Encyclopédie des Yōkai

Grande encyclopédie des yōkai japonais

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Rare
  • Suzuri-no-tamashii

    Suzuri-no-tamashii

    Rare

    souzourI no ta-ma-chi-i (suzuri no tama-shii)

    Fantôme de Dan-no-ura / Esprit de la pierre à encre d'Akama

    Tsukumogami / GaikaiYamaguchi

    Cette interprétation reste la plus fidèle au commentaire de Toriyama Sekien, transformant la pierre à encre — un article de papeterie statique — en un "écran de fantômes" qui projette le dynamisme et la tragédie de l'histoire. Ce yōkai ne menace ni ne maudit jamais son propriétaire. Il ne révèle discrètement sa forme que si le propriétaire possède une culture profonde et une forte capacité d'empathie envers l'histoire. Dans un bureau enveloppé par le silence de minuit, on verse de l'eau froide et on commence doucement à frotter le bâton d'encre. Le phénomène se produit lorsque la lueur vacillante de la bougie illumine la surface de l'encre liquide noire et scintillante (la mer de la pierre à encre). Soudain, mêlée au riche parfum de l'encre fraîchement moulue, la légère "odeur de la brise marine" et "l'odeur du sang" commencent à flotter dans l'air. Puis, dans les quelques centimètres de la mer d'encre de la pierre, des crêtes de vagues d'un blanc pur se soulèvent, des navires de guerre miniatures s'agglutinent, et des guerriers Minamoto et Heike — pas plus gros que des grains de riz — font leur apparition. Ils croisent le fer, décochent des flèches et tombent dans les vagues les uns après les autres, recréant la bataille décisive de Dan-no-ura. Si l'on écoute attentivement, des cris de colère, le bruit des vagues qui s'écrasent et les hurlements des dames de cour des Heike résonnent comme une lointaine hallucination auditive. Il s'agit d'une vision physique manifestée par la résonance entre le "kotodama" (l'esprit des mots) dans *Le Dit des Heike* lu par le lettré et les centaines d'années de souvenirs douloureux conservés par la "pierre d'Akama", extraite de la mer même où les Heike ont péri. L'Esprit de la pierre à encre est un "esprit de la littérature" d'une beauté, d'une poésie et d'une mélancolie insondable, prouvant à quel point l'acte de lire est un rituel mystique qui transcende le temps et l'espace pour converser avec les morts.

  • Taimatsu-maru

    Taimatsu-maru

    Rare

    TAÏ-matssou-ma-rou

    D’après l’atlas d’Ishiyen (Toriyama Sekien)

    山野の怪Origine inconnue

    Interprétation fondée sur l’image et les notes du Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Oiseau de proie nimbé de feu follet, laissant pendre des langues de flamme de son bec et de ses serres. Sa lueur n’éclaire pas la route mais trouble la vue et le sens de l’orientation, feu trompeur plutôt que guide. Sekien le rattache à la lumière des « pierres des tengu », intégrant les lueurs inexpliquées des montagnes au cycle des récits tengu. On dit qu’il rompt la récitation et la méditation des shugenja et des pèlerins, dispersant l’esprit, craint moins pour ses blessures directes que pour l’égarement qu’il provoque. Les traditions locales sont rares, mais on l’assimile aux feux étranges et aux feux des tengu.

  • Taira no Koremochi

    Taira no Koremochi

    Rare

    taira-no-koremochi

    Le général Yogo qui a vaincu la démonesse Momiji

    Yokai humanoïde / Mi-humain Mi-yokaiNagano

    Taira no Koremochi est une entité de l'archétype du « héros tueur de démons » qui ne se tient pas du côté des yokai, mais de celui qui les abat. Tout comme Sakanoue no Tamuramaro a soumis Suzuka Gozen et Otakemaru, et Minamoto no Yorimitsu a soumis Shuten-doji, Koremochi a gravé son nom dans la légende comme celui qui a vaincu la démonesse Momiji de Togakushi. Ce qui fait de lui un héros n'est pas sa force militaire pure, mais le fait que l'histoire intègre « les limites du pouvoir humain » : il est d'abord vaincu par la magie noire de Momiji et ne peut conquérir le démon qu'après avoir prié les bouddhas et divinités. La fascination qu'exerce la figure de Koremochi réside dans la souplesse avec laquelle son protecteur change selon le support de la légende. Dans le Nô, c'est Hachiman, dans les récits de la lignée de Bessho, c'est le Kitamuki Kannon — le même chef de guerre est protégé par différentes divinités en fonction de la foi locale et des nécessités théâtrales. Cela implique que Koremochi n'est pas une entité rigidement liée à un dieu spécifique, mais plutôt un réceptacle portant l'archétype même du « guerrier qui abat les démons avec une protection divine ». Alors que Kinasa vénère Momiji comme une noble dame, Koremochi est strictement un subjugateur exécutant les ordres du centre, et ce n'est qu'en combinant les deux qu'émerge la double nature du bien et du mal dans la légende de Momiji. Dans cette encyclopédie où les yokai sont les personnages principaux, Koremochi est un rare conquérant inclus en tant que « pendant nécessaire à l'existence du démon ».

  • Tsuno Hanzō (le bassin laqué hanté)

    Tsuno Hanzō (le bassin laqué hanté)

    Rare

    tsou-no an-zô

    Gadōtan, édition d’Iseyan (Toriyama Sekien)

    付喪神・骸怪Préfecture de Kyōto (lié par la tradition)

    Interprétation fondée sur l’image du bassin anguleux de rinçage selon Toriyama Sekien. Le rebord d’un bassin laqué noir se dresse comme des cornes et, lorsque la lueur d’une lampe se reflète sur l’eau claire, seules les lettres mensongères ajoutées sur le papier s’évanesceraient en se diluant. En tant que tsukumogami d’ustensile, il valorise l’entretien humain et la bienséance, ne se manifestant que lorsqu’on le traite avec grossièreté. Plutôt que de nuire, on raconte qu’il met au jour les tromperies cachées. Souvent présenté avec des accessoires de toilette et de papeterie d’allure courtisane pour refléter des motifs de nō et de poésie. Les traditions locales sont rares, et les mentions se limitent surtout aux recueils illustrés et encyclopédies de l’époque d’Edo.

  • Uya-uyashi

    Uya-uyashi

    Rare

    ou-ya-ou-YA-shi

    Conforme aux traditions iconographiques

    山野の怪Inconnue

    Version recomposée d’après les images des rouleaux. Genoux ployés contre le sol, corps flasque, peau brun gris mouchetée de taches blanches. Visage indistinct, frontières floues entre bouche et nez, toujours humide. Suivant de rares mentions où seul le nom subsiste, aucun principe d’action n’est fixé. Aperçu en boule tapie au bord des sentiers de montagne ou des fourrés, il inspire crainte respectueuse et distance. À l’approche, il se retire sans jamais se présenter nettement, rendant toute poursuite difficile. Aucun tort avéré, les récits d’entrevue restent généraux.

  • Vieux Utsubo

    Vieux Utsubo

    Rare

    fu-ru-OU-tsou-bo

    Conforme aux images de Toriyama Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Fondé sur l’imagerie classique du Hyakki Tsurezure-bukuro de Toriyama Sekien, on y comprend un vieux carquois gainé de cuir ou de fourrure qui dresse la bouche du carquois et rampe au ras du sol. Son origine ne vient pas d’un récit précis, mais de la croyance des tsukumogami où les objets, avec le temps, s’animent d’un esprit. La légende mentionne le nom du guerrier qui aurait décoché la flèche contre le renard sauvage de Nasu (Tamamo-no-Mae), suggérant que le carquois, jadis symbole d’exploits martiaux, s’est mué en yōkai dans l’oubli. Les rouleaux du Hyakki Yagyō de l’époque Muromachi montrant des objets armés d’arc et de flèches servent de précédents iconographiques, que Sekien aurait réinterprétés et nommés. Il rôde lentement, tard dans la nuit, le long des chemins déserts ou des ombres des maisons, émettant un froissement semblable aux plumes de flèches. Peu malveillant, il grince pour intimider s’il est malmené et ravive la mémoire de son ancien maître.

  • Village caché

    Village caché

    Rare

    ka-kou-reu-ZA-to

    Version Zue d’Ishiyen: Village Caché (Kakurezato)

    山野の怪Folklore japonais

    Interprétation fondée sur le “Kakurezato” du Konjaku Hyakki Shūi de Toriyama Sekien. La souris et le koban en bas à droite évoquent les récits où les rats souterrains apportent la fortune (type Terre Pure des Rats), suggérant un lien entre le village et l’au-delà souterrain. L’enseigne “Kagurezato” indique que le hameau s’ouvre soudain, comme une frontière surgissant dans le quotidien. Le Village Caché n’est pas un yōkai individuel, mais une frontière agissante, comme douée de volonté, qui répète égarement, décalage temporel, donation de fortune, apparition et disparition. Selon la conduite et la cupidité des visiteurs, l’issue varie de l’hospitalité généreuse à la métamorphose des richesses en feuilles, en résonance avec les récits de mondes montagnards et d’au-delà.

  • Vêtement à col dressé

    Vêtement à col dressé

    Rare

    é-ri-ta-té-go-ro-mo

    Conforme aux images d’Ishiyen

    住居・器物Origine inconnue

    Recréation fondée sur le style de « Hyakki Tsurezure Bukuro » de Toriyama Sekien. La robe monastique, d’un brun terne et à épaisse superposition, laisse un col retomber devant, projetant une ombre en forme de bec. Il tient un chapelet et place devant lui un brûle-parfum. Ses gestes sont lents, le froissement des étoffes accompagne chaque pas, un parfum d’encens flotte légèrement. Les allusions au tengu restent cantonnées aux légendes des images, sans ailes ni long nez. Il conserve l’autonomie d’un tsukumogami, où déchirures et reprises semblent habitées d’une volonté. Il n’apparaît pas là où l’on manque de respect aux objets de culte, mais manifeste des signes près d’habits et d’ustensiles liturgiques maltraités, étant perçu non comme nuisible mais comme un rappel à la révérence.

  • Yamaoroshi

    Yamaoroshi

    Rare

    ya-ma-o-ro-shi

    Conforme aux images de Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Une reconstitution fondée sur l’image et les notes de Toriyama Sekien. La tête évoque une râpe, sa surface hérissée est comparée aux piquants du porc-épic. Le nom s’écrit « Yama-oroshi », mais sa nature n’est pas le vent de montagne lui-même : c’est un être conceptuel né du croisement entre l’ustensile (râpe) et une imagerie animale. Les daïkon et mortiers disposés autour servent de signes d’une scène de tsukumogami, sans qu’on lui attribue nuisance ou bénéfice particuliers. S’appuyant sur des peintures de l’époque d’Edo, il n’a ni tradition orale locale ni culte, et les ouvrages postérieurs le présentent souvent comme un exemple d’objet métamorphosé ou de calembour.

  • Yamawaro

    Yamawaro

    Rare

    やまわろ

    L'enfant de la montagne de Kyushu migrant entre monts et rivières : Yamawaro

    Monstre des montagnes et des champsNagasakiFukuoka

    Bien que le *Yamawaro* soit un monstre propre aux montagnes de Kyushu, sa plus grande originalité réside dans le fait qu'il ne fait qu'un avec le *kappa*. Le fait que Terajima Ryoan ait mentionné la présence de *Yamawaro* à Chikuzen et aux îles Goto dans le *Wakan Sansai Zue* prouve que les intellectuels de l'époque moderne ont intégré les légendes de monstres des montagnes de l'Ouest dans le cadre de l'histoire naturelle, et montre que les îles Goto ont très tôt été désignées comme une terre de légendes de *Yamawaro*. Dans la croyance de la migration, le *kappa* de la rivière et le *Yamawaro* de la montagne s'échangent lors des équinoxes de printemps et d'automne. On pense que c'est la cristallisation du calendrier agricole, du culte du dieu de l'eau et du culte du dieu de la montagne en une seule figure existentielle. Son aide aux bûcherons contre des boulettes de riz, son goût pour le sumo, sa préférence alimentaire pour le sel et les crabes, et son apparence monstrueuse (oreilles de chien, cheveux rouges, œil unique) sont tous corroborés par le *Wakan Sansai Zue* et les traditions orales des différentes régions de Kyushu. Dans la vie des îles Goto, entourées par la mer et les montagnes, le *Yamawaro* est indissociable du *kappa* (*gataro*), incarnant la spiritualité de la terre qui traverse à la fois les rives et les montagnes.

  • Yao-bikuni

    Yao-bikuni

    Rare

    yao-bikuni

    Camélias, Grotte de Nyūjō et la Fille Éternelle : Yao-Bikuni

    霊・亡霊Fukui

    Le mythe de l'immortalité comme « Malédiction ». La légende de Yao-bikuni offre la réponse la plus cruelle et à la fois la plus belle de l'ethnologie japonaise face à « l'angoisse de la vieillesse » et « la soif de vie éternelle », des craintes inhérentes à l'humanité. Si l'immortalité peut paraître comme la bénédiction suprême, elle est ouvertement décrite ici comme une véritable « malédiction ». Sa tragédie réside non pas dans l'impossibilité de mourir, mais dans le fait que « tous les autres, inéluctablement, s'éteindront ». Restée figée sous les traits gracieux d'une adolescente tandis qu'elle veille au chevet de ses proches emportés par la vieillesse, elle endure une aliénation temporelle écrasante, une souffrance plus cruelle que la mort. Ses pérégrinations à travers le pays en quête de bonnes actions (construction d'infrastructures et plantation d'arbres) ne découlent pas uniquement d'une pure miséricorde : on peut y voir un douloureux voyage de rédemption destiné à expier son karma, dans une tentative désespérée de donner un sens à un temps infini. Wakasa, le temple Kūin-ji et l'idée du « Nyūjō ». C'est dans la ville d'Obama, dans la préfecture de Fukui, que se dresse le temple Kūin-ji, point d'arrivée de son pèlerinage. On y trouve encore aujourd'hui la grotte (Yao Hime-gū) où elle aurait vécu ses derniers instants. Le fait marquant est que sa fin n'est pas décrite comme une vulgaire « mort (famine) », mais est qualifiée de « Nyūjō ». Le Nyūjō désigne l'acte par lequel un éminent moine pénètre vivant dans un état de méditation profonde pour le salut des vivants et se transmute en une présence éternelle (la momification ou *Sokushinbutsu*). Privée de toute mort corporelle suite à l'ingestion de la chair de sirène, l'unique moyen pour elle de « mettre un terme à son existence (ou de transcender sa dimension vers le divin) » était de s'enfermer de son plein gré dans l'obscurité de la grotte et d'y refuser toute nourriture. Yao-bikuni comme métaphore dans la société contemporaine. Dans les œuvres de la sous-culture moderne — la littérature, les mangas, l'animation —, Yao-bikuni (ou ses thématiques) demeure un motif extrêmement prisé. Les notions de « beauté et jeunesse éternelles », de « solitude infinie » et d'« impossibilité de mourir » entrent fortement en résonance avec l'engouement fanatique pour l'anti-vieillissement qui frappe l'homme contemporain, et le vrai drame social de la « vieillesse et de l'isolement » qui sévit dans nos sociétés à grande espérance de vie. Elle ne campe pas seulement le rôle d'un personnage de vieux conte populaire ; elle demeure une héroïne atemporelle qui nous rappelle constamment l'injonction suprême : comment faire face au temps et à la mort.

  • Yariketchō (la lance à touffe métamorphosée)

    Yariketchō (la lance à touffe métamorphosée)

    Rare

    ya-ri-ke-tchô

    Yarigechō (conforme aux images traditionnelles)

    Objets Animés et Morts-VivantsÉpoque d’Edo (Japon)

    Une forme d’esprit-objet typique des peintures de yōkai de l’époque moderne. La lance à touffe, à la fois outil martial et emblème de cortège, fut réputée se charger d’une puissance numineuse par son lien avec des maîtres et récits de prouesses. Sekien, dans Hyakki Tsurezure Bukuro, le représente brandissant un maillet et, tout en reprenant l’ossature d’images plus anciennes, lui attribue un nom d’objet. L’héritage des motifs des processions démoniaques depuis le Muromachi, le goût antiquaire d’Edo et la valorisation des « pièces célèbres » ont abouti à la dénomination Yarigechō. Les éditions et nishiki-e modernes en ont varié l’iconographie, popularisant une lecture accentuant la touffe décorative de plumes, mais il existe peu de récits oraux propres, l’entité étant surtout connue par les images et la bibliographie.

  • Yonatama

    Yonatama

    Rare

    Yonatama

    Yonatama, l'esprit marin invocateur de tsunamis

    Esprit de l'eauOkinawa

    Cet esprit des mers de Miyako est souvent dépeint comme une sirène ou un poisson parlant. La légende raconte que la nuit où il fut capturé par les pêcheurs de Shimojishima et rôti sur un filet, il répondit à un appel venu des profondeurs, implorant un tsunami pour le sauver. Seuls une mère et son enfant parvinrent à s'enfuir vers l'île d'Irabu, et le cratère effondré qui remplaça la maison des pêcheurs serait à l'origine du célèbre bassin de Toriike. Incarnant à la fois les bienfaits et la colère dévastatrice de l'océan, son nom même est la fusion des mots « mer » et « esprit ». Mêlé au souvenir tragique du grand tsunami de Meiwa de 1771, le Yonatama perdure aujourd'hui sur l'île tel un sévère avertissement adressé à ceux qui manqueraient de respect envers la mer.

  • Yukijoro

    Yukijoro

    Rare

    ゆきじょろう

    La princesse des neiges descendue de la lune : Yukijoro

    Phénomène naturel / Esprit de la natureYamagata

    La *Yukijoro* est une femme des neiges au caractère très singulier, nourrie par Yamagata, l'une des régions les plus enneigées du Japon. Alors que les femmes des neiges du pays entier sont décrites comme des monstres cruels faisant geler à mort les voyageurs, la *Yukijoro* de Yamagata conserve fortement des récits de type « gratitude » où elle récompense la compassion humaine par des bienfaits. Dans la région d'Oguni, sa véritable identité serait celle d'une princesse descendue du monde lunaire avec la neige, qui, ayant perdu le moyen d'y retourner, apparaît les nuits illuminées par la neige — un archétype rare fusionnant le culte lunaire d'Asie de l'Est et la femme des neiges. Dans les contes, la maison qui refuse froidement l'hospitalité à la femme en blanc périclite, tandis que celle qui l'accueille chaleureusement reçoit en bénédiction un lingot d'or. Le corps de la *Yukijoro* fond au contact de la chaleur humaine, laissant la grâce dans le sillage de sa fonte. De plus, dans la région de Mogami, on raconte des histoires de femmes des neiges de type *Ubume* tentant de confier un enfant, ou menant une vache, montrant que la *Yukijoro* ne se résume pas à une seule image. La terreur de l'hiver glacial, et l'émotion d'un pays des neiges où l'on ne peut survivre sans pour autant chérir la neige, se superposent dans cette femme des neiges aux multiples facettes.

  • Zen-gama-shō

    Zen-gama-shō

    Rare

    zen-ga-ma-SHÔ (ぜんふしょう)

    Tradition iconographique • Statue de Tsukumogami

    Objets Animés et Morts-VivantsOrigine inconnue

    Une effigie d’une vieille bouilloire à thé investie de puissance spirituelle, fondée sur les œuvres de Toriyama Sekien. La posture et la mise en scène prolongent la composition des rouleaux Hyakki Yagyō, où elle défile parfois avec Tora-Inryō et Yari-Kenaga. Le nom, jouant sur l’affinité entre chanoyu et zen, en suggère une caricature de bonze. Selon la théorie de la « métamorphose des objets », des ustensiles longtemps utilisés ou délaissés s’imprègnent de ki, se manifestent en public et inspirent la crainte. Les peintres de l’ère Meiji ont transmis ce motif, catalogué comme un type de tsukumogami dans les atlas et dictionnaires de yōkai, bien que les variantes locales soient peu attestées. Des anecdotes ultérieures évoquent des frayeurs, mais les sources anciennes restent maigres, d’où une compréhension surtout iconographique.

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