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Ōmi Province 淡海の都に妖異が畳まれる。近江国の妖怪

瀬田の龍と大百足・三井寺の鉄鼠・地底をめぐる甲賀三郎。水と道が結ぶ古代の国

淡海の都に妖異が畳まれる。
近江国の妖怪

Ōmi Province · おうみ

Aussi appelé: 江州
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近江(おうみ)という国の名は、湖から生まれた。古代の人々は琵琶湖を「淡海(あふみ)」── 真水の海と呼び、都に近いこの湖を、遠江(とおとうみ)の浜名湖に対して「近(ちか)つ淡海」と名づけた[1]。やがて「近淡海」が「近江」へと縮まる。国の名そのものが、中央に横たわる巨大な湖の存在証明なのである。

近江国は東山道に属し、湖の東を東山道が、西を北陸道が貫き、平安期には東海道もここを通った。東国と西国を分かつ境であり、都へ入る者も都を出る者も、必ずこの水と道の国を踏む ── 近江は、日本列島の交通の臍(ほぞ)であった。この稿では、現代の滋賀県の妖怪事典が湖国全体の怪を見渡したのを承けて、もう一段だけ時を遡る。古代に都が置かれ、英雄が斃れ、最古の人魚が記された「淡海の都」── 令制国としての近江に、妖怪と怪異がどう根を張ったかをたどりたい。

淡海の都 ── 大津宮と壬申の乱の記憶

湖と道が交わる近江は、東国と西国の境であった。古代の都・戦・神話が、この水の国に幾重にも記憶を畳んでいる。
湖と道が交わる近江は、東国と西国の境であった。古代の都・戦・神話が、この水の国に幾重にも記憶を畳んでいる。

近江を語るとき、避けて通れないのが、ここがかつて日本の都であった事実だ。天智天皇六年(六六七年)、中大兄皇子は飛鳥から近江へ都を遷し、翌年、天智天皇として即位する[2]。白村江の敗戦(六六三年)で唐と新羅の脅威にさらされた朝廷が、湖に守られた要害の地を選んだのだといわれる。この近江大津宮で、全国規模では初の戸籍とされる庚午年籍(こうごねんじゃく)が編まれた。

だが都の命は短かった。六七一年に天智が崩じると、翌六七二年、天智の子・大友皇子と弟・大海人皇子のあいだで皇位を争う壬申の乱が起こる[3]。激戦の末に大海人皇子(のちの天武天皇)が勝ち、都は再び飛鳥へ戻った。近江大津宮は、わずか五年余で歴史から退場する。古代最大の内乱が決した地 ── その記憶が、近江の地層の最も古い層に刻まれている。妖怪や怨霊の物語が、のちにこの国でかくも濃く育つのは、ここが「都であったが都でなくなった土地」だったことと、けっして無縁ではないだろう。

その大津宮と畿内とをつなぐ咽喉(のど)が、瀬田の唐橋であった。琵琶湖から流れ出る川はただ一本、瀬田川しかない。湖の水がすべてここを通る以上、橋は天然の関門になる ──「唐橋を制する者は天下を制す」と称され、壬申の乱でも、橋をめぐる攻防が乱の帰趨を決した[4]。橋の架設は、大津宮遷都のころにさかのぼると伝わる。湖と道と都を一点で結ぶこの橋が、後世、龍と大百足の物語の舞台になるのは、地理の必然であった。

瀬田唐橋の龍と三上山の大百足 ── 道の妖怪

瀬田唐橋から三上山へ。橋・川・山という近江の地形そのものが、龍と大百足の劇場になる。
瀬田唐橋から三上山へ。橋・川・山という近江の地形そのものが、龍と大百足の劇場になる。

近江国を象徴する妖怪退治譚は、この瀬田唐橋から始まる。平安の武将・俵藤太(たわらとうだ)こと藤原秀郷(ふじわらのひでさと)が、橋に横たわる大蛇に道をふさがれた。ひるまず踏み越えると、大蛇は人の姿に転じ ── 瀬田川と琵琶湖を支配する龍王の化身であった。

Grand Centipède

ô-mou-ka-dé

Le Grand Centipède est un yōkai centipède géant dont la carapace repousse lames et flèches. Son corps, assez long pour enlacer des montagnes, a des pattes rougeoyantes comme le feu et des crocs venimeux capables de broyer une armure. Ennemi des grands serpents et des dragons, divinités des eaux, il apparaît dans lacs, marais et montagnes pour les affronter. Symbole de bravoure inflexible, il fut perçu comme un bon présage par guerriers et marchands, mais ses formes varient selon les régions et ses détails restent incertains.

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龍王は、近江富士とも呼ばれる三上山(みかみやま)を七巻き半する大百足に一族を喰われ、困り果てていた。秀郷は龍王の願いを容れ、二本まで弾かれた矢の三本目に唾をつけ、神仏の加護を得たその一矢で百足の眉間を射抜く。礼として龍宮へ招かれた秀郷は、尽きることのない米俵や巻絹を贈られた ── これが「俵藤太」の名の由来だとも伝わる[5]。武勇譚は『太平記』巻十五にも組みこまれているが[6]、興味深いことに、その『太平記』本では大百足の棲み処を三上山ではなく比良山とする。同じ近江の山でも、語り手によって舞台が湖の東から西へ動く ── このあたりの異伝の機微は、湖国全体を見渡す滋賀県の妖怪事典に詳しい。ここで確かめておきたいのは、橋の下の龍、湖を渡る矢、山に横たわる百足という、近江の地形そのものが物語を動かしているという一点である。道の妖怪は、道のかたちに従って生まれる。

その瀬田唐橋の東詰には、近江国一宮の建部大社(たけべたいしゃ)が鎮まる。祀られるのは古代最大の英雄神・倭建命(やまとたけるのみこと)── だが各地の荒ぶる神を平定したこの英雄ですら、近江の山の神には敗れた。

Yamato Takeru

Yamato Takeru

Yamato Takeru est l'un des plus grands héros divinisés de l'ancien Japon. Le Kojiki et le Nihon Shoki le présentent comme un prince tragique, fils du douzième empereur Keiko. Dans le Kojiki, il apparaît sous les noms de Yamato Takeru no Mikoto et Ousu no Mikoto; dans le Nihon Shoki, sous les formes Nihon Buyson, Ousu no Mikoto, Yamatooguna, entre autres. Après avoir tué son frère aîné, il inspire la crainte à son père, l'empereur Keiko, qui l'écarte et l'envoie campagne après campagne: vers l'ouest contre les Kumaso du sud de Kyushu et vers Izumo, puis vers l'est, dans les régions du Tokai, du Kanto et du Tohoku, où il soumet dieux locaux et puissants clans. Lors de l'expédition contre les Kumaso, il se déguise en femme, s'introduit dans le camp ennemi et abat les deux chefs Kumaso Takeru; à l'agonie, l'un d'eux lui remet le nom de Yamato Takeru. Avec l'épée Kusanagi, reçue de sa tante Yamato-hime, ancêtre des saigu du sanctuaire d'Ise, il échappe à l'incendie de Yaizu, en Suruga. Sur la mer de Hashirimizu, son épouse Ototachibana-hime se jette dans les flots pour apaiser le dieu de la mer. Enfin, frappé par la malédiction du dieu du mont Ibuki, en Omi, il tombe gravement malade et meurt à Nobono, en Ise, aujourd'hui Kameyama dans la préfecture de Mie. La légende selon laquelle il devient après sa mort un oiseau blanc et s'envole est l'un des grands récits japonais anciens d'ascension et de métamorphose héroïques. Tombes légendaires, sanctuaires Shiratori et Atsuta Jingu, où se transmet l'épée Kusanagi, gardent son souvenir dans les régions de Mie, Aichi, Gifu, Shizuoka et au-delà.

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『古事記』によれば、ヤマトタケルは伊吹山の神を素手で討とうと登り、道で出会った白い大猪(『日本書紀』では大蛇)を「神の使いだろう、帰りに殺す」と侮った[7]。怒った神は大氷雨(おおひさめ)を降らせて彼の正気を奪う。山を下りた英雄は、伊吹山南麓の醒井(さめがい、現·米原市)の「居醒(いさめ)の清水」でわずかに息を吹き返したと伝わるが、ついに病を得て、伊勢の能煩野(のぼの)で力尽きた。澄んだ湧水はいまも街道沿いに流れ、英雄の最期を近江の地に結びつけている。琵琶湖を見おろす伊吹の山は、英雄を殺すほどの荒神(あらがみ)の坐す山として、この国の北東にそびえていた。建部大社が彼を武運の神として祀るのは、敗れてなお神格を得た英雄への、近江の人々の敬意のかたちであろう。

湖底の最古の人魚と、
湖を掘った巨人 ── 水の妖怪

淡海=真水の海。日本最古の人魚も、湖を掘った巨人も、この巨大な水の器をめぐって語られた。
淡海=真水の海。日本最古の人魚も、湖を掘った巨人も、この巨大な水の器をめぐって語られた。

近江が「淡海の海」と呼ばれた水の国であることは、妖怪の系譜にもくっきりと刻まれている。日本最古の人魚の記録は、ほかでもない近江のものだ。

Ningyo

ningyo

Le Ningyo (littéralement « poisson-humain ») est un yōkai mi-humain mi-poisson censé vivre dans les mers et les rivières. Dans le folklore japonais, il s'agit d'une entité singulière présentant deux visages totalement opposés : l'un synonyme d'« immortalité », l'autre de « présage de désastre ». Contrairement aux belles sirènes occidentales, les Ningyo décrits dans les textes anciens japonais sont souvent monstrueux, avec « un visage de singe et un corps de poisson » ou dotés « de dents acérées et de cornes ». Lorsqu'ils s'échouaient sur les côtes, ils étaient considérés comme de funestes présages annonçant des guerres ou des épidémies. D'un autre côté, une croyance puissante affirmait que leur chair était un « élixir de jeunesse éternelle ». La légende de « Yao-bikuni », une femme qui aurait vécu 800 ans après avoir mangé de la chair de Ningyo, est répandue dans tout le Japon. À l'époque d'Edo, le Ningyo est passé d'un objet de terreur à une « curiosité de foire » et une « bête rare » suscitant la fascination. Les artisans se sont mis à fabriquer en masse des « momies de Ningyo » en cousant habilement la moitié supérieure d'un singe à la moitié inférieure d'un poisson, déclenchant un véritable engouement et un commerce tant à l'intérieur du pays qu'à l'international.

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『日本書紀』推古天皇二十七年(六一九年)の条に、近江国の蒲生河(がもうがわ)に「其の形(かたち)人の如し」というものが現れたと記される[8]。海ではなく、湖へ注ぐ淡水の川に現れたところが、いかにも近江らしい。同じ年、摂津国の堀江でも「児(わかご)の如し、魚にも非ず人にも非ず」というものが網にかかったと併記されるが、近江の蒲生河の例は、文献に裏づけられた人魚の最古例として知られる。もっとも当時「人魚」という語はまだ成立しておらず、後世の人々がこれを人魚と読みかえたものだ。明治の博物学者・南方熊楠は、この古例をオオサンショウウオの誤認だろうと推測している ── 怪異の記録は、しばしば、まだ名を持たぬ何かへの戸惑いから始まる。

水の妖怪は、湖の創成譚にまで遡る。近江には、琵琶湖そのものを掘ったという巨人の伝説が伝わる。

Daidarabotchi

Daidarabotchi

Daidarabotchi est le nom le plus emblématique d’une tradition japonaise de géants qui interprète les dépressions, les étangs et marécages, les puits, les tertres et les montagnes comme les « traces laissées par le corps d’un géant ». Ces récits se concentrent surtout dans les régions du Kantō et du Chūbu, où les appellations varient selon les lieux — Daidara-bō, Daidabotchi, Dairabotchi ou encore Deedarabotchi — et où les graphies en kanji 大太法師 et 大多羅法師 ont également été employées. Il ne s’agit pas d’un individu unique doté partout de la même apparence et de la même biographie, mais d’un ensemble de récits apparentés qui expliquent chaque paysage par les gestes d’un géant et que des noms proches ont fini par réunir. Ces traditions s’intéressent moins au visage ou aux vêtements du géant qu’aux traces qu’il aurait laissées après son passage. Un seul pas enfonce le sol et crée un étang ou un marais ; l’endroit où il prend appui se soulève ; la terre qu’il transporte, ou celle qui tombe de ses chaussures, devient colline ou tertre. Porter une montagne, creuser de la terre pour la déposer ailleurs, planter un bâton ou se soulager permet de relier montagnes lointaines, mer, dépressions et sources à un même corps démesuré. Tous les lieux ne lui attribuent toutefois ni les mêmes gestes ni les mêmes objets, et aucun caractère commun à tout le pays ne se dégage quant à sa bonté, sa malveillance, son intelligence ou son attitude envers les humains. Le *Hitachi no Kuni Fudoki* et le *Harima no Kuni Fudoki* conservent eux aussi des récits anciens qui expliquent le relief par le corps, les empreintes ou les déjections d’immenses « hommes des temps anciens » et « grands hommes ». Leur structure ressemble étroitement à celle des traditions postérieures de Daidarabotchi, mais son nom ne figure dans aucun de ces textes anciens. Il ne s’agit donc pas de la preuve qu’un même yōkai aurait été transmis sans changement depuis l’Antiquité, mais de documents de comparaison qui attestent l’ancienneté de l’idée consistant à expliquer la forme du pays par le corps d’un géant.

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ダイダラボッチは、山や湖をつくるほどの巨体を持つ国造りの巨人だ。富士山を盛り上げるために近江の土を掘り、その掘った跡が琵琶湖になったと語られる[9]。湖の輪郭と富士の山容が、一人の巨人の手仕事として一続きに想像されているのである。この伝説の縁から、昭和四十三年(一九六八年)に静岡の富士宮市と近江八幡市は夫婦都市の縁を結んだ。神話を都市交流に変えてしまうあたりに、伝説がいまも生きていることがうかがえる。掘った土が富士になり、その跡が湖になる ── 列島の地形を一つの物語で結ぶこの巨人は、近江が「水の国」であることの、最も雄大な説明になっている。

そして、夜の湖そのものが妖しい火をともす。彦根に伝わる蓑火(みのび)は、湖を渡る舟人の妖怪である。

Feu de paille (Minobi)

mi-no-BI

Le Minobi est un feu mystérieux, semblable à des lucioles, qui apparaît par points sur les manteaux de paille des bateliers traversant le lac Biwa lors des nuits pluvieuses de la saison des pluies. Il ne brûle ni ne chauffe, ne se propage pas, et s’éteint si l’on retire le manteau. En revanche, le balayer de la main en multiplie les points, qui scintillent comme des étoiles. On l’a tenu pour la manifestation des noyés vindicatifs, mais des lectures modernes y voient un phénomène d’illumination gazeuse; des cas analogues sont signalés ailleurs au Japon.

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旧暦五月の雨の夜、琵琶湖の舟上で、蓑(みの)に蛍のような火の玉がいくつもまとわりつく。手で払えば払うほど数を増し、けれども熱くはなく、蓑を脱げば消えるという[10]。鳥山石燕も『今昔百鬼拾遺』にこれを描いた[11]。火でありながら水上にともるという矛盾を、そのまま静かな美しさに変えてしまうところが、湖国の怪らしい。水死者の魂が火になるという説もあれば、明治の井上円了は湖面から立つ燐(りん)やガスのなせるわざと説いた ── 怪異と科学のあわいで、蓑火はいまもほのかに光りつづけている。

三井寺の怨霊 ── 山門寺門の争いが生んだ鼠

三井寺の伽藍から比叡山へ押し寄せる頼豪の怨念・鉄鼠。生々しい寺院対立の歴史が、怪異へと重なった姿である。
三井寺の伽藍から比叡山へ押し寄せる頼豪の怨念・鉄鼠。生々しい寺院対立の歴史が、怪異へと重なった姿である。

都の記憶が古代の層なら、中世の近江に怪異を呼びこんだのは、寺と寺との争いである。大津の三井寺(園城寺)は天台寺門宗の総本山で、たびたび戦乱に焼かれては再興された「不死鳥の寺」として知られる。この寺の歴史に重なる怨霊譚が、頼豪(らいごう)と鉄鼠(てっそ)の物語だ。

Raigō

raï-GÔ

Raigō, moine tendai du milieu de l’époque de Heian, était réputé pour l’efficacité de ses rites et aurait obtenu la naissance d’un prince pour l’empereur Shirakawa. Plus tard, il souhaita établir une plateforme d’ordination à Onjō‑ji, mais l’opposition farouche d’Enryaku‑ji fit échouer le projet. Rongé par le ressentiment, il se laissa mourir par jeûne méditatif. Après sa mort, son esprit vengeur aurait pris la forme d’un rat dévorant les dépôts de sutras, le « rat de fer » (Tessu), un épisode relaté dans le Dit des Heike et le Taiheiki. C’est un exemple typique où faits historiques et récit d’esprit vengeur se superposent.

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頼豪は、白河天皇に皇子誕生を祈願し、百日の祈りの末にこれを成就させた三井寺の高僧だった。恩賞として三井寺に戒壇(かいだん ── 僧に戒を授ける場)を設けることを願ったが、これを嫌う比叡山延暦寺の強硬な反対で叶わず、憤死したと伝わる ──『平家物語』は、恨みのあまり怨霊と化した頼豪が、自ら祈り出した皇子を呪い殺したと語る[12]。承暦元年(一〇七七年)、皇子はわずか四歳で世を去ったという。

この怨念が、やがて鉄の牙を持つ鼠の群れへと姿を変える。

Tessō, le Rat de fer

tes-SO

Le Tessō est un yōkai né de l’esprit vengeur du moine Raigō de Miidera (Onjō‑ji), qui se serait transformé en un gigantesque rat dévorant rouleaux bouddhiques et statues. Son histoire s’inscrit dans le conflit entre Enryaku‑ji et Miidera. Le nom « Tessō » vient de Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien ; les traditions anciennes parlent de « Rat de Raigō » ou « Rat de Miidera ». Ce récit mêle légende d’onryō et peurs populaires liées aux ravages des rats, et a laissé des rites apaisants dans les sanctuaires et temples autour du mont Hiei et d’Ōtsu.

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後世の物語では、頼豪の怨霊は八万四千の鉄鼠となって比叡山へ押し寄せ、経巻や仏像を食い荒らした[13]。江戸の妖怪画はこれを鉄鼠(てっそ)と名づけて結晶させ、三井寺には鼠の霊を祀る十八明神社(じゅうはちみょうじんしゃ)── 通称「ねずみの宮」が、いまも比叡山の方角をにらむように建っている。

怨霊が鼠に化けるという発想の背後には、近江の宗教史そのものがある。同じ天台でありながら、円珍(えんちん)門流の三井寺(寺門)と、円仁(えんにん)門流の延暦寺(山門)とは、座主の補任や戒壇の権をめぐって長く反目しあった ── これを「山門寺門の争い」と呼ぶ[14]。正暦四年(九九三年)には山門が寺門の坊舎を焼き、寺門の僧およそ一千人が山を下って三井寺に拠った。頼豪が望んで容れられなかった「戒壇」とは、まさにこの対立の核心であった。怪異は、ここでは空想の産物ではない。生々しい権力闘争の記憶が、鼠という小さな獣の姿を借りて語り直されたのである。

比良の天狗と、
地の底をめぐる三郎 ── 山と地下の妖怪

近江は道と湖の国であると同時に、湖を囲む山の国でもある。湖の西にそびえる比良山(ひらさん)には、大天狗が宿る。

Hira-san Jirōbō

Hira-san Jirōbō

Hira-san Jirōbō est un grand tengu qui plonge ses racines dans le mont Hira, en province d'Ōmi ; parmi les quarante-huit tengu et les Huit Grands Tengu, son nom occupe le second siège (le rang deux), juste après Atago-san Tarōbō. Représenté en grand tengu au long nez, il passe pour commander l'air de la montagne et le vent, et pour gouverner les tengu placés sous ses ordres. Établi dans la chaîne du Hira qui se dresse sur la rive occidentale du lac Biwa, le tengu de cette montagne paraît sous son nom dans les textes médiévaux. Le Hirasan Kojin Reitaku, composé par Keisei en la première année de Enō (1239), consigne un dialogue avec le vieux tengu (le « vieillard ») du mont Hira, et témoigne que Hira fut depuis longtemps conçu comme une montagne sacrée où demeurent les tengu. Dans la hiérarchie des tengu menée par Atago Tarōbō, Jirōbō, en tant que second siège, a souvent été évoqué en couple avec Tarōbō.

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比良山次郎坊(ひらさんじろうぼう)は、愛宕山の太郎坊に次ぐ大天狗とされる。注目すべきは、天狗が単なる人を化かす妖怪としてではなく、宗教を論じる存在として一次史料に現れることだ。鎌倉時代の僧・慶政(けいせい)が著した『比良山古人霊託(ひらさんこじんれいたく)』(一二三九年)には、ある女房に憑いた比良山の大天狗と慶政とが、仏法をめぐって長く問答するさまが記されている[15]。日本を代表する八天狗を数えるとき、その筆頭が愛宕の太郎坊、これに次ぐのが比良の次郎坊だとされた。琵琶湖を見おろす比良の高嶺は、それほどの大天狗が坐すにふさわしい山と仰がれたのである。

天狗という存在そのものについては、近江の比良に限らず、修験の山すべてにまたがる広がりを持つ。

Tengu

Tengu

Le tengu est un yokai et un être quasi divin que l'on dit habiter les montagnes du Japon, un seigneur des hauteurs inséparablement lié aux ascètes yamabushi du Shugendō. Ses formes se répartissent largement en deux lignées. L'une est le tengu au long nez, au visage rougeaud et au nez haut, vêtu de l'habit de l'ascète de montagne, portant un éventail de plumes et de hautes socques à une dent ; l'autre est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, sous lesquels suivent des parents inférieurs tels que le tengu-feuille et le tengu-copeau. Ce qui fut jadis conçu comme un oiseau pareil à un milan se durcit, au cours du Moyen Âge, en l'image de l'ascète de montagne au long nez. Le tengu est à la fois un démon qui entrave la Loi bouddhique et, une fois soumis, une divinité gardienne qui la protège — cette double nature est l'essence du tengu. La notion qu'un grand moine arrogant choit et devient tengu fut liée à la « voie du tengu » bouddhique, et dépeinte en satire dans les rouleaux peints de la fin de Kamakura. Au sein du culte des montagnes, en revanche, le tengu était révéré comme gardien de la montagne et maître des arts martiaux et magiques, un être qui éprouve ou guide le pratiquant. Du mont Kurama et du mont Atago à Kyoto en partant, chacune des montagnes sacrées du royaume était dite avoir son propre grand tengu, et le Sutra des Tengu de l'époque pré-moderne en compte le nombre à quarante-huit.

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験力、飛行、慢心、そして護法 ── 天狗は、聖と魔の両方を一身に背負う、修行の山の住人である。鼻高の山伏天狗、烏天狗、木の葉天狗と図像も多彩で、ときに人をたぶらかし、ときに仏法を守護する。比良山次郎坊は、その天狗類のなかでも、近江という土地に固有の名を与えられ、正統な大天狗として語り継がれた一例だといえる。

同じ近江の南東、甲賀の地からは、地の底をめぐる異形の英雄が生まれた。

Koga Saburo

Koga Saburo

Koga Saburo est le protagoniste d'une légende japonaise médiévale tirée du chapitre "Les origines de Suwa" du Shintosho, relatant un voyage souterrain épique et sa transformation en serpent. Décrit comme le troisième fils d'une puissante famille du district de Koka dans la province d'Omi, il pénètre dans une grotte profonde du mont Tateshina (province de Shinano) à la recherche de sa femme disparue, la princesse Kasuga, pour se retrouver piégé sous terre à cause de la jalousie de son frère aîné. Après une longue errance dans cet au-delà souterrain, il finit par regagner la surface, mais son corps s'est transformé en celui d'un serpent géant ou d'un dragon, ce qui le lie finalement au culte de la divinité du sanctuaire supérieur de Suwa. Plutôt que de le confondre avec Takeminakata-no-Kami du Kojiki, Koga Saburo doit être compris comme le produit d'un mythe médiéval alternatif sur les origines de Suwa : l'archétype du "guerrier qui atteint la divinité en prenant la forme d'un serpent".

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中世の説話集『神道集』の「諏訪縁起」によれば、甲賀の領主の三男・甲賀三郎(こうがさぶろう)は、天狗にさらわれた妻・春日姫(かすがひめ)を救うべく、信濃の蓼科山(たてしなやま)の人穴へと分け入った[16]。だが地上へ引き上げる綱を兄に切られ、地の底に取り残されてしまう。地下には七十二もの国があったと語られ、三郎はそのひとつ維縵(いかん)国の王女と契りながらも、なお地上を恋いつづけた。長い帰路の末にようやく地上へ帰り着いたとき、その身はすでに蛇(龍)へと変じていた ── やがて人の姿を取り戻した三郎は、諏訪の明神になったと語られる。武士が地底をめぐり、蛇身を経て神へと昇る ── 甲賀の地は、こんな壮大な転生譚の出発点でもあった。地下を旅する英雄という発想が、湖と山にはさまれた近江の地から立ち上がっているのは、暗示的である。

灯火の妖怪と、
湖国を歩いた商人たち ── 近世の近江

Le Bébé huileux

a-bu-ra A-ka-go

Yōkai illustré à l’époque d’Edo moyen par Toriyama Sekien dans le Konjaku Gazu Zoku Hyakki. Sous l’apparence d’un nourrisson, il lèche l’huile des lanternes. Son origine est rattachée à une croyance d’Ōtsu (province d’Ōmi) selon laquelle un marchand d’huile, ayant volé l’huile offerte à un jizō, devint après sa mort un feu errant (relaté dans Shokoku Riin Dan et Honchō Koji In’enshū). Sekien, s’appuyant sur ces récits de feux fantômes, aurait figuré l’obsession de l’huile sous la forme d’un bébé.

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近世に入ると、近江の妖怪は街道や町の暮らしのなかに溶けこんでいく。その代表が油赤子(あぶらあかご)だ。鳥山石燕の『今昔画図続百鬼』(一七七九年)に描かれたこの妖怪は、赤子の姿で行灯(あんどん)の油を舐め取る[17]。石燕の図像の背後には、近江国大津の俗信がある ── 大津で地蔵の灯明油を夜ごと盗んで売っていた油売りが、死後に迷って怪火(油坊)と化したという話だ[18]。火の玉が家に入りこんで赤子の姿となり、油を舐め、また火に戻って飛び去る。「灯(あかり)」が怪を呼ぶという発想は、油という商品が貴重で、寺社の灯明や行灯の灯が暮らしの中心にあった時代の感覚から生まれている。

そして油という商品は、近江のもう一つの顔へとつながっていく。湖と東西の街道に恵まれた近江は、近世日本を代表する商人 ── 近江商人を生んだ土地であった。

八幡商人、日野商人、五個荘商人らは、天秤棒一本をかついで全国へ行商に出た。日野商人は売薬や醸造を得意とし、油もまた彼らの扱った重要な商品の一つであった[19]。「近江の千両天秤」という言葉は、天秤棒一本から千両の身代を築く気概と、富を得ても行商の初心を忘れぬ戒めを、同時に伝えている。妖怪の世界では油を盗む怪火が語られ、現実の世界では油を商う商人が街道を歩く ── 油という一つの品をめぐって、怪異と経済とが同じ近江の街道の上で交差していたのである。湖が交通の臍であったからこそ、ここでは物も人も怪も、同じ道の上を行き来した。

結び ── 湖と道が記憶を畳む国

近江国の妖怪をたどると、この国がいかに「境の国」であったかが見えてくる。東国と西国の境、水と陸の境、聖と魔の境 ── そのいずれもが、湖と道という近江の地理に根ざしている。瀬田唐橋に龍と大百足が立ちあがり、伊吹山に英雄を斃す荒神が坐し、蒲生河に最古の人魚が記され、巨人が湖を掘り、三井寺に怨霊の鼠が群れ、比良に大天狗が宿り、甲賀から地底をめぐる三郎が現れ、大津の街道に油の怪火がともる。

古代の都が置かれ、壬申の乱が決し、英雄が斃れた近江は、その後も都の神仏・軍記・怪談を湖と山で受けとめ、独自の怪異に編みなおしてきた。令制国としての近江がたたんだこれらの記憶は、いまも現代の滋賀県の妖怪事典へと地続きに流れこんでいる。淡海の都は、わずか五年で都であることをやめた。だが、都であった記憶も、英雄が敗れた記憶も、商人が街道を歩いた記憶も、この水の国はけっして手放さなかった。近江の妖怪とは、その畳まれた記憶が、湖面にほのかに灯した火なのである。

Tous les yokai de Ōmi Province12

Liste complète des yokai liés à Ōmi Province, y compris ceux non traités dans l'article ci-dessus.

  • 瀬織津姫

    瀬織津姫

    Divin

    せおりつひめ

    速川の瀬に立つ祓戸の水神・瀬織津姫

    神霊・神格大祓詞の速川の瀬/佐久奈度神社 (現·滋賀県大津市、祓戸信仰)

    La clé pour lire Seoritsuhime réside dans le fait de placer la purification non pas sur le « rendre blanc » mais sur le « faire bouger ». Les péchés et les impuretés de l'Oharai-no-Kotoba ne sont pas des choses sur lesquelles il suffit de réfléchir mentalement. Ils sont transférés sur des objets de purification, nommés par l'incantation, et remis à l'eau qui tombe des montagnes. Seoritsuhime est leur première porteuse. L'endroit où elle réside n'est pas une surface de lac calme, mais les rapides d'une rivière tumultueuse. Dans les endroits où l'eau se presse, où les courants tourbillonnent, où les appuis deviennent instables, les péchés sont séparés du domaine humain. Le travail de cette divinité diffère d'un doux réconfort. Seoritsuhime n'enveloppe pas ni ne préserve les impuretés. Elle reçoit ce qui a été purifié et le transporte directement vers le grand océan. Il y a ici une ancienne sagesse selon laquelle, plutôt que d'analyser continuellement le péché, il faut changer son emplacement à un certain moment. Une communauté humaine se briserait si elle ne faisait qu'accumuler les péchés et les impuretés à l'intérieur. Ainsi, la purification révèle les péchés par les mots, les place sur des objets, et les renvoie au cycle naturel. Seoritsuhime est la divinité de cette commutation, le pouvoir même qui ramène les choses stagnantes dans le courant. L'observation de la chaîne des quatre divinités Haraedo rend le rôle de Seoritsuhime encore plus clair. Lorsqu'elle les transporte de la rivière à la mer, Hayaakitsuhime les avale dans le tourbillon de la marée, Ibukidonushi les souffle de son haleine vers le Pays des Racines et le Pays du Fond, et Hayasasurahime finit par les faire disparaître. En d'autres termes, Seoritsuhime n'est pas l'achèvement de l'éradication, mais l'initiation du transfert vers l'éradication. La divinité qui s'occupe de la première étape est souvent la plus proche des humains. Au moment où une personne lâche un péché ou une impureté, il n'a pas encore disparu. Cependant, il n'est plus entre les mains de son propriétaire. Seoritsuhime se tient dans ce temps suspendu. Le charme de Seoritsuhime en tant que déesse de l'eau naît également de cela. L'eau est précieuse non pas parce qu'elle est pure, mais parce qu'elle purifie en coulant. Elle ne rejette pas la turbidité ; elle la transporte. Il est naturel que les croyances attirées par les cascades et les rapides se tournent vers Seoritsuhime. L'eau qui tombe traverse continuellement les frontières : de haut en bas, de la montagne à la rivière, de la rivière à la mer. La déesse qui s'y tient n'est pas la gardienne d'un sanctuaire fixe, mais une divinité qui facilite le passage à travers les frontières. Sa pureté n'est pas une innocence figée, mais un ordre maintenu par l'écoulement. D'un autre côté, il faut garder ses distances avec la tentation de parler de Seoritsuhime comme du « corps véritable caché » d'Amaterasu Omikami. Dans l'explication officielle de l'Ise Jingu, l'Aramatsuri-no-Miya est le premier sanctuaire auxiliare du Naiku, vénérant l'Aramitama d'Amaterasu Omikami, et l'Aramitama est expliqué comme une manifestation particulièrement remarquable du pouvoir divin. Le nom de Seoritsuhime n'y est pas placé. Par conséquent, les récits reliant les deux sont traités en toute sécurité comme des annotations ultérieures, des croyances populaires et une réception moderne. Il n'est pas nécessaire de nier de telles couches, mais les mélanger avec le caractère de la divinité dans les textes originaux fait ironiquement perdre les propres contours de Seoritsuhime. L'unicité de Seoritsuhime ne réside pas en tant que nom de l'ombre pour le soleil, mais dans la procédure de l'eau. Si Amaterasu Omikami est la divinité qui illumine et ordonne le monde, Seoritsuhime est la divinité qui remet les péchés et les impuretés inévitablement générés dans cet ordre à l'eau pour qu'ils circulent. Un ordre lumineux nécessite un système pour traiter les ombres. L'endroit où Seoritsuhime travaille dans l'Oharai-no-Kotoba est exactement cet emplacement. Pour maintenir un monde régi par la lumière, l'eau doit emporter la saleté. Elle n'est pas une opposante à la lumière, mais la voie d'eau garantissant que le monde de la lumière ne se brise pas. Prier cette divinité ne signifie pas faire semblant que les choses sombres en soi n'ont jamais existé. Il s'agit plutôt de leur donner un nom, de leur donner une forme et de les remettre là où elles devraient couler. Seoritsuhime ne condamne pas ceux qui portent des péchés, mais elle refuse de les laisser s'y accrocher pour toujours. Tristesse, regret, colère, la turbidité des vieilles relations. Elle porte de telles choses au bord de l'eau et crée un moment pour lâcher prise. Sa purification n'est pas l'oubli mais le transfert, non pas le pardon mais un chemin d'écoulement. Par conséquent, avant que Seoritsuhime ne soit une déesse pure, elle est une déesse du mouvement. En ce sens, l'autorité divine de Seoritsuhime se réinterprète facilement en organisation émotionnelle moderne, mais elle ne doit pas être confinée à une psychologie simpliste. La purification de l'Oharai-no-Kotoba était une parole publique destinée à reconstruire un grand ordre englobant non seulement l'intériorité de l'individu, mais la communauté, les fonctionnaires et la nation. Seoritsuhime relie cette parole à l'eau. C'est une divinité qui remet ce qui ne peut être résolu par le cœur seul à l'espace, au courant et au temps.

  • Koga Saburo

    Koga Saburo

    Légendaire

    Koga Saburo

    Koga Saburo, la divinité serpent du monde souterrain

    Demi-Humain / Demi-YokaiDistrict de Koka, Province d'Omi (autour de l'actuelle ville de Koka, préfecture de Shiga) / Mont Tateshina (actuelle préfecture de Nagano) / Suwa Taisha

    La fascination de la légende de Koga Saburo ne réside pas seulement dans son épopée héroïque, mais dans la façon dont elle explique les origines de Suwa Myojin comme "le retour d'un mortel tombé sous terre". Contrairement à Takeminakata-no-Kami du Kojiki, qui se retire à Suwa en tant que figure vaincue dans le mythe de la cession du pays, Koga Saburo voyage d'Omi à Shinano, tombe dans le monde souterrain par une grotte du mont Tateshina et en revient sous forme de serpent. La divinité de Suwa ne descend pas simplement des cieux, ni n'arrive simplement de la mythologie centrale ; elle se manifeste en traversant les grottes des montagnes, les royaumes souterrains et le corps d'un serpent. Ce récit tisse magnifiquement ensemble les éléments du culte de Suwa (l'eau, les montagnes, les dragons, les serpents, la chasse et le syncrétisme du shintoïsme et du bouddhisme) en un seul conte. C'est précisément pour cela qu'il est pertinent de faire de Koga Saburo une figure distincte aux côtés de la divinité officielle consacrée, Takeminakata.

  • Tengu

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Qu'est-ce qu'un tengu ? Un aperçu des types et de l'iconographie

    Esprits des monts et des terres sauvagesPréfectures de Kyoto, Shiga et Wakayama (les sièges des grands tengu sur les diverses montagnes sacrées)

    Cette édition ne porte pas sur un siège unique d'une montagne sacrée particulière, mais est un traité général qui démêle à fond « ce qu'est un tengu » à partir de l'histoire de son iconographie et de ses types. Les traditions individuelles de chaque siège sont laissées à la page de chaque grand tengu. La forme du tengu n'est pas uniforme. Le premier type est le tengu au long nez — visage rougeaud et nez haut, vêtu du bonnet d'ascète (tokin) et de la robe suzukake, un éventail de plumes en main et de hautes socques à une dent aux pieds. Le deuxième est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, tenant une épée ou un bâton vajra. Le troisième sont les tengu inférieurs nommés tengu-feuille et tengu-copeau, tenus pour des parents faibles et nombreux. Plutôt qu'une classification fixe, ceux-ci reflètent l'ampleur de l'image du tengu à travers les époques et les régions. L'iconographie évolua avec le temps. Le tengu de l'époque de Heian fut d'abord conçu comme un oiseau pareil à un milan, et l'image du tengu-corbeau en garde le vestige. Le long nez ne devient saillant qu'à partir de la fin de Kamakura ; l'Emaki de Zegaibō dépeint une scène où un tengu qui s'était déguisé en humain voit son nez s'allonger en revenant à la forme d'oiseau. Quant à l'origine du long nez, il existe des théories qui le font dériver du masque Jidō au nez haut du gigaku et lient le tengu-corbeau au masque Karura (Garuda), et une vue qui voit le long nez comme un vestige iconographique d'un bec d'oiseau — mais aucune ne peut être dite doctrine établie. Il fut superposé au dieu Sarutahiko, décrit dans le Nihon Shoki comme ayant un nez long de sept empans, et la coutume naquit d'employer un masque de tengu pour le rôle de Sarutahiko dans les fêtes. La double nature du tengu s'enracine dans la notion bouddhique de la voie du tengu. Parce qu'il étudie la voie bouddhique il ne choit pas en enfer, et parce qu'il manie des arts hétérodoxes il ne peut non plus atteindre le paradis — un état intermédiaire, et celui qui y choit était tenu pour le moine arrogant. Le Tengu Zōshi dépeint cette notion en satire des moines des sept grands temples, pourtant Chigiri Kōsai avertit lui aussi que la simplification « seuls les moines arrogants deviennent tengu » va trop loin. Démon qu'il soit, une fois soumis il se tourne vers la protection, et l'on tenait que si un pratiquant du Shugendō récite le Sutra des Tengu, il peut convoquer les tengu des diverses provinces pour exaucer ses vœux — cette amplitude entre gardien et démon est le cœur même du tengu. La source médiévale certaine du groupement appelé « Huit Grands Tengu » se trouve dans le livret de la pièce de nô de l'époque de Muromachi Kurama Tengu. Le passage où le grand tengu appelle les tengu des provinces qu'il commande dans l'ordre géographique — « À Tsukushi, Buzenbō de Hiko-san ; dans les quatre provinces de Shikoku, Sagamibō de Shiramine ; Hōkibō d'Ōyama ; Saburō d'Iizuna… la troupe de Zenki d'Ōmine, Takama de Katsuragi » — montre que les Huit Grands Tengu étaient enracinés dans la croyance et les arts du spectacle médiévaux, non une invention d'Edo. Pourtant la composition vacille selon les sources, avec une variante qui ajoute Hōkibō d'Ishizuchi-san ; ce n'est nul registre fixe.

  • Hira-san Jirōbō

    Hira-san Jirōbō

    Légendaire

    Hira-san Jirōbō

    Le grand tengu du second siège — Hira-san Jirōbō

    Esprits des montagnes et des étendues sauvagesMont Hira, province d'Ōmi (Shiga ; rive occidentale du lac Biwa)

    La clé pour déchiffrer Hira-san Jirōbō tient au sens du rang « second siège, juste après Tarōbō », et aux sources médiévales propres au mont Hira. Dans la hiérarchie des tengu, Jirōbō est tenu pour le second après Atago-san Tarōbō. Cet ordre paraît presque commun tant dans les quarante-huit tengu du Tengu-kyō que dans le cadre des Huit Grands Tengu, et les noms mêmes de Tarōbō et Jirōbō dérivent des ordinaux « un » et « deux ». Plutôt qu'évoqué seul, Jirōbō paraît plus souvent en couple avec Tarōbō, comme les deux piliers du monde des tengu. La couche ancienne et ferme du tengu de Hira se trouve dans le Hirasan Kojin Reitaku (par Keisei, 1239). Ce dialogue, où le vieux tengu du mont Hira répond aux questions de Keisei et parle du monde des tengu et de l'au-delà, est une source primaire propre au mont Hira, montrant que Hira occupait une place ferme comme montagne sacrée des tengu à l'époque médiévale. Il convient ici de redresser une confusion fréquente. Jirōbō est souvent lié au récit du tengu chinois Chira Eiju (= Zegaibō), mais l'histoire originale dans le Konjaku Monogatarishū, livre 20 suit l'intrigue d'un tengu de Shintan vaincu par un moine du mont Hiei, et ne nomme pas le mont Hira comme siège du tengu japonais. Faire de Chira Eiju le tengu de Hira est un arrangement tardif ; la tradition propre au mont Hira lui-même doit plutôt se chercher dans le Kojin Reitaku susmentionné. Le récit de relocalisation depuis le mont Hiei s'entend de même non comme un fait historique mais comme un récit tardif relatant le changement de prééminence d'une montagne sacrée. Établi au mont Hira, le pic sacré d'Ōmi, craignant la loi bouddhique tout en éprouvant la présomption des hommes — cette coexistence de retenue et de fermeté est l'image de Jirōbō. Chigiri Kōsai, de l'étude des tengu, plaça lui aussi Jirōbō au rang venant juste après Tarōbō.

  • Yamato Takeru

    Yamato Takeru

    Légendaire

    Yamato Takeru

    Yamato Takeru, héros tragique et plus grand guerrier de l'ancien Japon

    Esprit divin / héros diviniséProvince de Yamato (actuelle préfecture de Nara) / Nobono (actuelle ville de Kameyama, préfecture de Mie, lieu de sa mort) / Furuichi en province de Kawachi (actuelle Habikino, préfecture d'Osaka, mausolée de Shiratori)

    Le type ancien du héros tragique. L'entrée générale a présenté le mythe de Yamato Takeru. Il faut maintenant regarder la structure du héros tragique. Yamato Takeru est une divinité héroïque rare, qui rassemble en une seule figure le héros tragique, le guerrier mort jeune, le conflit père-fils, le sacrifice amoureux et l'ascension après la mort. Son histoire commence par un fratricide; il est rejeté par son père, envoyé en campagne, sauvé par le sacrifice de son épouse, puis meurt sous la malédiction d'un dieu de montagne. Cette trajectoire rappelle, par sa structure, les héros tragiques du monde ancien, d'Héraclès à Sigurd et Arjuna. Elle donne une forme japonaise à un schéma très large: destin, souffrance et métamorphose céleste du héros. Conflit père-fils et mythe de l'exil héroïque. Yamato Takeru est repoussé par l'empereur Keiko et envoyé à plusieurs reprises dans de lointaines expéditions. En mythologie comparée, cela relève du motif du fils dangereux que l'on éloigne, que l'on éprouve et que l'on fait conquérir. Des récits où un père ou un souverain envoie ainsi une figure menaçante au loin sont souvent rapprochés de traditions autour de David, de Sigurd ou de Zheng He; ils touchent aux questions de patriarcat, de succession et de pouvoir royal. Le récit marque la cruauté du meurtre du frère, mais montre aussi la froideur du père. C'est cette double tension qui fait de Yamato Takeru non pas un héros simplement bon ou mauvais, mais une figure tragique. Se déguiser en jeune femme: la stratégie transformée en mythe. Dans l'épisode des Kumaso, Yamato Takeru se travestit en jeune femme, pénètre dans le camp ennemi et tue le chef. La scène est une mise en récit frappante de la stratégie militaire, du déguisement et de l'attaque surprise. Mais le travestissement ne relève pas seulement de la tactique. Dans les mythes et le folklore japonais anciens, le renversement, les seuils et le franchissement des limites de genre peuvent produire une force rituelle et un danger sacré. Le déguisement de Yamato Takeru peut donc se lire comme l'incarnation d'une puissance d'inversion, non comme une simple tromperie. Il forme aussi un ancêtre mythique des traditions religieuses et scéniques du travestissement dans le kagura, le noh et le kabuki. L'épée Kusanagi et les Trois Trésors sacrés. Yamato Takeru reçoit l'épée Kusanagi de Yamato-hime, échappe avec elle au feu de Yaizu, et après sa mort l'épée est enchâssée à Atsuta Jingu. Kusanagi est l'un des Trois Trésors sacrés, au coeur de la légitimité royale de l'ancien Japon. Sa transmission va de la victoire de Susanoo sur Yamata no Orochi à l'offrande faite à Amaterasu, puis à la descente céleste de Ninigi, à Yamato-hime, à Yamato Takeru et enfin à Atsuta Jingu. Cette chaîne relie le mythe, l'objet sacré et la lignée impériale. Yamato Takeru est l'une des rares figures qui emploient réellement un trésor sacré au combat; il devient ainsi le symbole de l'union entre artefact, héros et État. Le sacrifice d'Ototachibana-hime et l'origine d'Azuma. Le sacrifice marin d'Ototachibana-hime et le cri de Yamato Takeru, "Azuma haya", sont présentés comme l'origine mythique d'Azuma, les terres de l'Est et l'est du Japon. Le mythe ancien ne servait pas seulement à raconter: il donnait un sens aux noms, à la géographie, aux terres et aux coutumes locales. Ici, le sacrifice d'une femme se lie au nom de tout l'Est. Le sanctuaire Hashirimizu, à Yokosuka, continue d'honorer Ototachibana-hime, signe que l'épisode ne vit pas seulement dans les textes mais aussi dans les lieux, le culte et la mémoire locale. Le chant d'adieu et la nostalgie de l'ancien Japon. Le chant que Yamato Takeru laisse à Nobono, "Yamato wa kuni no mahoroba", a longtemps été aimé comme l'une des expressions fondatrices du pays natal, de la nostalgie et de l'amour du pays dans l'ancien Japon. Mahoroba désigne un lieu excellent, beau, idéal; le mot condense un sentiment ancien pour la terre natale et le pays lui-même. Il a marqué les traditions poétiques du Man'yoshu, du Kokinshu et du Shinkokinshu. La structure est forte: au seuil de la mort, le héros chante le pays auquel il désire revenir. Dans le Japon moderne, ce poème continue d'apparaître dans l'éducation, la littérature, la musique et les discours publics. La légende de l'oiseau blanc et les idées anciennes d'ascension et de renaissance. Après sa mort, Yamato Takeru devient un oiseau blanc, s'élève de sa tombe, traverse Kotohiki-no-hara en Yamato et Shiki en Kawachi, puis monte dans le ciel. La légende est l'un des exemples les plus représentatifs de l'idée japonaise ancienne selon laquelle le héros peut s'élever et se transformer après la mort. Dans l'ancien Japon, l'oiseau blanc pouvait être imaginé comme porteur d'âmes ou messager des dieux. L'idée d'une âme qui devient oiseau et gagne le ciel rejoint aussi certains motifs d'Asie du Nord, de Sibérie et de la péninsule coréenne autour de l'oiseau, des rites funéraires et de l'âme. L'image a ensuite résonné avec la foi de la Terre pure, les conceptions shinto de la mort, l'éthique guerrière et même la culture spirituelle entourant les unités kamikazes. Ce n'est pas seulement la fin d'une histoire héroïque, mais l'un des récits par lesquels l'ancien Japon a pensé la mort, la religion et la beauté. Yamato Takeru au XXIe siècle. Aujourd'hui encore, Yamato Takeru demeure un sujet d'histoire ancienne, de tourisme local, de culte shinto et de culture populaire. Les visites à Nobono, Kotohiki-no-hara, Atsuta Jingu, Yaizu et Hashirimizu se poursuivent. Il est sans cesse remodelé dans des oeuvres comme le jeu Okami, le film Yamato Takeru de 1994 ou des mangas tels que Demon Slayer. À travers plus de deux millénaires de mémoire culturelle, il reste le symbole du héros tragique, du guerrier mort jeune, de l'amour et du sacrifice, de l'ascension après la mort. De la valorisation politique par le shinto d'État d'avant-guerre à la relecture culturelle d'après-guerre, puis aux réécritures multiples du XXIe siècle, il montre comment une figure divine ancienne peut continuer d'entrer dans la culture moderne.

  • Grand Centipède

    Grand Centipède

    Épique

    ô-mou-ka-dé

    Grande Myriapode (tradition de Mont Mikami)

    Oni et créatures gigantesquesProvince d’Ômi (lac Biwa, mont Mikami) et autres régions

    Figure célèbre des légendes d’Ômi autour du mont Mikami et des rives du lac Biwa. On dit qu’elle peut enserrer la montagne sept fois et demie, son exosquelette est dur comme le métal et la pierre, résistant aux flèches et aux lames. La nuit, ses pattes émettent une lueur rouge, traçant une longue ombre sur le lac et au pied de la montagne. Les récits de sa mise à mort célèbrent la vaillance, s’entrelacent avec le culte des dragons et la puissance sacrée des ponts. Des liens avec les traditions de l’extraction minière et de la forge sont suggérés, sans détails établis.

  • Raigō

    Raigō

    Épique

    raï-GÔ

    Tesso (Contes de la rancune de Raigō)

    霊・亡霊Province d’Ōmi (temple Onjō-ji)

    Version fondée sur les récits médiévaux où l’esprit de Raigō se change en une nuée de rats ou en un rat monstrueux à pelage de fer, le « Tesso », qui ronge l’entrepôt des écritures d’Enryaku-ji. Les rivalités entre puissances religieuses s’y projettent sous forme d’un esprit vengeur, liant l’efficacité des rites à l’idée de représailles. Les sources textuelles relèvent surtout des chroniques guerrières, mêlant biographie monastique et légende de revenant. Lectures populaires et peintures ultérieures ont amplifié cette image, symbolisant les ravages des rats et la destruction des sûtras, mais le noyau demeure un type folklorique où un esprit rancunier s’acharne sur objets et écritures sacrées.

  • Daidarabotchi

    Daidarabotchi

    Rare

    Daidarabotchi

    Le géant dont les traces relient l’étang de Senzoku aux creux du Musashino

    Oni et êtres gigantesquesDans tout le Japon, surtout dans les régions du Kantō et du Chūbu

    Dans le Musashino, les traditions de Daidarabotchi relient Suribachiyama, Mujinakubo, l’étang de Senzoku et l’étang de Koike aux pieds et au bâton du géant. Dans le témoignage de 1919, l’étang de Senzoku se serait formé dans le trou laissé par son bâton. Dans un autre récit publié en 1983, Koike correspond au trou du bâton et Senzoku à l’endroit où le géant a uriné. En redistribuant les rôles des mêmes reliefs, ces variantes transforment la topographie du Musashino en plusieurs « cartes narratives ». Sans expliquer la formation naturelle des étangs, elles révèlent la manière dont la mémoire locale a organisé et interprété le paysage.

  • Ningyo

    Ningyo

    Rare

    ningyo

    Le Monstre Aquatique traversant les Âges

    水の怪空印寺·若狭小浜(現·福井県) ── 八百比丘尼入定洞、人魚肉伝説の中核 / 近江国蒲生河 (現·滋賀県、『日本書紀』619年の最古記録)

    Rupture iconographique avec la sirène occidentale. L'image du Ningyo qui vient à l'esprit des Japonais modernes — « un magnifique buste de femme et une queue de poisson » — est le résultat de l'importation et de l'enracinement des légendes occidentales (comme *La Petite Sirène* d'Andersen) à partir de l'ère moderne. Auparavant, l'iconographie traditionnelle japonaise du Ningyo, telle que représentée dans des ouvrages comme le *Kaikoku Heidan*, était extrêmement difforme et grotesque : « un visage semblable à celui d'un humain (ou d'un singe) sur un corps de poisson recouvert d'écailles ». Les traits du visage n'étaient d'ailleurs pas nécessairement ceux d'une belle femme ; ils étaient généralement dépeints comme des hommes, des femmes, des jeunes ou des vieillards terrifiants, aux crocs acérés. C'est précisément cette hideur qui accentuait la réalité viscérale du Ningyo en tant que « créature de l'Autre Monde » et soulignait l'aspect tabou et macabre de l'acte de consommer sa chair. Modèles biologiques et regard naturaliste. On estime que le cœur du folklore japonais entourant le Ningyo comporte une part non négligeable d'erreurs d'identification de créatures bien réelles. Par exemple, la théorie dominante suggère que les siréniens comme le dugong et le lamantin, ou les pinnipèdes tels que l'otarie et le phoque, ont servi de modèles à l'Umibōzu et au Ningyo. De plus, dans les légendes de Ningyo terrestres (vivant dans les rivières ou les marécages), il arrive que l'identité véritable du monstre soit imputée à la salamandre géante du Japon. Les herboristes de l'époque d'Edo recueillaient méticuleusement les signalements d'échouage de ces créatures marines inconnues, tentant de réexaminer les yōkai à travers le prisme de la « science » (l'histoire naturelle). La malédiction de la « vie éternelle ». Si l'« immortalité » octroyée par la chair de Ningyo est un désir universel de l'humanité, elle est toujours intimement liée à la « tragédie » dans les légendes japonaises. Comme le montre l'histoire de Yao-bikuni, quiconque obtient la jeunesse éternelle en mangeant de la viande de Ningyo est condamné à voir vieillir et mourir, l'un après l'autre, sa famille et ses époux aimés, subissant ainsi une solitude et un désespoir insoutenables (un isolement temporel). Le Ningyo est un yōkai qui agit comme un miroir cruel, confrontant brutalement les humains à « la terreur d'échapper à la mort ».

  • Le Bébé huileux

    Le Bébé huileux

    Rare

    a-bu-ra A-ka-go

    Conforme à l’Iconographie de Sekien

    Yōkai domestiques et objets animésProvince d’Ōmi (actuelle préfecture de Shiga), autour d’Ōtsu

    Cette version s’appuie sur l’iconographie de Sekien et les essais de l’époque d’Edo cités en notes, pour interpréter au minimum la figure d’un nourrisson comme personnification d’un feu étrange. Le noyau est le « feu voleur d’huile », et la forme enfantine relève d’un signe plastique de Sekien. L’huile d’andons était vitale et l’huile d’offrande des temples hautement respectée. Voler l’huile touchait au tabou religieux et moral, d’où le récit d’un feu égaré après la mort. Des ouvrages postérieurs réécrivent l’histoire en feu-follet entrant dans la maison, devenant bébé et léchant l’huile, mais les attestations orales locales sont rares et aucun type largement partagé n’est assuré. Cette version propose donc un schéma en trois temps — apparition du feu (carrefours ou enclos de temples), manifestation du bébé (léchant l’huile devant l’andon), retour au feu et départ — tout en évitant les détails sans source et en mettant en avant la symbolique: avertir contre la profanation de l’huile offerte.

  • Tessō, le Rat de fer

    Tessō, le Rat de fer

    Peu commun

    tes-SO

    Conforme aux iconographies d’Edo • Image traditionnelle

    Fantômes et espritsProvince d’Ōmi (actuelle préfecture de Shiga)

    Fondé sur l’image du « Tetsusō » de Toriyama Sekien. Une souris géante drapée d’une ombre rappelant une robe monastique, aux yeux rouges et aux dents réputées dures comme le fer. Son origine renvoie au récit d’esprit vengeur du moine Raigō, issu des querelles autour de l’ordination à l’Onjō-ji, où les rivalités entre les factions du Mont Hiei et de Miidera furent mises en récit et mêlées à la réalité des dégâts de rongeurs rongeant sutras et objets sacrés. Les appellations varient selon les époques et sources, « Rat de Raigō », « Rat de Miidera », etc. Les chroniques guerrières médiévales en exagèrent le nombre et en font un fléau collectif, tandis que l’époque moderne l’associe à des traditions de culte propitiatoire. Les dates ne concordent pas toujours dans les sources et la part légendaire domine, mais toponymes, renga et traditions orales conservés dans les sanctuaires et temples en constituent le noyau. Dans certains récits de chasse, un grand chat du Mont Hiei ou une divinité tutélaire intervient, reflet des frontières rituelles opposant deux complexes religieux.

  • Feu de paille (Minobi)

    Feu de paille (Minobi)

    Peu commun

    mi-no-BI

    Type standard de tradition

    Phénomènes naturels et esprits de la natureProvince d’Ōmi (actuelle préfecture de Shiga), Hikone et environs du lac Biwa

    Considéré comme typique des récits originaires du lac Biwa, il s’agit d’un ensemble de feux étranges dont de faibles lueurs se dispersent et s’accrochent aux capes de paille, parasols et vêtements lors des nuits pluvieuses. Sans chaleur, ils augmentent en luminosité et en nombre quand on tente de les chasser, mais se dissipent naturellement si l’on retire ses vêtements, allume une flamme ou avec le temps. Les noms et interprétations varient selon les régions: certains y voient les esprits des noyés, d’autres l’œuvre d’animaux ou une bioluminescence naturelle. On raconte qu’ils troublent la vue et mettent mal à l’aise plutôt que de provoquer des désastres, et qu’ils ne sont souvent perçus que par des personnes isolées.

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