YOKAI.JP

尻目

しりめ

尻目

尻目

Son âme vous écoute — adressez-lui la parole et elle vous répondra.

Description de base

Le Shirime est un yokai qui prend une forme humaine, mais possède une absence étrange à la place du visage, et finit par effrayer les voyageurs avec un œil unique s'ouvrant sur ses fesses. Son nom signifie littéralement « œil sur les fesses ». Plutôt que d'être décrit comme un esprit vengeur terrifiant, il est raconté comme un monstre à la fois comique et sinistre qui trompe complètement le regard de son interlocuteur sur une route nocturne. Dans les présentations bien connues du monde anglophone, on explique souvent l'intrigue ainsi : un samouraï est interpellé sur une route de nuit vers Kyoto, l'homme retire son kimono et fait briller un grand œil ouvert sur ses fesses.

Ce yokai est presque entièrement soutenu par l'iconographie des rouleaux peints (emaki) et de brèves anecdotes. Puisque le Rouleau des Yokai de Buson est la principale source connue, l'expliquant comme une sorte de Noppera-bo (fantôme sans visage), YOKAI.JP ne le traite pas comme un yokai illustré dans le style de Sekien, mais comme appartenant à la culture des rouleaux peints autour de Yosa Buson et aux histoires de fantômes des routes nocturnes de Kyoto. Les rééditions et commentaires de documents comme le « Yokai Hyakumonogatari Emaki » édité par Yumoto Koichi constituent un point de référence important pour relier ce genre de petit yokai visuel aux lecteurs modernes.

La terreur du Shirime ne réside pas dans une attaque, mais dans l'inversion du regard. Alors qu'un Noppera-bo pétrifie sa victime par la disparition de son visage, le Shirime, après avoir confisqué le visage, transforme de force un endroit qu'on ne devrait pas regarder en « œil ». En d'autres termes, celui qui regarde pense observer l'autre, mais est en réalité observé. En inversant une partie située au bas du corps en un œil lumineux, le comique, l'obscène et la terreur se superposent en un instant. Bien qu'il s'agisse d'une histoire courte, elle reste intensément gravée dans les mémoires, car la structure de cette frappe unique est remarquablement brillante.

Folklore et légendes

Le folklore du Shirime ne possède ni longue histoire d'origine ni rituel local, mais subsiste comme un bref récit de rencontre. De nuit, sur la route menant à Kyoto, un samouraï se fait interpeller. Un inconnu retire son kimono et, au lieu de se retourner, présente ses fesses. Un grand œil s'y ouvre, émettant une forte lumière. Le samouraï, incapable de combattre ou de questionner, s'enfuit. L'article d'Hyakumonogatari présente cette intrigue comme une traduction issue des documents de Shigeru Mizuki, précisant sa relation avec le Rouleau des Yokai de Buson.

Ce qui est important ici, c'est que le Shirime n'est pas un yokai qui tue. De nombreux yokai monstrueux sont décrits par les préjudices réels qu'ils causent (mordre, sucer, enlever, maudire), mais le Shirime existe par le simple fait d'effrayer. Cela ne signifie pas que c'est un yokai faible. Au contraire, cela montre à quel point la sécurité humaine peut être facilement brisée simplement en perturbant la disposition du corps et les règles de bienséance du regard. En utilisant le symbole de la bravoure qu'est le samouraï, le récit devient encore plus tranchant. Même un porteur de sabre ne peut vaincre une bouffonnerie inexplicable.

En tant qu'image, le Shirime est plus facile à comprendre lorsqu'il est lu en relation avec le Noppera-bo. Le Noppera-bo est un yokai qui efface le visage, laissant un vide là où l'interlocuteur s'attend à voir des yeux, un nez et une bouche. Le Shirime, après ce vide, déplace les yeux ailleurs. L'explication selon laquelle tandis qu'un Noppera-bo normal montre un visage lisse comme un œuf, le Shirime provoque un double choc avec son absence de visage et l'œil sur ses fesses exprime parfaitement le mécanisme de ce yokai. La peur de perdre un visage et le rire face à la chute de l'ordre corporel arrivent simultanément.

On ne peut ignorer la mention du nom de Buson. Yosa Buson, figure se tenant à la frontière entre la poésie haikai et la peinture, observe l'étrange non pas comme une simple terreur, mais comme un sujet d'humour poétique, d'espace vide et de fantaisie. Si le Shirime brille non pas dans un long récit, mais dans un dessin unique et une scène fugace, c'est parce qu'il s'accorde bien avec cette brièveté du haikai. Les rééditions telles que le « Yokai Hyakumonogatari Emaki » servent de base pour comprendre comment les rassemblements de cent contes, les rouleaux et les histoires étranges de l'époque moderne ont préservé les courtes anomalies.

À l'époque moderne, le Shirime est devenu une entité visuellement inoubliable, même parmi les yokai. Plutôt que de faire peur, le rire et le dégoût surgissent simultanément à l'instant où on le comprend. Cette ambiguïté est probablement la raison pour laquelle il est facilement repris dans les jeux vidéo ou les présentations de yokai à l'étranger. Le Shirime n'est pas un grand yokai, mais c'est un exemple très petit et incisif démontrant à quel point un yokai peut survivre tenacement en possédant ne serait-ce qu'une seule « forme inexplicable ».

Yokai liés

Des yokai profondément liés à celui-ci dans la légende.

Explication détaillée

Lu comme un œil unique brillant sur des fesses au bord d'une route nocturne, le Shirime touche au cœur de l'expression yokai, bien qu'il s'agisse d'une histoire extrêmement courte. Apparition, déshabillage, exhibition, illumination, fuite. Si l'on n'en retient que l'intrigue, tout se résume en quelques lignes. Cependant, dans ces quelques lignes, les perceptions humaines fondamentales que sont regarder l'autre, regarder un visage et regarder des yeux, sont successivement trahies. La scène où un samouraï est interpellé sur une route de nuit vers Kyoto et se voit aveuglé par la lumière intense d'un œil sur des fesses n'est pas un récit de combat, mais une histoire de fantôme qui utilise le regard lui-même comme arme.

Le premier mécanisme est l'absence de visage. Les monstres de la lignée du Noppera-bo effacent le visage, le centre de l'humanité. Sans visage, on ne peut lire ni les émotions de l'autre, ni l'intention de ses paroles, ni la présence ou l'absence d'hostilité. Le Shirime, s'appuyant sur cette anxiété du sans-visage, déplace encore l'œil ailleurs. C'est pourquoi il est expliqué comme une variante du Noppera-bo : les yeux qui devraient se trouver sur le visage ont disparu et sont placés sur les fesses, la partie du corps la plus vulnérable et prêtant le plus à rire. Ici, la peur et le comique deviennent indissociables.

Le second mécanisme est la destruction de la bienséance. Être interpellé par un inconnu sur une route sombre est déjà troublant, mais lorsque l'autre retire soudainement son kimono, la scène tombe de la tension martiale à la farce obscène. Pourtant, l'instant d'après, cette farce bascule dans l'étrange grâce à l'œil lumineux. Le Shirime n'est pas intéressant parce qu'il est vulgaire. Il est terrifiant parce qu'il transforme un geste vulgaire en un « œil » qui dévisage l'homme en retour. Non seulement on vous montre ce que vous ne devriez pas voir, mais on vous regarde depuis cet endroit. Cette inversion constitue la frappe décisive du Shirime.

Le troisième mécanisme est la brièveté. Le Shirime n'a presque pas d'histoire de naissance, de récit d'extermination, ni de longue malédiction. Ce n'est pas pour autant qu'il est faible ; au contraire, il est parfaitement adapté à une image unique. Les petits yokai conservés dans les rouleaux illustrés restent dans les mémoires non par l'épaisseur de leur histoire, mais par leur iconographie dont le sens surgit à l'instant même où on la regarde. Le Shirime en est l'exemple typique : avant même d'entendre une explication, la simple composition d'un œil sur des fesses capte le lecteur. Ce yokai montre bien que l'image du yokai voyage parfois plus vite que le récit.

Le décor de la route nocturne menant à Kyoto soutient également l'effet du Shirime. L'entrée d'une ville ou un carrefour sont des frontières où alternent le connu et l'inconnu, l'ordre du jour et l'angoisse de la nuit. Lorsqu'on y est interpellé, on cherche d'abord le visage de l'autre. L'acte même de chercher le visage devient le piège du Shirime. L'instant d'après avoir compris qu'il n'y a ni visage ni regard, l'œil vous observe depuis un tout autre endroit. C'est pourquoi le Shirime, bien qu'étant un yokai de Kyoto, n'est pas mémorisé pour le prestige historique d'un lieu célèbre, mais comme une embuscade inattendue au milieu de la route.

Si le Shirime a retrouvé sa notoriété dans les présentations de yokai après Shigeru Mizuki, c'est aussi parce que la vitesse de son image est très compatible avec les médias modernes. Des encyclopédies comme le « Zusetu Nihon Yokai Taizen » de Shigeru Mizuki ont transposé des fragments du folklore régional et des vieux rouleaux dans un format où le lecteur moderne peut chercher, comparer et s'en souvenir comme d'une image. Le Shirime ne porte aucune leçon morale, n'enseigne aucune éthique, il survit uniquement par une disposition corporelle étrange. C'est précisément pour cela qu'il est facilement intégré dans les présentations de yokai à l'étranger ou dans les jeux.

Avoir peur du Shirime, ce n'est pas avoir peur d'une attaque. C'est avoir peur que la disposition du monde se trompe en un instant. Le visage n'a pas de visage, les fesses ont un œil, et cet œil brille. Si le samouraï s'enfuit, ce n'est pas parce qu'il est lâche, mais parce que l'adversaire qu'il devrait trancher avec son sabre n'est pas là. Le Shirime apparaît non pas comme un ennemi, mais comme un accident de perception. Dans l'obscurité de la route nocturne, l'ordre du corps est inversé. Ce seul instant, à la fois comique et cruel, suffit amplement à faire du Shirime un véritable yokai.

En ce sens, le Shirime ne s'arrête pas à une fantaisie vulgaire. C'est un yokai qui plie, sur la plus courte distance possible, la confiance que l'homme a de voir le monde correctement. La vitesse de cette distorsion est précisément la force de ce petit yokai.

Profil du personnage

Cette section est notre propre création pour le récit. Ce n'est ni un fait historique ni une étude savante.

Type de Yōkai
Yōkai traditionnels
Rareté
Rare
Caractère
Ayant peu de malveillance, il brise délibérément l'ordre de la bienséance et du regard pour pétrifier sa cible. Il préfère les silences pesants et reste dans les mémoires par la fulgurance de son étrangeté plutôt que par une terreur pure.
Affinités
S'accorde bien avec ceux qui apprécient les plaisanteries étranges et les espaces vides des récits de fantômes classiques. Il réagit plus fortement à ceux qui peuvent simplement observer la surprise elle-même, plutôt qu'à ceux qui essaient de le chasser par la logique.
Capacités
Effacer son visage pour perturber la perception de l'autreÉmettre une forte lumière par l'œil unique ouvert sur ses fessesDéstabiliser même les samouraïs avec des gestes brisant les règles de bienséanceSusciter simultanément la peur et le rire sans attaquerPosséder une puissance visuelle inoubliable par une seule illustrationProvoquer la double stupeur typique de la lignée du Noppera-bo
Faiblesses
Il manque de pouvoir pour blesser les gens ou les poursuivre longtemps. Une fois l'instant de surprise passé, si l'interlocuteur passe au rire ou à l'observation, sa pression en tant que phénomène surnaturel faiblit rapidement.
Habitat
Routes nocturnes de la province de Yamashiro en direction de Kyoto. Il apparaît dans les chemins sombres, les carrefours ou les rues peu fréquentées, des lieux où le simple fait d'être interpellé par un inconnu engendre l'angoisse.

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Sources et références

3
  1. Shirime – Eyeball ButtZack Davisson(Hyakumonogatari Kaidankai, 2012) [翻訳・解説] Référence水木しげる『Mujara』からの翻訳として、尻目の京都夜道譚、蕪村妖怪絵巻との関係、のっぺらぼう変種説を紹介する記事。
  2. 妖怪百物語絵巻湯本豪一 編著(国書刊行会/国立国会図書館サーチ, 2003) [図像資料・研究書]妖怪絵巻資料を再録・解説する図像資料。蕪村妖怪絵巻系の小妖怪を扱う際の参照枠として用いた。
  3. 図説日本妖怪大全水木しげる [著](講談社, 1994) [妖怪図鑑] Référence水木しげるによる妖怪図鑑の国立国会図書館書誌。化け鯨の近現代図像受容の参照点。

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