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Encyclopédie des Yōkai

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鬼・巨怪
  • Possession par un gaki (Gaki-tsuki)

    Possession par un gaki (Gaki-tsuki)

    Peu commun

    ga-ki-TSOU-ki

    Version traditionnelle · Gaki du col possesseur

    鬼・巨怪Diverses régions du Japon (Kanagawa, Wakayama, Kōchi, Niigata, etc.)

    Figure typique d’un esprit affameur qui hante cols et montagnes. On l’associe aux âmes mortes de faim lors de batailles ou d’errances. Les voyageurs portaient un peu de nourriture et l’offraient au col avant de passer pour éviter l’infortune. L’atteinte survient soudainement avec faim aiguë, défaillance des membres, impossibilité d’avancer, souvent cloué à l’ombre ou au vent. Le remède est simple: un seul grain de riz, un morceau d’onigiri salé, un bout de poisson séché en bouche suffisent à desserrer la prise. En prévention, on jette une bouchée du repas aux dieux de la montagne ou aux morts sans sépulture, ou on dépose une offrande au Jizō du chemin. On évite de manger lourd d’un coup et l’on réhabitue l’estomac avec bouillie ou riz en soupe. Sur le littoral on parle de gaki des rochers, dans les plaines et villages du hidaru-gami, à Shikoku du jikitori: noms différents mais symptômes et remèdes communs, étroitement liés aux pratiques locales de culte des morts et d’autels routiers.

  • Ryōmen-sukuna

    Ryōmen-sukuna

    Légendaire

    りょうめんすくな

    Ryōmen-sukuna, dos à dos entre annales et traditions de temple

    Démons et géantsGifu

    Le Nihon Shoki décrit Sukuna de Hida comme un être à un corps, deux visages et quatre mains maniant arcs et flèches, tué par Naniwa no Neko Takefurukuma après avoir refusé l’ordre impérial et pillé le peuple. Les traditions ultérieures de Hida et Mino en font le fondateur de Senkō-ji, une apparition de Kannon à Zenkyūji et le chasseur de dragon de Nichiryūbu-ji. La statue d’Enkū en fait une image de dévotion aux deux visages côte à côte.

  • Sanki Daigongen

    Sanki Daigongen

    Épique

    sanki-daigongen

    Le seul dieu démon du Japon gardant le mont Misen, Sanki Daigongen

    Oni/Monstre géantHiroshima

    Le cœur de Sanki Daigongen réside dans sa nature divine inversée, transformant les oni, originellement redoutés, en une « divinité gardienne qui repousse le mal ». Les trois dieux démons — Tsuicho, Jibi et Mara — régissent respectivement la fortune, la sagesse et la soumission, avec Dainichi Nyorai, Kokuzo Bosatsu et Fudo Myoo comme formes bouddhistes d'origine. Cette structure de trinité démontre la fusion de la pensée Honji Suijaku (réalité originale et traces manifestées) du bouddhisme ésotérique Shingon avec l'ascétisme montagnard et le culte des tengu. Le fait qu'il commande à de grands et petits tengu comme familiers est directement lié aux contes populaires du mont Misen en tant que montagne spirituelle des tengu (comme l'histoire de l'extermination des tengu par Masanori Fukushima). Il incarne la sacralité du mont Misen lui-même, caractérisé par la fondation de Kukai, le feu spirituel inextinguible et les étranges formations rocheuses comparées au mont Sumeru. Le sanctuaire d'Itsukushima (Ichikishima-hime et Benzaiten) sur la mer et Sanki Daigongen sur la montagne forment une paire en tant que divinités gardiennes des deux pôles de Miyajima : la mer et la montagne.

  • Shuten-dōji

    Shuten-dōji

    Légendaire

    Shuten-dōji

    Shuten-dōji, roi des oni dans l’Ōeyama ekotoba

    Yōkai humanoïdes et êtres hybridesKyotoShiga

    Cette figure s’inspire d’un chef qui commande des oni depuis Ōeyama. Il descendrait vers les villages sous l’apparence d’un moine ou d’un jeune guerrier, tirant parti de l’alcool, du désir et des faiblesses humaines. Au banquet, il affecte les usages de l’hospitalité, mais sa véritable nature est celle d’un oni violent qui enlève des êtres humains. Dans le récit de l’expédition, un serment fait devant les divinités est retourné contre lui et un saké empoisonné réduit ses forces. On raconte que l’accueil réservé à des visiteurs vêtus en yamabushi lui fut fatal.

  • Ōnyūdō

    Ōnyūdō

    Épique

    ō-nyū-dō

    Édition des récits traditionnels · Ōnyūdō

    Oni et créatures gigantesquesMie

    L’Ōnyūdō est défini par sa « grandeur » et son « regard perçant ». Son apparence varie d’un moine à chignon d’initié à une silhouette d’ombre aux contours flous. Il surgit dans des lieux liminaires comme les chemins nocturnes, les enceintes de temples et sanctuaires, les cols, les berges de lacs. Il attire le regard et, au moment où on le lève vers lui, grandit pour imposer sa majesté. Son origine diffère selon les régions: métamorphose d’animaux, esprit de vieux stûpas ou de rochers, ou bien phénomène inexplicable. Certains récits parlent de méfaits — abattement sous son œil, fièvre ensuite — tandis que, comme en Awa, il peut avoir un rôle quasi protecteur en prêtant main-forte. Les contre-mesures suivent les pratiques locales de bannissement: ne pas détourner les yeux, briser son ascendant par des flèches ou un chapelet, dévoiler l’entité dissimulée. Dans les sources, les noms Ōbōzu et Ōnyūdō se confondent parfois; il convient de l’appréhender selon chaque tradition locale.

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