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Ryōmen-sukuna(りょうめんすくな)

Description de base

Ryōmen-sukuna est une figure singulière de la province de Hida, décrite dans le Nihon Shoki, puis racontée dans les traditions de Hida et de Mino comme fondateur de temple, protecteur du bouddhisme et héros qui chasse un dragon. Souvent présenté aujourd’hui comme un ogre ou un monstre, il est pourtant désigné par le texte ancien comme « un homme dans la province de Hida, nommé Sukuna » ; l’entrée du livre XI ne l’appelle ni oni, ni divinité démoniaque, ni bandit cruel. Elle le décrit néanmoins comme un adversaire du pouvoir impérial : il refuse les ordres et prend plaisir à piller le peuple, avant d’être mis à mort par Naniwa no Neko Takefurukuma, ancêtre de Wani no Omi.

Son corps reçoit une précision exceptionnelle dans ce très court passage. Un torse porte deux visages tournés dos à dos ; leurs sommets se rejoignent, sans nuque ; « chacun possède mains et pieds », il a des genoux, mais ni creux poplités ni talons. Il est fort et agile, porte des épées à droite et à gauche et utilise arcs et flèches avec quatre mains. Les quatre jambes sont une lecture forte et largement adoptée de « chacun possède mains et pieds », mais le texte ne les compte pas explicitement : seules les quatre mains sont comptées. Les figures ultérieures à deux visages, quatre bras et deux jambes, ou les traditions de Zenkyūji qui le donnent à deux visages, quatre mains et quatre jambes, doivent rester distinctes.

Senkō-ji de Hida continue de transmettre que Sukuna ouvrit la montagne au temps de Nintoku. Selon l’histoire du temple, il fonda un ancien lieu de prière, que le prince Shinnyo (Shinnyo Hōshinnō) organisa plus tard comme temple bouddhique. À Zenkyūji, Sukuna surgit d’une grotte et se transforme en Kannon aux onze visages ; au Nichiryūbu-ji de Mino, il chasse un dragon qui nuisait aux habitants, établit le temple et son bâton de cyprès devient le « cyprès aux mille branches ». Ces traditions de temples ne sont pas celles du Nihon Shoki, mais les récits locaux qui ont conservé un autre Sukuna.

On ne peut choisir l’adversaire des annales ou le héros protecteur comme seule vérité. Les documents sont éloignés dans le temps et la date de la rédaction des traditions de temple demeure à étudier. Il est toutefois certain qu’un même nom a reçu, au fil des récits, la figure d’un personnage singulier tué par le pouvoir, fondateur lié à Kannon, chasseur de dragon, puis image de dévotion sculptée par Enkū. Ses deux visages ne distribuent pas simplement bien et mal ; ils permettent de regarder les mémoires diverses que des époques et des narrateurs ont données au même nom.

Folklore et légendes

Le plus ancien récit de Ryōmen-sukuna se trouve dans le livre XI du Nihon Shoki, à l’entrée de la soixante-cinquième année de Nintoku. Il commence par « dans la province de Hida se trouvait un homme, nommé Sukuna », décrit son corps étrange, sa force, son agilité, ses épées et les arcs et flèches maniés par quatre mains. Il ajoute qu’il ne suivait pas l’ordre impérial et pillait le peuple, puis que Takefurukuma fut envoyé pour le mettre à mort. Il ne dit rien de sa naissance, de sa famille, de sa demeure, de la bataille ni de son sort après la mort. Fondation de temple, Kannon et dragon ne figurent pas dans ces quelques lignes : elles marquent la limite de ce que les sources anciennes permettent de dire directement.

Il faut distinguer les dates traditionnelles des dates historiques. La soixante-cinquième année de Nintoku correspond, dans la conversion traditionnelle, à 377, mais les anciennes chronologies du Nihon Shoki ne peuvent être acceptées sans examen comme dates réelles. Takefurukuma apparaît aussi dans les annales de l’impératrice Jingū ; l’identifier au même personnage produit de grands décalages au sein même de la chronologie du texte. Des recherches lisent le livre de Nintoku comme une composition littéraire ; l’historicité et la place de l’entrée sur Sukuna restent donc ouvertes à la discussion. Cela ne suffit ni à la déclarer invention tardive, ni à affirmer qu’un chef local réel aurait été transformé en démon par le centre.

Les traditions de Senkō-ji racontent un autre Sukuna. Le temple le vénère aujourd’hui comme son fondateur et affirme qu’il ouvrit un lieu de prière au temps de Nintoku. Mais la genèse du Senkō-ji ki, qui porte ce récit, n’est pas simple. Rihei Okamura note que la fin d’un exemplaire porte novembre 1621 et le nom de Genkai, tout en soupçonnant que la forme du document est une attribution plus tardive. 1621 est l’année du colophon transmis, non une preuve que les événements remontent au IVe siècle. La pratique actuelle qui honore Sukuna comme fondateur et la question de la valeur historique du document doivent être considérées séparément.

À Zenkyūji, à Himeno dans le bourg de Nyūkawa, un récit d’apparition plus spectaculaire est conservé. Quand la montagne de Dewagahira gronde et qu’une paroi s’effondre, Sukuna sort d’une grotte : deux visages, quatre mains, quatre jambes, six mètres de haut, armure et hache. Il dit être venu défendre le bouddhisme ; après un mudrā, il devient une petite image de Kannon aux onze visages et les villageois construisent un ermitage. Le temple conserve une image de Sukuna, une Kannon aux onze visages et la pierre dite du repas final avant sa mise à mort. L’âge du récit n’est pas connu, et ne permet pas d’en faire un compte rendu continu depuis l’Antiquité ; il atteste en revanche une tradition importante où Sukuna protège le bouddhisme.

À Nichiryūbu-ji, dans l’ancienne province de Mino, la mémoire prend encore une autre forme. Une source municipale de Seki rapporte que l’étranger de Hida Ryōmen-sukuna chasse le dragon divin qui faisait souffrir les alentours au sommet du mont Takasawa et établit le temple. Son bâton de cyprès pousse alors mille branches et devient le « cyprès aux mille branches » de l’enceinte. Celui que le Nihon Shoki place du côté des ravages apparaît ici comme celui qui délivre les habitants du dragon et fonde un lieu de foi.

La figure s’est aussi incarnée en statue. D’après le patrimoine de Gifu, la statue assise en un seul bloc de bois laissée par Enkū à Senkō-ji mesure 88 centimètres ; elle a les cheveux dressés, les yeux relevés, une hache tenue de côté, un halo en forme de barque décoré de nuages et un socle rocheux. Les deux visages sont côte à côte, non l’un devant et l’autre derrière, ce qui permet de les voir ensemble. L’inscription de 1685 du petit sanctuaire de Senkō-ji confirme le séjour d’Enkū à Hida à cette époque, mais ne permet pas de dater exactement la statue de 1685. L’idée qu’une face serait colère et l’autre compassion ne figure pas dans le registre du patrimoine de Gifu et ne peut être fixée comme son sens originel.

Ryōmen-sukuna ne se prête donc pas à une biographie continue. Les annales du VIIIe siècle le montrent comme un être étrange tué pour s’être opposé au pouvoir ; les temples postérieurs le donnent comme fondateur, apparition de Kannon ou chasseur de dragon ; Enkū, les commémorations locales et les créations modernes ont encore ajouté des images. Ni les traditions locales ne sont à traiter comme la « vérité » d’un vaincu, ni les annales ne suffisent à fixer définitivement Sukuna comme malfaiteur. En gardant les dates, les locuteurs et les objectifs de chaque source — et les silences qui les séparent — la double face devient une manière de regarder plusieurs mémoires plutôt qu’un masque qui cacherait leurs contradictions.

Cartes de Yokai5

Ryōmen-sukuna dans plusieurs styles artistiques

Galerie de cartes

KIN gardiens du calendrier maya

Affichage de la liste des KIN du calendrier maya gardés par Ryōmen-sukuna.

Explication détaillée

Lire « un corps,
deux visages » dans le texte ancien

Le corps de Ryōmen-sukuna ne vient pas d’un portrait achevé, mais de moins d’une centaine de caractères chinois dans l’entrée de la soixante-cinquième année de l’empereur Nintoku du Nihon Shoki. Le manuscrit *Nihon Shoki 6* mis en ligne par les Archives nationales ne constitue pas l’original de 720 ; il permet néanmoins de vérifier, sans passer par un résumé ultérieur, l’ordre dans lequel le nom et le corps sont décrits.

L’entrée dit :

La soixante-cinquième année, dans la province de Hida, vivait un homme nommé Sukuna. Il avait un seul corps et deux visages, tournés l’un le dos à l’autre. Leurs sommets se rejoignaient, sans nuque ; chaque côté avait mains et pieds. Il avait des genoux, mais ni creux poplités ni talons. Fort et agile, il portait des épées à droite et à gauche et maniait arcs et flèches de ses quatre mains. Parce qu’il refusait l’ordre impérial et prenait plaisir à piller le peuple, on envoya contre lui Naniwa no Neko Takefurukuma, ancêtre de Wani no Omi, qui le mit à mort.
Double page d’un exemplaire du Nihon Shoki conservé aux Archives nationales, contenant l’entrée sur Sukuna de la soixante-cinquième année de Nintoku.
Nihon Shoki, entrée « Sukuna » de la soixante-cinquième année de Nintoku
Double page du livre XI du Nihon Shoki, à l’entrée de la soixante-cinquième année de Nintoku. La page gauche décrit Sukuna de Hida : un corps, deux visages, quatre mains, épées, arcs et flèches, puis sa mise à mort par Naniwa no Neko Takefurukuma.
Nihon Shoki, livre XI (Nihon Shoki 6, Archives nationales, cote 137-0054-0006, image 24).
国立公文書館デジタルアーカイブの二次利用条件に基づき掲載。

« Un corps, deux visages » décrit un seul être muni de deux faces ; « les faces se tournent le dos » indique leur orientation opposée. Les sommets du crâne se rejoignent et il n’y a pas de nuque. Le texte ne donne ni cornes, ni crocs, ni couleur de peau, ni coiffure, ni taille, ni vêtement. Dépouillé des ogres et des géants que l’on y projette volontiers, Sukuna apparaît d’abord comme une anomalie construite par les mots.

Ce que font les quatre mains

La partie du corps dont le texte fixe explicitement le nombre est « quatre mains ». Les épées sont portées à droite et à gauche ; les quatre mains manient ensemble l’arc et les flèches. On peut donc lire un combattant très armé, mais non deux arcs tendus simultanément, quatre flèches décochées à la fois, ni l’emploi en même temps de l’épée et de l’arc. Le nombre des armes et les postures précises restent ouverts aux images et aux sculptures.

L’expression qui associe force et agilité n’autorise pas non plus à lui attribuer vitesse surnaturelle, téléportation ou invulnérabilité. Deux visages tournés en sens inverse peuvent suggérer un large champ de vision, mais le texte ne dit pas qu’il n’a pas d’angle mort, qu’il voit l’avenir ou que deux consciences combattent séparément. La force de sa figure guerrière apparaît mieux quand les gestes consignés restent distincts des mises en scène postérieures.

Quatre jambes :
une lecture forte,
non un chiffre ancien

Les jambes sont le point le plus débattu du bref passage. Si l’on rapporte « chacun possède mains et pieds » aux deux faces ou aux deux côtés du corps, il est naturel de comprendre deux paires de membres et donc quatre jambes. Pourtant, là où le texte précise « quatre mains », il ne dit jamais « quatre pieds ». Les quatre jambes constituent ainsi une interprétation solide et largement reçue, non un attribut dont l’ancienne phrase donne le nombre.

La formule « il a des genoux, mais ni creux poplités ni talons » complique encore l’image. Elle décrit une forme qui n’est pas un corps humain simplement dédoublé, sans expliquer comment elle se tient ou marche. Des lectures ultérieures l’ont rapprochée de manières de marcher montagnardes, mais aucune profession, chaussure ou démarche particulière ne se déduit de cette seule phrase. C’est peut-être cette partie inférieure non résolue qui empêche Sukuna de devenir un simple humain à deux visages.

Armure,
hache et quatre jambes dans les traditions de temple

La silhouette de texte devient, dans les traditions des temples de Hida, un être concret que l’on peut raconter et vénérer. Dans le récit de l’apparition de Sukuna à Zenkyūji, un géant de six mètres, à deux visages, quatre mains et quatre jambes, surgit d’une grotte en armure et tenant une hache. Il dit venir pour défendre le bouddhisme, forme un mudrā et devient une petite image de Kannon aux onze visages. Ici, la taille et le nombre des jambes, absents du Nihon Shoki, sont fixés ; la hache remplace au premier plan les arcs et les épées.

Ce Sukuna de Zenkyūji ne répare pas un portrait antique incomplet. Il relit le même nom dans une foi locale. Les deux visages dos à dos du Nihon Shoki, les deux visages, quatre mains et quatre jambes de Zenkyūji, et les images ultérieures à deux visages, quatre bras et deux jambes ne s’excluent pas : texte, géant de grotte et objet de culte exigent des corps différents.

Enkū tourne les deux visages vers le fidèle

La statue assise de Ryōmen-sukuna par le moine itinérant Enkū ne met pas en volume les deux visages dos à dos. Le registre du patrimoine de Gifu décrit une statue monoxyle de 88 centimètres, aux cheveux hérissés et aux yeux relevés, tenant une hache à l’horizontale ; elle est assise sur un rocher, devant un halo en forme de barque décoré de nuages. Ses deux visages s’alignent de gauche à droite, si bien que le fidèle les voit ensemble de face. Il semble moins chercher à reproduire littéralement les faces opposées qu’à les ouvrir simultanément au regard de la dévotion.

Statue en bois de Ryōmen-sukuna par Enkū : deux visages côte à côte, une hache et un halo de nuages.
Enkū, statue assise de Ryōmen-sukuna
Statue assise de Ryōmen-sukuna par Enkū. Les deux visages sont alignés de gauche à droite ; la hache, le halo en forme de nuages et le socle rocheux ne reprennent pas littéralement les deux faces opposées du Nihon Shoki, mais les ouvrent au regard frontal du fidèle.
Toyotsu, « RyomenSukuna2.jpg » (photographie du 23 mars 2024), Wikimedia Commons ; œuvre : Enkū, statue assise de Ryōmen-sukuna, Senkō-ji.
ToyotsuがCC BY-SA 4.0で公開した写真を、無加工で掲載。

L’inscription de 1685 sur le petit sanctuaire de Senkō-ji confirme qu’Enkū se trouvait alors à Hida. Elle ne date pas la statue elle-même : il est plus prudent de la relier à son séjour à Hida autour de cette année. La hache plutôt que les armes du Nihon Shoki, la posture assise et les deux visages tournés vers l’avant font du combattant étrange des annales une image de culte.

Ne pas distribuer colère et compassion entre deux faces

Deux visages invitent à imaginer deux états d’âme. Or le Nihon Shoki ne dit pas qu’ils parlent, pensent ou combattent séparément. Il rapporte la désobéissance à l’ordre impérial et le pillage du peuple, non une face mauvaise opposée à une bonne face. Ouverture de montagne, défense du bouddhisme, transformation en Kannon et expulsion d’un dragon relèvent de récits de temples postérieurs ; ils n’expliquent pas une prétendue « face du bien » de l’ancien Sukuna.

Le registre du patrimoine de Gifu ne dit pas non plus qu’une face de la statue d’Enkū exprimerait la colère et l’autre la compassion. Le spectateur peut y percevoir des émotions distinctes, mais ne peut les figer en intention du sculpteur ou en personnalité originelle. La double face ne forme pas un symbole binaire du bien et du mal : elle indique un corps que l’on n’épuise jamais en le regardant d’une seule direction.

Ce que révèle la date du Senkō-ji ki

La vénération actuelle de Sukuna comme fondateur de Senkō-ji possède sa valeur propre. Mais pour la rapporter à l’Antiquité, il faut examiner la date des documents transmis. Dans Hida Sansen, Rihei Okamura relève qu’un Senkō-ji ki porte à la fin le nom de Genkai et la date de novembre 1621, tout en soupçonnant, d’après sa forme, une attribution par des mains plus tardives. Cette information atteste la transmission d’un colophon de 1621 et le regard critique qu’un chercheur de l’ère Meiji portait déjà sur le document.

Double page 448–449 de Hida Sansen où Rihei Okamura évoque Senkō-ji et le Senkō-ji ki.
Rihei Okamura, examen du Senkō-ji ki dans Hida Sansen
Double page où Rihei Okamura présente Senkō-ji. En bas de la page droite, il relève le nom de Genkai et la date de novembre 1621 à la fin du Senkō-ji ki, tout en soupçonnant une attribution ultérieure d’après la forme du texte ; une photographie de Senkō-ji apparaît en haut.
Rihei Okamura, Hida Sansen, collection Hida sōsho, vol. 2 (Sumii Shoten, 1911), p. 448–449, Collection numérique de la Bibliothèque nationale de la Diète, PID 765269, image 242.
保護期間満了資料として公開されている画像を、出典を明示して掲載。

Une date de colophon n’est pas celle des événements racontés. Elle ne prouve pas qu’un Sukuna du temps de Nintoku ait fondé Senkō-ji. Elle ne rend pas non plus la foi ultérieure sans valeur : événement antique allégué, origine transmise à l’époque moderne, critique documentaire et pratique de dévotion actuelle sont chacun des faits de temps différents.

La mise à mort et les faiblesses que le texte ne donne pas

Le Nihon Shoki s’achève en disant que l’on envoya Naniwa no Neko Takefurukuma, ancêtre de Wani no Omi, et qu’il mit Sukuna à mort. L’entrée ne précise ni le lieu, ni la durée du combat, ni l’arme ou la ruse employée. La défaite est attestée, mais elle ne permet pas de faire de Takefurukuma, de l’armée impériale, du sabre ou de l’arc une faiblesse spéciale de Sukuna. Scellement, soumission rituelle, rites pour les morts et incantations ne figurent pas davantage dans ce texte.

Les temples racontent sous le même nom un fondateur, une apparition de Kannon ou un héros qui chasse le dragon ; les annales rapportent un vaincu ; la statue propose une présence à laquelle on fait face. Il vaut mieux conserver ensemble ces plans, sans les réduire à une seule personnalité ou à une série unique de pouvoirs. Les faces opposées ne distribuent pas une réponse entre bien et mal : elles reçoivent les regards de périodes différentes portés sur le même nom.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Caractère
Taciturne et imposant, il ne tranche pas précipitamment entre bien et mal. Il sépare avec calme le visage de l’adversaire des annales de celui du protecteur vénéré dans les traditions de temple.
Affinités
Il s’accorde avec celles et ceux qui aiment vérifier la date et le narrateur d’une source, ne méprisent ni annales ni croyances locales et refusent de réduire une contradiction à une réponse unique. Il convient à qui écoute les mémoires accumulées dans les statues et les lieux autant que la seule force.
Capacités
Possède un corps portant deux visages opposésManie arcs et flèches avec quatre mainsPorte des épées à droite et à gaucheEst fort et agileApparaît, dans la tradition de Zenkyūji, comme un géant à deux visages, quatre mains et quatre jambesSe transforme, dans la tradition de Zenkyūji, en Kannon aux onze visagesChasse le dragon divin, dans la tradition de Nichiryūbu-ji
Faiblesses
Sa faiblesse et sa méthode de mise à mort propres sont inconnues. Le Nihon Shoki dit qu’il fut tué par Naniwa no Neko Takefurukuma, mais ne donne ni lieu, ni arme, ni stratagème : Takefurukuma, l’armée impériale ou une arme déterminée ne peuvent devenir une faiblesse générale.
Habitat
Le Nihon Shoki situe Sukuna dans la province de Hida. Les traditions postérieures le relient à Senkō-ji, à Zenkyūji et à la grotte de Dewagahira à Hida, ainsi qu’à Nichiryūbu-ji dans l’ancienne province de Mino. Aucun document ne permet de fixer sa demeure antique ou le lieu de sa mise à mort.

Sources et références

8
  1. 『日本書紀』巻第十一、仁徳天皇六十五年条舎人親王ほか(国立公文書館所蔵「日本書紀6」、請求番号137-0054、冊次0006、第24画像, 720) [正史・一次文字史料]飛騨国に一人いた宿儺の呼称、一体二面・相背く顔・四手・剣・弓矢などの身体と武装、皇命への不服従、人民の掠略、難波根子武振熊による討伐を直接記す基礎史料。
  2. 千光寺について飛騨千光寺(飛騨千光寺公式サイト, 現在公開) [寺院公式]宿儺を仁徳天皇の時代に祈りの場所を開いた開山者として祀り、後に真如法親王が仏教寺院として整えたとする、千光寺が現在継承する公式由緒。
  3. 仁徳紀の構成(二)―即位前紀と皇后・氷室・易名・鷹甘部松倉文比古(『龍谷紀要』27巻2号, 2006) [研究論文]仁徳紀を単純な年代記ではなく文学的構成を持つ巻として検討する研究。宿儺条の紀年と配置を考える背景資料として用い、記事の偽作や宿儺の実在像を直接証明するものとは扱わない。
  4. 『飛騨山川』岡村利平(飛騨叢書第2、住伊書店、448~449頁, 1911) [地誌・史料批判]千光寺を紹介し、「千光寺記」の末尾に元和7年(1621)11月と玄海の名があることを記す一方、文書の体例から後人による仮託の疑いを示す近代地誌。
  5. 飛騨高山に実在した「両面宿儺」飛騨高山観光協会(善久寺監修)(飛騨高山観光公式サイト, 現在公開) [寺伝の公式紹介]善久寺監修のもと、「両面宿儺出現記」の二面四手四脚・甲冑・鉞・十一面観音への変化、宿儺像、御膳石、両面窟と遥拝所を紹介する。出現記の成立年代は明らかでない。
  6. 千本檜関市(『広報せき』2012年3月1日号, 2012) [自治体資料]飛騨の異人・両面宿儺が高沢山の神龍を退散させて日龍峯寺を建立し、手にした檜の杖が境内の千本檜になったとする地域伝承を収録する自治体資料。
  7. 円空作仏像(千光寺)岐阜県(岐阜県文化伝承課, 現在公開) [文化財公式]千光寺所蔵の円空作両面宿儺像について、県指定文化財としての位置づけ、像高88センチ、一木造、逆立つ頭髪、横持ちの鉞、雲形光背、岩座など確認可能な造形を記録する。
  8. 円空年譜岐阜県(岐阜県文化創造課, 現在公開) [文化財研究]貞享2年(1685)の千光寺厨子銘など、円空がこの頃に飛騨へ滞在したことを示す年譜。両面宿儺像自体の制作年を1685年と確定する資料ではない。

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