Le kenmun est un yokai transmis dans les îles Amami, de la préfecture de Kagoshima — un esprit des eaux des îles méridionales que l’on tient pour parent du kappa du continent. Il est consigné sous le nom de « kenmon » dans le recueil topographique de la fin d’Edo Nantō Zatsuwa[1], et s’il partage des traits du kappa, comme la coupelle sur la tête et le goût du sumo, son autre visage — celui d’un esprit des arbres habitant les vieux banians (gajumaru) — n’est pas moins marqué. On dit qu’il passe de la mer à la montagne au fil des saisons et que, la nuit, il fait luire son corps tandis qu’il pêche parmi les rochers. Dans les traditions anciennes, c’était un être inoffensif qui aidait les hommes, mais par la suite les récits de malédictions et de malices se sont multipliés.
Folklore et légendes
Le Nantō Zatsuwa[1] rapporte que le kenmun aime le sumo et défie quiconque il aperçoit. Comme le kappa, il perd sa force dès que l’eau de sa coupelle s’en va ; aussi raconte-t-on qu’on le repousse en s’inclinant le premier pour lui faire baisser la tête, ou en l’amenant à imiter un appui renversé. Nul récit sur le kenmun ne saurait passer le banian, le gajumaru, où il a son gîte. Abattre ces vieux arbres attirerait une malédiction, et la réticence à les couper subsiste aujourd’hui encore à Amami. Les récits liés à la pêche abondent : le kenmun ne prélèverait que les yeux des poissons et battrait en retraite si on lui jette un poulpe, qu’il déteste. On raconte aussi largement qu’il se métamorphose pour se faire passer pour des hommes, des bêtes ou des plantes, qu’il lance des pierres et fait des bruits étranges, et qu’il égare les enfants. Après la guerre, à mesure que les forêts de gajumaru se réduisaient, les témoignages à son sujet se seraient eux aussi raréfiés.
Cette version examine de près la forme et le caractère du kenmun — parent du kappa, mais portant des couleurs bien à lui, propres à Amami. Il a la taille d’un enfant, la peau teintée de rouge, le corps couvert d’un poil de singe, et les cheveux noirs ou rouges. Dans la coupelle de sa tête il garde l’eau qui est la source de sa force, et l’on dit que ses doigts, sa bave et la coupelle elle-même luisent faiblement. Alors que le kappa du continent est lié aux rivières et aux gouffres, le kenmun a son gîte dans les vieux banians (gajumaru) et passe de la mer à la montagne au fil des saisons — un caractère singulier, enraciné dans la nature des îles méridionales.
Sa répartition s’étend elle aussi d’île en île, avec ses propres récits transmis à Amami Ōshima, Kakeroma, Tokunoshima, Okinoerabu et ailleurs. Dans les récits des générations anciennes, c’était le plus souvent un esprit inoffensif qui aidait les hommes, mais au fil du temps sa part malicieuse et inquiétante est passée au premier plan. À mesure que s’efface la vie insulaire menée aux côtés de la forêt, la place du kenmun, elle aussi, s’éloigne peu à peu.
Profil du personnage
Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.
Un esprit qui aime le sumo et provoque les autres à des épreuves de force, capricieux comme un enfant. Par-dessus tout, il déteste toute atteinte au gajumaru qui lui sert de demeure.
Affinités
Ceux qui révèrent la nature et chérissent la vie d’autrefois des îles et leurs forêts
Capacités
Aime le sumo et les épreuves de forceSe métamorphose en hommes, en bêtes ou en plantesDoigts, bave et coupelle luminescentsPasse de la mer à la montagne au fil des saisonsPêche avec une prédilection pour les yeux des poissons
Faiblesses
Rendu impuissant dès que l’eau de sa coupelle est perdue
déteste les poulpes
fuit les injures et les propos sur les mauvaises odeurs
Le diagramme ci-dessous est un graphique d'évaluation diagnostique pour L’esprit du banian d’Amami – Kenmun. Plus la valeur de chaque élément est élevée, plus cette caractéristique est fortement exprimée.
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