels que les Daitengu, les Karasu Tengu et les Konoha Tengu, peut être compris comme le raffinement médiéval de la « divinité grotesque » issue de l'ancien Sarutahiko. La relation entre Sarutahiko et le Tengu est une théorie généalogique cruciale dans l'étude des yōkai japonais, servant de matériau de base pour examiner la continuité entre la mythologie antique et la culture médiévale des yōkai. Réconciliation et Coopération entre « Amatsukami et Kunitsukami ». Lors de l'événement politique et religieux du Tenson Kōrin, où les « Amatsukami (divinités du royaume céleste) descendent sur le territoire des Kunitsukami (divinités du royaume terrestre) », Sarutahiko-no-Mikoto se distingue comme un rare Kunitsukami qui a accueilli de manière proactive les Amatsukami. Contrairement à la cession de la terre par Ōkuninushi, qui était un « transfert forcé », la guidance de Sarutahiko occupe la position contrastante de « coopération volontaire ». Cela représente deux aspects de l'intégration religieuse entre le centre (lignée Amatsukami) et la périphérie (lignée Kunitsukami) dans le Japon antique. Le contraste entre l'intégration forcée (Ōkuninushi) et la coopération volontaire (Sarutahiko) reflète l'intention éditoriale des anciens mythes d'État et la multiplicité complexe de l'histoire politique du Japon antique. La Tragédie du Hirabu-gai ── Vulnérabilité de la Divinité et Sens de sa Fin. La fin où Sarutahiko-no-Mikoto se noie après avoir été coincé par un hirabu-gai est un conte unique dans la mythologie antique qui exprime la vulnérabilité des divinités, la contingence humaine et l'inconnaissabilité du destin. La conclusion ironique dans laquelle le grand dieu guide reçoit une blessure mortelle causée par un petit objet naturel tel qu'un coquillage mythologise des thèmes universels du Japon antique, tels que la « confrontation avec la nature », les « limites des héros » et « l'inconnaissabilité du destin ». De plus, la circonstance spécifique d'« une mort accidentelle en pêchant » inclut un reflet religieux de la vie marine, de la pêche et de la côte dans le Japon antique, démontrant symboliquement l'essence de Sarutahiko en tant que dieu se tenant à la frontière de la mer et de la terre, l'intersection de la vie et de la mort. La fin du mythe n'est pas simplement une tragédie, mais un dispositif symbolique avancé qui raconte les attributs essentiels de la divinité. Le Cœur des Croyances des Dōso-jin et des Divinités des Carrefours ── Au Centre du Folklore National. À partir du Moyen Âge, Sarutahiko-no-Mikoto a été largement vénéré en tant que divinité tutélaire des limites de villages, des carrefours, des cols et des barrières par le biais du syncrétisme avec les Dōso-jin, Funado-no-Kami et Sae-no-Kami. Le fait que Sarutahiko soit positionné au centre de la religion populaire, comme on le voit dans les monuments en pierre des Dōso-jin, les pierres phalliques, les Jizō des carrefours et les festivals des Sae-no-Kami répartis dans tout le pays, démontre la transmission continue des anciens mythes d'État à la religion populaire médiévale. Le culte des Dōso-jin n'est pas seulement un rituel religieux, mais une pratique folklorique qui donne un sens aux thèmes anthropologiques universels des « frontières, nouveaux départs, protection et harmonie » à travers d'anciens mythes. En tant que divinité soutenant les racines du sens de la vie, du mouvement et des frontières des Japonais de l'Antiquité à nos jours, Sarutahiko possède une portée culturelle qui transcende une simple divinité apparaissant dans un mythe. Association avec la Croyance Kōshin ── Religion Populaire de la Période d'Edo. Pendant la période d'Edo, en raison de l'association phonétique de « Saru » (singe) dans Sarutahiko, il a été lié à la croyance Kōshin (dérivée du taoïsme chinois, impliquant un rassemblement nocturne tous les 60 jours pour vaincre les Trois Cadavres), et des tours Kōshin, des monticules Kōshin de Sarutahiko et les trois singes de la sagesse (ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal) se sont répandus dans tout le pays. C'est un exemple représentatif de la fusion multicouche de la mythologie ancienne, des Dōso-jin médiévaux, du taoïsme du début de l'ère moderne et de la religion populaire d'Edo, démontrant la culture religieuse typiquement japonaise du « syncrétisme par association phonétique ». La combinaison des croyances Kōshin et Sarutahiko a fonctionné comme une institution centrale soutenant la vie religieuse collective, la société villageoise et la socialisation nocturne des roturiers à l'époque d'Edo, laissant des traces dans le paysage moderne des trois singes de la sagesse et des monticules Kōshin. Sarutahiko-no-Mikoto au XXIe Siècle ── Dieu Moderne des Voyages, des Conseils et des Nouveaux Départs. Aujourd'hui, au XXIe siècle, Sarutahiko-no-Mikoto est largement chéri comme le dieu des « routes, voyages, nouveaux départs et conseils », servant d'objet de prière pour l'achat de nouvelles voitures, la sécurité routière, le démarrage de nouvelles entreprises, les voyages en toute sécurité et les étapes importantes de la vie. Les pèlerinages au grand sanctuaire Tsubaki, au sanctuaire Sarutahiko et au sanctuaire Futamiokitama perpétuent d'anciennes coutumes, et la structure religieuse de l'ancien mythe consistant à « visiter Amaterasu-Ōmikami sous la direction du dieu guide » a été transmise jusqu'à ce jour. Même dans une société moderne marquée par la mondialisation, l'informatisation et l'individualisation, le thème universel des « chemins de la vie, des choix et des conseils » continue de conférer de nouvelles significations modernes à l'ancien dieu guide. En tant que divinité rare dont la présence relie la mythologie antique à la culture spirituelle japonaise moderne depuis plus de deux mille ans, il porte un héritage vivant dans la religion, la culture et le tourisme au XXIe siècle.

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