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Encyclopédie des Yōkai

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付喪神・骸怪
  • Abumikuchi

    Abumikuchi

    Rare

    a-bou-mi-kou-tchi

    Conforme à l’illustration de Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Représentation de l’étrier animé fondée sur l’interprétation de l’image de Toriyama Sekien dans le Hyakki Tsurezure Bukuro. La forme est celle d’un vieil étrier d’où naissent des yeux et une bouche, roulant au sol ou traînant sa courroie. La citation du livret du Nô Tomonaga suggère en arrière-plan le champ de bataille et les guerriers déchus, mais ses actes et les dommages précis ne sont pas transmis. Selon la règle générale des tsukumogami, la rancœur et l’attachement d’un outil longtemps utilisé puis jeté prennent corps. Cela s’accorde au motif édifiant des essais d’Edo prônant le soin des objets, et l’avertissement sur le harnachement du paragraphe 186 du Tsurezuregusa semble se refléter dans la juxtaposition iconographique (aux côtés de « Kurayaro »). L’image « attendant son maître » vue chez Mizuki Shigeru est une réécriture moderne sans attestation dans les sources anciennes et n’est pas retenue ici. L’existence d’une tradition d’observation directe est inconnue et aucune région n’est spécifiée.

  • Bakotsu

    Bakotsu

    Peu commun

    Bakotsu

    Le Bakotsu marcheur de Tosa

    Tsukumogami / Yōkai squelettiqueKochi

    La représentation visuelle du Bakotsu dans le *Tosa Obake Zōshi* adopte une composition narrative extrêmement unique et théâtrale dans l'art des yōkai japonais. Dans une pièce sombre, séparés par une vieille moustiquaire déchirée et affaissée, le "Bakotsu" squelettique et bipède fait face à un crapaud géant yōkai nommé "Yadomori", comme s'ils se racontaient calmement leurs histoires respectives. Bien que le Bakotsu soit un squelette complet dont la cage thoracique et le crâne sont à découvert, il porte un tissu grossier noué autour de sa taille, affichant des gestes remarquablement humains. Cette confrontation étrange cache un profond contexte folklorique spécifique à la région de Tosa. "Yadomori" est le nom dialectal de Shikoku pour un crapaud, qui était à l'origine vénéré comme une créature bénéfique et une "divinité gardienne de la maison" dévorant les nuisibles, et qu'il était donc strictement interdit de tuer. Cependant, le texte explicatif du rouleau précise que ce crapaud particulier a été cruellement tué par des humains et s'est transformé en yōkai par pur ressentiment. En d'autres termes, le "Bakotsu" (mort brûlé et abandonné au bord de la route) et le "Yadomori" (assassiné sans raison par des mains humaines) partagent un passé commun : ils incarnent "la rancune des animaux ayant perdu la vie à cause de l'égoïsme humain et n'ayant pas reçu de sépulture appropriée". Leurs échanges verbaux confinés dans les limites d'une moustiquaire — symbole de la vie quotidienne humaine — peuvent être profondément interprétés comme l'expression de la solidarité tragique des "bêtes" rejetées dans l'ombre de la société humaine. De plus, à l'époque d'Edo, il était de coutume d'extraire la graisse en faisant bouillir des os de cheval pour fabriquer des bougies extrêmement bon marché et de très mauvaise qualité, que l'on appelait familièrement "os de cheval" . La coïncidence entre les restes d'un cheval utilisés comme bougie bon marché pour éclairer les ténèbres et un yōkai né après avoir été brûlé vif dans un "incendie" n'est nullement fortuite. La sagesse pratique de l'époque et la face cachée d'une société exploitant la vie de façon implacable se projettent avec acuité sur le design visuel du Bakotsu. En se dressant non pas pour maudire les humains, mais simplement pour prouver son existence, sa silhouette est l'incarnation même du cri déchirant d'animaux réduits au silence.

  • Biwa Bokuboku

    Biwa Bokuboku

    Épique

    biwa bo-ku-bo-ku

    Conforme à l’iconographie traditionnelle

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Interprétation standard fondée sur l’iconographie d’Ekizen et la lignée des rouleaux Muromachi. Un biwa joué des années durant s’anime et rejoint la procession nocturne sous l’habit d’un joueur aveugle. Son timbre captive les cœurs et porte une leçon de respect envers les anciens instruments. Sans s’appuyer sur une biographie ni un terroir particuliers, le thème est l’éloge et l’avertissement autour des objets. Les anecdotes des chefs-d’œuvre « Genjō » et « Mokuba » ne font que renforcer la vision des tsukumogami, tandis que la conduite du Biwa Bokuboku nous parvient surtout par l’image. Il avance les yeux clos, s’appuyant sur un bâton, parfois figuré aux côtés d’un koto animé.

  • Boroboroton

    Boroboroton

    Rare

    bo-ro-bo-ro-TO-n

    Édition d’après le Zufu de Sekien

    Objets Animés et Morts-VivantsÉpoque d’Edo (Japon)

    Image fondée sur le Hyakki tsurezure-bukuro de Toriyama Sekien. Un futon, longtemps utilisé puis abandonné, se redresse la nuit, bondit dans la pièce et stupéfie son propriétaire. Il n’est pas fortement malveillant et agit surtout comme une réprimande, semant le tumulte pour pousser au repentir. Le nom jouerait sur le « boroboro » des haillons et l’allusion aux moines fuke, croisant croyance en l’âme des objets et facétie littéraire. Peu étayé par des traditions locales, il est traité comme un exemple iconographique rattaché à la lignée des tsukumogami.

  • Daruma du mokugyo

    Daruma du mokugyo

    Rare

    mo-KU-gio da-ROU-ma

    Tradition iconographique, école de Sekien

    Objets Animés et Morts-VivantsInconnue

    Interprétation de tsukumogami fondée sur les images de Toriyama Sekien, croisant le symbole d’insomnie du mokugyo et la vision ascétique du daruma. Moins conte de peur qu’allégorie admonitrice dans la culture monastique. Des récits locaux disent que le mokugyo résonne seul la nuit dans le hall, mais les transmissions orales systématiques restent limitées. Des peintres ultérieurs comme Yoshitoshi ont repris le motif, fixant le visage du mokugyo posé sur un coussin rond. Plutôt que d’effrayer, il incarne une tension propice à la discipline.

  • Esprit du tableau (Garei)

    Esprit du tableau (Garei)

    Peu commun

    ga-RÉ-i

    Garei (récit de l’Ochiguri Monogatari)

    付喪神・骸怪Kyōto (anecdote transmise par la maison Kanrinji/Kanjūji)

    Portrait du garel selon des essais de la fin d’Edo. D’une vieille peinture de paravent surgit une femme, et les interventions faites à l’image se répercutent en phénomènes réels, principe clé d’un « lien image-réel ». Les signes issus de la dégradation de l’objet sont perçus comme des prodiges et se calment grâce à la restauration et aux soins, ce qui l’inscrit dans le cadre des tsukumogami. L’auteur cite lieux et maisons concrets, mais le but de l’apparition n’est pas dit; les manifestations, brèves, cessent après expertise et réparation. Plutôt qu’une réputation d’artiste donnant force spirituelle, le thème central est l’avertissement à ne pas maltraiter un chef‑d’œuvre. Les récits de blessures humaines sont rares; dominent l’apparition visuelle et le retour au lieu d’origine, la figure s’évanouissant devant le paravent. Plus tard, on l’invoque comme exemple prônant l’importance des rites envers les objets.

  • Furaku Furaku

    Furaku Furaku

    Rare

    bou-la bou-la

    Conforme aux planches de Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Organisation de Furaraku d’après l’exégèse de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure Bukuro. La lanterne est nouée à du bambou, le papier déchiré figurant une bouche, et elle penche en s’avançant sur la route. Le décor évoque levées de rizières et épouvantails, le cartouche mentionne « la flamme d’une lanterne à Yamada » tout en rêvant qu’il s’agirait d’un feu‑follet de renard. Ainsi coexistent l’hypothèse du renard et celle de la métamorphose d’un objet, mais le classement du rouleau parmi les yōkai-objets fait privilégier l’interprétation en tsukumogami. Les graphies oscillent entre « Fufuraku » à l’image et « Furakuraku » au catalogue, tandis que « Furaraku » s’est imposé. Sans légende locale propre ni récit de malédiction, il est reçu comme un sous-type de lanterne-obake, simple apparition visuelle destinée à effrayer les passants de nuit.

  • Hatahiro

    Hatahiro

    Rare

    ha-ta-HI-ro

    Source des rouleaux illustrés · Édition Sekien

    付喪神・骸怪Inconnue

    Une version fondée sur l’idée d’un monstre conceptualisé par Toriyama Sekien à travers image et note. On y voit la rancœur logée dans un tissu prendre forme serpentine et aller quêter le maître disparu, superposant l’esprit d’outil et le symbole ophidien. Les sources folkloriques autonomes étant rares, l’ensemble demeure une mise en ordre iconographique reliant la lignée des tsukumogami et les légendes où l’on entend le bruit du métier près de l’eau. Côté étymologie, des rapprochements avec le « vingt brasses » des arts du spectacle et des jeux de mots sont évoqués, sans attestation décisive. Visuellement, une longue étoffe ondule en serpent, l’extrémité figurant une langue ou une fente.

  • Kameosa (la « jarre vénérable »)

    Kameosa (la « jarre vénérable »)

    Rare

    ka-mé-O-sa

    Conforme aux planches d’Ishiyama Sekien

    付喪神・骸怪Époque d’Edo, Japon

    Interprétation fondée sur l’illustration et le texte de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure Bukuro. La cruche est présentée de face, le bord sert de bouche et les motifs du corps figurent yeux et nez. Le texte, jouant sur l’idée que le malheur se change en bonheur, confie au vase l’allégorie d’une félicité qui emplit après l’adversité. Placée en fin de volume pour une conclusion de bon augure, l’image incline vers le faste plutôt que le funeste. Rattachée aux tsukumogami familiers des mœurs d’époque, elle manque de traditions orales autonomes. Plus tard, on a étendu l’idée de « puiser sans épuiser » en récits sur la variation et l’art du versement de l’eau, mais la source demeure un gasan hautement symbolique, avec peu d’histoires de conduite.

  • Kamikki (l’« ogre des cheveux »)

    Kamikki (l’« ogre des cheveux »)

    Rare

    ka-mi-O-ni

    Version Zugaï d’Iseyan

    付喪神・骸怪Origines inconnues

    Interprétation iconographique du kami de chevelure dans le Hyakki Tsurezurebukuro de Toriyama Sekien. Les cheveux d’une femme s’émancipent sous l’emprise des passions de leur maîtresse, se dressent au cœur de la nuit, et leurs mèches s’allongent et se rétractent comme des êtres vivants. Les couper ne sert qu’un temps, car ils repoussent et se multiplient aussitôt. Sur fond d’un imaginaire ambivalent qui sacralise et redoute la chevelure, l’entité mêle traits de tsukumogami et nature de revenant. Sa forme est un paquet de mèches sans visage ni membres, imposant sa présence par le mouvement et la variation de longueur. On raconte que les rites d’offrande ou les coupes observées selon l’étiquette peuvent l’apaiser, mais nul exorcisme sûr n’est connu.

  • Kinudanuki

    Kinudanuki

    Rare

    ki-nou-da-nou-ki

    Conforme à l’Atlas d’Ishiyama

    Objets Animés et Morts-VivantsÉdo (lieu de publication)

    Le Kinu-tanuki est un yōkai d’identification née de l’édition illustrée, croisant l’imagerie de la soie de Hachijō (Kihachijō) et le vocabulaire des récits de tanuki. Dans l’exemple d’Ishiyama, un tanuki vêtu de motifs de soie est représenté, et le texte d’accompagnement évoque le nom de Hachijō ainsi que les croyances populaires sur les tanuki métamorphes. Les sources folkloriques transmettent peu de récits autonomes ; des interprétations ultérieures lui ont associé le son du battoir et le geste du foulage des étoffes, qui restent des relectures de l’image. Sa nature se rapproche donc d’un esprit-objet et d’une personnification par analogie, davantage cristal de jeux de mots et d’ornementation de la culture imprimée que phénomène surnaturel de terrain. On le dépeint drapé de rayures de Kihachijō, manifesté davantage par des bruits nocturnes d’étoffe battue que par une apparition, mais cela relève d’ajouts interprétatifs sans figure arrêtée.

  • Koinryō

    Koinryō

    Rare

    ko-IN-ryo (r roulé léger)

    Conforme à l’iconographie d’Edo

    Objets Animés et Morts-VivantsOrigine inconnue

    Interprétation reconstructive fondée sur la composition et les notes de Toriyama Sekien. L’entité est une bourse en cuir devenue tsukumogami avec l’âge. L’accessoire en forme de râteau semble hériter des motifs des rouleaux médiévaux, pouvant suggérer l’idée de balayer et ramasser, sans que les sources le confirment. Son déplacement est très rapide, courant comme un éclaireur et se joignant aux cortèges hétéroclites de la parade nocturne des objets. Le nom évoque « peau de tigre » ou « inrō », sans source explicite. Aucune tradition régionale n’est attestée ; sa juxtaposition avec Yarikechō et Zengamanasu dans l’œuvre indique une appartenance au groupe des vieux objets. Les caractéristiques sont notées sans fioritures, dans les limites des commentaires de Sekien et des parallèles iconographiques.

  • Kotofurunushi

    Kotofurunushi

    Rare

    ko-to-fo-rou-nou-chi

    Le Tsukushi Koto Oublié, Kotofurunushi

    Tsukumogami / MukurogaiPréfecture de Fukuoka (Ancienne province de Tsukushi / Esprit d'un vieux koto oublié)

    C'est l'interprétation la plus orthodoxe et tragique du Kotofurunushi, incarnant le désespoir et la tristesse du « Tsukushi Koto » enterré dans les ténèbres de l'histoire musicale par l'ascension du génie Yatsuhashi Kengyo. Ce Kotofurunushi n'est pas un yôkai sauvage qui attaque et dévore les humains. Sa véritable horreur et sa mélancolie se déploient silencieusement au fond des entrepôts non visités ou des maisons abandonnées au cœur de la nuit. Dans l'obscurité, le vieux koto — abandonné pendant des années, fissuré et couvert de poussière — commence à s'accorder de lui-même, sans l'aide d'aucune main. Ensuite, les innombrables cordes rompues et effilochées se tortillent comme des créatures vivantes, ou comme les cheveux noirs d'un spectre féminin vengeur, et commencent à jouer les mélodies archaïques, lourdes et désuètes de l'« école Tsukushi » que les humains modernes ne peuvent plus comprendre. Ce ton, mêlant la fierté autrefois chérie par les aristocrates et les grands prêtres au désespoir brut d'être aujourd'hui ignoré de tous, induit une nostalgie intense et un malaise psychologique déchirants chez quiconque l'entend. Le but du Kotofurunushi n'est pas la vengeance, mais la soif pure et folle d'un instrument : « Je veux juste que quelqu'un écoute mon son. » C'est pourquoi des épées ou des talismans ne sont pas nécessaires pour apaiser ce yôkai. Si quelqu'un qui comprend la musique ancienne dépoussière ce vieux koto, le remonte soigneusement et joue affectueusement ses airs anciens une fois de plus, ses années de ressentiment se sublimeront comme une illusion, et le Kotofurunushi redeviendra simplement un instrument de chef-d'œuvre. C'est une entité qui exprime brillamment les cruelles transitions de l'art et l'affection typiquement japonaise pour les outils.

  • Kura-yarō (le Selle-démon)

    Kura-yarō (le Selle-démon)

    Rare

    KOU-ra ya-RO

    Conforme aux planches d’Ishiyama Sekien

    付喪神・骸怪Origine inconnue

    Une image fondée sur la description du Hyakki Tsurezurebukuro de Toriyama Sekien. La selle elle-même forme le torse, accompagnée d’un cartouche indiquant une blessure près de la roue avant. Les yeux guettent depuis la base du cuir d’étrier, la bouche s’ouvre en fente sur l’avant-pont, laissant voir des crocs. Les mains sont figurées comme des sangles étirées, tenant un fouet à leur extrémité. L’exemplaire s’inscrit dans la lignée des tsukumogami, suivant l’idée d’époque qu’un vieil objet acquiert une âme par l’usage prolongé ou le ressentiment. La selle, nœud du lien maître-serviteur, sert de symbole chargé des souvenirs du champ de bataille et transmet une leçon iconographique contre les morts injustes et l’inconduite. Juxtaposée à la bouche d’étrier, elle thématise la vigilance autour de l’ensemble du harnachement, la monstruosité n’étant que le miroir de la négligence et de l’injustice.

  • Kutsutsura

    Kutsutsura

    Rare

    KOUTSOU-tsou-ra (ku-tsu-tsu-ra)

    Version iconographique et critique

    付喪神・骸怪Inconnue

    Établie d’après les anecdotes et images de Toriyama Sekien, cette version ordonne la figure comme un humanoïde bestial portant symboliquement un objet (un socque). Dans le Hyakki tsurezurebukuro, avec la page en vis-à-vis du « long chapeau », elle allégorise le proverbe « Ne pas entrer dans un champ de melons pour remettre ses chaussures, ni arranger son chapeau sous un prunier », montrant en image un avertissement à éviter tout soupçon. Aucune histoire d’apparition réelle ni de nuisance concrète n’est transmise, si ce n’est son rattachement à la lignée des monstres mangeurs de melons, et les moyens de le chasser se bornent au récit de talismans portant la maxime. Aucun lien assuré avec des toponymes japonais, et, pour la forme, la source renverrait aux rouleaux de la période Muromachi montrant des bêtes coiffées d’un léger socque.

  • Kyōkotsu (l’« os fou »)

    Kyōkotsu (l’« os fou »)

    Épique

    KYO-kotsou

    Version Zue de Sekien

    付喪神・骸怪Édo

    Type fixé par le peintre d’Edo Toriyama Sekien, qui désigne les ossements au fond d’un puits comme « Kyōkotsu » et les illustre. Un squelette en habit blanc s’agrippe au seau et émerge du fond, avec des légendes soulignant la violence du ressentiment. La tradition orale du nom est faible et l’on pense que l’être naît du lien entre l’image et le mot (dialecte « kyōkotsu », terme « 髐骨 » pour les os blancs). Plus tard, on lui a ajouté des explications comme « os jetés au puits » ou « esprit de noyé ou de chute », mais les sources primaires n’enferment pas sa nature. L’étrangeté du squelette est mise en avant, l’emblème l’emporte sur un statut spirituel défini.

  • Kyōrinrin

    Kyōrinrin

    Peu commun

    kyo-rin-rin

    Version conforme aux traditions

    付喪神・骸怪Kyoto

    Fondée sur l’esthétique d’images à la manière de Sekien, le rouleau de sutra effiloché s’enroule et se déroule de lui-même, ses extrémités bougeant comme des membres. Sans bruit, il se glisse tout près et frémit à la voix d’une récitation. Si l’on commet une impiété, comme déchirer un sutra vénérable ou le fouler aux pieds, des froissements de papier et une mince psalmodie résonnent au cœur de la nuit, et des caractères de sutra flottent dans l’ombre des lampes. À l’inverse, si l’on purifie et dépose correctement le sutra, il se tient coi et se contente d’ôter la poussière du studiolo. Cette image, au croisement du culte du livre à l’époque moderne et de la croyance en les tsukumogami, se relie par association à la figure au cou d’oiseau des rouleaux du Hyakki Yagyō: le “bec” y symbolise le porteur de la parole et de sa vertu magique. Les lieux précis et noms de personnes restent incertains hors des sources.

  • La Dame-démon du char à lettres

    La Dame-démon du char à lettres

    Rare

    fu-GU-ru-ma yo-HI

    Conforme à l’iconographie, édition de Sekien

    付喪神・骸怪Époque d’Edo (Japon)

    Interprétation fondée sur l’image et la légende de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezuregusa. Le fumikuruma est un dispositif de transport de documents des palais, temples et demeures aristocratiques, préparé pour les urgences. On y voit la pensée figée de lettres d’amour accumulées se condenser en une apparition de dame de cour. Faiblement attestée par l’oralité, cette entité conceptuelle née de la littérature et de la peinture de l’époque d’Edo est davantage racontée comme une présence qui “montre” et suscite le remords, plutôt que comme un yōkai nuisible concret. Le nom usuel est Fumikuruma Yōhi, bien que des confusions postérieures avec Fumikuruma Yōki existent.

  • Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

    Le Blaireau au sac (Fukuro-mujina)

    Rare

    foo-KRO-mou-JI-na

    Version à annotations iconographiques (selon Sekien)

    付喪神・骸怪Époque d’Edo

    Version fondée sur l’iconographie et les brèves notes de Toriyama Sekien dans Hyakki Tsurezure Bukuro. L’apparence montre une femme-mujina portant un sac de veille sur l’épaule, mais en changeant de point de vue, c’est le sac lui‑même qui est le yōkai, et la porteuse peut n’être qu’une mise en scène métaphorique. Son comportement pousse les humains à des jugements précipités, exposant la vacuité des suppositions. Peu nuisible en réalité, il fait trébucher ceux qui « fouillent le sac » par pur à‑peu‑près, les couvrant de honte. À la manière des yōkai d’emaki, aucune époque ni région fixes, l’art de la ressemblance et de la facétie prime.

  • Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

    Le Gardien du hochet de moines (Hōssumori)

    Rare

    HOSS-seu-mori (ほっすもり)

    Conforme aux images de Sekien

    付喪神・骸怪Époque d’Edo, d’après des rouleaux peints

    Fondée sur la représentation du tsukumogami du hossu dans le Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Sous un dais, il adopte la posture de lotus, joignant la pureté de l’instrument rituel et le calme de l’esprit né de l’usage prolongé. Fortement teinté de symbolisme zen, il suggère le kōan du « bouddha-nature du chiot », idée que la buddha-nature se manifeste au-delà de l’animé et de l’inanimé. En Chine, le hossu est dit chasser les influences démoniaques, ce qui nourrit l’image d’un esprit d’outil sans entrave à l’Éveil. Bien qu’étant un yōkai-objet, il n’est pas conté pour des frasques comme d’autres Hyakki, mais figure assis, observant sa propre nature. Sa mémoire iconographique le situe surtout là où s’assemblent les instruments rituels — halls, cellules monastiques, dépôts — et les traditions locales concrètes sont limitées.

  • Le Jeune Garçon à la Gourde

    Le Jeune Garçon à la Gourde

    Rare

    hyô-TAN ko-ZO

    Interprétation tsukumogami conforme aux iconographies

    Objets Animés et Morts-VivantsInconnue

    Interprétation fondée sur le Hyakki Tsurezure Bukuro d’Itō Seiyō et les iconographies affiliées au cortège nocturne. La gourde servait de récipient pour l’eau ou le saké, ou de percussion rituelle, et selon la vision des tsukumogami acquiert une spiritualité après un long usage. Le « gourde-kobold » porte un corps humain à tête de gourde et surgit soudain d’un chemin nocturne ou d’un fourré pour seulement faire sursauter les passants. Son caractère, son nom propre et tout préjudice avéré ne sont pas fixés par les sources, et, aux côtés d’ustensiles comme le « moine-pilon », il est compris comme une allégorie d’objets anciens dotés de vie. Les traditions orales locales sont rares, les sources principales étant des peintures et des commentaires postérieurs.

  • Le Voyeur du paravent

    Le Voyeur du paravent

    Rare

    byô-bou NO-zo-ki

    Version conforme aux traditions iconographiques

    付喪神・骸怪Inconnue

    Interprétation centrée sur le commentaire de Toriyama Sekien dans le Konjaku Hyakki Shūi, mettant l’accent sur la nature d’espionner depuis l’extérieur du paravent. Plutôt que de nuire directement, elle se contente surtout de surprendre les secrets d’autrui. On a relevé l’influence d’images issues des classiques chinois évoquant de hauts paravents, tandis qu’au Japon l’idée d’une spiritualité des objets de la chambre a conduit à expliquer qu’un paravent, après de longues années à refléter la vie humaine, devienne yōkai. Il ne s’agit pas d’une divinité locale fixée, mais d’un type de récit de tsukumogami.

  • Le Vénérable du shamisen

    Le Vénérable du shamisen

    Rare

    sha-mi-TCHO-ro (Shamichōrō)

    Version Zugaï d’Iseyen

    付喪神・骸怪Époque d’Edo (Japon)

    Interprétation fondée sur la tradition iconographique du Hyakki Tsurezure Bukuro de Toriyama Sekien. Un shamisen, après de longues années d’usage, devient animé et prend l’allure d’un vieux moine, vêtu d’un habit évoquant la robe monastique et tenant un bâton. Le jeu de mots avec le proverbe « on ne devient pas aîné en restant novice » rappelle que l’art requiert des étapes, tout en admonestant à ne pas maltraiter les objets. Des images analogues figurent dans les estampes de Tsukioka Yoshitoshi, et les bestiaires postérieurs l’ont érigé en exemple de tsukumogami. Les récits nominatifs sont rares, sa diffusion relevant surtout de la peinture et de l’édition.

  • Mino-waraji

    Mino-waraji

    Rare

    MI-no WA-ra-ji

    Version iconographique reconstruite

    付喪神・骸怪Inconnu

    Une image du mino et des waraji réagencée à partir des planches de Toriyama Sekien. Le mino, proche des atours des divinités visiteuses, agit comme symbole protecteur, tandis que les sandales assument la fonction de bornes et de seuils. Usés par les ans et les intempéries, ils se sont chargés d’une puissance numineuse et se mêlent au monde des hommes. Le geste de porter la houe évoque le labeur agricole et le service dû aux dieux du sol, et la scène d’un bosquet de bambous sous la neige suggère pureté et mystère. Aucune conduite précise n’est consignée, sinon des pas grinçants au cœur de la nuit et l’ombre d’un mino avançant dans la tourmente, sans intention malveillante marquée. Figure emblématique des tsukumogami de l’époque moderne, il reflète le respect pour la longévité des objets et la peine du travail.

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