Encyclopédie des Yōkai

Grande encyclopédie des yōkai japonais

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山野の怪
  • Le Zatô caché

    Le Zatô caché

    Peu commun

    ka-ku-re-za-tô

    Conforme aux traditions

    山野の怪Régions d’Ôu et du Kantô (Hokkaidô, Akita, Kantô)

    Cette version présente le Kakurezatō comme un zatō spectrale tapi dans les montagnes et grottes du Tōhoku et du Kantō. À minuit, il fait résonner des coups rappelant un pilon à riz ou un mortier, sans jamais se montrer, puis « emprunte » les ustensiles des maisons avant de disparaître. Des récits disent qu’en allant voir discrètement, le bruit semblait venir de chez le voisin. Selon les régions, on le tient pour un ravisseur d’enfants, ailleurs pour une divinité bienfaitrice offrant gâteaux de riz ou trésors aux gens sincères, faisant d’eux des nantis. Dès l’époque moderne, l’idée du village caché s’est mêlée à l’aura mystique des joueurs aveugles, et on l’a perçu comme un peuple invisible des grottes. Des interprétations modernes parlent d’un bourdonnement d’insectes, mais la tradition maintient un être spirituel à l’apparence de zatō comme porteur du prodige.

  • Main-aux-Yeux

    Main-aux-Yeux

    Peu commun

    TE-no-mé

    Version conforme aux iconographies traditionnelles et aux sources classiques

    山野の怪Kyoto

    Interprétation fondée sur les images du Gazu Hyakki Yagyō de Sekien et sur les rouleaux de la parade nocturne des démons de l’époque Tenpō et après. Représenté avec une tête rasée de moine à l’allure de joueur de biwa aveugle, de grands globes oculaires logés dans les paumes, debout sous la lune dans une lande. Le récit explicatif est mince, mais en lien avec les illustrations et anecdotes des Contes des cent provinces, on suppose qu’il cherche dans l’obscurité avec les yeux des paumes, qu’il renifle la cachette de ceux qui fuient. Dans les collectes orales, il est parfois rattaché aux histoires de revenants de non-voyants, et on l’interprète souvent comme un déplacement de la vue vers le toucher, un symbole de vision et de dévoilement. Des jeux étymologiques et calembours visuels (lever les yeux de la main, moine chauve) sont évoqués, sans certitude.

  • Moineau accompagnateur

    Moineau accompagnateur

    Peu commun

    o-kou-ri-sou-zou-mé

    Édition consolidée des traditions

    山野の怪Wakayama

    Le « okuri-suzume » est tenu pour un présage avertissant des dangers sur les sentiers de montagne. Son cri précède et mènerait à l’apparition de loups ou d’« okuri-ōkami », structurant une règle de conduite pour éviter les chutes et la marche lente en terrain sauvage. Le nom « suzume d’armoise » dérivé de l’oiseau réel Emberiza spodocephala est transmis, bien que sa nature nocturne fasse débat. Les apparitions visuelles étant rares, son apparence n’est pas fixée, et il est parfois confondu avec le « yoru-suzume » dans une partie de Nara. Des récits le situent autour du mont Myōhō à Wakayama, attiré par la flamme des lanternes. Le cœur de la tradition réside moins dans une menace directe que dans le « cri annonciateur », marquant un yōkai du son.

  • Momonjii

    Momonjii

    Rare

    mo-mon-JI-i

    Conforme aux images et textes (école de Sekien)

    Esprits des MontagnesInconnue (attesté dans des peintures de l’époque d’Edo)

    Version fondée sur l’iconographie et les notices de Toriyama Sekien, ordonnant la créature comme un vieil homme apparaissant au cœur de la nuit sur les landes. Le nom serait un mot-valise issu des termes enfantins « momonga » et « gagoji », personnifiant la crainte générale des monstres. Le fait que les témoins tombent malades s’accorde à l’idée ancienne qu’un contact avec le prodige apporte souillure ou maladie, sans acte d’agression explicite. À l’époque d’Edo, l’évitement des viandes de gibier et l’euphémisme « momonjii » ont pu favoriser sa figuration. Des lectures postérieures le disent tapi en montagne et surgissant aux carrefours pour effrayer, ou assimilent sa forme citadine à celle du Nozuchi, mais les sources primaires sont limitées et on ne trouve pas de récits largement diffusés. Cette version retient donc l’« indéterminé » et met l’accent sur les scènes propices de landes nocturnes, brume et vent, ainsi que sur la crainte d’un mal qu’il apporterait.

  • O-oni (démon des fibres d’ortie)

    O-oni (démon des fibres d’ortie)

    Rare

    Ô-o-ni

    Tradition iconographique, lignée Sekien

    山野の怪Inconnue (d’après des rouleaux peints d’Edo)

    Plus que par l’oralité, Ouni est reconnu via la transmission d’images en rouleaux. Le motif « waūwaū » dans le Hyakkai Zukan de Sawaki Suushi (1737) en constitue un antécédent, puis il apparaît comme « uwan uwan » dans le Hyakki Yagyō Emaki d’Oda Gōchō (1832). Toriyama Sekien hérite de cette lignée iconographique et accentue la masse capillaire, en soulignant une texture rappelant un faisceau d’fibres d’ortie ou de chanvre, d’où l’appellation. Le terme « o » désigne un bouquet de fibres lié, devenu signe visuel de sa pilosité envahissante. Depuis l’ère Heisei, on l’a souvent rapproché des contes de yamauba filant et tordant les fibres, et certains le classent comme une variante de la yamauba. Cependant, Sekien ne précise ni intention, ni toponyme, ni conduite, et le rattachement direct à une tradition locale reste fragile. Il est donc prudent de traiter Ouni comme un yōkai conservant un noyau d’image — une ogresse hirsute apparaissant en montagne — se reliant souplement aux idées de labeur féminin montagnard autour du filage.

  • Sansei

    Sansei

    Rare

    SAN-seï (さんせい)

    Description traditionnelle (Wakan Sansai Zue et école de Sekien)

    山野の怪Chine, province du Hebei, autour du xian d’Anguo

    Cette version s’appuie sur les sources chinoises citées dans l’encyclopédie Edo Wakan Sansai Zue et sur l’interprétation iconographique de Toriyama Sekien. Le seishō habite la montagne et épie les cabanes où l’on dépose du sel pour la cuisine ou les travaux. Sa taille varie selon les textes, d’environ un pied à trois ou quatre. Son trait majeur est une jambe unique dont le talon est fixé à l’envers, rendant ses traces difficiles à lire. Il préfère les proies de milieu humide, comme crabes et grenouilles, et apparaît le long des ruisseaux. On dit qu’il nuit aux humains la nuit par des assauts lubriques, mais il se retire si l’on prononce le nom de Batsu, divinité de la sécheresse, relevant d’un tabou d’énonciation. Toucher ou s’unir à l’être entraîne maladie ou incendie, fonctionnant comme récit d’avertissement d’évitement du contact. Au Japon, Sekien l’annota comme “oni des montagnes” et le figura tenant un crabe, guettant une cabane, offrant un indice visuel, mais les traditions orales locales sont rares et l’on en reste surtout à la notice bibliographique. Il est préférable d’en conserver l’image dans le cadre des anciens écrits plutôt que d’en proposer une lecture modernisée.

  • Satori

    Satori

    Épique

    sa-TO-ri

    Version traditionnelle · Kakugaku de Hida-Mino

    山野の怪Gifu

    Image fondée sur l’article de Sekien dans le Konjaku Gazu Zoku Hyakki et sur des descriptions naturalistes sino-japonaises de créatures simiesques. Il apparaît sur les sentiers des montagnes profondes, perçoit instantanément l’état d’esprit des bûcherons et des voyageurs, le répète à voix haute et jauge leurs réactions. N’aimant pas nuire par nature, il se retire promptement dès qu’il pressent le danger, conformément au texte de Sekien. Dans les contes, selon les régions, son apparence est remplacée par un singe, un homme des montagnes, un tengu ou un tanuki, mais le noyau demeure « lecture des pensées » et « retraite face aux bruits soudains ». La lecture des pensées reflète et répète les idées de l’autre comme dans un miroir, tenant plus de l’avertissement que de la provocation. Dans le silence des montagnes, il lit la présence d’autrui mais se montre vulnérable aux imprévus que l’humain n’anticipe pas, tels l’éclatement du feu de camp ou le rebond d’un éclat de bois. Le nom « Kakugaku » est rapproché de l’équivalent graphique de « jué/玃 », et l’évolution de la lecture aurait fixé une figure autonome. La tradition s’étend du Chūbu au Kantō, au Tōhoku, à la Chine intérieure et au Kyūshū, où il incarne un gardien mesurant la distance entre humains et Autre au seuil des montagnes.

  • Shidai-daka (Hauteur Croissante)

    Shidai-daka (Hauteur Croissante)

    Peu commun

    shi-DAÏ-da-ka

    Version canonique des traditions

    山野の怪Shimane

    Image de base du shidai-daka en tant qu’anomalie routière « à lever les yeux » transmise dans diverses régions du Chūgoku. Silhouette humanoïde dont la tête et les épaules se fondent dans l’ombre, sa taille s’allonge ou se rétracte selon le regard posé sur elle. Son degré de nocivité varie selon les récits, mais la peur s’amplifie par l’acte même de lever les yeux. Pour s’en prémunir: garder le regard baissé, fixer le sol, regarder entre les jambes; la figure rapetisse alors et se dissipe. On souligne sa parenté avec le Mikoshi-nyūdō, et les contes de route nommés « shidai-zaka » semblent des dérivations liées au milieu (pentes, sentiers de montagne). Les histoires de chasseurs l’associent au bakeneko à deux queues, et son identité varie selon les régions. Malgré de nombreuses fioritures fictionnelles, le noyau demeure la leçon taboue: « le regard amplifie l’étrange ».

  • Shiramine Sagamibō

    Shiramine Sagamibō

    Légendaire

    Shiramine Sagamibō

    Le tengu qui garde le mausolée de Sutoku — Shiramine Sagamibō

    Esprits des montagnes et des étendues sauvagesKagawa

    Shiramine Sagamibō est, parmi les Huit Grands Tengu, le tengu le plus fermement lié à une seule personne — l'empereur retiré Sutoku. Son image ne peut tenir à l'écart du récit de l'esprit vengeur de Sutoku. L'empereur retiré Sutoku, vaincu à la rébellion de Hōgen (1156), fut exilé à Sanuki et mourut en la deuxième année de Chōkan (1164) sans jamais avoir été autorisé à regagner la capitale. À son lieu d'exil, il copia les cinq sūtra du Mahāyāna et les envoya à la capitale, mais, soupçonné de malédiction, on les lui renvoya ; de fureur, il prononça un serment écrit de son sang et serait devenu, de son vivant, un grand tengu et un grand démon (daimaen). Sagamibō garde le mausolée de Shiramine de ce Sutoku, que Yoritomo appela « le plus grand tengu du Japon ». Le Shiramine-ji est la quatre-vingt-unième station des quatre-vingt-huit temples de Shikoku, le mausolée de Shiramine est le seul tombeau impérial de Shikoku, et à ses côtés se dresse le Tonshō-ji-den, qui enchâsse l'esprit de Sutoku-in. C'est la littérature qui rendit Sagamibō immortel. Sa source première est le Senjūshō du milieu de Kamakura, attribué à Saigyō, dont « Du tombeau du nouvel empereur retiré à Shiramine » porte un récit où Saigyō pleure le tombeau de Sutoku à Shiramine. La pièce de nô Matsuyama Tengu, qui le dramatisa, prend Sutoku-in pour shite et Saigyō pour waki, et dépeint Sagamibō comme un tengu accompagnant Sutoku. En outre, le « Shiramine » de l'Ugetsu Monogatari d'Ueda Akinari est une histoire où Saigyō pleure l'esprit de Sutoku au mausolée de Shiramine et converse avec le Sutoku-in courroucé ; Sagamibō devint l'être qui traverse cette lignée depuis le Senjūshō. L'esprit vengeur et le tengu qui se tient à ses côtés — la relation de Sutoku et de Sagamibō est un point rare où la foi en les goryō (esprits vengeurs) et la foi en les tengu se rencontrent. Il y a deux théories sur l'origine de Sagamibō : qu'il dérive de Sagami Ajari Shōson, qui prit le parti de Sutoku dans le Hōgen Monogatari, et qu'il était un tengu venu du mont Ōyama, en province de Sagami. Cette dernière forme un couple avec la tradition du transfert de siège mise en ordre par Chigiri Kōsai — selon laquelle le Sagamibō d'Ōyama, par dévotion pour Sutoku, se retira à Sanuki, et Hōkibō entra dans le Sagami Ōyama vacant. Quoi qu'il en soit, Shiramine Sagamibō siège à l'extrémité occidentale des Huit Grands Tengu, transmis à Shiramine, en Sanuki, comme le tengu qui ne cesse de garder l'âme de Sutoku, l'un des trois grands esprits vengeurs du Japon.

  • Suiton

    Suiton

    Peu commun

    すいとん

    L'Unijambiste de Hiruzen : Suiton

    Yokai des montagnes et des champsHiruzen, province de Mimasaka (Actuellement Hiruzen, ville de Maniwa, préfecture d'Okayama)

    Le *Suiton* est un yokai unijambiste spécifique au plateau de Hiruzen, fondé sur le folklore local consigné dans le *Yatsuka-son Shi*. Son nom vient de sa façon d'apparaître en volant avec un « *sui* » et d'atterrir sur son unique jambe avec un « *ton* ». Il appartient à la lignée des yokai télépathes comme le *Satori*, lisant dans le cœur des humains pour déchiqueter et dévorer uniquement les personnes mal intentionnées. D'un autre côté, il a agi comme gardien moral de la région, protégeant les bons et repoussant les mauvais. L'anecdote de sa fuite terrifiée face au bruit d'un bambou éclatant dans un feu ajoute une touche comique, démontrant qu'en dépit de son redoutable pouvoir de télépathie, il est facilement effrayé par les bruits soudains. Cela illustre parfaitement son caractère de yokai local servant à la fois d'avertissement et de figure appréciée. Aujourd'hui, des statues de *Suiton* sont érigées à divers endroits comme symbole touristique de Hiruzen.

  • Sunakake-baba

    Sunakake-baba

    Légendaire

    sunakake-baba

    La Sorcière de Sable Invisible : Sunakake-baba

    山野の怪Nara

    L'anomalie folklorique du « yōkai sans forme ». Alors que l'introduction a mis en évidence la structure narrative de la Sunakake-baba, cette analyse approfondie explore la portée académique de son « absence de représentation visuelle ». Dès le milieu de l'ère Edo, le Japon a connu une vague massive de visualisation des yōkai (notamment avec *Gazu Hyakki Yagyō* de Toriyama Sekien). Fait rarissime, la Sunakake-baba a complètement échappé à ce phénomène. Absente des rouleaux illustrés classiques, elle n'existait, avant Shigeru Mizuki, qu'à travers « le bruit et la sensation du sable qui tombe ». Lorsque Kunio Yanagita écrit dans le *Yōkai Dangi* que « personne n'a jamais vu sa forme », il identifie cette absence visuelle comme un enjeu de recherche majeur. La Sunakake-baba occupe une place centrale en folkloristique car elle incarne l'archétype le plus pur du yōkai : une présence invisible qui ne se perçoit qu'à travers l'atmosphère, les sons et le toucher. Topographie des bancs de sable et spiritisme liminal. Ce n'est pas une simple coïncidence si les lieux fondateurs de la Sunakake-baba — Nara (bassin du fleuve Yamato), Amagasaki (pont Ebisu et ruines du temple Jōshō-ji, d'anciens bancs de sable) et Nishinomiya (pinèdes côtières) — sont tous des zones où « le sable affleure à la surface de la terre ». Les bancs de sable, les plages et les strates sédimentaires sont perçus dans le folklore comme des frontières liminales extrêmement fortes entre l'eau et la terre, agissant comme des couloirs entre le monde des humains et l'au-delà. Comme l'a révélé un reportage du *Kobe Shimbun* (décembre 2022), les phénomènes de liquéfaction des sols survenus sur les anciens bancs de sable d'Amagasaki lors du grand séisme de Kobe en 1995 prouvent que les légendes yōkai sont intimement liées à l'histoire géologique et topographique des lieux. La Sunakake-baba est un cas d'école de la géographie des yōkai. La théorie des origines festives : les mécanismes de génération. La « théorie de l'origine au Festival du sable du sanctuaire Hirose », avancée par Bintarō Yamaguchi, offre une grille de lecture essentielle pour comprendre la genèse des yōkai. Un rituel agricole de faiseurs de pluie où les participants se jettent du sable en criant pour s'amuser « C'est la Sunakake-baba ! » aurait pu servir de matrice à la légende d'une « vieille sorcière jetant du sable ». Ce processus illustre la manière dont une figure surnaturelle naît à la lisière d'un festival, phénomène que l'on observe également avec les démons du *Setsubun*, les esprits de la fête des morts (*Obon*) ou les *tengu* des festivals d'automne. Il renforce l'idée que les rituels religieux ne sont pas de simples cérémonies, mais de puissantes usines à imaginaire folklorique. Shirōsaku Sawada et le rôle des folkloristes locaux. L'ouvrage *Yamato Mukashibanashi* du Dr Shirōsaku Sawada est l'exemple parfait des collectes de traditions orales effectuées par les intellectuels de province avant et pendant la guerre. L'essor de la folkloristique japonaise reposait sur ce réseau de médecins, d'enseignants et d'historiens locaux qui arpentaient le terrain et envoyaient leurs archives aux figures centrales comme Kunio Yanagita et Shinobu Orikuchi. L'intégration de la Sunakake-baba dans le *Yōkai Dangi* de Yanagita est le fruit direct de ce système de recherche collaboratif entre la capitale et la périphérie. Les fondations de la yōkaïlogie du XXIe siècle reposent sur ce travail de fourmi réalisé par ces érudits locaux. La « reconstruction visuelle » de Shigeru Mizuki et l'éthique culturelle. Shigeru Mizuki (1922-2015) a offert à la Sunakake-baba son apparence de vieille femme en kimono, en s'inspirant, dit-on, des masques de démons « Ondaiko » de l'île de Sado. C'est l'illustration par excellence de la culture yōkai d'après-guerre : les médias de masse imposent une apparence physique à une entité qui en était jusqu'alors dépourvue. Dans *GeGeGe no Kitarō*, elle est présentée comme une camarade vertueuse, effaçant totalement la nature hostile et effrayante de la légende locale pour la transformer en un « yōkai de la justice ». L'intervention de Mizuki fait débat dans l'histoire moderne de cette culture : si on loue son immense contribution à la sauvegarde et à la diffusion nationale de la légende, on lui reproche également d'avoir dénaturé son essence originelle. C'est un matériau d'étude exceptionnel sur les enjeux éthiques de la production culturelle au carrefour du folklore et de la culture pop. Fukusaki, Kōryō et Hanshin : La géographie moderne du tourisme yōkai. Au XXIe siècle, la Sunakake-baba fait l'objet d'un développement touristique agressif dans ses régions d'origine. Fukusaki (Hyōgo), la ville natale de Yanagita, a lancé ses fameux « Bancs Yōkai », dont celui de la Sunakake-baba est particulièrement prisé. À Nara, le « Festival du jet de sable » du sanctuaire Hirose (Kōryō) attire l'attention en tant que bien culturel folklorique immatériel. Dans les zones d'Amagasaki et Nishinomiya, des circuits de balade liant la légende à la toponymie locale ont été créés. Dans un Japon d'après-guerre où les yōkai ne sont plus de vieux contes de fées mais des vecteurs de développement économique régional, d'outils touristiques et éducatifs, la Sunakake-baba se dresse comme un symbole incontournable, aux côtés de figures comme le Konaki-jijii ou l'Ittan-momen. Le changement de paradigme : De la « Yōkaïlogie » à la « Culture Yōkai ». Le discours contemporain sur la Sunakake-baba est le point de rencontre de deux visions : la vision traditionnelle qui traite le yōkai comme un sujet académique (folkloristique, vérification historique) et la nouvelle approche qui l'analyse comme un phénomène culturel vivant (médias de masse, tourisme, éducation). Ce parcours — des collectes de Yanagita et Sawada, en passant par la reconstruction visuelle de Mizuki, jusqu'à son exploitation dans l'industrie touristique du XXIe siècle — démontre que les yōkai ne sont pas « des croyances du passé », mais une « production culturelle en perpétuelle évolution ». L'étude moderne des yōkai exige de ne plus la consommer comme une simple « anecdote de Nara et de Hyōgo », mais d'interroger activement l'histoire des savoirs, la géologie et l'évolution culturelle qui la façonnent.

  • Taimatsu-maru

    Taimatsu-maru

    Rare

    TAÏ-matssou-ma-rou

    D’après l’atlas d’Ishiyen (Toriyama Sekien)

    山野の怪Origine inconnue

    Interprétation fondée sur l’image et les notes du Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Oiseau de proie nimbé de feu follet, laissant pendre des langues de flamme de son bec et de ses serres. Sa lueur n’éclaire pas la route mais trouble la vue et le sens de l’orientation, feu trompeur plutôt que guide. Sekien le rattache à la lumière des « pierres des tengu », intégrant les lueurs inexpliquées des montagnes au cycle des récits tengu. On dit qu’il rompt la récitation et la méditation des shugenja et des pèlerins, dispersant l’esprit, craint moins pour ses blessures directes que pour l’égarement qu’il provoque. Les traditions locales sont rares, mais on l’assimile aux feux étranges et aux feux des tengu.

  • Tengu

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Qu'est-ce qu'un tengu ? Un aperçu des types et de l'iconographie

    Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

    Cette édition ne porte pas sur un siège unique d'une montagne sacrée particulière, mais est un traité général qui démêle à fond « ce qu'est un tengu » à partir de l'histoire de son iconographie et de ses types. Les traditions individuelles de chaque siège sont laissées à la page de chaque grand tengu. La forme du tengu n'est pas uniforme. Le premier type est le tengu au long nez — visage rougeaud et nez haut, vêtu du bonnet d'ascète (tokin) et de la robe suzukake, un éventail de plumes en main et de hautes socques à une dent aux pieds. Le deuxième est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, tenant une épée ou un bâton vajra. Le troisième sont les tengu inférieurs nommés tengu-feuille et tengu-copeau, tenus pour des parents faibles et nombreux. Plutôt qu'une classification fixe, ceux-ci reflètent l'ampleur de l'image du tengu à travers les époques et les régions. L'iconographie évolua avec le temps. Le tengu de l'époque de Heian fut d'abord conçu comme un oiseau pareil à un milan, et l'image du tengu-corbeau en garde le vestige. Le long nez ne devient saillant qu'à partir de la fin de Kamakura ; l'Emaki de Zegaibō dépeint une scène où un tengu qui s'était déguisé en humain voit son nez s'allonger en revenant à la forme d'oiseau. Quant à l'origine du long nez, il existe des théories qui le font dériver du masque Jidō au nez haut du gigaku et lient le tengu-corbeau au masque Karura (Garuda), et une vue qui voit le long nez comme un vestige iconographique d'un bec d'oiseau — mais aucune ne peut être dite doctrine établie. Il fut superposé au dieu Sarutahiko, décrit dans le Nihon Shoki comme ayant un nez long de sept empans, et la coutume naquit d'employer un masque de tengu pour le rôle de Sarutahiko dans les fêtes. La double nature du tengu s'enracine dans la notion bouddhique de la voie du tengu. Parce qu'il étudie la voie bouddhique il ne choit pas en enfer, et parce qu'il manie des arts hétérodoxes il ne peut non plus atteindre le paradis — un état intermédiaire, et celui qui y choit était tenu pour le moine arrogant. Le Tengu Zōshi dépeint cette notion en satire des moines des sept grands temples, pourtant Chigiri Kōsai avertit lui aussi que la simplification « seuls les moines arrogants deviennent tengu » va trop loin. Démon qu'il soit, une fois soumis il se tourne vers la protection, et l'on tenait que si un pratiquant du Shugendō récite le Sutra des Tengu, il peut convoquer les tengu des diverses provinces pour exaucer ses vœux — cette amplitude entre gardien et démon est le cœur même du tengu. La source médiévale certaine du groupement appelé « Huit Grands Tengu » se trouve dans le livret de la pièce de nô de l'époque de Muromachi Kurama Tengu. Le passage où le grand tengu appelle les tengu des provinces qu'il commande dans l'ordre géographique — « À Tsukushi, Buzenbō de Hiko-san ; dans les quatre provinces de Shikoku, Sagamibō de Shiramine ; Hōkibō d'Ōyama ; Saburō d'Iizuna… la troupe de Zenki d'Ōmine, Takama de Katsuragi » — montre que les Huit Grands Tengu étaient enracinés dans la croyance et les arts du spectacle médiévaux, non une invention d'Edo. Pourtant la composition vacille selon les sources, avec une variante qui ajoute Hōkibō d'Ishizuchi-san ; ce n'est nul registre fixe.

  • Tengu

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Hōshōbō du mont Hiei

    Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

    Hōshōbō du mont Hiei est un grand tengu qui parcourt les crêtes dominant la capitale et le lac, vivant entre cimes de cryptomères et mer de nuages. Drapé du vent des sanctuaires du Sannō, il brandit un éventail à plumes rappelant l’ascèse et apparaît à minuit au souffle d’un conque. Son visage sévère, rouge et au long nez, a des yeux perçants comme s’ils voyaient les âges. Sa prestance évoque celle d’un moine, et ses plis d’habit portent le parfum des sutras. Nommé dans le Tengu-kyō parmi les quarante-huit tengu, il protège la doctrine d’Etzan et les veines du mont, et, à l’époque de la puissance d’Enryaku-ji, il régla ouvertement et en secret la conduite des étudiants. Non seulement maître d’arts martiaux, il tranche les bords des mots pour montrer la nature des choses. Si un quêteur s’égare, il épaissit la brume et efface les jalons, menant l’esprit hésitant sous l’ombre des halls. Ce n’est pas pour le perdre: sitôt qu’il comprend que son trouble vient de lui-même, la brume se dissipe et la ligne de Hiei se fait tranchante et limpide. À l’inverse, ceux qui montent pour la gloire ou qui méprisent le Sannō sont chassés par un vent qui change les feuilles en lames, et ne sont plus admis à gravir sans raison. Les vieux moines disent qu’il confie au vent l’essence du Lotus et de l’ésotérisme, dirige les oiseaux au rythme des récitations, et régit pluie et clair. Si la cloche d’Enryaku-ji sonne étrangement, c’est le signe d’un coup d’éventail sur la crête, et certaines nuits des caractères de sutra ondulaient sur le lac. Parfois il apparaît au chevet d’un jeune ascète, l’admoneste en rêve pour trancher la racine des passions, puis laisse à l’aube une goutte de rosée: remède pour l’ardeur, poison pour la paresse. Il déteste que rumeurs de la capitale et luttes de pouvoir gagnent la montagne, et possède l’art d’éteindre les lames des mots. Quand les gens se blessent par médisance, un vent de montagne fait trembler les avant-toits, et le mensonge s’effondre de son propre poids. Qui veille à sa parole reçoit sa protection. Mais il n’épargne pas ceux qui nourrissent l’orgueil sous couvert d’ascèse: il allège leurs pas, les détache du sol et les égare sur des voies illusoires, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leur faute et retrouvent terre. Quand le chant des rossignols se tait soudain dans la forêt de Hiei et qu’un lointain tonnerre résonne limpide, Hōshōbō est proche. Les pèlerins ôtent leur chapeau et rendent honneur au Sannō: le vent se fait doux et un rai de lumière perce les nuages. On nomme cela « le retour de Hōshō », signe que la prière en montagne a reçu juste réponse. Gardien de la montagne et éprouveur de l’enseignement, il change la crainte en respect, et le respect ouvre la voie. Pour ceux qui s’en souviennent, ses ailes deviennent ombre protectrice du voyage.

  • Tengu

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Kakukai-bō de Yokogawa

    Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

    Kakukai-bō de Yokogawa est une variante dont on dit qu’elle devint tengu, de la fin de Heian au début de Kamakura, par dévotion à la protection du Dharma. Moine éminent de l’école Shingon, engagé dans les querelles des montagnes, il comprit des frontières qu’aucune règle mondaine ne pouvait garder, et devint « ailé gardien de la Loi ». À Kōya, on raconte qu’une nuit un grand vent souleva le hall, fit gronder la porte médiane, puis les battants se changèrent en deux ailes qui fendirent les nuées noires. Devenues ses ailes, elles l’accompagnent depuis aux seuils du monastère, où il lève un vent farouche devant ceux qui troublent la Loi et leur brandit un article des préceptes. Sa forme rappelle un karasu-tengu, mais le visage conserve l’empreinte d’un vieux moine émacié, avec un long nez recourbé comme une arête de montagne. Son manteau, proche d’une robe monastique, superpose des couches de vermillon et d’encre, aux manches effilochées comme le bord d’un sutra ancien. Il tient un éventail de plumes tel un shakujō, dont les syllabes brahmiques s’envolent en rubans de protection lorsqu’il l’agite. Peu loquace, sa parole résonne comme un écho de cloche et arrête net ceux qui se sont fourvoyés. Il garde les seuils de la montagne, portails de sanctuaires et temples, coudes des sentiers, jonctions de crêtes et de vallées, là où se touchent lois humaines et lois de la montagne, qu’il arbitre. Si le pratiquant demeure pur, il laisse tomber une plume blanche comme gage de sûreté. Mais que l’orgueil germe, la lampe vacille et un froid courant parcourt le dos. À la troisième alerte, il faut suivre sa conduite pour redescendre, ou quitter l’habit et revenir au début. Il enseigne aussi la « Doctrine du séchage »: pour clarifier le cœur, ôter l’humidité superflue, image liée à l’art de sécher les fèves et de garder purs les offrandes, symbole d’une sagesse qui transpose la rudesse des montagnes dans la vie quotidienne. À la nuit, quand la brume emplit les vallées, il patrouille escorté d’ombres de corbeaux, ses yeux et ses oreilles. Ils adressent de brefs signaux aux esprits troublés par les rumeurs. Qui les comprend s’écarte des fausses voies, qui se trompe tourne trois fois au même endroit. On nomme cela la « Ronde de Kakukai »: à la troisième boucle, si l’on redresse son cœur, l’orient pâlit et le chemin mène de lui-même au portail principal.

  • 👹

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Les Quarante-Huit Tengu – les grands tengu des provinces dans le Sutra des Tengu

    Esprits des monts et des terres sauvagesKyotoShiga

    Les tengu ne s'arrêtent pas aux Huit Grands Tengu. Chacune des montagnes sacrées des provinces était crue avoir son propre grand tengu, et la prière-scripture ésotérique pré-moderne le Sutra des Tengu énumère leurs représentants en quarante-huit sièges — les « Quarante-Huit Tengu ». Cette édition est un panorama qui embrasse le registre complet et la provenance de la scripture elle-même. Le Sutra des Tengu est un texte de prière ésotérique, de lignée Shugendō, que l'on dit compilé à l'époque d'Edo. Ce n'est pas un sutra orthodoxe du canon bouddhique, mais il relève de la lignée des scriptures d'incantation qu'un yamabushi récite dans ses dévotions pour convoquer (en invoquer la descente) les tengu des montagnes sacrées des provinces, empruntant leur puissance numineuse pour prier la dispersion des démons, la soumission des ennemis et l'exaucement de tous les vœux. Le texte s'ouvre par le chant « Hommage aux grands tengu et aux petits tengu », énumère les noms des divers tengu, puis donne le total des tengu comme « cent vingt-cinq mille cinq cents en tout », et se clôt par le mantra « On aromaya tengusumanki sowaka ». Ce « cent vingt-cinq mille cinq cents » n'est pas un compte réel mais un nombre symbolique représentant d'innombrables tengu, et les quarante-huit sièges nommés par leurs noms propres sont placés comme les représentants parmi eux. Quant à la transmission des manuscrits et éditions imprimées du Sutra des Tengu, il existe des études philologiques telles que « Le Sutra des Tengu : son état présent et sa localisation » de Takahashi Sei (2016), et il est difficile de fixer strictement la date de compilation en un seul point. Le registre des Quarante-Huit Tengu court sous la forme de titres « bō » (nom de la montagne sacrée + nom du bō). L'ouverture commence par les grands tengu du Kinai — Atago-san Tarōbō, Hira-san Jirōbō, Kurama-san Sōjōbō — et est suivie des tengu des montagnes sacrées du Shugendō à travers le pays, tels que Fuji, Nikkō, Haguro, Akiba, Hikosan et Ishizuchi. Ci-dessous sont énumérés les quarante-huit sièges, collationnés avec deux lignées de sources vérifiables, avec le titre bō, la montagne sacrée et la province (préfecture actuelle). ★ marque les Huit Grands Tengu qui ont leur propre page dans cette encyclopédie. 1. ★Atago-san Tarōbō (mont Atago, Yamashiro / Kyoto) 2. ★Hira-san Jirōbō (mont Hira, Ōmi / Shiga) 3. ★Kurama-san Sōjōbō (mont Kurama, Yamashiro / Kyoto) 4. Hiei-zan Hosshōbō (mont Hiei, Yamashiro / Kyoto) 5. Yokawa Kakkaibō (Yokawa, mont Hiei, Yamashiro / Kyoto) 6. Fuji-san Daranibō (mont Fuji, Suruga / Shizuoka) 7. Nikkō-san Tōkōbō (mont Nikkō, Shimotsuke / Tochigi) 8. Haguro-san Konkōbō (mont Haguro, Dewa / Yamagata) 9. Myōgi-san Nikkōbō (mont Myōgi, Kōzuke / Gunma) 10. Tsukuba-san Hōinbō (mont Tsukuba, Hitachi / Ibaraki) 11. ★Hiko-san Buzenbō (mont Hiko (Hikosan), Buzen / Fukuoka) 12. Ōhara Sumiyoshi Kenbō (Kengamine, mont Daisen (controversé), Hōki / Tottori (identification provisoire)) 13. Etchū Tateyama Nawadarebō (mont Tate, Etchū / Toyama) 14. Amanoiwafune Dantokubō (Amanoiwafune, localisation inconnue) 15. Nara Ōku Sugisakabō (inconnu, localisation inconnue) 16. Kumano Ōmine Kikujōbō (Kiku-no-iwaya, mont Ōmine, Yamato / Nara) 17. Yoshino Minasugi Kozakurabō (mont Yoshino, Yamato / Nara) 18. ★Nachi Takimoto Zenkibō (Nachi Takimoto, Kii / Wakayama) 19. Kōya-san Kōrinbō (mont Kōya, Kii / Wakayama) 20. Niitayama Satokubō (mont Niita (controversé), Kōzuke / Gunma (identification provisoire)) 21. Kikaigashima Garanbō (Kikaigashima, Satsuma / Kagoshima (identification provisoire)) 22. Itatōyama Tondonbō (mont Itatō, localisation inconnue) 23. Saifu Takagaki Kōrinbō (mont Kamado (mont Hōman), Chikuzen / Fukuoka (identification provisoire)) 24. Nagato Fumyō Kishukubō (inconnu, Nagato / Yamaguchi (identification provisoire)) 25. Tsudoki Oki Fugenbō (île d'Oki (controversé), Oki / Shimane (identification provisoire)) 26. Kurokenzoku Konpirabō (mont Zōzu, Sanuki / Kagawa) 27. Hyūga Obata Shinzōbō (inconnu, Hyūga / Miyazaki (identification provisoire)) 28. Iōjima Kōtokubō (Iōjima, Satsuma / Kagoshima (identification provisoire)) 29. Shiōzan Rikyūbō (mont Shibi, Satsuma / Kagoshima (identification provisoire)) 30. ★Hōki Daisen Seikōbō (mont Daisen, Hōki / Tottori) 31. Ishizuchi-san Hōkibō (mont Ishizuchi, Iyo / Ehime) 32. Nyoigatake Yakushibō (Nyoigatake, Yamashiro / Kyoto) 33. Tenmanzan Sanmanbō (mont Tenman (controversé), Mino / Gifu (identification provisoire)) 34. Itsukushima Sankibō (mont Misen (Itsukushima), Aki / Hiroshima) 35. Shiragayama Kōshakubō (mont Shiraga, Tosa / Kōchi (identification provisoire)) 36. Akiba-san Sanshakubō (mont Akiba, Tōtōmi / Shizuoka) 37. Takao Naigubu (mont Takao, Yamashiro / Kyoto) 38. ★Iizuna Saburō (mont Iizuna, Shinano / Nagano) 39. Ueno Myōgibō (mont Myōgi, Kōzuke / Gunma) 40. Higo Ajari (mont Kinpō (controversé), Higo / Kumamoto (identification provisoire)) 41. Katsuragi Takamabō (mont Kongō (Katsuragi), Yamato / Nara) 42. ★Shiramine Sagamibō (Shiramine, Sanuki / Kagawa) 43. Kōra-san Chikugobō (mont Kōra, Chikugo / Fukuoka) 44. Zōzu-san Kongōbō (mont Zōzu, Sanuki / Kagawa) 45. Kasagi-san Daisōjō (mont Kasagi, Yamashiro / Kyoto) 46. Myōkō-san Adachibō (mont Myōkō, Echigo / Niigata) 47. Ontake-san Rokkokubō (mont Ontake, Shinano / Nagano) 48. Asamagatake Kinpeibō (mont Asama, Kōzuke / Gunma (identification provisoire)) Trois précautions sont nécessaires à la lecture de ce registre. Premièrement, les titres bō (les noms de chaque siège) concordent à travers plusieurs sources et sont fiables, mais des erreurs mêlées à l'information secondaire du web entachent l'identification de la province et de la préfecture. Par exemple, le mont Shibi est dans la préfecture de Kagoshima (Satsuma), et « Hyūga » est l'ancien nom de province de la préfecture de Miyazaki — des attributions erronées les confondant avec des lieux du Kantō ou du Tōhoku circulent. Dans ce registre, « identification provisoire » est apposé aux sièges dont l'identification a une latitude, et « localisation inconnue » aux sièges dont les lieux ne peuvent être confirmés parmi les sources. Deuxièmement, il existe des sièges tels qu'Amanoiwafune Dantokubō, Nara Ōku Sugisakabō et Itatōyama Tondonbō dont plusieurs sources tiennent la localisation pour « inconnue », et aucun nom de lieu ne leur a été imposé. Troisièmement, il existe une variation entre les titres bō des Huit Grands Tengu et le libellé du texte du Sutra des Tengu. Par exemple, l'Ōyama Hōkibō des Huit Grands Tengu apparaît dans le texte comme « Hōki Daisen Seikōbō », et Ōmine Zenkibō apparaît dans le libellé de la lignée « Nachi Takimoto Zenkibō » / « Kumano Ōmine Kikujōbō ». Les Huit Grands Tengu sont communément expliqués comme huit sièges représentatifs tirés de ces quarante-huit, mais les titres bō ne concordent pas mot pour mot. Le cadre des Quarante-Huit Tengu montre le plus simplement que le tengu n'était pas un yokai solitaire mais une divinité du culte des montagnes siégeant à travers les montagnes sacrées du pays entier. Chigiri Kōsai, qui compila l'étude des tengu, organisa lui aussi ces tengu de montagne en un seul système. Chaque siège des Huit Grands Tengu (★) est traité en détail sur sa propre page, mais eux aussi ne sont que les pics particulièrement hauts dans cette mer de cent vingt-cinq mille cinq cents tengu.

  • Tengu de Kasho

    Tengu de Kasho

    Épique

    かしょうざんのてんぐ

    Vénérable Chuhoson, le Grand Tengu du mont Kasho

    Apparition des montagnes et des champsGunma

    Le Tengu de Kasho se distingue nettement du nom commun « tengu » ; il s'agit d'une entité propre au Kashozan Miroku-ji. En son cœur se trouve un grand moine ayant réellement existé, le Vénérable Chūhōson. Cela reflète une forme de « foi en un tengu né de la déification d'un moine », où un saint homme doté de pouvoirs ascétiques surhumains s'établit dans la montagne sous l'apparence d'un tengu (incarnation du bouddha Kasho) après sa mort. Son rang parmi les Trois Grands Tengu du Japon (aux côtés de ceux de Takao et Kurama), la fierté de posséder le plus grand masque de Grand Tengu du pays, et la coutume votive unique consistant à emprunter un masque pour en rendre deux l'année suivante, distinguent ce tengu des autres tengu des montagnes. Ajouté à son prestige historique en tant que lieu de prière pour la famille Tokugawa, le Tengu de Kasho est profondément enraciné dans la région de Numata comme un tengu dispensant des bienfaits terrestres, présidant à la victoire au combat, à la sécurité routière et à l'accomplissement de tous les vœux.

  • Tengu des feuilles

    Tengu des feuilles

    Épique

    KO-no-ha TEN-gou

    Tengu à feuilles (iconographie traditionnelle)

    山野の怪Shizuoka

    Figure issue des essais et contes d'époque Edo. Considéré inférieur au type yamabushi au long nez, il assume des tâches subalternes et prend l'apparence d'un oiseau ou d'un être à visage humain et corps d'oiseau. Des témoignages le décrivent chassant en groupe la nuit sur l'Oigawa à Suruga, d'autres l'associent aux "loups blancs" du monde des tengu comme des vieux loups promus, ou le montrent se changeant en garçonnet pour berner un chasseur à Iwakuni. Ses traits varient selon régions et sources. En général, il ne cause pas de grands ravages aux humains et bêtes, mais intervient par métamorphose et illusion. Les nishiki-e le figurent parfois reposant dans les arbres, signe qu'il n'est pas forcément féroce. Sa nature est liée aux lisières montagnardes, prompt à se retirer à l'approche des humains.

  • Tengu femelle

    Tengu femelle

    Peu commun

    o-nna TEN-gou

    Édition consolidée des traditions • Onna-tengu

    Esprits des MontagnesTokyoYamanashi

    L’onna-tengu est une branche de l’imaginaire tengu évoquée sporadiquement dans les textes et la tradition orale. Bien qu’elle soit représentée en habits féminins comme kosode, voile léger ou hakama écarlate, ses ailes dorsales et ses pouvoirs surnaturels la désignent comme un tengu. Dans le Heike monogatari illustré par le Gikeiki et d’autres variantes, la « nonne tengu » incarne une métamorphose liée à la décadence religieuse, en contraste avec le tengu bonze, proposant une figure féminine. Les récits d’errance montagnarde de l’époque Edo, marqués par l’interdit des femmes, mentionnent souvent l’absence d’onna-tengu, tandis que des traditions sur les kawa-tengu évoquent çà et là des couples ou des traits féminins. L’attribution d’une lignée à Amanozako-hime apparaît dans des compilations naturalistes des Temps modernes, sans dépasser le cadre dévotionnel ou narratif. Les variations régionales sont fortes et l’image n’est pas fixée, l’on comprend qu’elle partage les attributs tengu usuels de puissance, d’illusions et de vol. En évitant les exagérations fictionnelles, l’onna-tengu se saisit comme une « projection du féminin dans le monde des tengu », avec noms et généalogies souvent indéterminés.

  • Tsurube-otoshi

    Tsurube-otoshi

    Peu commun

    つるべおとし

    Tête Coupée Tombant des Arbres Anciens : Tsurube-otoshi

    Monstres des montagnes et des champsKyotoGifu

    Correction Académique (Note la plus importante pour cette Espèce) : Les monstres inclus dans le volume "Mei" du *Konjaku Gazu Zoku Hyakki* (1779) de Toriyama Sekien sont Nue, Itsumade, Jami, Mōryō, Mujina, Nobusuma, Nozuchi, Tsuchigumo, Hihi, Dodomeki, Buruburu, Gaikotsu, Tenjō-sagari, Ohaguro-bettari, Ōkubi, Dodomeki, Kanedama et Amanozako (18 entités au total), et le Tsurube-otoshi n'y figure pas. Ce que Sekien a dessiné était le yōkai apparenté Tsurubebi, qui était inclus dans le *Gazu Hyakki Yagyō* (1776) — le prédécesseur du Zoku Hyakki. Le texte original du Tsurubebi est le *Kokon Hyaku Monogatari Hyōban* de Yamaoka Genrin (publié en 1686 ; l'histoire du "Tsurube-oroshi de Nishinooka" à Nishiyama, Kyoto), qui théorisait l'étrange phénomène de l'esprit d'un grand arbre se transformant en boule de feu et descendant de l'arbre les nuits de pluie en utilisant la théorie des Cinq Éléments (le Bois engendre le Feu). Autrement dit, le "Yōkai Tsurube-otoshi (une tête coupée ou un masque de démon tombant d'un arbre)" et le "Tsurubebi de Sekien (un feu mystérieux tombant d'un grand arbre)" sont des lignées distinctes qui ont divergé après l'ère Shōwa, et Sekien n'a pas directement représenté le premier. Il n'existe pas de sources visuelles primaires portant le nom "Tsurube-otoshi" de la période Edo, et il apparaît principalement comme folklore local dans les archives topographiques et les recueils de folklore de la période Taishō. C'est une correction essentielle qui doit être précisée pour maintenir la qualité académique de yokai.jp, et la "théorie de l'iconification de Sekien de 1779" largement répandue devrait être explicitement démentie. Les documents principaux sur le Tsurube-otoshi sont des recueils de folklore et des matériaux locaux de l'ère Taishō. L'étude régionale de Kyoto *Kuchidanba Kōhishū* (un recueil de l'ère Taishō du folklore des districts de Minamikuwada et Funai) sert de document historique central, l'enregistrant comme une légende locale des routes de montagne, des cols et des vieux arbres dans les régions du Chūbu et du Kinki. Le fait que la source primaire ne soit pas l'iconographie de la période Edo mais un recueil de tradition orale locale est une caractéristique unique de ce yōkai, ce qui en fait un cas exceptionnel qui ne correspond pas à la généralisation selon laquelle "les yōkai proviennent de l'iconification de la période Edo". Le folklore local du Tsurube-otoshi est concentré dans les régions du Chūbu et du Kinki : ① Préfecture de Kyoto — Hōki, village de Sogabe, district de Minamikuwada (actuellement Sogabe-cho, ville de Kameoka ; tombe d'un arbre kaya, rit "Avez-vous fini votre travail de nuit ? Dois-je laisser tomber le seau ? Grin, grin" et remonte), Tera, village de Sogabe (une tête coupée descend d'un vieux pin, dévore les gens et disparaît pendant 2-3 jours lorsqu'elle est rassasiée), village de Tomimoto, district de Funai (actuellement Yagi-cho, ville de Nantan ; un pin couvert de lierre), Tsuchida, village d'Ooi (actuellement Ooi-cho, ville de Kameoka ; mange les gens) — documenté dans l'étude régionale de la période Taishō, *Kuchidanba Kōhishū*. ② Village de Kuze, district d'Ibi, préfecture de Gifu (actuellement Ibigawa-cho) — lâche un seau depuis un grand arbre qui est sombre même en journée. ③ Ville de Hikone, préfecture de Shiga — lâche un seau depuis les branches d'un arbre en visant les passants. ④ Kuroe, ville de Kainan, préfecture de Wakayama — légendes similaires. ⑤ Ville de Tamba-Sasayama, préfecture de Hyogo. ⑥ Région montagneuse de Mikawa, préfecture d'Aichi (folklore dans le village de Toyone, etc.). Il a pour caractéristique géographique de se concentrer autour d'arbres anciens (pin, kaya, cèdre, zelkova) le long des routes de montagne, des cols et des enceintes de sanctuaires dans les zones du Chūbu et du Kinki. Son comportement se divise en deux selon les régions : La lignée de Kyoto est prédatrice (mangeant des humains et restant rassasiée 2-3 jours), ce qui en fait un yōkai mortel ; la lignée de Gifu-Shiga est intimidante (laissant simplement tomber un seau pour faire peur), causant peu de dommages réels. La lignée de Kyoto présente un modèle prédateur spécifique où il "n'apparaît pas pendant 2-3 jours lorsqu'il est repu", et il était craint comme un monstre meurtrier plutôt qu'un simple farceur. D'un autre côté, la lignée de Gifu-Shiga, comme son nom l'indique, laisse simplement tomber un "tsurube (seau de puits)" d'un arbre pour surprendre les gens, un yōkai relativement inoffensif situé entre une "menace surnaturelle" et un "sujet de rire". Bien qu'il porte le même nom de "Tsurube-otoshi", l'entité elle-même varie considérablement selon la région, offrant un excellent exemple de la diversité régionale des légendes locales. Le visuel moderne d'une "tête de vieillard rouge, barbu et échevelé" dépend fortement des illustrations de Shigeru Mizuki et n'est pas la forme standard originale dans le folklore local. La forme originale varie considérablement selon la région, se divisant en trois lignées : ① Une tête coupée solitaire (Tera, village de Sogabe, Kyoto), ② Un monstre informe qui laisse tomber un seau de puits lui-même (Gifu et Hikone, Shiga), et ③ Un type d'esprit accompagné de rires et de paroles (Hōki, village de Sogabe, Kyoto). L'image de la "tête coupée rouge" a été popularisée par les mangas et animes de Shigeru Mizuki tels que *GeGeGe no Kitarō* et *Akuma-kun*, devenant l'image générale moderne, mais d'un point de vue folklorique, la forme standard a changé avant et après Mizuki. C'est également une illustration parfaite de l'impact décisif qu'a eu la "Culture Yōkai de Mizuki" sur la perception qu'ont les Japonais des yōkai. L'expression "les jours d'automne tombent comme un tsurube" (une métaphore comparant l'assombrissement rapide du coucher de soleil automnal au mouvement d'un seau de puits et d'une corde plongeant d'un coup) n'a pas de lien direct de lignée avec le yōkai Tsurube-otoshi. Ils partagent la même source métaphorique d'"un seau de puits = quelque chose qui tombe rapidement", mais l'expression idiomatique a été établie indépendamment comme une expression météorologique. Cependant, le fait que le concept de l'appellation du yōkai (les trois éléments de vitesse de chute, d'obscurité et de surprise) repose sur la même base métaphorique que l'idiome est remarquable sur le plan de l'histoire culturelle — démontrant la richesse de la culture métaphorique japonaise, où un outil quotidien comme un "seau de puits" a évolué à la fois en une expression météorologique et en un nom de yōkai. Distinctions par rapport aux yōkai similaires : ① Tsurubebi (le feu mystérieux tombant d'un arbre dans le *Gazu Hyakki Yagyō* de Sekien, qui, comme mentionné, est la lignée d'origine de la période Edo qui a divergé du Tsurube-otoshi dans les temps modernes), ② Kodama (les esprits des arbres en général ; le Tsurube-otoshi est un "monstre individuel résidant dans un arbre ancien spécifique", une variante de la lignée kodama), ③ Kosoma (un phénomène surnaturel acoustique faisant des bruits de hache et d'arbres qui tombent dans les montagnes, de nature différente du Tsurube-otoshi qui compte principalement sur des attaques visuelles de chute), ④ Les lignées de têtes coupées (Otoshikubi, Kubikireuma, etc. ; ils partagent l'aspect de la "tête", mais la tête coupée de la lignée de Kyoto dans le Tsurube-otoshi est une entité yōkai indépendante, et non un monstre de décapitation). La série de yōkai en quatre parties de Toriyama Sekien comprend le *Gazu Hyakki Yagyō* (1776) → *Konjaku Gazu Zoku Hyakki* (1779) → *Konjaku Hyakki Shūi* (1781) → *Hyakki Tsurezure Bukuro* (1784), et toutes les images sont accessibles publiquement sur la NDL Image Bank de la Bibliothèque de la Diète nationale. Le Tsurubebi est inclus dans le volume "In" du *Gazu Hyakki Yagyō*. Lors de l'inscription du Tsurube-otoshi sur yokai.jp, il doit être clairement indiqué que typeOfSource = "Folklore local (Chūbu/Kinki)" et firstAttestedSource = *Kuchidanba Kōhishū* de la période Taishō, tout en niant explicitement la désinformation répandue de la "théorie de l'iconification de Sekien de l'époque Edo". Dans la culture yōkai moderne, il a été popularisé par le *Yōkai Zukan* de Shigeru Mizuki et la statue de bronze sur la *Mizuki Shigeru Road* (ville de Sakaiminato, préfecture de Tottori), et apparaît comme un yōkai de Kyoto dans *GeGeGe no Kitarō* (doubleur 3ème saison : Masato Hirano, 5ème saison : Hisao Egawa) et *Le Clan des Yakuza Yōkai* (Nurarihyon no Mago). En tant qu'excellent exemple d'un yōkai populaire issu de la tradition orale locale et popularisé par les œuvres de Shigeru Mizuki, le Tsurube-otoshi est une étude de cas importante montrant le mécanisme de modernisation de la culture yōkai japonaise — un yōkai fascinant situé à l'intersection des études folkloriques, de l'histoire de l'art et de la théorie des médias, démontrant un itinéraire de circulation des yōkai modernes allant du folklore local non illustré de l'époque Edo à la collecte orale de l'ère Taishō, à la vulgarisation de Mizuki, et aux animes et jeux modernes.

  • Tête-Rouge

    Tête-Rouge

    Peu commun

    A-ka-ga-shi-ra

    Akagashira (version traditionnelle)

    山野の怪Kochi

    Un être aux cheveux rouges apparaissant dans les montagnes et friches de Katsugase en Tosa. Il marche sur deux jambes comme un humain, mais se fond dans les hautes touffes de bambous nains et de roseaux, ce qui rend sa silhouette difficile à saisir. Sa marque la plus frappante est sa chevelure rouge éclatante comme le soleil : s’en approcher et la fixer provoque l’éblouissement et une gêne visuelle passagère. Peu de récits évoquent une intention nuisible, les troubles rapportés relevant surtout de l’effet visuel. Nommé dans le « Tosa Bakemono Ehon » de la fin d’Edo au début de Meiji, il est cité aux côtés de la « femme rieuse de Yamakita » et de la « vieille blanche de Motoyama ». L’« Akagashira » des rouleaux de Hyakki Yagyō est parfois évoqué comme parallèle iconographique, sans identification assurée. Les témoignages le situent du crépuscule à l’aube en lisière et landes, transmis surtout par la tradition orale locale.

  • Uya-uyashi

    Uya-uyashi

    Rare

    ou-ya-ou-YA-shi

    Conforme aux traditions iconographiques

    山野の怪Inconnue

    Version recomposée d’après les images des rouleaux. Genoux ployés contre le sol, corps flasque, peau brun gris mouchetée de taches blanches. Visage indistinct, frontières floues entre bouche et nez, toujours humide. Suivant de rares mentions où seul le nom subsiste, aucun principe d’action n’est fixé. Aperçu en boule tapie au bord des sentiers de montagne ou des fourrés, il inspire crainte respectueuse et distance. À l’approche, il se retire sans jamais se présenter nettement, rendant toute poursuite difficile. Aucun tort avéré, les récits d’entrevue restent généraux.

  • Village caché

    Village caché

    Rare

    ka-kou-reu-ZA-to

    Version Zue d’Ishiyen: Village Caché (Kakurezato)

    山野の怪Folklore japonais

    Interprétation fondée sur le “Kakurezato” du Konjaku Hyakki Shūi de Toriyama Sekien. La souris et le koban en bas à droite évoquent les récits où les rats souterrains apportent la fortune (type Terre Pure des Rats), suggérant un lien entre le village et l’au-delà souterrain. L’enseigne “Kagurezato” indique que le hameau s’ouvre soudain, comme une frontière surgissant dans le quotidien. Le Village Caché n’est pas un yōkai individuel, mais une frontière agissante, comme douée de volonté, qui répète égarement, décalage temporel, donation de fortune, apparition et disparition. Selon la conduite et la cupidité des visiteurs, l’issue varie de l’hospitalité généreuse à la métamorphose des richesses en feuilles, en résonance avec les récits de mondes montagnards et d’au-delà.

  • Waira

    Waira

    Peu commun

    wa-I-ra

    Conforme aux rouleaux illustrés

    山野の怪Ibaraki

    Version de référence reconstruite d’après les rouleaux de yōkai des XVIIIe–XIXe siècles, sans texte explicatif. Seul le haut d’un corps de bête gigantesque est représenté, avec de grands crochets à un seul ongle aux pattes antérieures. La couleur varie selon les exemples, du vert sombre au brun terre, parfois d’aspect amphibien. Le nom a été rapproché d’un terme signifiant « crainte » et est juxtaposé à « Otoroshi » dans le Hyakkai Zukan et le Gazu Hyakki Yagyō. Aucun comportement, biologie ni valeur morale n’est donné, la créature n’étant présentée que comme une présence inquiétante des montagnes. Les formes précises du folklore populaire restent inconnues, et les ajouts postérieurs, sans fondement documentaire, ne sont pas retenus.

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