Encyclopédie des Yōkai

Grande encyclopédie des yōkai japonais

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Rare
  • Koinryō

    Koinryō

    Rare

    ko-IN-ryo (r roulé léger)

    Conforme à l’iconographie d’Edo

    Objets Animés et Morts-VivantsOrigine inconnue

    Interprétation reconstructive fondée sur la composition et les notes de Toriyama Sekien. L’entité est une bourse en cuir devenue tsukumogami avec l’âge. L’accessoire en forme de râteau semble hériter des motifs des rouleaux médiévaux, pouvant suggérer l’idée de balayer et ramasser, sans que les sources le confirment. Son déplacement est très rapide, courant comme un éclaireur et se joignant aux cortèges hétéroclites de la parade nocturne des objets. Le nom évoque « peau de tigre » ou « inrō », sans source explicite. Aucune tradition régionale n’est attestée ; sa juxtaposition avec Yarikechō et Zengamanasu dans l’œuvre indique une appartenance au groupe des vieux objets. Les caractéristiques sont notées sans fioritures, dans les limites des commentaires de Sekien et des parallèles iconographiques.

  • Korōka (Feu de vieille lanterne)

    Korōka (Feu de vieille lanterne)

    Rare

    ko-ROH-ka

    Koro-bi de Sekien (lanterne de pierre)

    住居・器物Inconnue

    Version réinterprétée comme un esprit de feu logé dans une lanterne, fondée sur l’image d’un yōkai que Toriyama Sekien aurait façonné en mêlant lanterne de pierre et feu follet. Lorsque les vieilles lanternes de manoirs ou de temples restent longtemps inutilisées, une lueur ténue s’élève tard dans la nuit et vacille comme pour rappeler les lieux autrefois éclairés. Les sources reposent surtout sur le dessin et les notes de Sekien, avec peu de lieux ou figures associés. L’œuvre a influencé des présentations ultérieures de contes étranges, mais manque de preuves d’observation directe et est traitée comme un yōkai symbolique de la « mémoire de la lumière ».

  • Kosodate Yurei (Le Fantôme Élevant son Enfant)

    Kosodate Yurei (Le Fantôme Élevant son Enfant)

    Rare

    kosodate-yurei

    Le fantôme de la mère élevant son enfant dans une tombe, Kosodate Yurei

    Yurei/SpectreKyoto

    Kosodate Yurei est le fantôme d'une femme qui accouche dans une tombe après sa mort, ou qui est enterrée avec un enfant dans son ventre, et apparaît pour élever cet enfant. L'essence de ce phénomène surnaturel réside, premièrement, dans la « naissance dans la tombe » où l'enfant survit sous terre, et deuxièmement, dans « l'argent fantôme » où les pièces payées par le fantôme se transforment en feuilles de shikimi ou d'arbres le lendemain matin. Dans l'histoire de Rokudo-no-Tsuji à Kyoto, l'intrigue suit la femme à la confiserie, la voit disparaître dans le cimetière de Toribeno, et en creusant, on trouve un bébé suçant un bonbon. Contrairement aux récits de fantômes impliquant des malédictions terrifiantes et des vengeances, le centre de cette histoire est strictement l'amour maternel. La femme ne garde rancune contre aucun vivant ; elle cherche seulement à garder son enfant en vie. L'épilogue, où l'enfant secouru devient plus tard moine et accumule une grande vertu, prend la forme de l'affection de la mère décédée sublimée en une connexion bouddhiste, résonnant avec les croyances liées à Jizo et aux funérailles de la région de Higashiyama. Comme pour les bonbons de Minatoya Yurei Kosodate-ame Honpo, le fait que la légende continue de vivre en lien avec un objet réel est également une caractéristique de ce fantôme.

  • Kotofurunushi

    Kotofurunushi

    Rare

    ko-to-fo-rou-nou-chi

    Le Tsukushi Koto Oublié, Kotofurunushi

    Tsukumogami / MukurogaiPréfecture de Fukuoka (Ancienne province de Tsukushi / Esprit d'un vieux koto oublié)

    C'est l'interprétation la plus orthodoxe et tragique du Kotofurunushi, incarnant le désespoir et la tristesse du « Tsukushi Koto » enterré dans les ténèbres de l'histoire musicale par l'ascension du génie Yatsuhashi Kengyo. Ce Kotofurunushi n'est pas un yôkai sauvage qui attaque et dévore les humains. Sa véritable horreur et sa mélancolie se déploient silencieusement au fond des entrepôts non visités ou des maisons abandonnées au cœur de la nuit. Dans l'obscurité, le vieux koto — abandonné pendant des années, fissuré et couvert de poussière — commence à s'accorder de lui-même, sans l'aide d'aucune main. Ensuite, les innombrables cordes rompues et effilochées se tortillent comme des créatures vivantes, ou comme les cheveux noirs d'un spectre féminin vengeur, et commencent à jouer les mélodies archaïques, lourdes et désuètes de l'« école Tsukushi » que les humains modernes ne peuvent plus comprendre. Ce ton, mêlant la fierté autrefois chérie par les aristocrates et les grands prêtres au désespoir brut d'être aujourd'hui ignoré de tous, induit une nostalgie intense et un malaise psychologique déchirants chez quiconque l'entend. Le but du Kotofurunushi n'est pas la vengeance, mais la soif pure et folle d'un instrument : « Je veux juste que quelqu'un écoute mon son. » C'est pourquoi des épées ou des talismans ne sont pas nécessaires pour apaiser ce yôkai. Si quelqu'un qui comprend la musique ancienne dépoussière ce vieux koto, le remonte soigneusement et joue affectueusement ses airs anciens une fois de plus, ses années de ressentiment se sublimeront comme une illusion, et le Kotofurunushi redeviendra simplement un instrument de chef-d'œuvre. C'est une entité qui exprime brillamment les cruelles transitions de l'art et l'affection typiquement japonaise pour les outils.

  • Kozame-bō

    Kozame-bō

    Rare

    ko-ZA-mé-bo

    Conforme aux images de Sekien

    山野の怪Nara

    Reconstitution fondée sur l’iconographie et la brève note de Toriyama Sekien. Il apparaît sous la pluie, en petite silhouette de moine, durant les nuits pluvieuses en montagne. Il sollicite avec retenue des offrandes rituelles destinées aux moines, sans pour autant nuire aussitôt en cas de refus. Le lieu se rattache aux aires sacrées de pratique ascétique d’Ōmine et Katsuragi, sans preuve solide le liant à des sanctuaires ou figures précis. Les commentaires postérieurs évoquant des demandes de nourriture ou de menue monnaie simplifient le terme « offrande rituelle » chez Sekien et reposent sur un faible appui oral. On dit qu’il erre seulement lors de fines pluies nocturnes, et les récits par temps clair ou sous forte averse sont incertains. Les rites de renvoi ou d’invocation restent inconnus, et la rencontre sur un chemin de montagne n’est contée que comme une brève étrangeté.

  • Kura-yarō (le Selle-démon)

    Kura-yarō (le Selle-démon)

    Rare

    KOU-ra ya-RO

    Conforme aux planches d’Ishiyama Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Une image fondée sur la description du Hyakki Tsurezurebukuro de Toriyama Sekien. La selle elle-même forme le torse, accompagnée d’un cartouche indiquant une blessure près de la roue avant. Les yeux guettent depuis la base du cuir d’étrier, la bouche s’ouvre en fente sur l’avant-pont, laissant voir des crocs. Les mains sont figurées comme des sangles étirées, tenant un fouet à leur extrémité. L’exemplaire s’inscrit dans la lignée des tsukumogami, suivant l’idée d’époque qu’un vieil objet acquiert une âme par l’usage prolongé ou le ressentiment. La selle, nœud du lien maître-serviteur, sert de symbole chargé des souvenirs du champ de bataille et transmet une leçon iconographique contre les morts injustes et l’inconduite. Juxtaposée à la bouche d’étrier, elle thématise la vigilance autour de l’ensemble du harnachement, la monstruosité n’étant que le miroir de la négligence et de l’injustice.

  • Kutsutsura

    Kutsutsura

    Rare

    KOUTSOU-tsou-ra (ku-tsu-tsu-ra)

    Version iconographique et critique

    付喪神・骸怪Inconnue

    Établie d’après les anecdotes et images de Toriyama Sekien, cette version ordonne la figure comme un humanoïde bestial portant symboliquement un objet (un socque). Dans le Hyakki tsurezurebukuro, avec la page en vis-à-vis du « long chapeau », elle allégorise le proverbe « Ne pas entrer dans un champ de melons pour remettre ses chaussures, ni arranger son chapeau sous un prunier », montrant en image un avertissement à éviter tout soupçon. Aucune histoire d’apparition réelle ni de nuisance concrète n’est transmise, si ce n’est son rattachement à la lignée des monstres mangeurs de melons, et les moyens de le chasser se bornent au récit de talismans portant la maxime. Aucun lien assuré avec des toponymes japonais, et, pour la forme, la source renverrait aux rouleaux de la période Muromachi montrant des bêtes coiffées d’un léger socque.

  • Kyūsenbō

    Kyūsenbō

    Rare

    kyou-sen-bô

    Le grand chef qui commande les kappa de Kyūshū — Kyūsenbō

    Créatures aquatiquesKumamotoFukuoka

    Cette version examine de près le rang singulier de Kyūsenbō — moins un yokai isolé que le chef de tout le peuple des kappa. Le kappa est par nature un yokai qui change de nom de lieu en lieu, conté dispersé à travers les rivières de chaque région. Parmi eux, Kyūsenbō est dépeint comme la « tête » qui gouverne d’une seule main neuf mille kappa à travers Kyūshū. Cela diffère du tenko du renard — une échelle verticale que gravit un seul renard par l’ascèse. Le siège qu’occupe Kyūsenbō est un commandement horizontal sur de nombreux kappa : en clair, l’autorité d’un général sur une armée. Cette autorité est mise à l’épreuve dans l’affrontement avec Katō Kiyomasa. La bataille unique que transmet le Honchō Zokugenshi reflète d’un coup la force et la faiblesse du kappa. Avec neuf mille familiers en main, il est pourtant vaincu sans recours dès qu’il fait face au singe que le kappa redoute depuis toujours. L’issue se règle non par la force des armes mais par la logique de l’ennemi naturel — et en cela la vraie nature du kappa est mise à nu. Ce qui vient après la défaite, c’est son revirement vers le dieu de l’eau. Le Kyūsenbō qui gagna la rivière Chikugo passa d’un démon qui attaque les hommes à un gardien contre les crues. Son lien de servir Suitengū à Kurume montre que le kappa est un être qui porte les deux sens à la fois — le péril de l’eau et la bienfaisance de l’eau. Le monument au Lieu de l’arrivée du kappa à Yatsushiro, les masques de kappa de Suitengū, et le clan des kappa que fonda Hino Ashihei à l’ère Shōwa — le récit de Kyūsenbō vit encore, de la miscellanée d’Edo à l’animation locale d’aujourd’hui, comme un fil de mémoire que les gens de Kyūshū ont filé de concert avec la rivière.

  • La Cloche de Dōjōji

    La Cloche de Dōjōji

    Rare

    dô-jô-ji no ka-né

    Zue de Sekien • Cloche de Dōjōji

    住居・器物Wakayama

    Interprétation iconographique de la cloche de Dōjōji selon Toriyama Sekien dans le Konjaku Hyakki Shūi. Une femme devenue serpent s’enroule autour de la cloche où Anchin s’est caché, tandis qu’une variante évoque la cloche fondue par la chaleur jusqu’à devenir eau, notée en marge. On rappelle aussi que la cloche aurait subsisté historiquement. Ici, la « nature yōkai » ne tient pas à l’ustensile devenu démon en soi, mais à la visualisation d’une croyance folklorique où l’obsession hante l’objet et provoque des anomalies. L’ensemble reflète la réception Edo mêlant nô, récits prêchés et engi.

  • La Dame-démon du char à lettres

    La Dame-démon du char à lettres

    Rare

    fu-GU-ru-ma yo-HI

    Conforme à l’iconographie, édition de Sekien

    付喪神・骸怪Époque d’Edo (Japon)

    Interprétation fondée sur l’image et la légende de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezuregusa. Le fumikuruma est un dispositif de transport de documents des palais, temples et demeures aristocratiques, préparé pour les urgences. On y voit la pensée figée de lettres d’amour accumulées se condenser en une apparition de dame de cour. Faiblement attestée par l’oralité, cette entité conceptuelle née de la littérature et de la peinture de l’époque d’Edo est davantage racontée comme une présence qui “montre” et suscite le remords, plutôt que comme un yōkai nuisible concret. Le nom usuel est Fumikuruma Yōhi, bien que des confusions postérieures avec Fumikuruma Yōki existent.

  • La Descendante du plafond

    La Descendante du plafond

    Rare

    ten-jô-KOU-dari

    Édition illustrée par Sekien

    住居・器物Époque d’Edo (Japon)

    Interprétation fondée sur l’archétype iconographique de Toriyama Sekien. Le plafond d’une maison marque la frontière entre l’intérieur et l’extérieur, le monde profane et l’au-delà; sa descente tête en bas en renverse le seuil. Il apparaît surtout à minuit, quand toute présence humaine s’apaise, et n’occasionne aucun tort connu hormis la frayeur visuelle. Souvent lu à l’époque d’Edo comme jeu de langage et avertissement pour la sûreté domestique, il sert de parabole incitant à l’entretien de la maison et à la prudence face à la saleté ou aux dangers des combles. Plus tard, les bruits, souffles de vent ou traces d’animaux dans les plafonds lui furent réattribués, l’inscrivant dans la lignée des yōkai domestiques.

  • La Main du kosode

    La Main du kosode

    Rare

    ko-so-dé no té

    Tradition iconographique, conforme au Toriyama Sekien

    住居・器物Époque d’Edo

    Interprétation fidèle aux images et légendes de Toriyama Sekien. Seule une main féminine blanche surgit de l’ouverture de la manche, tandis que le vêtement, privé de son maître, occupe la scène. Le kosode, tenue quotidienne raffinée d’alors, voit son destin diverger entre souvenir, dépôt au temple ou vente; l’entrave spirituelle se cristallise en attachement logé dans l’étoffe. La condition des courtisanes, l’ironie de l’argent de rachat, et l’esthétique du costume se mêlent à l’impermanence, faisant de l’apparition une métaphore à voir plutôt qu’un monstre tangible. Dans les récits populaires, après l’achat d’un habit d’occasion surviennent maladie ou visites nocturnes d’une main blanche, puis l’apaisement par offrande au temple et sutras. À la croisée des objets animés et des revenants, une lecture en tsukumogami est possible, mais l’accent demeure sur la passion de la propriétaire du vêtement.

  • La Vieille Éteignoir

    La Vieille Éteignoir

    Rare

    hi-ke-she-BA-ba

    Conforme aux images d’Ishiyen (Toriyama Sekien)

    人妖・半人半妖Edo (Japon)

    Prenant pour base la vieille femme figurée par Toriyama Sekien, cette version réinterprète l’être comme portant l’ombre de l’usage du feu à l’époque d’Edo et la crainte de la nuit. Le feu, vu comme purificateur solaire, pouvait aussi causer de grands désastres, d’où une gestion stricte des lampes. La « vieille qui éteint le feu » personnifie cette tension quotidienne en lui donnant une « main invisible ». Quand une flamme s’éteint soudain lors d’un banquet ou dans une chambre d’auberge, on conte l’intervention du yōkai plutôt que la négligence ou la malchance, en symbole d’apaisement du feu. Les appellations varient (« souffler et éteindre »), toutes centrées sur l’acte de souffler. Sans culte propre ni légende locale fixe, la tradition orale relève surtout de compilations, et l’entité est classée comme une variante des « esprits de la lampe » ou « fantômes de la salle ».

  • La vieille du kokuri (Kokuribaba)

    La vieille du kokuri (Kokuribaba)

    Rare

    ko-kou-ri ba-BA

    Conforme aux images de Sekien

    住居・器物Folklore japonais

    Interprétation fondée sur l’image et le commentaire du Konjaku Hyakki Shūi de Toriyama Sekien. Considéré comme la transformation de la bonzesse veuve d’un abbé de sept générations, tapie dans la cuisine-monastère, elle vole offrandes et argent, profane les tombes pour tresser des cheveux en vêtement, et dévore la chair des cadavres. L’illustration place une vieille filant le fil avec un chat, lisible comme une satire des entorses et corruptions au sein des temples. Le nom « kokuri » pourrait jouer sur un terme désignant l’effroyable. Sans aire régionale précise, c’est un yōkai d’iconographie surtout connu par les éditions et les livres illustrés, fonctionnant moins comme récit d’observation que comme satire et admonestation envers la société monastique.

  • Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

    Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

    Rare

    foo-KRO-mou-JI-na

    Version à annotations iconographiques (selon Sekien)

    付喪神・骸怪Époque d’Edo

    Version fondée sur l’iconographie et les brèves notes de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure Bukuro. L’apparence montre une femme-mujina portant un sac de veille sur l’épaule, mais en changeant de point de vue, c’est le sac lui‑même qui est le yōkai, et la porteuse peut n’être qu’une mise en scène métaphorique. Son comportement pousse les humains à des jugements précipités, exposant la vacuité des suppositions. Peu nuisible en réalité, il fait trébucher ceux qui « fouillent le sac » par pur à‑peu‑près, les couvrant de honte. À la manière des yōkai d’emaki, aucune époque ni région fixes, l’art de la ressemblance et de la facétie prime.

  • Le Bébé huileux

    Le Bébé huileux

    Rare

    a-bu-ra A-ka-go

    Conforme à l’Iconographie de Sekien

    住居・器物Shiga

    Cette version s’appuie sur l’iconographie de Sekien et les essais de l’époque d’Edo cités en notes, pour interpréter au minimum la figure d’un nourrisson comme personnification d’un feu étrange. Le noyau est le « feu voleur d’huile », et la forme enfantine relève d’un signe plastique de Sekien. L’huile d’andons était vitale et l’huile d’offrande des temples hautement respectée. Voler l’huile touchait au tabou religieux et moral, d’où le récit d’un feu égaré après la mort. Des ouvrages postérieurs réécrivent l’histoire en feu-follet entrant dans la maison, devenant bébé et léchant l’huile, mais les attestations orales locales sont rares et aucun type largement partagé n’est assuré. Cette version propose donc un schéma en trois temps — apparition du feu (carrefours ou enclos de temples), manifestation du bébé (léchant l’huile devant l’andon), retour au feu et départ — tout en évitant les détails sans source et en mettant en avant la symbolique: avertir contre la profanation de l’huile offerte.

  • Le Chat au trépied (Gotoku-neko)

    Le Chat au trépied (Gotoku-neko)

    Rare

    go-TO-ku né-ko

    Tradition iconographique, selon Sekien

    動物変化Folklore japonais

    Cette version recompose l’image du Chat aux trois pieds de gril (Gotoku-neko) d’après les dessins originaux de Toriyama Sekien et des modèles antérieurs. Un vieux chat à queue bifide porte un trépied métallique (gotoku) comme une couronne et se tient au bord de l’âtre. Dans Le Sac oisif des cent ustensiles, Sekien joue de la frontière entre yōkai-ustensiles et yōkai-animaux, cite le « Porteur de trépied » du Tsurezuregusa en note et propose une lecture fondée sur un jeu de mots. Ainsi, le Gotoku-neko n’est pas un simple bakemono félin, mais une figure symbolique reliant l’outil domestique et l’autorité littéraire. Le yōkai portant un trépied visible dans les Rouleaux de la Parade nocturne des démons de l’époque Muromachi appartient aux cortèges coiffés d’ustensiles ; Sekien en hérite la lignée tout en lui donnant une physionomie de chat. L’image diffusée après l’ère Shōwa d’un être « allumant le feu de lui-même » dérive d’une interprétation tardive du bambou à souffler figuré, sans que les actes précis soient attestés dans les sources anciennes. En conséquence, cette version l’envisage avec retenue comme une apparition près de l’âtre, perçue avec une présence de feu.

  • Le Démon-Phare (Tōdaiki)

    Le Démon-Phare (Tōdaiki)

    Rare

    toh-DAI-ki

    Version iconographique de tradition setuwa, selon Sekien

    霊・亡霊Inconnue (dans les récits, la Chine des Tang)

    Version fondée sur l’interprétation des images de Toriyama Sekien (notamment dans le Konjaku Hyakki Shūi). Figure humaine vêtue à la chinoise, portant une bougie fixée sur un plateau au-dessus de la tête. On dit que sa voix a été détruite par des drogues et que son corps est tatoué; à la place des mots, elle trace des poèmes avec des larmes ou le sang du bout des doigts. Sa nature n’est pas un yōkai à proprement parler, mais l’ultime état d’un humain asservi en terre étrangère, d’où une tonalité narrative axée sur l’éthique et la souffrance malgré son inclusion dans les bestiaires. Les détails iconographiques varient selon les sources, mais l’allure d’une silhouette immobile tenant la lumière dans la nuit demeure constante. Le salut ou la fin diffèrent selon les versions, sans précisions arrêtées.

  • Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

    Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

    Rare

    HOSS-seu-mori (ほっすもり)

    Conforme aux images de Sekien

    付喪神・骸怪Époque d’Edo, d’après des rouleaux peints

    Fondée sur la représentation du tsukumogami du hossu dans le Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Sous un dais, il adopte la posture de lotus, joignant la pureté de l’instrument rituel et le calme de l’esprit né de l’usage prolongé. Fortement teinté de symbolisme zen, il suggère le kōan du « bouddha-nature du chiot », idée que la buddha-nature se manifeste au-delà de l’animé et de l’inanimé. En Chine, le hossu est dit chasser les influences démoniaques, ce qui nourrit l’image d’un esprit d’outil sans entrave à l’Éveil. Bien qu’étant un yōkai-objet, il n’est pas conté pour des frasques comme d’autres Hyakki, mais figure assis, observant sa propre nature. Sa mémoire iconographique le situe surtout là où s’assemblent les instruments rituels — halls, cellules monastiques, dépôts — et les traditions locales concrètes sont limitées.

  • Le Jeune Garçon à la Gourde

    Le Jeune Garçon à la Gourde

    Rare

    hyô-TAN ko-ZO

    Interprétation tsukumogami conforme aux iconographies

    Objets Animés et Morts-VivantsInconnue

    Interprétation fondée sur le Hyakki Tsurezure Bukuro d’Itō Seiyō et les iconographies affiliées au cortège nocturne. La gourde servait de récipient pour l’eau ou le saké, ou de percussion rituelle, et selon la vision des tsukumogami acquiert une spiritualité après un long usage. Le « gourde-kobold » porte un corps humain à tête de gourde et surgit soudain d’un chemin nocturne ou d’un fourré pour seulement faire sursauter les passants. Son caractère, son nom propre et tout préjudice avéré ne sont pas fixés par les sources, et, aux côtés d’ustensiles comme le « moine-pilon », il est compris comme une allégorie d’objets anciens dotés de vie. Les traditions orales locales sont rares, les sources principales étant des peintures et des commentaires postérieurs.

  • Le Voyeur du paravent

    Le Voyeur du paravent

    Rare

    byô-bou NO-zo-ki

    Version conforme aux traditions iconographiques

    付喪神・骸怪Inconnue

    Interprétation centrée sur le commentaire de Toriyama Sekien dans le Konjaku Hyakki Shūi, mettant l’accent sur la nature d’espionner depuis l’extérieur du paravent. Plutôt que de nuire directement, elle se contente surtout de surprendre les secrets d’autrui. On a relevé l’influence d’images issues des classiques chinois évoquant de hauts paravents, tandis qu’au Japon l’idée d’une spiritualité des objets de la chambre a conduit à expliquer qu’un paravent, après de longues années à refléter la vie humaine, devienne yōkai. Il ne s’agit pas d’une divinité locale fixée, mais d’un type de récit de tsukumogami.

  • Le Vénérable du shamisen

    Le Vénérable du shamisen

    Rare

    sha-mi-TCHO-ro (Shamichōrō)

    Version Zugaï d’Iseyen

    付喪神・骸怪Époque d’Edo (Japon)

    Interprétation fondée sur la tradition iconographique du Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Un shamisen, après de longues années d’usage, devient animé et prend l’allure d’un vieux moine, vêtu d’un habit évoquant la robe monastique et tenant un bâton. Le jeu de mots avec le proverbe « on ne devient pas aîné en restant novice » rappelle que l’art requiert des étapes, tout en admonestant à ne pas maltraiter les objets. Des images analogues figurent dans les estampes de Tsukioka Yoshitoshi, et les bestiaires postérieurs l’ont érigé en exemple de tsukumogami. Les récits nominatifs sont rares, sa diffusion relevant surtout de la peinture et de l’édition.

  • Le Zatô marin

    Le Zatô marin

    Rare

    ou-mi-za-tô

    Conforme aux iconographies traditionnelles

    水の怪Folklore japonais

    Umi-zatō est un yōkai connu uniquement par des peintures et rouleaux de l’époque d’Edo, sans récits sur sa nature ni ses actes. Le motif central montre un zatō debout entre les vagues, mettant en avant le biwa et le bâton. Par ses traits visuels, l’image est souvent lue comme une représentation de l’étrangeté des rencontres en mer et de l’absurde d’un être dressé sur l’eau instable. Kenji Murakami le classe parmi les « yōkai existant uniquement en peinture » et évoque une parenté d’imaginaire avec la lignée des Umibōzu. En conséquence, la présente notice se limite aux données iconographiques ; aucun dommage ou bénéfice, rituel ou méthode d’éloignement n’est attesté par la tradition.

  • Le Zatō caressant

    Le Zatō caressant

    Rare

    na-dé-za-TO

    Conforme aux sources iconographiques

    総称・汎称Yatsushiro, préfecture de Kumamoto (fonds Matsui)

    Cette version s’appuie uniquement sur les images des rouleaux illustrés et des notes minimales. Nade-zatō est connu par son nom et son apparence, mais les textes descriptifs manquent, rendant sa nature et ses actes indéterminés. L’iconographie montre un personnage de type joueur aveugle, crâne rasé, sans yeux dessinés, parfois avec des doigts allongés ou des gestes en forme de griffes. Un type similaire, intitulé « Mu-gan » (sans yeux), figure dans le Hyaku yōzu d’Edo, avec une divergence de dénomination signalée. Katsumi Tada relève des liens étymologiques entre « nague » et les « objets à toucher » censés absorber l’impureté, ainsi qu’avec une appellation du chat, suggérant un être qui feint la docilité pour dissimuler sa nature. Il s’agit toutefois d’une lecture savante, non d’une tradition proprement attestée. Par conséquent, capacités, faiblesses et habitudes d’apparition restent peu documentées et doivent être tenues pour inconnues.

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