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Mt. Atago 天狗が住まう火伏せの山 ── 愛宕山

愛宕山太郎坊·天狗·火伏せ。京を守る霊山

天狗が住まう火伏せの山 ── 愛宕山

Mt. Atago · あたごやま

Aussi appelé: 愛宕神社 / 太郎坊
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京都市の北西にそびえ、比叡山とならんで都を見おろす愛宕山(あたごやま)。標高924メートル、山城国と丹波国の境に立つこの山は、古くから二つの顔をもって人々に仰がれてきた。

一つは、火災から人々を守る「火伏せ(ひぶせ)」の神の山。そしてもう一つは、日本を代表する大天狗·愛宕山太郎坊(あたごやまたろうぼう)が君臨する、天狗の霊山という顔である。火を防ぐ神と、火に通じる天狗 ── 相反する二つの力を一身に宿すこの山の信仰を、本稿はたどる。

京の北西に立つ霊山

愛宕山は、京都市右京区の北西部、山城国と丹波国の国境に位置する標高924メートルの山である。京都を取り巻く山々のなかで、比叡山とならんでひときわよく目立ち、古来、信仰の山として知られてきた

東に比叡山、西に愛宕山 ── この二つの霊峰は、平安京を守護する山として、対をなして仰がれてきた。比叡山が天台仏教の総本山として「学問と鎮護」の山であったのに対し、愛宕山は「火伏せと天狗」の山として、より民間の信仰に深く根ざしていく。都の西北、すなわち裏鬼門に近い方角にそびえるその姿は、人々に畏怖と崇敬の念を抱かせた。愛宕山の開山は古く、修験道の祖·役小角(えんのおづの)や、白山を開いた泰澄(たいちょう)が開いたとも伝えられる。神仏習合のもと、本地仏として武運を司る勝軍地蔵(しょうぐんじぞう)が祀られ、この信仰は、のちに戦国武将たちの崇敬をも集めることになる。

火伏せの神

愛宕山の名を全国に知らしめたのは、何よりも「火伏せ」── 火災除けの霊験である。

山頂に鎮座する愛宕神社は、古来より火伏せの神として京都の人々の信仰を集め、その信仰は全国へと広がった。愛宕神社は、全国に約九百社あるとされる愛宕神社の総本社である。木造家屋が密集し、ひとたび火が出れば大火となる都の暮らしにおいて、火を防ぐ神への祈りは、何にもまして切実なものであった。

愛宕神社が授ける「火迺要慎(ひのようじん)」の御札は、火除けの護符として、京都をはじめ各地の家々の台所に貼られてきた。とりわけ毎年七月三十一日から八月一日にかけての「千日詣(せんにちまいり)」は名高く、この日に参拝すれば千日分の火伏せのご利益があるとされ、今も多くの参拝者が夜を徹して山を登る。千日詣の夜、山上の社へと続く道は、参拝者の提灯の灯りが数珠つなぎとなって、闇のなかに一筋の光の帯をなす。「愛宕さん」の名で親しまれたこの火伏せ信仰は、火を扱う職人や商家を中心に、江戸をはじめ全国の町へと広がっていった。

天狗の棲む山

火伏せの神の山は、同時に、天狗の棲む霊山でもあった。

Tengu

Tengu

Le tengu est un yokai et un être quasi divin que l'on dit habiter les montagnes du Japon, un seigneur des hauteurs inséparablement lié aux ascètes yamabushi du Shugendō. Ses formes se répartissent largement en deux lignées. L'une est le tengu au long nez, au visage rougeaud et au nez haut, vêtu de l'habit de l'ascète de montagne, portant un éventail de plumes et de hautes socques à une dent ; l'autre est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, sous lesquels suivent des parents inférieurs tels que le tengu-feuille et le tengu-copeau. Ce qui fut jadis conçu comme un oiseau pareil à un milan se durcit, au cours du Moyen Âge, en l'image de l'ascète de montagne au long nez. Le tengu est à la fois un démon qui entrave la Loi bouddhique et, une fois soumis, une divinité gardienne qui la protège — cette double nature est l'essence du tengu. La notion qu'un grand moine arrogant choit et devient tengu fut liée à la « voie du tengu » bouddhique, et dépeinte en satire dans les rouleaux peints de la fin de Kamakura. Au sein du culte des montagnes, en revanche, le tengu était révéré comme gardien de la montagne et maître des arts martiaux et magiques, un être qui éprouve ou guide le pratiquant. Du mont Kurama et du mont Atago à Kyoto en partant, chacune des montagnes sacrées du royaume était dite avoir son propre grand tengu, et le Sutra des Tengu de l'époque pré-moderne en compte le nombre à quarante-huit.

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愛宕山は古くから修験道の行場であり、神仏習合の信仰が色濃く根づいていた。深い山中で修行を積む山伏(やまぶし)たちの姿は、いつしか、超人的な力をもつ天狗のイメージと重ね合わされていく。険しい峰々、鬱蒼たる森、そして俗世から隔絶された霊気 ── 愛宕山は、天狗が棲まうにふさわしい、すべての条件を備えた山であった。こうして愛宕山は、京の天狗信仰の一大中心地となっていったのである。天狗には、鼻の高い大天狗と、嘴(くちばし)をもつ烏天狗(からすてんぐ)とがあるとされる。山伏の装束をまとい、自在に空を飛び、神通力を操る天狗たちは、人智を超えた山の霊力そのものの化身であった。愛宕山には、その頭領たる大天狗を筆頭に、無数の天狗が棲むと信じられてきた。

大天狗·愛宕山太郎坊

愛宕山に君臨する天狗の主こそ、名高い大天狗·愛宕山太郎坊である。

Atago-san Tarōbō

Atago-san Tarōbō

Atago-san Tarōbō est un grand tengu qui trône sur le mont Atago, dans la province de Yamashiro ; chef suprême gouvernant les tengu de toutes les provinces et premier des quarante-huit tengu, il est salué comme « le plus grand tengu du Japon ». On le nomme aussi Eijutsu Tarō. À la tête d'une suite de karasu-tengu (tengu-corbeaux) et commandant des seigneurs moindres tels que Hira-san Jirōbō, il fut depuis longtemps tenu pour le souverain du monde des tengu. Son nom paraît tôt dans la chronique guerrière de l'époque de Kamakura le Genpei Jōsuiki, livre VIII, qui explique que Tarōbō n'était autre que Kakimoto no Ki Sōjō — le moine Shinzei, disciple éminent ayant reçu les rites secrets de Kūkai — déchu en tengu par orgueil. Le mont Atago était aussi une montagne sacrée écartant l'incendie et le vol ; par syncrétisme avec le culte d'Atago Gongen, dont la forme bouddhique originelle est Shōgun Jizō, Tarōbō en vint à être évoqué comme un thaumaturge qui détourne les incendies et accorde la fortune guerrière.

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愛宕山太郎坊は、日本を代表する大天狗の一柱で、各地の名だたる天狗を挙げる「八天狗(はちてんぐ)」の一つに数えられる。鞍馬山の僧正坊(そうじょうぼう)などと並び称される、天狗界の最高位の存在である。八天狗には、愛宕山太郎坊のほか、鞍馬山僧正坊、比良山次郎坊、飯綱三郎、そして相模の大山に住む大山伯耆坊(ほうきぼう)などが数えられる。なかでも太郎坊は、「太郎」すなわち長子·筆頭を思わせるその名のとおり、別格の威をもつ大天狗として知られた。神通力をもって愛宕山一帯を支配し、修験者たちの守護者とも、ときに人を試す試練の主とも語られてきた。太郎坊の名は、天狗の代名詞として、今なお広く知られている。太郎坊はまた、愛宕山で修行する者を導き、その覚悟を試す存在ともされた。天狗に見込まれることは、修験者にとって、超人的な力を得ると同時に、厳しい試練を受けることでもあったのである。

火を防ぎ、
火を操る

興味深いのは、愛宕山が「火伏せの神」の山でありながら、その天狗·太郎坊が、しばしば「火」と結びつけて語られる点である。

平安末期の安元3年(1177年)、京を焼き尽くした大火は「太郎焼亡(たろうしょうぼう)」とも呼ばれ、これを愛宕山太郎坊の仕業とする説も伝えられた。火を防ぐ神を祀る山の主が、逆に大火を起こすともいわれる ── この一見矛盾した両義性こそ、天狗という存在の本質をよく表している。天狗は、人に恵みをもたらすと同時に、畏れるべき荒ぶる力でもあった。火を鎮める神と、火を操る天狗を同居させる愛宕山は、自然の力に対する人々の、畏怖と祈りの両面を映し出しているのである。武運を司る勝軍地蔵の山であったことから、愛宕山は武将の信仰も集めた。天正10年(1582年)、明智光秀が本能寺の変の直前に愛宕山へ参籠し、連歌の会「愛宕百韻(あたごひゃくいん)」を催したことは名高い。火と武、そして謀叛の影さえも、この山の歴史には刻まれている。

火迺要慎、
今も

愛宕山の信仰は、千年を越えて、今も京都の暮らしに息づいている。

京都の料理屋や家庭の台所には、いまも「火迺要慎」の札が貼られ、人々は火の用心を、この山の神に託しつづけている。夏の千日詣には、老いも若きも提灯を手に夜の山道をたどり、火伏せの加護を願う。火を防ぐ神への祈りと、天狗の棲む霊山への畏れ ── その二つが分かちがたく結びついた愛宕山は、都の北西から、今日も静かに京の町を見守っている。京都の妖怪と信仰の全体像は京都府の妖怪事典も参照されたい。

Tous les yokai de Mt. Atago3

Liste complète des yokai liés à Mt. Atago, y compris ceux non traités dans l'article ci-dessus.

  • Kagutsuchi (Hinokagutsuchi-no-kami)

    Kagutsuchi (Hinokagutsuchi-no-kami)

    Divin

    kagutsuchi

    Le Dieu du Feu qui engendre la Mort et la Renaissance

    Divinité / Esprit divinL'Âge des Dieux (Mythologie du Kiki) / Mont Atago / Sanctuaire Akihasan Hongū Akiha

    Cette version de Kagutsuchi porte le feu non pas comme un « attribut pratique » mais comme un « événement qui change le monde ». Dans le « Kojiki », la scène où Izanami meurt en donnant naissance au dieu du feu fait instantanément basculer la brillante histoire de la création du pays vers l'histoire de Yomi (le monde des morts). Le feu est le résultat d'une naissance, pourtant il emporte la déesse mère. C'est ici que réside la dualité fondamentale entre le feu qui soutient la vie et le feu qui brûle les maisons et les corps. La scène où Kagutsuchi est assassiné est l'incarnation même de la création naissant de la destruction. Lorsque l'épée d'Izanagi tranche le dieu du feu, d'autres divinités naissent du sang et des parties du corps. Le mythe ne se termine pas en éteignant le feu. Même coupé, le pouvoir du feu se ramifie dans le sang, les épées, les montagnes et la foudre. Kagutsuchi n'est pas une divinité autonome, mais un dispositif de génération pour les dieux ultérieurs. La superposition des traditions variantes du « Nihon Shoki » révèle que Kagutsuchi est la totalité du feu transmis sous des noms et personnalités fluctuants dans le Kiki. Des noms comme Kagutsuchi et Homusubi ne sont pas de simples différences d'orthographe, mais indiquent des perspectives multiples appréhendant le feu comme « ce qui brûle », « ce qui crée » et « ce qui possède un pouvoir spirituel ». Dans YOKAI.JP, expliquer cette fluctuation ajoute de la profondeur à la page en tant qu'esprit divin. Kagutsuchi, qui se développe dans les croyances de prévention des incendies, s'inverse d'un dieu de la terreur à un dieu de la protection. Au sanctuaire d'Atago et au sanctuaire d'Akihasan Hongū Akiha, on le prie continuellement en tant que dieu du feu et de la prévention des incendies. Précisément parce qu'il est le dieu ayant le pouvoir de provoquer des incendies, on attend de lui qu'il ait le pouvoir de les éteindre. La mentalité consistant à ne pas éviter la cause du désastre mais à prier en son centre est caractéristique des croyances japonaises en matière de protection contre les incendies. Visuellement, cette version est mieux servie en superposant l'accouchement, les épées et les montagnes plutôt qu'une simple boule de feu. Le feu rouge, la suie noire, le sang dégoulinant d'une épée, les talismans de protection contre les incendies sur les sommets des montagnes, l'entrée sombre de Yomi. Lorsque ces éléments s'alignent, Kagutsuchi se dresse non pas comme un attribut de feu fantaisiste, mais comme un point de bascule dangereux dans le mythe. Dans les diagnostics ou sur les cartes, Kagutsuchi symbolise un changement fort. Lorsqu'on ne peut pas passer à l'étape suivante sans mettre fin à quelque chose, lorsqu'on n'a pas d'autre choix que de brûler l'ancien ordre, il devient un dieu terrifiant mais nécessaire. Cependant, le feu ne peut être traité à la légère. La protection de Kagutsuchi ne s'adresse qu'à ceux qui assument la responsabilité, même après l'incendie. En lisant Kagutsuchi par rapport à Izanami, le feu apparaît comme une blessure laissée sur le corps de la déesse mère. La naissance du feu emporte la mère, et sa mort engendre l'histoire des enfers. En d'autres termes, Kagutsuchi porte non seulement la bénédiction des relations parents-enfants, mais aussi la douleur mythologique qu'une naissance blesse quelqu'un. Il y a là une lourdeur qui dépasse le simple dieu des flammes. Kagutsuchi en tant que dieu de la prévention des incendies est aussi le nom permettant aux humains de coexister avec des forces dangereuses. La vie ne peut être maintenue sans utiliser le feu. Mais si l'on utilise le feu, un désastre peut frapper à tout moment. La prière n'est pas une technique pour éteindre le feu, mais l'éthique de la vie avec le feu. Si ce sens de la vie quotidienne est inclus dans la page de Kagutsuchi, l'ancienne mythologie et le folklore se connectent à merveille. Dans le réseau d'associations, il s'étend non seulement à Izanami et Izanagi, mais aussi aux anomalies du feu et des montagnes comme Atagoyama Tarobō et Kasha. Placer Kagutsuchi permet de faire converger en un seul flux le courant allant des hautes sphères de la mythologie jusqu'aux images yōkai du feu, en passant par les croyances populaires sur la protection contre les incendies.

  • Atago-san Tarōbō

    Atago-san Tarōbō

    Légendaire

    Atago-san Tarōbō

    Chef suprême des tengu — Atago-san Tarōbō

    Esprits des montagnes et des étendues sauvagesMont Atago, province de Yamashiro (Ukyō-ku, Kyoto)

    Qu'est-ce qui a fait d'Atago-san Tarōbō « le chef suprême des tengu » ? La question réside dans le recouvrement entre l'histoire du culte d'Atago et la figure de ce tengu singulier. Montagne sacrée écartant l'incendie, le mont Atago était le centre du culte d'Atago Gongen, syncrétisé avec sa forme bouddhique originelle, Shōgun Jizō. Le Hakuun-ji engi, qui en transmet la fondation, relate l'ascension d'En no Ozunu et de Taichō, le sanctuaire du pic Asahi et le syncrétisme avec Shōgun Jizō. Shōgun Jizō est un Jizō armé, monté à cheval, qui unit la victoire guerrière à la protection contre le feu. Portant la puissance numineuse de cet Atago Gongen, Tarōbō revêtit le caractère d'un thaumaturge et d'une divinité tutélaire dépassant toute simple apparition de montagne. La fleur de badiane contre le feu, les talismans au-dessus de chaque foyer, les confréries (kō) d'Atago à travers le pays — cette épaisseur de pratiques populaires fut le socle qui hissa Tarōbō au sommet des tengu de toutes les provinces. Le témoignage textuel le plus ancien de son nom propre se trouve dans le Dit des Heike, version Engyō (copié en 1309-1310), où il paraît comme « le premier grand tengu du Japon » et « le Tarōbō du mont Atago ». Quant à son identité, la thèse de le Genpei Jōsuiki sur la déchéance de Shinzei (Kakimoto no Ki Sōjō) est célèbre ; mais Shinzei vécut au début de l'époque de Heian, et puisque les dates ne s'accordent pas avec l'époque que fixe le Jōsuiki, c'est là une « tradition » indécidable. Il faut y lire un récit qui superpose à Tarōbō la notion bouddhique selon laquelle l'orgueil précipite un haut moine en tengu, et son origine ne saurait être fixée à une source unique. Son rang de chef suprême est attesté tant par les arts du spectacle que par les écritures. La pièce de nô Kurama Tengu de l'époque de Muromachi égrène les grands tengu des provinces dans l'ordre géographique, et le Tengu-kyō de l'époque prémoderne aligne les quarante-huit tengu et place Tarōbō à leur tête. L'image de lui menant une suite de tengu-corbeaux et commandant les seigneurs à partir de Hira-san Jirōbō repose sur cette accumulation de récits médiévaux. Une iconographie le montre aussi armé et chevauchant un sanglier, mais son essence tient à sa présence à la manière d'un gongen, trônant sur la cime et gardant les enceintes sacrées de tout le Yamashiro. Chigiri Kōsai, de l'étude des tengu, plaça lui aussi Tarōbō au sommet des grands tengu de toutes les montagnes.

  • Tengu

    Tengu

    Légendaire

    Tengu

    Qu'est-ce qu'un tengu ? Un aperçu des types et de l'iconographie

    Esprits des monts et des terres sauvagesPréfectures de Kyoto, Shiga et Wakayama (les sièges des grands tengu sur les diverses montagnes sacrées)

    Cette édition ne porte pas sur un siège unique d'une montagne sacrée particulière, mais est un traité général qui démêle à fond « ce qu'est un tengu » à partir de l'histoire de son iconographie et de ses types. Les traditions individuelles de chaque siège sont laissées à la page de chaque grand tengu. La forme du tengu n'est pas uniforme. Le premier type est le tengu au long nez — visage rougeaud et nez haut, vêtu du bonnet d'ascète (tokin) et de la robe suzukake, un éventail de plumes en main et de hautes socques à une dent aux pieds. Le deuxième est le tengu-corbeau, au bec et aux ailes de corbeau, tenant une épée ou un bâton vajra. Le troisième sont les tengu inférieurs nommés tengu-feuille et tengu-copeau, tenus pour des parents faibles et nombreux. Plutôt qu'une classification fixe, ceux-ci reflètent l'ampleur de l'image du tengu à travers les époques et les régions. L'iconographie évolua avec le temps. Le tengu de l'époque de Heian fut d'abord conçu comme un oiseau pareil à un milan, et l'image du tengu-corbeau en garde le vestige. Le long nez ne devient saillant qu'à partir de la fin de Kamakura ; l'Emaki de Zegaibō dépeint une scène où un tengu qui s'était déguisé en humain voit son nez s'allonger en revenant à la forme d'oiseau. Quant à l'origine du long nez, il existe des théories qui le font dériver du masque Jidō au nez haut du gigaku et lient le tengu-corbeau au masque Karura (Garuda), et une vue qui voit le long nez comme un vestige iconographique d'un bec d'oiseau — mais aucune ne peut être dite doctrine établie. Il fut superposé au dieu Sarutahiko, décrit dans le Nihon Shoki comme ayant un nez long de sept empans, et la coutume naquit d'employer un masque de tengu pour le rôle de Sarutahiko dans les fêtes. La double nature du tengu s'enracine dans la notion bouddhique de la voie du tengu. Parce qu'il étudie la voie bouddhique il ne choit pas en enfer, et parce qu'il manie des arts hétérodoxes il ne peut non plus atteindre le paradis — un état intermédiaire, et celui qui y choit était tenu pour le moine arrogant. Le Tengu Zōshi dépeint cette notion en satire des moines des sept grands temples, pourtant Chigiri Kōsai avertit lui aussi que la simplification « seuls les moines arrogants deviennent tengu » va trop loin. Démon qu'il soit, une fois soumis il se tourne vers la protection, et l'on tenait que si un pratiquant du Shugendō récite le Sutra des Tengu, il peut convoquer les tengu des diverses provinces pour exaucer ses vœux — cette amplitude entre gardien et démon est le cœur même du tengu. La source médiévale certaine du groupement appelé « Huit Grands Tengu » se trouve dans le livret de la pièce de nô de l'époque de Muromachi Kurama Tengu. Le passage où le grand tengu appelle les tengu des provinces qu'il commande dans l'ordre géographique — « À Tsukushi, Buzenbō de Hiko-san ; dans les quatre provinces de Shikoku, Sagamibō de Shiramine ; Hōkibō d'Ōyama ; Saburō d'Iizuna… la troupe de Zenki d'Ōmine, Takama de Katsuragi » — montre que les Huit Grands Tengu étaient enracinés dans la croyance et les arts du spectacle médiévaux, non une invention d'Edo. Pourtant la composition vacille selon les sources, avec une variante qui ajoute Hōkibō d'Ishizuchi-san ; ce n'est nul registre fixe.

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